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> Journalistes corrompus et lecteurs "bien pensants"

29 janvier 2004, 18:09

Je dirais plutôt qu’on reproche aux journalistes, non pas, de ne pas offrir une info viable et objective, mais de faire croire que l’information fournie est objective, alors que le journaliste ne peut qu’être engagé, donc subjectif. En effet, éthymologiquement, journaliste, ça veut dire "analyste d’un jour". Quand les journalistes étaient envoyé sur le terrain, ils devaient enquêter, analyser, puis transmettre. Aujourd’hui, l’information se veut instantanée. Dépèche AFP retransmises "en live", images du jour présentée au JT sans que l’on puisse percevoir une analyse. Cette instantanéité pousse les journalistes (ou plutôt "instantanéistes") à ne plus analyser, mais ressortir de la pensée toute faites, toute prémachée. Combien de journalistes en France restent toute la journée sur leur ordinateur à surfer sur Internet et chercher les dépèches, et les retranscrire mot pour mot ? Je dirais que c’est le cas de la grande majorité.Le journalisme d’investigation n’existe plus vraiment, et ce sont les pages "opinions", "débats", "rebonds" qui fourmillent dans nos grands journaux.

Lire différents journaux, c’est bien, mais, on arrive vite à la conclusion suivante : ils disent tous en substance la même chose. En effet, contrôlés par les mêmes intérêts privés, des mêmes actionnaires et des mêmes groupes de presse, la couverture d’un événement se révèle souvent identique d’un journal à un autre (voir l’expression "prise d’otage" reprise par Libé, Figaro, Le Monde, TF1, France 2, France Inter, et j’en passe, la liste serait trop longue...).

Je trouve un peu facile de dire que c’est de la faute du "consommateur" si on a le journalisme qu’on a. Je pense que les tenants de l’ordre moral et économique sont assez puissants pour maintenir la presse et les médias dans leur rang. Ne peut être journaliste qui veut. Il faut avoir fait une école de journalisme où l’on apprend que l’info est une marchandise comme les autres, et que si elle n’est pas assez vendable, elle ne doit pas être traitée. Le "consommateur" qui est avant tout un citoyen ne peut que subir cet état de fait. Accepter l’info qu’on lui donne ou devenir lui même journaliste pour pouvoir chercher ses propres réponses.

L’auto-critique journalistique est plus que lamentable aujourd’hui, je pense qu’il faut commencer par là pour pouvoir dire que le journalisme est sérieux.

TOMA

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