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Live

Tool - le 28 juin 2006

Le Zénith, Paris

mardi 17 octobre 2006, par Sébastien Bourdon

La vie est pleine de surprises et l’auteur de ces lignes en est intimement convaincu. Car en effet, qui l’eût cru : on peut ressortir déçu d’un concert de Tool.

Il y avait des signes avant-coureurs certes, le dernier album est bon (cf. ma propre chronique et celle de mon frère sur ce site ici et ici) mais il lui manque la bonne claque métallique que ce groupe nous assène parfois pour notre plus grand plaisir (genre « Sober » ou « Hooker With A Penis » et autres « The Grudge »).

Ensuite, nous sommes au Zénith, salle où le son est parfois brouillon et l’ambiance difficile à réchauffer.

En fait, le concert part mal : le groupe commence son show par le morceau le moins accessible du dernier opus (hormis les instrumentaux bruitistes s’entend) : « Rosetta Stoned ». Ce titre est loin d’être le plus convaincant et peine à sortir correctement de la bouillie sonore qui nous est servie : son trop fort avec une tendance à l’accentuation pénible sur les aigus. Il est possible que mes oreilles comme celui qui les porte, vieillissent un peu, mais quand même Tool mérite un son précis, voire chirurgical et les précédents concerts vus et entendus étaient irréprochables sur ce point (un Elysée Montmartre, un Zénith, un Olympia).

Surcroît de difficulté, Maynard chante ce morceau avec beaucoup d’effets variés sur sa voix, ce qui sembla l’empêcher de se régler correctement et il mettra un certain temps à nous servir ses belles vocalises.

Tout cela donnera un début de concert laborieux, le public ne sombrant pas immédiatement corps et âmes dans l’incroyable puissance de feu d’habitude servie par Tool.

S’il y eut évidemment de grands moments - notamment lors d’un extrait de leur premier album « Opiate » avec le chanteur de feu Lodestar en guest - le concert ne donnera finalement jamais cette sensation d’invincibilité qui émane des musiciens de Tool. Pourtant, l’implacable Danny Carey martèlera consciencieusement son kit sans jamais faiblir, Adam Jones laissera le feu froid sortir de sa guitare mais comme d’habitude ne brillera pas par un jeu scénique époustouflant. Seul Justin Chancellor, dernier arrivé en somme puisque remplaçant de Paul d’Amour dès « Aenima », sautera quelque peu sur scène et manifestera une certaine agitation.

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Le problème venait indiscutablement de Maynard James Keenan. Ce dernier s’est illustré en interview lors de la sortie de « 10.000 Days » par une attitude déplaisante (Versus) ou carrément désabusée, voire lassée du business, indiquant être trop vieux et avoir moins envie de jouer devant son public (Rock & Folk). Du coup, la froideur et le cynisme habituel du chanteur ressortaient de manière presque désagréable lors du show (« si vous m’aimez arrêtez de fumer etc... »). Maynard semblait avoir quitté A Perfect Circle pour mieux se consacrer à Tool, mais finalement s’il n’avait plus envie de rien ? Mettons quand même cela sur une fatigue passagère, parce que ce groupe est l’un des plus importants du moment et qu’on a encore grandement besoin d’eux.

Bref, une soirée en demi teinte (avec quand même un « Aenema » en clôture véritable tuerie), qui ne coupe néanmoins pas de l’envie d’y retourner en décembre, notamment parce que les immenses Mastodon ouvriront le bal. Avec un tel combo pur les précéder, Tool devra se secouer pour trouver sa place dans un Zénith qui aura déjà pris ce qui promet d’être une sacrée déflagration.

SETLIST :

  • Lost Keys
  • Rosetta Stoned
  • Stinkfist
  • Forty Six & 2
  • Jambi
  • Schism
  • Opiate
  • Right In Two
  • Lateralus
  • Vicarious
  • Ænema


photos by : wok and chefranden (CreativeCommons licence)

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