> Journalistes corrompus et lecteurs "bien pensants"
15 février 2004, 16:53, par TOMA
Je ne suis pas convaincu que ce soit Le Monde qui se pose en référence. Il est devenu une référence par son histoire, par les prises de positions de son fondateur, et par le travail fourni par certains journalistes. Il se pose surtout comme "journal sérieux" et se veut "objectif" (comme disait Desproges il me semble : "l’objectivité journalistique, c’est une minute pour les juifs, une minute pour les nazis"), et par ses deux valeurs est devenu une référence pour le reste du milieu journalistique parisien, qui se voudrait national.
Sur la pratique du journalisme, si, effectivement, "les journalistes ne sont pas condamnés" à reprendre des dépêches AFP, j’ai bien peur que le principe ne soit entériné. Aucun JT n’est préparé sans la lecture des "grands" quotidiens nationaux, les journalistes reprennent les informations des journaux pour savoir quoi dire à la télé, et ensuite les "grands" quotidiens s’inspirent de ce qui passe à la télé pour écrirent dans leurs colonnes. A ce cycle de l’information s’ajoute la radio et internet. La plupart des journalistes est donc condamnée, par le fonctionnement même de la production d’information, à rester toute la journée dans son bureau, à lire les autres journaux, les dépêches, surfer sur internet pour avoir des précisions sur le lien fourni dans le journal concurrent, écouter la radio, regarder les JT....
Ces pratiques sont celles apprises de manière privilégiée dans les écoles de journalisme. Rien d’étonnant donc qu’elles soient largement appliquées. Quant à ton exemple de Courrier International, il ne fait que corroborer ce que je dis. En effet, si les journalistes de Courier sont pour la plupart des correspondants à l’étranger, leur travail si j’ai bien saisi le contenu du journal, c’est de lire la presse étrangère pour la traduire en français.
Il serait cependant dommage qu’on pense que je condamne tout en bloc et que je n’ai que mépris et colère face aux journalistes dans leur ensemble. Je ne les condamne pas eux en tant que personnes, je condamne des pratiques qui sont issues des dérives d’un système qui broie tout ce qu’il touche en étant appliqué sans discernement. C’est parceque l’information est devenu "une marchandise au même titre que les poireaux" que les pratiques liées à sa production a changé. Le travail du journalisme change considérablement selon qu’il soit soumis à un impératif d’investigation ou de recherche d’audience. Dans le premier il devra utiliser son engagement pour chercher l’information, la recouper, l’analyser et la mettre en perspective. Dans le second, il devra faire des études de marché pour savoir de quoi il est de bon ton de parler pour flatter le lecteur, le divertir, afin d’augmenter une audience.
Je suis bien persuadé que la plupart des journalistes a une vision bien plus noble de leur métier, mais je sais aussi que la peur de perdre son emploi, mais aussi toute la reconnaissance sociale associée, fait qu’on s’adapte au système plus qu’on ne le met en cause. Ainsi, et pour ne par re-citer le cas de Schneiderman, je prendrais l’exemple de Florence Amalou, journaliste au Monde, qui a écrit Le livre noir de la publicité, qui s’est vu ensuite interdite de la section "communication" dudit journal. Comme quoi, quand le journaliste cherche trop, la direction, sûrement aiguillée dans ce cas par les annonceurs, musèle et donne l’exemple aux journalistes qui voudraient avoir des points de vue trop "engagés".
Je ne condamne donc pas des hommes et des femmes en particulier, mais une logique productiviste appliquée sans discernement à toute chose. La critique n’est pas une fin en soi, mais le commencement d’une réflexion. On doit apprendre de nos erreurs pour faire mieux. Encore faut-il les percevoir et les condamner.
Je ne suis pas convaincu que ce soit Le Monde qui se pose en référence. Il est devenu une référence par son histoire, par les prises de positions de son fondateur, et par le travail fourni par certains journalistes. Il se pose surtout comme "journal sérieux" et se veut "objectif" (comme disait Desproges il me semble : "l’objectivité journalistique, c’est une minute pour les juifs, une minute pour les nazis"), et par ses deux valeurs est devenu une référence pour le reste du milieu journalistique parisien, qui se voudrait national.
Sur la pratique du journalisme, si, effectivement, "les journalistes ne sont pas condamnés" à reprendre des dépêches AFP, j’ai bien peur que le principe ne soit entériné. Aucun JT n’est préparé sans la lecture des "grands" quotidiens nationaux, les journalistes reprennent les informations des journaux pour savoir quoi dire à la télé, et ensuite les "grands" quotidiens s’inspirent de ce qui passe à la télé pour écrirent dans leurs colonnes. A ce cycle de l’information s’ajoute la radio et internet. La plupart des journalistes est donc condamnée, par le fonctionnement même de la production d’information, à rester toute la journée dans son bureau, à lire les autres journaux, les dépêches, surfer sur internet pour avoir des précisions sur le lien fourni dans le journal concurrent, écouter la radio, regarder les JT....
Ces pratiques sont celles apprises de manière privilégiée dans les écoles de journalisme. Rien d’étonnant donc qu’elles soient largement appliquées. Quant à ton exemple de Courrier International, il ne fait que corroborer ce que je dis. En effet, si les journalistes de Courier sont pour la plupart des correspondants à l’étranger, leur travail si j’ai bien saisi le contenu du journal, c’est de lire la presse étrangère pour la traduire en français.
Il serait cependant dommage qu’on pense que je condamne tout en bloc et que je n’ai que mépris et colère face aux journalistes dans leur ensemble. Je ne les condamne pas eux en tant que personnes, je condamne des pratiques qui sont issues des dérives d’un système qui broie tout ce qu’il touche en étant appliqué sans discernement. C’est parceque l’information est devenu "une marchandise au même titre que les poireaux" que les pratiques liées à sa production a changé. Le travail du journalisme change considérablement selon qu’il soit soumis à un impératif d’investigation ou de recherche d’audience. Dans le premier il devra utiliser son engagement pour chercher l’information, la recouper, l’analyser et la mettre en perspective. Dans le second, il devra faire des études de marché pour savoir de quoi il est de bon ton de parler pour flatter le lecteur, le divertir, afin d’augmenter une audience.
Je suis bien persuadé que la plupart des journalistes a une vision bien plus noble de leur métier, mais je sais aussi que la peur de perdre son emploi, mais aussi toute la reconnaissance sociale associée, fait qu’on s’adapte au système plus qu’on ne le met en cause. Ainsi, et pour ne par re-citer le cas de Schneiderman, je prendrais l’exemple de Florence Amalou, journaliste au Monde, qui a écrit Le livre noir de la publicité, qui s’est vu ensuite interdite de la section "communication" dudit journal. Comme quoi, quand le journaliste cherche trop, la direction, sûrement aiguillée dans ce cas par les annonceurs, musèle et donne l’exemple aux journalistes qui voudraient avoir des points de vue trop "engagés".
Je ne condamne donc pas des hommes et des femmes en particulier, mais une logique productiviste appliquée sans discernement à toute chose. La critique n’est pas une fin en soi, mais le commencement d’une réflexion. On doit apprendre de nos erreurs pour faire mieux. Encore faut-il les percevoir et les condamner.