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Allumez le Feu

TORCHE + YOUR HIGHNESS + WATERTANK – Le Glazart, 20 mai 2015

vendredi 22 mai 2015, par Sébastien Bourdon

TORCHE + YOUR HIGHNESS + WATERTANK – Le Glazart, 20 mai 2015

Bienvenue dans le XXIème siècle, puisque je me retrouve à assister au premier concert dont je ne connais les artistes que par bribes et bouts de trucs glanés sur Internet (et non pas en ayant « acheté leurs disques »). A cette expérience de plus très jeune homme moderne se sont ajoutés la perspective de retrouver quelques amis et une envie de se colleter un peu au rock n’ roll en ces froidures de mai qui n’en finissent pas, tout cela réuni justifiant amplement une soirée au sein du sympathique Glazart.

L’honneur d’ouvrir cette soirée était donné au groupe français Watertank. Le public à ce moment là était encore quelque peu éparpillé, la salle comptant une « plage » à l’extérieur où l’on peut, et plutôt bien, se rafraîchir et se sustenter. L’exercice est alors délicat, monter sur scène face à une salle pour l’instant presque vide, avec la nécessaire et évidente envie de la remplir. Pari finalement réussi, et l’on a pu partager le plaisir du groupe à voir progressivement le peuple remplir l’espace, gagné par la qualité de la musique et l’implication de ceux qui l’interprètent. En effet, le temps n’est plus aux groupes français tentant d’imiter péiniblement un style anglo-saxon sans en avoir ni les compétences, ni la compréhension. Les musiciens sont ici bien à leur affaire, avec cohésion et interprétation sans failles.

Watertank pioche indiscutablement dans des influences fin de XXème siècle (Helmet, Deftones ou Prong notamment), ce qui n’a rien de déshonorant, bien au contraire. Au surplus, un groupe qui affiche Phil Collins sur ses tee-shirts ne peut pas être foncièrement mauvais. Lorsque j’ai évidemment acheté ladite liquette en déclarant être fan du batteur chauve, le vendeur m’a rétorqué : « Ah oui ? Comme mon père ». Aie.

Je rate un bon bout de la deuxième première partie, un groupe originaire d’Antwerp dénommé Your Highness, étant trop occupé à dévorer les délicieux hamburgers en vente au Glazart. Le peu que je verrais de leur prestation m’amènera à cette évidence : le heavy belge, c’est quand même beaucoup plus rigolo que la chanson française. Pour parler comme dans les gazettes spécialisées, ca envoie en ne faisant pas franchement de quartier.

Les héros américains du jour, Torche, ne jouent pas non plus petits bras et parviennent à extirper de leurs quatre instruments un truc qui serpente lourdement tout en restant mystérieusement aérien (grâce à la voix notamment). Cette sensation perdure même lorsque le rythme des morceaux se fait plus pressant et martelé (mention particulière au jeu écrasant du batteur), procurant alors à leur musique un aspect jubilatoire et festif.

Le genre hypnotique ici pratiqué sied bien aux petites salles telles que le Glazart et le public se laisse donc aller à une transe souriante (on relève toutefois quelques agités au premier rang). A propos des acheteurs de billets, j’ai noté ledit soir une forte recrudescence de barbus hyper lookés (bermudas, blousons à fleurs…), on se serait presque cru aux Buttes-Chaumont un jour de beau temps.

Pour conclure, si l’on devait faire un reproche à Torche, ce serait en évoquant sa relative linéarité. Si le groupe sait indéniablement se réinventer à chaque morceau, peut-être le fait-il insuffisamment à l’intérieur de ces derniers (riff sabbathien étiré et éthéré, répété ad nauseam). Toutefois, on pourrait nous rétorquer que ce côté lancinant et répétitif fait aussi son charme et sa force. Chacun y trouvera - ou pas – de quoi nourrir sa flamme (pour Torche).

J’ai repris mon vélo, nonobstant cette soirée de feu, il faisait toujours aussi frais.

Sébastien

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