Des heures de devoirs pendant la nuit m’ont permis d’apprécier la qualité des titres figurant sur le disque et j’ai même réussi à faire partager mon engouement à mon cousin Eric. Mais je précise qu’il s’agissait là d’un engouement mesuré puisqu’à l’époque je ne jurais que par les Ramones (sachez qu’il y a des points commune entre ces deux formations).
J’ai néanmoins continué à acquérir les albums de Rush et suis resté fidèle à ce groupe en écoutant de temps en temps ses albums avec grand plaisir jusqu’à une discussion chez Sébastien un soir où ce dernier m’a dit cette phrase simple :"Alex Lifeson [le guitariste de Rush] a un son sale".
La voilà la clef ! Ce qui permet de distinguer Rush de nombreux autres groupe de rock progressif : le guitariste a un son sale, ce qui signifie qu’il n’a pas un son policé et que, quand il part dans certains solos, il joue carrément comme un des guitaristes de Maiden voire comme Johnny Ramone quoique, c’est quand même pas sale à ce point chez lui.
Bref, j’ai ressorti mes Rush en particulier « Permanent Waves » et ce fut la vraie découverte, le choc, le délice puis enfin, l’obsession.
J’ai pu combler les trous que j’avais dans leur vaste discographie et compris que, mis à part « 2112 », je possédais surtout des albums récents et étais passé à côté des chefs d’œuvres tels que « Moving Pictures », « Hemispheres », « A farewell to Kings ».
Cerise sur le gâteau : "Beyond the lighted stage", film sur l’histoire du groupe sorti l’an dernier qui m’a également enchanté et ému.
Cependant, l’une de mes lubies en matière musicale est ma difficulté à concevoir l’amour pour une musique ou un groupe sans le passage au stade du concert. Ceci explique d’ailleurs pourquoi je n’ai encore jamais bouclé la boucle avec des artistes tels que Ratt, Great White, Cinderella, Masters of Reality qui ne passent jamais nous voir ou annulent au dernier moment, ou encore Glen Medeiros et Elsa qui, musicalement, sont morts.
Or nos amis de Rush ne sont passés qu’une seule fois en France il y a des lustres et, après avoir vainement espéré avec Sébastien (qui y était) et même cru à un passage au Zénith de Paris (annonce de Zéguth qui s’est avérée fausse), il a fallu se résoudre à partir les voir à l’étranger ce que je fis, seul, le 12 mai dernier à Dublin pour le premier concert de leur carrière en Irlande.
Souhaitant mettre toutes les chances de mon côté, j’avais décidé de ne pas arriver en retard à ce concert et, comme un fan de base, j’étais devant la salle à 17 heures en compagnie d’autres fans de base ce qui m’a permis d’être extrêmement bien placé pour le concert et de me faire des amis tous très étonnés de faire la connaissance de l’autre personne dans la fosse qui n’avait jamais vu Rush de leur vie (une jeune fille d’un quinzaine d’années semblant être l’autre personne dans le même cas). Les fans de Rush sont très fidèles : mon nouveau copain irlandais, Patrick, les avait vus 11 fois.
La salle, d’une taille bien inférieure à celle du Zenith parisien, se remplit lentement mais sûrement pendant deux à trois heures.
Le thème de cette tournée de Rush est Time machine ce qui leur permet de présenter des titres de leur longue carrière ainsi que deux nouveauté ET de jouer en intégralité l’album « Moving Pictures », l’un de leurs classiques.
Les trois musiciens de Rush étant de grands comiques, ils ont pris l’habitude de faire précéder leurs concerts de petits films. C’est le cas ce soir, avec un film assez drôle dans un snack qui les fait assister à la performance du groupe Rash, un groupe qui joue mal du Rush. Ce petit film introduit les deux fils rouges de la soirée : la machine à remonter le temps et la saucisse de Francfort (oui oui ! Les amplis de Geddy lee sont d’ailleurs dissimulés derrière une mini fabrique de saucisses).
Puis enfin retentit l’introduction de « Spirit of Radio », l’un des morceaux phares de Rush suivi par « Time stand still » qui comporte cette phrase qui nous fait chaud au cœur : "freeze this moment a little bit longer", ça tombe bien il reste encore 3h20 de concert !
La liste de morceaux n’est pas si évidente mais excellente (il y a peu de mauvaises choses chez Rush) et ce qui prédomine est le bonheur de Geddy Lee et d’Alex Lifeson d’être lsur scène et les deux compères s’éclatent littéralement.
J’ai déjà mentionné Alex Lifeson qui est ébouriffant de classe dans son jeu (sur l’instrumental « YYZ » notamment et sur ce fabuleux morceau qu’est « The Camera Eye ») et qui passe son temps à rire, avec Geddy et avec le public. J’ai été bluffé par Geddy Lee qui joue de la basse comme s’il triait des haricots (image qui me vient comme ça) en sortant des lignes et des sons impeccables et qui en même temps joue des synthétiseurs (il y en a un peu partout autour de lui) et chante divinement : il atteint sans problème la plupart des notes hautes qui ont fait sa réputation (un journaliste de Rolling Stone avait comparé son chant à quelque chose comme le bruit que ferait un cochon d’Inde coincé dans une essoreuse) et chante tout simplement juste (et voici un autre point commun entre Rush et les Ramones).
Su scène ça rigole (mais pas musicalement) entre les deux showmen mais c’est beaucoup plus sérieux derrière la batterie ou le maître, Neil Peart, officie, et sort des choses assez incroyables de son instrument avec sa régularité habituelle. Deux nouveaux morceaux ont été joués ce soir qui nous permirent de constater que le Père-Peart se détend un peu et semble désormais privilégier le groove à la précision, ce qui constitue une assez bonne nouvelle.
La première partie de ce concert enchaîne les classiques dont notamment « Freewill », « Marathon », « Subdivisions » et « Leave that thing alone », instrumental qui fait souffler un vent de fraîcheur sur les premiers rangs.
Après une légère interruption ("nous sommes de vieux hommes et avons besoin de nous reposer", se justifie Geddy lee) puis un mini film également assez drôle, le gros morceau de ce concert : « Moving Pictures » en intégralité. Bon, il n’y as pas grand-chose à dire tellement c’est bon en particulier « Red Barchetta » (les animations filmée nous montrant une course de voitures rouges en forme de saucisses de Francfort), « YYZ », « Tom Sawyer » et tout le reste dont « Witch Hunt » durant lequel est projeté une animation dans laquelle figure un chaperon rouge qui livre à sa mère-grand un panier de saucisses de Francfort.
On enchaîne avec d’autres classiques dont « 2112 » sur lequel toute la fosse slamme (non, je plaisante) jusqu’au point d’orgue, « Working Man » avec une première partie en version dub/rastafari qui sied parfaitement au paroles de ce morceau ("I get up at seven, yeah and I go to work at nine. I got no time for livin’. Yes, I’m workin’ all the time. It seems to me I could live my life a lot better than I think I am. I guess that’s why they call me, they call me the workin’ man").
Le concert se termine à 23h30 avec encore un petit film rigolo.
La plupart des resto étant fermés à cette heures, j’ai pu dénicher un pub qui faisant une soirée Rush after show et rencontré à nouveau d’adorables irlandais avec lesquels j’ai pu partager de quoi boire et manger (en bref, des Guiness).
