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		<title>&#171; Le Feu que tu portes en Toi &#187; d'Antonio Franchini</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



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&lt;p&gt;Mater Dolorosa &lt;br class='autobr' /&gt; En ces temps o&#249; l'on abat les figures patriarcales, voil&#224; un bouquin qui prend clairement la tangente. En effet, &#224; longueur de pages, Franchini d&#233;zingue sa m&#232;re, dragon qui aura hant&#233; son existence, et aupr&#232;s de laquelle aucune tranquillit&#233; n'&#233;tait envisageable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Angela est un monstre, il n'y a pas d'ambigu&#239;t&#233;s sur la description faite d'elle par l'auteur : &#233;ruptive, volcanique, aussi physiquement envahissante qu'&#233;troite d'esprit, napolitaine dans ce que la ville peut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Litterature-" rel="directory"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH148/img_9843-d93fd.jpg?1781370541' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='148' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mater Dolorosa&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ces temps o&#249; l'on abat les figures patriarcales, voil&#224; un bouquin qui prend clairement la tangente. En effet, &#224; longueur de pages, Franchini d&#233;zingue sa m&#232;re, dragon qui aura hant&#233; son existence, et aupr&#232;s de laquelle aucune tranquillit&#233; n'&#233;tait envisageable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Angela est un monstre, il n'y a pas d'ambigu&#239;t&#233;s sur la description faite d'elle par l'auteur : &#233;ruptive, volcanique, aussi physiquement envahissante qu'&#233;troite d'esprit, napolitaine dans ce que la ville peut avoir de pire, ne conservant de positif de ses origines g&#233;ographiques que la verve et la cuisine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas anodin qu'un personnage aussi romanesque soit devenue m&#232;re d'&#233;crivain, jusqu'&#224; finalement entrer avec fracas dans un livre (m&#234;me si elle trouvait que travailler dans la litt&#233;rature, c'&#233;tait quand m&#234;me un peu un boulot de femme, voire de femmelette).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re, ce symbole en principe intouchable en Italie est donc ici litt&#233;ralement - c'est le cas de le dire - d&#233;gomm&#233;e de son pi&#233;destal. La plume, sans &#234;tre am&#232;re, est tremp&#233;e dans une rage f&#233;conde, que temp&#232;rent quelques &#233;clats de tendresse ou de nostalgie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'il lui en veut encore &#224; cette femme d'avoir &#233;t&#233; si d&#233;testable, avec lui comme avec ses s&#339;urs, avec la terre enti&#232;re m&#234;me. Poursuivant une tradition entam&#233;e avec sa propre g&#233;nitrice, Angela balance sur tout et sur tout le monde, et bien que parfaitement inculte ou presque, cela ne freine aucunement ses ardeurs mesquines et un complexe de sup&#233;riorit&#233; sorti d'on ne sait o&#249;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard d'autrui, Angela fait d'abord illusion, surtout lorsqu'elle d&#233;m&#233;nage de Naples &#224; Milan pour &#234;tre proche de son fils, &#224; la fin de sa vie. Les nordistes y voient un personnage haut en couleurs - son patois y joue pour beaucoup - lui donnant un charme apparent alli&#233; &#224; son &#233;nergie, mais elle ne fait pas illusion longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;dition originale italienne, Angela s'exprime presque syst&#233;matiquement en napolitain, langue restitu&#233;e telle quelle, comme essentielle &#224; la compr&#233;hension du personnage. Tout traduire en un fran&#231;ais norm&#233; serait revenu &#224; trahir le texte, et le traducteur - Christophe Mileschi - s'est sorti de cette orni&#232;re en lettr&#233; habile : cette figure f&#233;minine s'exprime en une langue inspir&#233;e de l'occitan, sabir &#233;trange mais finalement compr&#233;hensible, et qui ne prive ainsi pas Angela de sa particularit&#233; et de sa couleur, essentielles &#224; la compr&#233;hension du propos de Franchini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rage recuite du fils s'amplifie avec l'&#226;ge (et le d&#233;m&#233;nagement de sa m&#232;re en bas de chez lui) et l'auteur en vient &#224; maudire plus encore cette satan&#233;e g&#233;nitrice, archa&#239;que et inculte, embl&#233;matique d'une certaine Italie arri&#233;r&#233;e et renferm&#233;e sur elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je d&#233;teste son opportunisme, son racisme, son classisme, son &#233;go&#239;sme, son poujadisme, son client&#233;lisme, sa demi- culture pire que l'ignorance, sa ranc&#339;ur, l'agr&#233;gat de maux nationaux, qu'elle incarne en bloc, sans exception, &#224; tel point que je me suis convaincu que s'il existe une figure symbolisant les horreurs de l'Italie, une cr&#233;ature en chair et en os les r&#233;capitulant toutes, c'est Angela, ma m&#232;re&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Approchant lui-m&#234;me les portes de la vieillesse, ce temps &#233;coul&#233; ensemble, puis s&#233;par&#233;ment, a comme creus&#233; plus encore le foss&#233;. Et pourtant, les derni&#232;res pages du livre, abordant la fin de vie d'Angela, trahissent une insondable &#233;motion, pudiquement exprim&#233;e : le temps s'est enfui et si affreux aient &#233;t&#233; les responsables de votre s&#233;jour terrestre, une m&#233;lancolie demeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'ai compris quelle &#233;tait la forme de son amour. Une forme d'amour erron&#233;e mais je crains que tous les amours soient d'une mani&#232;re ou d'une autre erron&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Le Jardin des Finzi-Contini &#187; de Vittorio de Sica (1970)</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Monde d'hier &lt;br class='autobr' /&gt; 1938, il est d&#233;cid&#233; d'interdire aux juifs l'entr&#233;e du club de tennis de la ville de Ferrare. Mic&#242;l Finzi-Contini (Dominique Sanda), ravissante jeune femme, d&#233;cide alors d'accueillir certains de ces brusquement devenus parias pratiquer ledit sport &#224; l'abri des hauts murs de la propri&#233;t&#233; familiale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Las, s'ils font quasiment partie de l'aristocratie locale, les Finzi-Contini n'en sont pas moins juifs et donc menac&#233;s par la violence de l'histoire qui gronde au-del&#224; de leurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Litterature-" rel="directory"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L103xH150/img_8686-8a9ad.jpg?1775766315' class='spip_logo spip_logo_right' width='103' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Monde d'hier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1938, il est d&#233;cid&#233; d'interdire aux juifs l'entr&#233;e du club de tennis de la ville de Ferrare. Mic&#242;l Finzi-Contini (Dominique Sanda), ravissante jeune femme, d&#233;cide alors d'accueillir certains de ces brusquement devenus parias pratiquer ledit sport &#224; l'abri des hauts murs de la propri&#233;t&#233; familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, s'ils font quasiment partie de l'aristocratie locale, les Finzi-Contini n'en sont pas moins juifs et donc menac&#233;s par la violence de l'histoire qui gronde au-del&#224; de leurs grands arbres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est de bon ton chez le cin&#233;phile de tous les pays que d'encenser ce film. Pourtant, m&#234;me apr&#232;s plusieurs tentatives, rendues n&#233;cessaires par les scrupules, on persiste &#224; trouver ce film empes&#233;, noy&#233; dans sa propre esth&#233;tique, incapable la plupart du temps de restituer les sentiments de ses personnages, comme la trag&#233;die qu'il est cens&#233; traiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout semble factice, la photographie est aussi l&#233;ch&#233;e que chez David Hamilton, et le casting international joue comme fig&#233;, ph&#233;nom&#232;ne accentu&#233; par le doublage, aucun com&#233;dien ou presque ne parlant la m&#234;me langue dans la vraie vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On devrait &#224; l'image voir flotter les cendres de la jeunesse enfuie et de la trag&#233;die pass&#233;e, pour finalement ne respirer que naphtaline et anti-mites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se demande o&#249; est pass&#233; le r&#233;alisateur n&#233;o-r&#233;aliste du &#171; &lt;i&gt;Voleur de Bicyclette&lt;/i&gt; &#187; (1948) et de &#171; &lt;i&gt;Umberto D. &lt;/i&gt; &#187; (1952), entre autres chefs d'&#339;uvres indiscutables, o&#249; l'&#226;pret&#233; le disputait &#224; la sensibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'autant plus regrettable que le livre de Giorgio Bassani ne m&#233;ritait certainement pas un tel traitement. Ici, la d&#233;licatesse lettr&#233;e de l'&#233;criture restitue jusque dans les d&#233;tails sensibles les lieux et les caract&#232;res qui les habitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on exclut - apr&#232;s un incipit d'une profonde m&#233;lancolie &#233;trusque - quelques pages un peu absconses en tout d&#233;but de bouquin, rien n'est de trop, m&#234;me et surtout dans les d&#233;tails. En quelques phrases, vous voil&#224; &#224; Ferrare, dans cet univers &#233;l&#233;gant et raffin&#233; que le fascisme et l'antis&#233;mitisme s'appr&#234;tent &#224; balayer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre deux parties de tennis - &#234;tre juif ici n'emp&#234;che pas de frapper joyeusement dans la balle jaune - Mic&#242;l &#224; bicyclette emm&#232;ne Giorgio, le narrateur &#233;pris, et nous avec, pour une promenade jusqu'aux coins les plus isol&#233;s d'un jardin immense et luxuriant (&#171; &lt;i&gt;une bonne dizaine d'hectares et les all&#233;es, grandes et petites, occupaient dans leur ensemble une demie-douzaine de kilom&#232;tres&lt;/i&gt; &#187;). Un tel espace justifie bien d'y consacrer tant de pages, &#233;crin qu'il est &#224; une fascination amoureuse qui, cruellement, ne se concr&#233;tisera &#233;videmment pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, chaque ligne parcourue nous ram&#232;ne &#224; cet espace fantasm&#233;, imaginaire, mais dont la force d'&#233;vocation est telle que l'on finirait par croire que cette propri&#233;t&#233; existe r&#233;ellement, et que d'aucuns ont connu ses habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les choses, elles aussi, meurent, mon cher. Et alors, puisqu'elles doivent mourir, eh bien, mieux vaut les laisser mourir. De plus, cela a beaucoup plus de style, tu ne crois pas ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La Mort leur va si Bien </title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;glise &#233;tait &#233;videmment pleine, cette disparition impr&#233;visible et brutale d'une figure aim&#233;e - et probablement un peu crainte - ne pouvait qu'attirer les foules, ne serait-ce que pour y &#234;tre vu (la mort, il faut parfois en &#234;tre). &lt;br class='autobr' /&gt;
Devant le cercueil et l'assembl&#233;e silencieuse se poursuivait la litanie des discours ronflants, r&#233;g&#233;n&#233;rant ad nauseam cette capacit&#233; bourgeoise intacte &#224; tuer la peine, si d&#233;finitive soit-elle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il se sentit donc rapidement compl&#232;tement d&#233;tach&#233; d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Litterature-" rel="directory"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L142xH150/img_3451-021f1.jpg?1775984488' class='spip_logo spip_logo_right' width='142' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;glise &#233;tait &#233;videmment pleine, cette disparition impr&#233;visible et brutale d'une figure aim&#233;e - et probablement un peu crainte - ne pouvait qu'attirer les foules, ne serait-ce que pour y &#234;tre vu (la mort, il faut parfois en &#234;tre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le cercueil et l'assembl&#233;e silencieuse se poursuivait la litanie des discours ronflants, r&#233;g&#233;n&#233;rant ad nauseam cette capacit&#233; bourgeoise intacte &#224; tuer la peine, si d&#233;finitive soit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se sentit donc rapidement compl&#232;tement d&#233;tach&#233; d'une disparition qui ne le concernait gu&#232;re, et l'&#226;me comme s&#233;ch&#233;e du tragique de l'injuste disparition par le d&#233;corum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, maugr&#233;a-t-il un petto, la foi et les convenances de classe constituent deux ph&#233;nom&#232;nes sociaux efficaces pour poursuivre la marche vers un futur n&#233;cessairement glorieux : la bourgeoisie ira au Paradis, rien ne justifie la m&#233;lancolie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; La Femme de Trente Ans &#187; d'Honor&#233; de Balzac</title>
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		<description>
&lt;p&gt;&#202;tre Lib&#233;r&#233;e (c'est pas si facile) &lt;br class='autobr' /&gt; Pour qui s'attendrait l&#224; &#224; une lecture compass&#233;e et un poil ringarde aux entournures pourrait &#234;tre quelque peu d&#233;boussol&#233; par la lecture de cet ouvrage sorti en 1842. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la mesure o&#249; il fallut au grand homme douze ans pour l'achever, apr&#232;s en avoir publi&#233; des bouts sous diff&#233;rentes formes, ce ne sera pas sur les p&#233;rip&#233;ties qu'il faudra se pencher, n'&#233;tant pas ce qu'il y a de plus convaincant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Beaucoup plus int&#233;ressant est le fond de l'&#339;uvre (et il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Litterature-" rel="directory"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L103xH150/img_8157-4ff7a.jpg?1771451998' class='spip_logo spip_logo_right' width='103' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#202;tre Lib&#233;r&#233;e (c'est pas si facile)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour qui s'attendrait l&#224; &#224; une lecture compass&#233;e et un poil ringarde aux entournures pourrait &#234;tre quelque peu d&#233;boussol&#233; par la lecture de cet ouvrage sorti en 1842.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mesure o&#249; il fallut au grand homme douze ans pour l'achever, apr&#232;s en avoir publi&#233; des bouts sous diff&#233;rentes formes, ce ne sera pas sur les p&#233;rip&#233;ties qu'il faudra se pencher, n'&#233;tant pas ce qu'il y a de plus convaincant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup plus int&#233;ressant est le fond de l'&#339;uvre (et il est frais) : Balzac s'int&#233;resse non sans crudit&#233; et cruaut&#233; au lamentable sort qui est fait des femmes dans une soci&#233;t&#233; patriarcale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;couvre, &#224; l'ouverture du roman, Julie de Chastillon au bras de son p&#232;re, fascin&#233;e par la soldatesque napol&#233;onienne et plus particuli&#232;rement par le colonel Victor d'Aiglemont. Le vieil homme voit ce qui se dessine, devine la nullit&#233; crasse du bonhomme et la probabilit&#233; d'un mariage qui tournera vite &#224; l'aigre pour sa tendre fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa proph&#233;tie s'av&#232;re juste, et cette histoire de masculinit&#233; aussi dominante que minable va condamner Julie - comme ses semblables femmes - &#224; une vie de frustration &#233;motionnelle, enferm&#233;e dans l'institution mortif&#232;re du mariage bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plume de Balzac ne laisse gu&#232;re de doute, quand bien m&#234;me c'est l'h&#233;ro&#239;ne qui lib&#232;re son fiel - jusqu'aux oreilles d'un cur&#233; terrifi&#233; par la philosophie des Lumi&#232;res - et le jugement est sans appel : la femme est la terrible victime d'un syst&#232;me d'asservissement sexuel, lui interdisant toute forme d'accomplissement amoureux et &#233;rotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le propos est d'autant plus senti qu'il est - &#233;videmment - admirablement &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Telle est notre destin&#233;e, vue sous ses deux faces : une prostitution publique et la honte, une prostitution priv&#233;e et le malheur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette violence n'en est pas moins temp&#233;r&#233;e par des pointes d'humour, des rappels &#224; la grande Histoire, des &#233;vocations de lieux r&#233;els ou imagin&#233;s et de brusques envol&#233;es po&#233;tiques au-dessus de la mis&#232;re m&#233;diocre de l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La m&#233;lancolie se compose d'une suite de semblables oscillations morales, dont la premi&#232;re touche au d&#233;sespoir, et la derni&#232;re au plaisir : dans la jeunesse, elle est le cr&#233;puscule du matin ; dans la vieillesse, celui du soir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Hors Champ &#187; de Marie-H&#233;l&#232;ne Lafon</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Hors-Champ-de-Marie-Helene-Lafon</link>
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		<dc:date>2026-02-15T10:17:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Partie de Campagne &lt;br class='autobr' /&gt; Un jour, sur une route de vacances, la voix de Marie-H&#233;l&#232;ne Lafon a jailli du poste. Un ton docte, professoral, quelque chose qui &#233;voquerait une enseignante de latin-grec sur le point de remettre des copies. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; b&#226;tons rompus, elle causait de ses romans, de l'&#233;criture en g&#233;n&#233;ral, de peinture et de po&#233;sie, de la rudesse de la vie agricole dans le Cantal, et d'autres choses encore. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sa mani&#232;re de s'exprimer, bien s&#233;rieuse, dissimulait mal une vivacit&#233; d'esprit, un humour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Litterature-" rel="directory"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L120xH150/img_8124-16ccf.jpg?1771152570' class='spip_logo spip_logo_right' width='120' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Partie de Campagne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un jour, sur une route de vacances, la voix de Marie-H&#233;l&#232;ne Lafon a jailli du poste. Un ton docte, professoral, quelque chose qui &#233;voquerait une enseignante de latin-grec sur le point de remettre des copies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; b&#226;tons rompus, elle causait de ses romans, de l'&#233;criture en g&#233;n&#233;ral, de peinture et de po&#233;sie, de la rudesse de la vie agricole dans le Cantal, et d'autres choses encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa mani&#232;re de s'exprimer, bien s&#233;rieuse, dissimulait mal une vivacit&#233; d'esprit, un humour rentr&#233; et une grande app&#233;tence vitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occasion de la voir et de l'&#233;couter pour de vrai - &#224; la Maison de la Po&#233;sie - confirma ces sensations. Restait donc enfin &#224; la lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sit&#244;t lanc&#233;, il est impossible de ne pas d&#233;vorer sa prose, pr&#233;cise et nerveuse. Sous l'&#233;conomie de mots - juste ce qu'il faut, juste ceux qu'il faut - perce la rudesse d'un monde, mais aussi une sensibilit&#233; &#224; fleur de peau, pudiquement exprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On traverse par &#233;pisodes pr&#233;cis la vie d'un fr&#232;re et d'une s&#339;ur, lui qui est rest&#233; &#224; la ferme, elle qui a rejoint la capitale pour une vie de lettr&#233;e. Taiseux, dur au mal, le gar&#231;on affronte une existence o&#249; l'h&#233;ritage familial a tout de la mal&#233;diction, sans place pour l'amour ou la culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#339;ur partie reste n&#233;anmoins fid&#232;le aux lieux comme &#224; ceux qui les habitent, surtout &#224; ce fr&#232;re si diff&#233;rent mais tant aim&#233;. Elle n'&#233;ternise point ses s&#233;jours toutefois, profitant d'abord joyeusement de la sensualit&#233; de la nature et des souvenirs, mais comme vite &#233;touff&#233;e par le poids des liens familiaux, elle rejoint sans trop tarder la grande ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est des passages du livre qui serrent litt&#233;ralement le c&#339;ur, d'autant que cette &#233;criture fine et serr&#233;e nous met au plus pr&#232;s des lieux, des b&#234;tes, des hommes et de leurs peines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Elle esp&#232;re pour lui des moments moins &#226;pres, des accalmies, de furtives douceurs, des bouff&#233;es de joie &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Kolkhoze &#187; d'Emmanuel Carr&#232;re</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Kolkhoze-d-Emmanuel-Carrere</link>
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		<dc:date>2025-10-12T12:01:13Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La vie de ma m&#232;re &lt;br class='autobr' /&gt; Emmanuel Carr&#232;re, en d&#233;laissant la fiction, s'est notamment distingu&#233; dans deux exercices litt&#233;raires : documenter au plus pr&#232;s des histoires &#233;pouvantables (&#171; L'adversaire &#187;, &#171; V13 &#187;) ou raconter sa vie, sur un mode quand m&#234;me assez autocentr&#233; et le plus souvent douloureux (&#171; Yoga &#187;). &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'occasion de la disparition de sa m&#232;re, H&#233;l&#232;ne Carr&#232;re d'Encausse, intellectuelle et femme politique, sp&#233;cialiste de la Russie, il d&#233;cide de se plonger - et nous avec - dans l'histoire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Litterature-" rel="directory"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L109xH150/img_6171-bc021.jpg?1760275560' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La vie de ma m&#232;re&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Emmanuel Carr&#232;re, en d&#233;laissant la fiction, s'est notamment distingu&#233; dans deux exercices litt&#233;raires : documenter au plus pr&#232;s des histoires &#233;pouvantables (&#171; &lt;i&gt;L'adversaire&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;V13&lt;/i&gt; &#187;) ou raconter sa vie, sur un mode quand m&#234;me assez autocentr&#233; et le plus souvent douloureux (&#171; &lt;i&gt;Yoga&lt;/i&gt; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion de la disparition de sa m&#232;re, H&#233;l&#232;ne Carr&#232;re d'Encausse, intellectuelle et femme politique, sp&#233;cialiste de la Russie, il d&#233;cide de se plonger - et nous avec - dans l'histoire de cette derni&#232;re et de sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;orgienne longtemps apatride, passionn&#233;ment fran&#231;aise au point de devenir secr&#233;taire perp&#233;tuelle de l'Acad&#233;mie Fran&#231;aise, elle m&#233;ritait bien qu'on s'attarde un peu sur elle et sa personnalit&#233;, quand bien m&#234;me le livre digresse pas mal, finissant par tirer en creux le portrait&#8230; de son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier, amoureux silencieux et discret d'une femme autoritaire et cassante qu'il n'aura jamais cess&#233; de l'idol&#226;trer, quand bien m&#234;me ce sentiment se sera en revanche vite &#233;teint chez cette &#233;pouse impitoyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cadre dans les assurances, il s'est amourach&#233; de l'histoire familiale douloureuse de son &#233;pouse, passionn&#233; par la grande et petite histoire complexe de ses origines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fils reprend en quelque sorte le flambeau, et on ne peut en vouloir &#224; l'auteur de cette initiative tant cette famille hors norme, fort bien d&#233;peinte avec le chaos du monde qui fut le sien en arri&#232;re-plan, se r&#233;v&#232;le dr&#244;lement attachante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que Carr&#232;re met ici la juste distance, il ne raconte certes pas compl&#232;tement une autre vie que la sienne, mais il d&#233;ploie ses talents de conteurs pour nous plonger dans ce qu'il a v&#233;cu et ce qu'on lui a narr&#233;, en conservant une distance amus&#233;e et &#233;mue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;vocation de ses a&#239;eux et anc&#234;tres l'am&#232;ne aussi &#224; des r&#233;flexions sur l'histoire contemporaine, et notamment la Russie, territoire qu'il conna&#238;t fort bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res pages sont au niveau du plus beau livre de Simone de Beauvoir, &#171; &lt;i&gt;Une Mort tr&#232;s Douce&lt;/i&gt; &#187; (1964), et c'est tout chose que l'on dit adieu &#224; ces figures, devenues un peu n&#244;tres par la magie de l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est souvent ainsi des livres que l'on d&#233;vore, on les ach&#232;ve &#224; regret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Louis-Ferdinand C&#233;line, le voyage sans retour &#187; une &#233;mission de Philippe Collin - podcast France Inter</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Louis-Ferdinand-Celine-le-voyage-sans-retour-une-emission-de-Philippe-Collin</link>
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		<dc:date>2025-08-05T18:13:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pr&#233;voyez un peu de temps, mais surtout planifiez le : une fois commenc&#233;e, cette travers&#233;e radiophonique ne peut souffrir de ne pas &#234;tre accomplie jusqu'&#224; son terme. &lt;br class='autobr' /&gt;
En dix &#233;pisodes denses, de 55 minutes chacun, nous est racont&#233; un parcours effarant, sans mesure, d'un homme probablement cingl&#233; qui aura r&#233;volutionn&#233; la litt&#233;rature tout en accompagnant de sa plume et de son &#233;nergie la pens&#233;e la plus ignoble de son temps. &lt;br class='autobr' /&gt;
Car C&#233;line n'a pas fait qu'&#233;crire des saloperies, il en aura (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Litterature-" rel="directory"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH148/img_5320-c9e9a.jpg?1754417641' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='148' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;voyez un peu de temps, mais surtout planifiez le : une fois commenc&#233;e, cette travers&#233;e radiophonique ne peut souffrir de ne pas &#234;tre accomplie jusqu'&#224; son terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dix &#233;pisodes denses, de 55 minutes chacun, nous est racont&#233; un parcours effarant, sans mesure, d'un homme probablement cingl&#233; qui aura r&#233;volutionn&#233; la litt&#233;rature tout en accompagnant de sa plume et de son &#233;nergie la pens&#233;e la plus ignoble de son temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car C&#233;line n'a pas fait qu'&#233;crire des saloperies, il en aura inspir&#233;es, et m&#234;me commises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son acharnement apr&#232;s guerre &#224; s'innocenter (alors que sa fuite avant tout le monde trahissait une certaine lucidit&#233;), jusqu'&#224; se noyer dans un d&#233;lire de pers&#233;cution (&#171; &lt;i&gt;Je trouve que tous les autres sont coupables, pas moi. Voil&#224; comment je pense&lt;/i&gt; &#187;) ne change rien &#224; la mat&#233;rialit&#233; des faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la tentative posthume de r&#233;habiliter le po&#232;te maudit avant le pamphl&#233;taire inf&#226;me &#224; partir des ann&#233;es 80, &#224; coups notamment de spectacles de Luchini (lui-m&#234;me assez moisi finalement), a prosp&#233;r&#233;, c'est ind&#233;niable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette remarquable &#233;mission maintient l'&#233;vidence de ce que si passionnante ait &#233;t&#233; son existence et riche son exp&#233;rience, C&#233;line &#233;tait et est rest&#233; un antis&#233;mite et un raciste crasse (dans les ann&#233;es 50, l'invasion des asiatiques remplacera celle des juifs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement indiscutable que sa plume ait &#233;t&#233; proprement renversante, s'appropriant le langage des obscurs et des sans-grades pour en faire litt&#233;rature de sueur et de sang. H&#233;las, a-t-on envie de dire, car comme l'a &#233;crit Roger Grenier &#224; la mort de C&#233;line, &#171; &lt;i&gt;Il est toujours triste d'&#234;tre oblig&#233; d'avoir honte d'un grand &#233;crivain&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mission, riche d'archives sonores, d'interventions d'historiens, chercheurs et journalistes, donne &#224; penser une certaine histoire de France, &#224; mettre en perspective, sans jamais cesser d'&#234;tre captivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Au-del&#224; de cette limite votre ticket n'est plus valable &#187; de Romain Gary (1975)</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Au-dela-de-cette-limite-votre-ticket-n-est-plus-valable-de-Romain-Gary-1975</link>
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		<dc:date>2025-05-05T18:01:38Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Toute R&#233;sistance est Futile &lt;br class='autobr' /&gt; Jacques Rainier est un homme de son temps, si ce n'est que justement, son temps s'enfuit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quinquag&#233;naire encore fringant - mais presque sexag&#233;naire - ancien r&#233;sistant, homme d'affaires redoutable et redout&#233;, il coule des jours heureux dans les bras de sa compagne du moment, Laura, une jeune br&#233;silienne de 37 ans sa cadette. &lt;br class='autobr' /&gt;
Las, tout semble se liqu&#233;fier, l'Europe est un mythe fragile, son entreprise coule, et chaque nuit d'amour ne compte plus que pour ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Litterature-" rel="directory"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L95xH150/img_3766-b312f.jpg?1746471509' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Toute R&#233;sistance est Futile&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jacques Rainier est un homme de son temps, si ce n'est que justement, son temps s'enfuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quinquag&#233;naire encore fringant - mais presque sexag&#233;naire - ancien r&#233;sistant, homme d'affaires redoutable et redout&#233;, il coule des jours heureux dans les bras de sa compagne du moment, Laura, une jeune br&#233;silienne de 37 ans sa cadette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, tout semble se liqu&#233;fier, l'Europe est un mythe fragile, son entreprise coule, et chaque nuit d'amour ne compte plus que pour ce qu'il aura r&#233;ussi &#224; accomplir sous les draps et entre les cuisses, bien plus que pour la joie qu'il aura su en retirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rainier prend conscience de sa d&#233;ch&#233;ance prochaine et ne pense plus qu'&#224; &#231;a. La pulsion de l'Eros est devenue morbide, il se r&#234;ve m&#234;me remplac&#233; par un autre plus vaillant, pour ne plus souffrir de se voir ne plus &#234;tre progressivement &#224; la hauteur de l'amour qu'on lui t&#233;moigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avoir su d&#233;jouer la Gestapo pour un jour sentir ses &#233;rections s'enfuir, oh sort cruel. Il n'y a pas de nivellement &#224; tout cela, l'angoisse est la m&#234;me : courir pour sauver sa peau et voir bien des ann&#233;es plus tard que la vie s'enfuit de soi, sans que cette fois l'on n'y puisse grand chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force de Romain Gary est d'&#233;chapper au scabreux comme au geignard dans la description de cette d&#233;r&#233;liction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les angoisses de qu&#233;quette du protagoniste - alter ego &#233;vident de Gary - sont en effet temp&#233;r&#233;es par son humour et sa m&#233;lancolie, sauvant Rainier du ridicule et le livre de la ringardisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pourtant pas dr&#244;le la course vers le tombeau, si la peur de la mort se domine, la gestion de ses signes avant-coureurs est autrement plus cruelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il ne s'agit pas d'un plaidoyer, dans ces pages. Ce n'est pas non plus un appel au secours et je ne mettrai pas ce manuscrit dans une bouteille pour le jeter &#224; la mer. Depuis que le monde r&#234;ve, il y a d&#233;j&#224; eu tant d'appels au secours, tant de bouteilles jet&#233;es &#224; la mer, qu'il est &#233;tonnant de voir encore la mer, on ne devrait plus voir que les bouteilles.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La Maison du Magicien &#187; d'Emanuele Trevi</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/La-Maison-du-Magicien-d-Emanuele-Trevi</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Forever Jung &lt;br class='autobr' /&gt; Emanuele Trevi est un jeune sexag&#233;naire romain, &#233;crivain et journaliste, il se trouve aussi &#234;tre le fils d'un fameux psychanalyste jungien, Mario du m&#234;me nom. &lt;br class='autobr' /&gt;
Poursuivant quelque chose qui avait &#233;chou&#233; de son vivant, raconter - en recueillant sa parole - l'homme et son &#339;uvre, lui est venu l'id&#233;e de l'&#233;voquer post mortem. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au rythme de courts chapitres, Trevi couche ses souvenirs, en des pens&#233;es qui pourraient sembler &#233;parses, mais dessinant la vie de son illustre p&#232;re, en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Litterature-" rel="directory"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L102xH150/img_3557-117f1.jpg?1744992334' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Forever Jung&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Emanuele Trevi est un jeune sexag&#233;naire romain, &#233;crivain et journaliste, il se trouve aussi &#234;tre le fils d'un fameux psychanalyste jungien, Mario du m&#234;me nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poursuivant quelque chose qui avait &#233;chou&#233; de son vivant, raconter - en recueillant sa parole - l'homme et son &#339;uvre, lui est venu l'id&#233;e de l'&#233;voquer post mortem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au rythme de courts chapitres, Trevi couche ses souvenirs, en des pens&#233;es qui pourraient sembler &#233;parses, mais dessinant la vie de son illustre p&#232;re, en miroir avec lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent profond autant qu'intime, l'&#233;crivain n'oublie surtout pas d'&#234;tre dr&#244;le dans ses r&#233;cits, pouvant se concentrer soudainement sur sa catastrophique femme de m&#233;nage p&#233;ruvienne (&#171; &lt;i&gt;la D&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e&lt;/i&gt; &#187;) ou sur son &#233;trange conviction d'&#234;tre visit&#233; nuitamment par une cr&#233;ature inconnue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation d&#233;finitive de l'appartement du d&#233;funt lui donne l'occasion de se plonger plus encore dans la vie de cet esprit paternel aussi brillant que d&#233;concertant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mario Trevi, bien qu'ayant consacr&#233; sa vie enti&#232;re &#224; la souffrance psychique des autres, apparaissait comme toujours enferm&#233; en lui-m&#234;me, dans ce que l'auteur appelle brillamment son &#171; &lt;i&gt;arri&#232;re-boutique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#234;tre humain est une &#233;nigme (certes, plus ou moins palpitante), et se pencher sur le cas paternel offre au fils une occasion pertinente de s'int&#233;resser &#224; lui-m&#234;me, sans pr&#233;tention, ni aff&#232;terie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi de mieux finalement qu'un psy, m&#234;me mort, pour aider &#224; se comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, s'agissant d'un livre, voil&#224; bien longtemps que l'on avait trouv&#233; plume contemporaine aussi vivante et agile, dr&#244;le et &#233;rudite. Un bouquin un peu magique finalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Manuel de savoir-vivre</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Manuel-de-savoir-vivre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.soundsmag.org/Manuel-de-savoir-vivre</guid>
		<dc:date>2025-04-13T07:01:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cela peut faire un peu pr&#233;tentieux que de le rappeler, mais Proust livre &#224; longueur de pages une sorte d'encyclop&#233;die de l'existence, par la sensation comme la r&#233;flexion. &lt;br class='autobr' /&gt;
Du chagrin d'amour au deuil, en passant par les rapports sociaux, tous les sujets sont abord&#233;s et pour peu qu'on ne craigne pas l'abondance des mots, on trouve toujours quelque saillie merveilleuse &#224; propos d'un ressenti qu'on ne savait pas forc&#233;ment exprimer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi des relations internationales, sujet &#224; la mode (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Litterature-" rel="directory"&gt;Litt&#233;rature&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L99xH150/img_3475-1d35d.jpg?1744539255' class='spip_logo spip_logo_right' width='99' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela peut faire un peu pr&#233;tentieux que de le rappeler, mais Proust livre &#224; longueur de pages une sorte d'encyclop&#233;die de l'existence, par la sensation comme la r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du chagrin d'amour au deuil, en passant par les rapports sociaux, tous les sujets sont abord&#233;s et pour peu qu'on ne craigne pas l'abondance des mots, on trouve toujours quelque saillie merveilleuse &#224; propos d'un ressenti qu'on ne savait pas forc&#233;ment exprimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi des relations internationales, sujet &#224; la mode n'est-ce pas :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les diplomates savent que, dans la balance qui assure cet &#233;quilibre, europ&#233;en ou autre, qu'on appelle la paix, les bons sentiments, les beaux discours, les supplications p&#232;sent fort peu ; et que le poids lourd, le vrai, le d&#233;terminant, consiste en autre chose, en la possibilit&#233; que l'adversaire a, s'il est assez fort, ou n'a pas, de contenter par moyen d'&#233;change, un d&#233;sir&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui l'eut cru, croiser Trump en arpentant &#171; &lt;i&gt;Le C&#244;t&#233; de Guermante&lt;/i&gt;s &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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