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La Chronique de Seb - Mai 2006

mercredi 24 mai 2006, par Sébastien Bourdon

Elle se fait rare... Mais la voici la chronique de Seb tant attendue. A l’honneur : Tool et Pearl Jam qu’on peut écouter même avec des oreilles vieillies...

Marcher droit devant, rageur, « amazon.fr » s’étant révélé incapable de livrer le jour de la sortie des deux albums, foncer dans les rues presque déjà écrasées par cette chaleur finalement inattendue, vers un « supermarché de la culture » et acquérir en une seule fois : le dernier Tool et le dernier Pearl Jam. Waouw.

Plein d’espoir et d’appréhension, embrasser à nouveau ces vieilles maîtresses, ces amis fidèles, ces soutiens de presque toujours.

On entre dans le magasin et on monte quatre à quatre les escalators (ce qui fait aller assez vite vous noterez). Même à l’heure du déjeuner, il y a de la place maintenant dans ces magasins. Ne restent que quelques jeunes femmes aux poitrines prometteuses qui regardent le dernier Gotan Project et se souviennent que « Michaël de la compta l’a téléchargé et
que du coup on pourra lui copier ». Elles le reposent, jettent un cil sur une compil’ en promo d’Otis Redding et disparaissent.

Prendre son temps, puis les saisir (je parle des disques).

Les regarder sur son bureau, se demander si c’est le lieu pour les écouter. Rentrer chez soi, les mettre, puis réaliser qu’il faudra du temps pour en saisir la substance. Et à 35 ans, il est difficile de trouver une heure pour écouter un disque.

Tool : Comme à chaque fois, ce qui frappe tout d’abord, c’est le rythme. Tous les grands groupes du milieu hard rock - metal n’ont pas pu faire l’économie d’un puissant batteur. Cela va parfois jusqu’à l’excès (Slipknot) ou au manque d’inspiration (too many to mention). Mais depuis que John Bonham (Led Zep) est mort et que Neil Peart (Rush) reste vivant, nombreux sont également les frappeurs à la créativité débridée, voire au génie indiscutable qui ont émergé du rock plus ou moins dur (Dave Grohl, Chad Smith, Lars Ulrich, Dave Lombardo et j’en passe). Danny Carey, cogneur en chef de Tool aborde son instrument de façon particulièrement vigoureuse, mais également subtile et tortueuse (rythmes ardus, groove implacable, couleurs et sons originaux). Son jeu définit tout simplement la musique du groupe. Le nouvel opus n’échappe pas à la règle. A la première écoute, on constate - enfin, on constate ce qu’on peut, il est très difficile de se faire une idée d’un album de Tool avec une simple et unique écoute - que la musique s’est faite plus accessible, plus posée avec des recherches d’ambiance plus variées et plus approfondies. Il y a toujours des interludes, des petits essais sonores et bruitistes, mais ils s’intègrent plus profondément à l’album et font lien avec le reste de l’œuvre. Et puis, l’ensemble est
cohérent, avance inexorablement et emmène l’auditeur dans un monde floydien où le soleil ne brillerait plus, si ce n’est d’une noire intensité.

Pearl Jam : Tout le monde sait bien que la colère en termes de rock à guitares est mauvaise conseillère. Alors voilà, bonne nouvelle Eddie et les siens sont très énervés. Et renouent ainsi avec une ouverture d’album enlevée : superbe « Life Wasted ». Le morceau est directement suivi par le non moins superbe « World Wide Suicide », sorte de deuxième lame qui coupe le poil soulevé par la première. Auditeurs assidus, on est forcément un peu surpris par une telle énergie fort bien canalisée dans des morceaux dignes de la créativité de leurs débuts. Il est vrai que le précédent - « Riot Act » - album pas déplaisant mais sans grande conviction, fruit d’un agacement politique encore un peu posé (Bush n’était pas encore réélu !), ne nous avait pas complètement pas convaincus. Le groupe n’avait d’ailleurs pas jugé utile de venir sur nos terres le défendre. Avec cet album éponyme, on parle d’autre chose : vigueur et créativité sont de retour. Mike Mc Ready se souvient qu’il était un soliste agressif épaulé d’un Stone Gossard rentre-dedans et efficace. Matt Cameron trouve également enfin sa place, le groupe ne lui ayant à ce jour pas vraiment donné l’occasion de briller autant qu’au sein de Soundgarden (à part peut-être sa manière de revisiter l’intro de « Given To Fly » et le morceau « You Are » sur Riot Act). C’est donc un groupe remis d’équerre, porté par une saine colère qu’il nous est donné d’écouter : « Comatose » sonne presque comme du AC/DC ; « Marker In The Sand », superbe illustration du principe de tension et
d’ouverture aérienne (je vous expliquerai un jour ce principe), « Army Reserve » est porté par un groove infernal etc...

Ils seront là en septembre, et nous espérons partager l’enthousiasme de Flea qui parle sur le site des Red Hot de la joie qu’il a eu à les écouter à New York la semaine passée.

A 35 ans, il est donc permis de ne pas brûler toutes ses idoles de jeunesse. On respire mieux. En plus, le Stadium Arcadium des Red Hot Chili Peppers arrive déjà à se frayer une place de choix sur la platine encombrée. Chronique un peu plus tard sur nos lignes.

Sebastien B. Bumble

Messages

  • Je précise tout de suite que ce n’est en aucun cas une photographie de moi !
    C’est un choix cruello-comique de la rédaction.
    Merci d’en prendre note.

    Sébastien Bourdon

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