<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.soundsmag.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Sounds Mag'</title>
	<link>https://www.soundsmag.org/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.soundsmag.org/spip.php?id_rubrique=12&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Revoir sa Normandie</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Revoir-sa-Normandie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.soundsmag.org/Revoir-sa-Normandie</guid>
		<dc:date>2026-03-01T08:43:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;24 f&#233;vrier 2026 &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a tellement plu ces derni&#232;res semaines que la rivi&#232;re est sortie de son lit, se rapprochant dangereusement du logis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les champs de l'autre c&#244;t&#233; de la rive sont couverts d'eau et lorsque l'on s'en approche s'envolent des nu&#233;es de mouettes. Il suffirait d'y ajouter quelques optimistes, et on pourrait imaginer une base nautique o&#249; s'&#233;battraient aussi des vaches. &lt;br class='autobr' /&gt;
Revanche sur la grisaille et prochain recul des eaux, il fait maintenant &#233;tonnamment beau. La Normandie (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Voyages-" rel="directory"&gt;Voyages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L130xH150/img_8282-29716.jpg?1772364886' class='spip_logo spip_logo_right' width='130' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;24 f&#233;vrier 2026&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a tellement plu ces derni&#232;res semaines que la rivi&#232;re est sortie de son lit, se rapprochant dangereusement du logis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les champs de l'autre c&#244;t&#233; de la rive sont couverts d'eau et lorsque l'on s'en approche s'envolent des nu&#233;es de mouettes. Il suffirait d'y ajouter quelques optimistes, et on pourrait imaginer une base nautique o&#249; s'&#233;battraient aussi des vaches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revanche sur la grisaille et prochain recul des eaux, il fait maintenant &#233;tonnamment beau. La Normandie semble m&#234;me d&#233;contenanc&#233;e par cet ensoleillement inhabituel en f&#233;vrier. On n'est pas ici comme &#224; Paris, tous pr&#234;ts pour un caf&#233; au soleil d&#232;s que ce dernier pointe son nez sous la froidure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, sur la plage sous le cimeti&#232;re am&#233;ricain, une petite fille a d&#233;cid&#233; de sauter dans les vagues. Il faut croire qu'elle, au moins, &#233;tait pr&#234;te. La m&#232;re laisse faire, la mer se laisse faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;26 f&#233;vrier 2026&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La petite bicoque de bord de plage est abandonn&#233;e de longue date. Certaines issues ont &#233;t&#233; forc&#233;es, probablement pour abriter des &#226;mes errantes sans droits ni titres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;difice, maintenant ouvert aux courants d'air et aux embruns, se d&#233;lite inexorablement. En son sein, le mobilier est sens dessus dessous, mais tra&#238;nent pourtant sur la table des piles d'assiettes, marquant comme la possibilit&#233; d'un retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Modeste d&#232;s sa conception, sa situation laisse n&#233;anmoins imaginer combien l'habitat fut pr&#233;cieux &#224; ses occupants. Le bruit continu de la mer et les quelques m&#232;tres carr&#233; de pelouse au pied des vagues, un truc arrach&#233; au temps et au labeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, un jour de fin d'&#233;t&#233;, un dernier caf&#233; sur la minuscule terrasse, la fermeture minutieuse des volets, la cl&#233; pour le portail, le vrombissement du moteur, la route en sens inverse&#8230; pour ne plus jamais revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout s'est arr&#234;t&#233;, presque sans un bruit, et finalement qu'importe pourquoi, ce n'est que du temps enfui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On and on, the rain will say&lt;br class='autobr' /&gt;
How fragile we are, how fragile we are&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sting &#171; &lt;i&gt;Fragile&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;28 f&#233;vrier 2026&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dirait qu'il ne s'est jamais rien pass&#233; dans ce bled, en tout cas pas ces cinquante-cinq derni&#232;res ann&#233;es. Il y a pourtant un bien joli ch&#226;teau avec vue sur la vall&#233;e et une non moins jolie petite &#233;glise au milieu du village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des &#233;v&#233;nements du pass&#233;, on rel&#232;ve un monument aux morts avec une statue de poilu qui brandit une couronne de lauriers. Et le souvenir encore vivace des journ&#233;es glorieuses qui suivirent le 6 juin 1944, o&#249; le G&#233;n&#233;ral lui-m&#234;me fit un passage en ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis peut-&#234;tre plus rien depuis. La vie se r&#233;duisait &#224; un bar-tabac-presse, alors qu'on ne fume plus gu&#232;re et qu'on ne lit plus (on boit encore cela dit), un coiffeur et deux boulangeries. M&#234;me la sup&#233;rette a fini par fermer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et depuis quelques temps, comme un fr&#233;missement : une petite usine et un centre m&#233;dical, et hop on r&#233;am&#233;nage la voirie pour &#233;largir les trottoirs, la cr&#234;perie change de mains et devient coquette, une pourvoyeuse de bobuns s'installe, un fromager pose sa plaque, un boucher et un poissonnier prennent place, et m&#234;me une petite &#233;picerie qui fait terrasse et vins bios avec des tarifs qui &#233;voquent furieusement le 9&#232;me arrondissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mus par un probable r&#233;flexe atavique, nous p&#233;n&#233;trons dans cet &#233;tablissement. &#192; peine entr&#233;s, la patronne ultra souriante vous vante ses minuscules bo&#238;tes de m&#233;lange d'&#233;pices au prix d'un plat principal dans une brasserie parisienne, et &#233;voque longuement &#171; les petits producteurs &#187; avec lesquels elle travaille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on se retrouve &#224; boire sous un soleil de f&#233;vrier une bi&#232;re &#224; la&#8230; verveine (sorte de liaison entre la jeunesse pass&#233;e et la vieillesse &#224; venir), &#233;videmment brass&#233;e localement, et encourag&#233;s par un in&#233;vitable : &#171; bonne d&#233;gustation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous savez quoi ? C'&#233;tait tr&#232;s bon : la boisson, le lieu, le moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Italie, &#233;t&#233; 2025</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Italie-ete-2025</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.soundsmag.org/Italie-ete-2025</guid>
		<dc:date>2025-08-28T06:36:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;28 juillet, G&#234;nes &lt;br class='autobr' /&gt;
La derni&#232;re heure et demie de route n'&#233;tait faite que de lacets, de mont&#233;es et descentes, obligeant sans cesse &#224; des ralentissement et des d&#233;c&#233;l&#233;rations, en prenant la plus grande attention aux camions et voitures. &lt;br class='autobr' /&gt;
Longeant la nature, les voies ferr&#233;es et les usines jusqu'&#224; la mer au soleil descendant, compliquant encore la chose, passant du soudain &#233;blouissement &#224; l'obscurit&#233; des nombreux tunnels coupant les collines. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aoste - G&#234;nes, c'est fait. &lt;br class='autobr' /&gt;
29 juillet, Nervi (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Voyages-" rel="directory"&gt;Voyages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L103xH150/img_5515-e7a01.jpg?1756368702' class='spip_logo spip_logo_right' width='103' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;28 juillet, G&#234;nes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re heure et demie de route n'&#233;tait faite que de lacets, de mont&#233;es et descentes, obligeant sans cesse &#224; des ralentissement et des d&#233;c&#233;l&#233;rations, en prenant la plus grande attention aux camions et voitures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longeant la nature, les voies ferr&#233;es et les usines jusqu'&#224; la mer au soleil descendant, compliquant encore la chose, passant du soudain &#233;blouissement &#224; l'obscurit&#233; des nombreux tunnels coupant les collines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aoste - G&#234;nes, c'est fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;29 juillet, Nervi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la cit&#233; baln&#233;aire, les plages se r&#233;duisent &#224; de jolies anses min&#233;rales, au format r&#233;duit, qui accueillent les amateurs de bains de soleil et d'eau sal&#233;e (et d'humaine proximit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature dans les hauteurs, la ville au pied des collines, le train qui traverse les lieux en longeant la c&#244;te, &#224; proximit&#233; imm&#233;diate de la mer, tout cela fait penser &#224; un d&#233;cor de train &#233;lectrique, un mini monde qui parviendrait miraculeusement &#224; se tenir tout entier dans un espace r&#233;duit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;30 juillet, Nervi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La matin&#233;e r&#233;v&#232;le un ciel l&#233;g&#232;rement couvert, les lieux de baignade sont d&#233;serts. Nous ne sommes gu&#232;re plus que cinq ou six l&#224; o&#249; nous &#233;tions trente hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jeunes femmes papotent au bord de l'eau. Elles sont vaguement tatou&#233;es de petits trucs &#233;parpill&#233;s, de ces assemblages h&#233;t&#233;roclites qui font ressembler les corps contemporains &#224; des papiers brouillons sur lesquels ne manquerait plus qu'une liste de courses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Livourne : in&#233;vitables murailles enserrant la ville portuaire, au sein de laquelle se rue une foule touristique, &#224; l'&#233;l&#233;gance vestimentaire discutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est tir&#233; un feu d'artifices pour saluer l'ouverture de festivit&#233;s qui vont durer une petite semaine. Aux explosions color&#233;es s'ajoute une musique abominable jou&#233;e &#224; fond les ballons. On n'&#233;pargne pas plus nos oreilles que la faune et la flore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#234;nes - Livourne, c'est fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1er ao&#251;t, Rosignano&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les journ&#233;es sont ici faites de cette lutte heureuse qui consiste &#224; trouver une plage libre o&#249; poser sa serviette, sachant qu'il faudra avoir gar&#233; sa voiture au pr&#233;alable, autre &#233;preuve sportive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une femme mince et athl&#233;tique descend sur le sable prendre sa pause, pour un probable rapide aller-retour dans l'eau. Le geste pr&#233;cis et assur&#233;, elle parvient - sans se d&#233;shabiller ni rien r&#233;v&#233;ler - &#224; remplacer ses dessous par un maillot fait d'un minimum de tissu. Bizarrement, comme tenue de bain, &#231;a passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur une plage de r&#233;serve naturelle, un jeune couple que l'on croirait dessin&#233; par Morris chez Lucky Luke (grande fille un peu forte, gar&#231;on petit et maigrichon), entreprend de se construire &#224; l'aide de bouts de bois trouv&#233;s sur la plage une cabane qui les abritera du soleil et du vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle va chercher le mat&#233;riel alentour, il s'occupe de le r&#233;partir sur le site, de l'enfoncer dans le sol et de le fixer. Une baignade bien m&#233;rit&#233;e s'impose ensuite, parce que franchement, ici, rien que planter un parasol, c'est crevant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 ao&#251;t, Pise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une journ&#233;e sans voir la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par intermittences trop r&#233;guli&#232;res, des trombes d'eau s'abattent sur les touristes, il pleut tellement que m&#234;me les vendeurs de parapluie se mettent &#224; l'abri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site est &#233;videmment beaucoup trop couru, mais il faut reconna&#238;tre que les jours de pluie, les monuments historiques, c'est tr&#232;s pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien abrit&#233;, on fl&#226;ne donc entre sculptures et peintures. Devant l'&#339;il de son photographe, une bimbo encore plus restaur&#233;e que les fresques du 14&#232;me si&#232;cle prend la pose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la librairie du centre-ville, un sticker appos&#233; sur &#171; &lt;i&gt;Les M&#233;moires d'Hadrien&lt;/i&gt; &#187; indique que pour trois livres de la m&#234;me collection on a droit &#224; un totebag. Si &#231;a se trouve, quelques m&#232;tres plus loin, une &#233;choppe offre du Yourcenar pour trois sacs en toile achet&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;A chacun sa pente : &#224; chacun aussi son but, son ambition si l'on veut, son go&#251;t le plus secret et son plus clair id&#233;al. Le mien &#233;tait enferm&#233; dans ce mot de beaut&#233;, si difficile &#224; d&#233;finir en d&#233;pit de toutes les &#233;vidences des sens et des yeux. Je me sentais responsable de la beaut&#233; du monde.&lt;/i&gt; &#187; Marguerite Yourcenar &#171; &lt;i&gt;Les M&#233;moires d'Hadrien&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 ao&#251;t, Lucca&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville est tellement appr&#234;t&#233;e qu'on se croirait plus au Nord. Le caf&#233; o&#249; l'on s'arr&#234;te a des allures de salon de th&#233; en Autriche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande dame &#226;g&#233;e et mince y entre de toute sa raideur fragile. Extr&#234;mement &#233;l&#233;gante, portant veste et pantalon, tenant un journal sous le bras, elle demande d'un air d&#233;cid&#233; si &#171; sa place &#187; est libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est accompagn&#233;e d'un petit chien court sur pattes, de ceux qui &#233;voquent irr&#233;m&#233;diablement les boudins de tissu que l'on met aux pieds des portes pour bloquer les courants d'air. Elle s'installe &#224; l'entr&#233;e de l'&#233;tablissement, l'animal nich&#233; sur ses genoux, et commence sa lecture d'un air parfaitement digne, ne levant les yeux que pour rapidement jauger les passants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 ao&#251;t, San Rossoro&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune fille, mince et diaphane, a sous les yeux trois grains de beaut&#233;, deux &#224; gauche, un &#224; droite, qui &#224; tant prendre le chemin des larmes, lui donnent des airs de m&#233;lancolie &#233;ternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au retour de cette plage de bout du monde, nich&#233;e au sein du parc naturel de San Rossore, le minibus croise un jeune sanglier qui s'&#233;bat sur la route. Il ne faut pas dix secondes aux passagers pour se mettre &#224; parler recettes de cuisine r&#233;gionales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9 ao&#251;t, Marina di Vecchiano&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec quelques difficult&#233;s, puisque dimanche de d&#233;but ao&#251;t, nous finissons par trouver &#224; nous garer, et marchons une petite demi-heure pour atteindre une plage, au bout d'un bras de rivi&#232;re qui &#233;voquerait la Seine ou la Charente, un jour de canicule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'endroit est tr&#232;s beau, assez sauvage, l'eau n'est pas tr&#232;s bleue certes, mais le temps d'installer notre campement (parasol et serviettes), on s'y baignera volontiers. Il y a de la joie dans n'importe quelle flaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10 ao&#251;t, Livorno&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interpell&#233; par une sono &#224; plein volume faisant soudainement surgir de la nuit Faith No More et Ozzy Osbourne, on se d&#233;place guid&#233; par le son.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les hauteurs de la forteresse construite du temps des M&#233;dicis, se niche un jardin public. Quelques estaminets y sont install&#233;s et se produisent ce soir sur une vague estrade trois groupes du cru &#224; tendance rock dur comme on aime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier &#224; jouer - Hati &amp; Skoll - fait face &#224; une audience clairsem&#233;e de locaux et touristes, m&#234;me si quelques tee-shirts noirs affichent chez certains un vrai app&#233;tit pour le genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe a une configuration classique (deux guitares, basse, batterie, chant) et s'il a le m&#233;rite de jouer ses propres compositions, elles ne se distinguent pas assez de la pl&#233;thorique production contemporaine pour leur garantir une post&#233;rit&#233; aussi longue que celles des murailles au sein desquelles elles sont interpr&#233;t&#233;es ce soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quoi tient que l'on reste &#224; &#233;couter leur cross-over/neo-metal charpent&#233; : &#224; la chanteuse. &#192; peine a-t-elle grimp&#233; sur la sc&#232;ne, nullement appr&#234;t&#233;e, teeshirt et saroual noirs, souriante et enthousiaste, qu'on sait que &#231;a en vaudra la peine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle va en effet chanter comme si elle devait jouer en stade, se foutant compl&#232;tement de ce que cela ne corresponde en rien &#224; la configuration de la soir&#233;e, et se moquant m&#234;me d'en avoir &#233;ventuellement les comp&#233;tences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est l&#224; pour une joie qu'elle ne se retiendra pas d'exprimer, chantant et criant de sa voix rauque, caract&#233;ristique de ce c&#244;t&#233;-ci des Alpes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant la sc&#232;ne, une tr&#232;s jeune fille aux longs cheveux blonds, m&#233;dus&#233;e par la puissance du son, fera comme &#233;cho &#224; cet app&#233;tit vivant, secouant sa crini&#232;re tout du long, comme si elle &#233;tait au Wacken ou au Hellfest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11 ao&#251;t, Marina di Pisa&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#232;re s'&#233;broue dans l'eau cristalline avec ses trois enfants, deux filles, un gar&#231;on, tous tr&#232;s jeunes. Au-dessus d'eux, sous un parasol vert, la m&#232;re, voil&#233;e des pieds &#224; la t&#234;te, regarde son t&#233;l&#233;phone derri&#232;re ses lunettes noires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle porte des running et le peu de jambes d&#233;passant de son habit est &#233;galement couvert par de longues chaussettes grises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne quittera jamais l'ombre de son abri, accueillant parfois un enfant pour lui donner &#224; boire ou &#224; manger avant qu'il ne retourne &#224; l'eau sal&#233;e avec enthousiasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux petites filles portent un identique maillot de bain qui a tout d'une robe rose. L'a&#238;n&#233;e hurle sans discontinuer, comme s'il fallait se d&#233;fouler avant que ne vienne son tour de se ranger sagement dans l'identique position maternelle, une fois femme devenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce triomphe apparent du patriarcat a son revers : au bord de l'eau, le p&#232;re n'aura pas une minute de tranquillit&#233;, devant assurer seul, toute la sainte journ&#233;e, la surveillance continue de sa marmaille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14 ao&#251;t, Firenze&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fait une chaleur ind&#233;cente, la quantit&#233; d'humains en short pr&#233;sents en ville est insupportable, n'emp&#234;che qu'on se fait cueillir par la splendeur des lieux. &#192; croire qu'il n'y a pas ici un millim&#232;tre carr&#233; qui ne soit pas touch&#233; par la gr&#226;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vertige est litt&#233;ralement stendhalien, faudrait revenir sous la pluie pour v&#233;rifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la ruelle &#233;troite abrit&#233;e du soleil se trouve un disquaire, commer&#231;ant un peu inattendu au milieu des marchands du temple du tourisme de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend avant m&#234;me d'y mettre pleinement le pied que l'endroit a tout pour plaire : il se pourrait m&#234;me qu'on en ressorte avec un vinyle d'italian disco ou un CD de techno berlinoise, dans un impr&#233;visible &#233;lan de shopping inattendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;choppe est &#233;troite et basse de plafond, et le semble d'autant plus qu'elle est remplie de disques, forc&#233;ment, et de toutes sortes de d&#233;corations : objets, affiches, tableaux, autocollants etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fond de la boutique cache un petit couloir &#224; l'issue duquel une pi&#232;ce suppl&#233;mentaire r&#233;v&#232;le d'autres merveilles encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, le temps manquait pour creuser encore les lieux comme son d&#233;ficit, sans quoi, toute r&#233;sistance e&#251;t &#233;t&#233; futile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pressage pirate d'enregistrements live &#224; la radio anglaise de Black Sabbath saura toutefois se rendre indispensable, d'autant que le disquaire, sur notre demande expresse, le mettra sur la platine, &#224; fort volume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le riff de &#171; &lt;i&gt;Sweat Leaf&lt;/i&gt; &#187; a imm&#233;diatement rempli l'espace, gagnant le corps et le c&#339;ur, avec une efficacit&#233; indiscutable sur le portefeuille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le disque sous le bras, sourire aux l&#232;vres, on a repris notre chemin dans les ruelles &#233;cras&#233;es par la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17 ao&#251;t, Abano&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est nouvelle et &#231;a se voit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apparence d'abord : diaphane, quand bien m&#234;me elle porte l'habit de fonction du personnel de la p&#226;tisserie - chemise &#224; manches courtes et tablier noirs - ses avant-bras sont tatou&#233;s, de m&#234;me que la naissance de son cou. Non pas qu'&#234;tre tatou&#233; distingue aujourd'hui d'autrui, mais on sent qu'illustrer ainsi son corps correspond &#224; quelque chose qu'elle voudrait exprimer. Il est vrai qu'elle est du genre mutique au sourire discret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son allure se compl&#232;te d'une chevelure teint&#233;e en rouge sang, nou&#233;e &#224; l'arri&#232;re, les c&#244;t&#233;s du cr&#226;ne ras&#233;s de pr&#232;s. Elle doit aimer la musique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le personnel plus aguerri la brutalise un peu, semble s'agacer d'une inefficacit&#233; qu'on ne devine pourtant pas. Les jours suivants, elle aura finalement fait son trou, comme si elle avait toujours &#233;t&#233; l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la regarder, on pense &#224; une princesse des t&#233;n&#232;bres qui aurait &#233;t&#233; r&#233;duite &#224; des travaux terrestres par une mal&#233;diction obscure et une belle-m&#232;re cruelle. Las, &#231;a risque de durer, on dit que les princes n'existent plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;19 ao&#251;t, Bellagio&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque chose de la montagne tomb&#233;e de la mer au lac de C&#244;me, cette immense &#233;tendue bleue dont on ne peut croire qu'&#224; un moment elle ne s'&#233;chappe du paysage vallon&#233; qui l'enterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien des activit&#233;s baln&#233;aires, mais on n'est pas tout &#224; fait dans le laisser-aller maritime. On porte beaucoup moins de tongs, et il n'est pas rare de croiser en pleine journ&#233;e des vacanciers &#233;l&#233;gamment v&#234;tus de robes l&#233;g&#232;res et pantalons en lin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;20 ao&#251;t, Ambri, Suisse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pluie frappe irr&#233;guli&#232;rement sur la terrasse couverte d'une b&#226;che, prot&#233;geant les clients attabl&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur. Le temps gris r&#232;gne sur les vall&#233;es suisses, des nuages plus ou moins &#233;pais s'accrochent aux collines et aux montagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux tables alentours, se t&#233;lescopent dans les conversations l'italien, l'allemand et le fran&#231;ais. C'est &#224; se demander quelle premi&#232;re langue employer si l'on veut initier un dialogue. En tout cas, l'anglais ne r&#232;gne pas ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre jour, au restaurant de bord de mer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Io, sono Francese &lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Ah ? non si vede&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sport &#201;tudes </title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Sport-Etudes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.soundsmag.org/Sport-Etudes</guid>
		<dc:date>2025-06-09T15:53:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lorsque l'on n'a gu&#232;re d'int&#233;r&#234;t pour la chose sportive t&#233;l&#233;diffus&#233;e, on passe souvent &#224; c&#244;t&#233; d'enthousiasmes collectifs. Bonne ou mauvaise chose, qu'importe, on nous permettra de n'en avoir pas eu grand chose &#224; faire de la victoire r&#233;cente du PSG. Que ce soit le flocage du maillot ou les d&#233;bordements qui s'ensuivirent, il n'y avait rien pour plaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Issu d'une g&#233;n&#233;ration o&#249; le tennis avait quand m&#234;me pris beaucoup de place sur le territoire national, Roland-Garros a durant toutes nos (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Voyages-" rel="directory"&gt;Voyages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH91/img_4237-f34b0.jpg?1749484437' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsque l'on n'a gu&#232;re d'int&#233;r&#234;t pour la chose sportive t&#233;l&#233;diffus&#233;e, on passe souvent &#224; c&#244;t&#233; d'enthousiasmes collectifs. Bonne ou mauvaise chose, qu'importe, on nous permettra de n'en avoir pas eu grand chose &#224; faire de la victoire r&#233;cente du PSG. Que ce soit le flocage du maillot ou les d&#233;bordements qui s'ensuivirent, il n'y avait rien pour plaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Issu d'une g&#233;n&#233;ration o&#249; le tennis avait quand m&#234;me pris beaucoup de place sur le territoire national, Roland-Garros a durant toutes nos ann&#233;es d'&#233;tudes constitu&#233; un formidable moyen de faire autre chose que de r&#233;viser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait dans ces affrontements &#233;piques sur terre rouge un renvoi &#224; la litt&#233;rature et &#224; la fiction, &#224; m&#234;me de vous extirper sans peine de toute t&#226;che un peu p&#233;nible, particuli&#232;rement celle d'&#233;tudier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis d'autres choses ont pris la place de la petite balle jaune et on a pr&#233;f&#233;r&#233; les &#233;nerv&#233;s de la guitare &#224; ceux de la raquette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, quand on n'a pas d'&#233;ch&#233;ance bacheli&#232;re ou universitaire, rester devant la t&#233;loche pendant des plombes pr&#233;sente un int&#233;r&#234;t largement r&#233;duit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de temps en temps, &#231;a peut vous saisir, le surgissement de Lois Boisson dans le flot des r&#233;seaux, ou cette finale hommes hier (Sinner - Alcaraz, joueurs dont on ignorait jusqu'&#224; l'existence, mais il para&#238;t qu'ils sont connus), proprement hom&#233;rique, et qui a r&#233;uni trois g&#233;n&#233;rations devant l'&#233;cran. Pour peu que l'on ait un peu d'app&#233;tence pour la dramaturgie, &#231;a le faisait bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A les voir souffrir plus de cinq heures durant, impossible de ne pas se souvenir combien le tennis &#224; pratiquer soi-m&#234;me &#233;tait une &#233;ternelle damnation. Jamais satisfait de son jeu, et pour peu qu'on emporte un set, pour finalement en perdre un autre, on est oblig&#233; de se battre pour rejouer une &#233;ternit&#233; de plus. Ce putain de sport &#233;tait un chemin de souffrance avec des victoires hypoth&#233;tiques qui ne cessaient de reculer dans le temps au fur et &#224; mesure de l'avanc&#233;e du match.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir d'autres s'y coller avec une &#233;nergie qui ne fut jamais n&#244;tre, c'est un loisir &#233;trange, mais qui peut donner des satisfactions pour peu qu'on le regarde &#224; plusieurs, on l'a v&#233;rifi&#233; hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Glaciation de l'horreur</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Glaciation-de-l-horreur</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.soundsmag.org/Glaciation-de-l-horreur</guid>
		<dc:date>2025-02-18T21:11:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Avec toute cette pluie, on avait oubli&#233; le bruit de la neige. Ce son de nos pas &#233;touff&#233;, ce vague grincement, cette vibration qui meurt dans la ouate blanche et froide. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a l&#224; quelque chose d'une infinie douceur, qu'un soleil de plomb sur une plage en &#233;t&#233; ne produit pas. &lt;br class='autobr' /&gt;
On a dans une vie d'occidental vaguement mobile visit&#233; des tas de ruines et, enfant, nos jeux de plage normands &#233;taient impr&#233;gn&#233;s des d&#233;combres de la guerre, le bunker au bord de l'eau semblant aussi naturel que les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Voyages-" rel="directory"&gt;Voyages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH138/img_2825-efec0.jpg?1739913137' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='138' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec toute cette pluie, on avait oubli&#233; le bruit de la neige. Ce son de nos pas &#233;touff&#233;, ce vague grincement, cette vibration qui meurt dans la ouate blanche et froide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; quelque chose d'une infinie douceur, qu'un soleil de plomb sur une plage en &#233;t&#233; ne produit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a dans une vie d'occidental vaguement mobile visit&#233; des tas de ruines et, enfant, nos jeux de plage normands &#233;taient impr&#233;gn&#233;s des d&#233;combres de la guerre, le bunker au bord de l'eau semblant aussi naturel que les grandes et immuables mar&#233;es de la Manche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de camp de concentration, jamais. Pas de vacances en Pologne, peu en Allemagne, ni de voyages scolaires pour y pallier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y en a pourtant un sur le territoire national, au lieu-dit Natzweiler-Struthof, et apr&#232;s avoir &#233;t&#233; si souvent pass&#233; &#224; c&#244;t&#233;, on a finalement pris le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#226;timents provisoires de l'horreur &#233;ternelle, aujourd'hui fig&#233;s. L'&#233;conomie mise ici dans ce qui devait servir &#224; ses semblables dit aussi des choses qu'on leur a faites subir, la r&#233;duction ultime de leur humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;server tout cela semble artificiel, peut-&#234;tre. N'emp&#234;che, tout cela parle, hurle &#224; nos oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce utile que de maintenir tout cela pour les bonnes volont&#233;s qui voudront bien s'y rendre ? Il en a pens&#233; quoi le b&#233;b&#233; nourri par sa m&#232;re &#224; la becqu&#233;e pendant la projection du film ? La jeune fille dont la s&#339;ur a&#238;n&#233;e n'a pas r&#233;sist&#233; &#224; la tentation de la boule de neige, m&#234;me en des lieux si glac&#233;s ? Le &#171; devoir de m&#233;moire &#187; fait-il sens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fermeture du site, la brume nocturne s'&#233;paississait sur la neige froide, la nuit et le brouillard occupaient tout l'espace silencieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Flush the Fashion</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Don-t-believe-the-hype</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.soundsmag.org/Don-t-believe-the-hype</guid>
		<dc:date>2024-09-29T08:58:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Paris, un samedi apr&#232;s-midi de d&#233;but d'automne. Les rues du Temple et de Rambuteau n'ont plus grand chose de francophone, on y parle surtout anglais, et &#224; voix haute, comme forc&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne s'y habille pas non plus comme le tout-venant, on sent dans le m&#233;lange des genres un souci continu du choix des formes et des mati&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand bien m&#234;me on aurait l'air de tomber du lit, la couche &#233;tait haute et on a bien r&#233;fl&#233;chi &#224; quoi mettre avant de toucher le sol. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cycliste urbain beaucoup trop (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Voyages-" rel="directory"&gt;Voyages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L94xH150/img_0901-16218.jpg?1727628479' class='spip_logo spip_logo_right' width='94' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paris, un samedi apr&#232;s-midi de d&#233;but d'automne. Les rues du Temple et de Rambuteau n'ont plus grand chose de francophone, on y parle surtout anglais, et &#224; voix haute, comme forc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne s'y habille pas non plus comme le tout-venant, on sent dans le m&#233;lange des genres un souci continu du choix des formes et des mati&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand bien m&#234;me on aurait l'air de tomber du lit, la couche &#233;tait haute et on a bien r&#233;fl&#233;chi &#224; quoi mettre avant de toucher le sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cycliste urbain beaucoup trop mouill&#233; en 2024 - et l'ann&#233;e n'est pas finie - on a suivi la mode pour s'int&#233;resser &#224; une marque suppos&#233;e nous prot&#233;ger de l'ond&#233;e et rencontrant actuellement un succ&#232;s ph&#233;nom&#233;nal (&#224; Paris, c'est flagrant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les boutiques ont pouss&#233; comme des champignons - normal, avec toute cette eau - et nous voici donc au sein de l'une d'elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a ne d&#233;semplit pas d'une population cossue, plus ou moins jeune, mais le croyant pour toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vendeurs sont tatou&#233;s et pierc&#233;s, ce qui de nos jours ne permet plus d'avoir le moindre doute quant &#224; la soumission au syst&#232;me du lieu o&#249; nous p&#233;n&#233;trons (&#231;a me rappelle cette tournure d'un professeur de sciences &#233;co au lyc&#233;e - &#171; le conformisme de l'anticonformisme &#187; - qui m'avait plong&#233; dans des ab&#238;mes de perplexit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept du magasin est minimaliste, un mod&#232;le de chaque, &#224; charge pour vous de mettre la main sur un vendeur qui extraira des profondeurs de l'&#233;choppe la couleur et la taille souhait&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atmosph&#232;re est singuli&#232;re, un flot continu de gens qui essayent des v&#234;tements, tous identiques ou presque, &#224; la cha&#238;ne, les prennent ou pas, avec un &#233;change humain r&#233;duit &#224; sa plus stricte expression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car la conviction de la marque est faite : ils vendront, nous ach&#232;terons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce niveau l&#224; d'abrutissement d&#233;sinvolte, je suis sorti manger cor&#233;en. De toutes fa&#231;ons, aujourd'hui, il ne pleut pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peine reconnect&#233; sur les r&#233;seaux, j'ai constat&#233; l'invasion sur ces derniers de publicit&#233;s pour ladite marque&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Week-end Prolong&#233;</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Week-end-Prolonge</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.soundsmag.org/Week-end-Prolonge</guid>
		<dc:date>2024-09-02T17:05:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#192; cette heure matinale, il ferait presque frais, se dit-on en remontant la rue vers la p&#226;tisserie. Quelques m&#232;tres avant cet &#233;tablissement se trouve un lyc&#233;e. Ici, les vacances ne sont pas achev&#233;es, ce qui donne &#224; notre tr&#232;s &#233;ph&#233;m&#232;re prolongation estivale le charme de la simple continuation. &lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;alit&#233;, ici comme ailleurs, la fin se profile. Devant l'&#233;cole arrivent des gens qui, s'ils sont bronz&#233;s et l&#233;g&#232;rement v&#234;tus, n'en portent pas moins des tenues qui trahissent la reprise du travail. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Voyages-" rel="directory"&gt;Voyages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L96xH150/img_0710-adc04.jpg?1725300146' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; cette heure matinale, il ferait presque frais, se dit-on en remontant la rue vers la p&#226;tisserie. Quelques m&#232;tres avant cet &#233;tablissement se trouve un lyc&#233;e. Ici, les vacances ne sont pas achev&#233;es, ce qui donne &#224; notre tr&#232;s &#233;ph&#233;m&#232;re prolongation estivale le charme de la simple continuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, ici comme ailleurs, la fin se profile. Devant l'&#233;cole arrivent des gens qui, s'ils sont bronz&#233;s et l&#233;g&#232;rement v&#234;tus, n'en portent pas moins des tenues qui trahissent la reprise du travail. Il va probablement se tenir ce matin une r&#233;union de pr&#233; rentr&#233;e des profs, ceci expliquant cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sait si c'est l'&#226;ge, mais avec le temps et les enfants, on s'est pris &#224; appr&#233;cier les r&#233;gions o&#249; l'&#233;t&#233; se tient, o&#249; il ne n&#233;gocie pas sur sa nature. Ici ce sont de longs mois pleins o&#249; le soleil brille, sans s'interrompre ou si peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela peut &#234;tre source de contrari&#233;t&#233;s, entre les chaleurs dantesques et les moustiques tigres. Mais m&#234;me les choses d&#233;sagr&#233;ables ont du m&#233;rite lorsqu'elles sont annonc&#233;es, sans surprise, fid&#232;les &#224; elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;passer, m&#234;me l&#233;g&#232;rement, le bord des vacances fait penser au tr&#232;s beau premier film de Nicole Garcia, &#171; &lt;i&gt;Un Week-end sur Deux&lt;/i&gt; &#187; (1989). M&#232;re un peu borderline, Camille (Nathalie Baye) embarque ses enfants pour une vir&#233;e entre la France et l'Espagne, alors qu'ils doivent retourner &#224; l'&#233;cole, et sans l'accord du p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que son fils est un peu d&#233;contenanc&#233; par le projet, elle lui r&#233;plique : &#171; &lt;i&gt;Je ne suis peut-&#234;tre pas la m&#232;re que tu voulais Vincent. Je suis une m&#232;re qui perd son sac et qui ment quand elle ne sait plus quoi faire. Voil&#224; comme je suis&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fin d'&#233;t&#233; </title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Fin-d-ete</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.soundsmag.org/Fin-d-ete</guid>
		<dc:date>2024-08-31T12:25:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Derri&#232;re l'&#233;glise Saint Pierre, il y avait un bouquiniste install&#233; dans une petite &#233;choppe pleine jusqu'&#224; la gueule de livres. Les bouquins avaient cr&#233;&#233; leur propre g&#233;ographie de l'espace, r&#233;duisant les volumes et les possibilit&#233;s de circulation &#224; la portion congrue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne fallait point &#234;tre nombreux si l'on voulait pouvoir circuler entre les rayonnages, ou alors y aller avec des gens qu'on aime. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y avait de tout l&#224;-dedans, et on se demandait comment ce tout pouvait y rentrer. Cela ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Voyages-" rel="directory"&gt;Voyages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L139xH150/img_0594-dd0ae.jpg?1725118499' class='spip_logo spip_logo_right' width='139' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Derri&#232;re l'&#233;glise Saint Pierre, il y avait un bouquiniste install&#233; dans une petite &#233;choppe pleine jusqu'&#224; la gueule de livres. Les bouquins avaient cr&#233;&#233; leur propre g&#233;ographie de l'espace, r&#233;duisant les volumes et les possibilit&#233;s de circulation &#224; la portion congrue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne fallait point &#234;tre nombreux si l'on voulait pouvoir circuler entre les rayonnages, ou alors y aller avec des gens qu'on aime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait de tout l&#224;-dedans, et on se demandait comment ce tout pouvait y rentrer. Cela ne voulait pas dire qu'on allait immanquablement y trouver ce que l'on cherchait, mais on repartait forc&#233;ment avec quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Estivant en ces lieux, selon la dur&#233;e du s&#233;jour, on y faisait un ou plusieurs passages, et en sortait plus ou moins charg&#233; d'ouvrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le libraire chenu &#233;tait du genre causant, rompant sans cesse le fil de votre errance en ces lieux minuscules par son interminable logorrh&#233;e. Il avait des id&#233;es sur tout, normal avec son commerce, et Coluche aurait pu ajouter : il avait surtout des id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'emp&#234;che, ce fut un chouette lieu, et j'aime bien l'id&#233;e de reconna&#238;tre dans ma biblioth&#232;que certains ouvrages d&#233;nich&#233;s l&#224;. Mais comme il l'a indiqu&#233; sommairement sur sa porte, &#171; c'est fini &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque je m'inqui&#232;te un peu plus que d'habitude du temps qui fuit, et que s'&#233;teint un mois d'ao&#251;t, je m'interroge : des &#233;t&#233;s, combien en restent-ils ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Caprices M&#233;t&#233;orologiques</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Caprices-Meteorologiques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.soundsmag.org/Caprices-Meteorologiques</guid>
		<dc:date>2024-08-16T17:32:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans le premier &#171; Fantozzi &#187; (Luciano Salce - 1975), film qui ouvrit une longue s&#233;rie, l'impayable salari&#233; du m&#234;me nom (Paolo Villaggio) est sans cesse victime de tout un tas de d&#233;convenues, dr&#244;les et path&#233;tiques. Un de ses malheurs r&#233;currents est l'apparition &#224; chaque d&#233;part en vacances de &#171; la nuvola dell'impiegato &#187; (le nuage de l'employ&#233;) : sit&#244;t charg&#233;e pour la route, sa minuscule voiture est poursuivie par une nu&#233;e pluvieuse qui ne le quitte qu'une fois de retour au bureau. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Voyages-" rel="directory"&gt;Voyages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH141/img_0465-c2e9c.jpg?1723829546' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='141' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le premier &#171; &lt;i&gt;Fantozzi&lt;/i&gt; &#187; (Luciano Salce - 1975), film qui ouvrit une longue s&#233;rie, l'impayable salari&#233; du m&#234;me nom (Paolo Villaggio) est sans cesse victime de tout un tas de d&#233;convenues, dr&#244;les et path&#233;tiques. Un de ses malheurs r&#233;currents est l'apparition &#224; chaque d&#233;part en vacances de &#171; &lt;i&gt;la nuvola dell'impiegato&lt;/i&gt; &#187; (le nuage de l'employ&#233;) : sit&#244;t charg&#233;e pour la route, sa minuscule voiture est poursuivie par une nu&#233;e pluvieuse qui ne le quitte qu'une fois de retour au bureau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ici pour mesurer l'effet comique tenir compte de l'improbabilit&#233; d'une telle mal&#233;diction dans un pays o&#249; ne se trouvent ni la Bretagne, ni la Normandie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ces choses-l&#224; arrivent, ainsi, ce matin, le ciel est gris et il pleut sur la Ligurie. Cons&#233;quence imm&#233;diate, tous les italiens ou presque ont disparu de l'espace public, ne subsistent dans les ruelles et sur les plages que quelques touristes &#233;trangers, allemands, hollandais ou fran&#231;ais, que cet orage n'impressionne gu&#232;re, pour des raisons purement socio g&#233;ographiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les natifs de cieux moins cl&#233;ments, nul besoin de mettre fin aux activit&#233;s baln&#233;aires ou de particuli&#232;rement se couvrir, il continue &#233;videmment &#224; faire chaud sous l'ond&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pleine saison, cela permet de se faire une id&#233;e du hors-saison. Un go&#251;t de revenez-y en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ricchi e Poveri</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Ricchi-e-Poveri</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.soundsmag.org/Ricchi-e-Poveri</guid>
		<dc:date>2024-08-15T19:12:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un peu de houle aujourd'hui, en bon citadin, on oublie combien une modeste agitation sur les flots produit &#233;galement un environnement sonore pr&#233;gnant, mais propice &#224; la r&#234;verie, maritime de pr&#233;f&#233;rence (ou carr&#233;ment &#224; la sieste). &lt;br class='autobr' /&gt;
Au pied de la falaise, l'entr&#233;e comme la sortie dans l'eau est plus compliqu&#233;e avec les vagues : des sexag&#233;naires aux gros ventres et aux bras maigres sont aid&#233;s pour s'extraire de l'eau d'une secouriste &#224; peine plus jeune, mais autrement plus athl&#233;tique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sous (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Voyages-" rel="directory"&gt;Voyages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L147xH150/img_0456-4efd4.jpg?1723751531' class='spip_logo spip_logo_right' width='147' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un peu de houle aujourd'hui, en bon citadin, on oublie combien une modeste agitation sur les flots produit &#233;galement un environnement sonore pr&#233;gnant, mais propice &#224; la r&#234;verie, maritime de pr&#233;f&#233;rence (ou carr&#233;ment &#224; la sieste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pied de la falaise, l'entr&#233;e comme la sortie dans l'eau est plus compliqu&#233;e avec les vagues : des sexag&#233;naires aux gros ventres et aux bras maigres sont aid&#233;s pour s'extraire de l'eau d'une secouriste &#224; peine plus jeune, mais autrement plus athl&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le ponton qui avance sur la mer, sur lequel se juche un petit caf&#233;, a &#233;t&#233; install&#233;e une douche. Le luxe, le vrai, tient parfois &#224; peu de choses, et cette installation rudimentaire, face &#224; l'oc&#233;an, surpasse probablement nombre de commodit&#233;s de palace cinq &#233;toiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos de luxe, une promenade &#224; Portofino recadre un peu le d&#233;bat. Le ravissant petit port cern&#233; de verdure est envahi de boutiques probablement indispensables aux besoins non moins essentiels des marins multimillionnaires : Alexander Mc Queen, Louis Vuitton, Dior&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que l'eau est habit&#233;e d'immenses prom&#232;ne-couillons &#224; voile ou &#224; moteur, bateaux gigantesques masquant la vue et alignant les prix &#224; la consommation du lieu sur leur ostensible richesse (la Margherita &#224; 18 Euros, le double ou presque du prix habituellement pratiqu&#233; en Italie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les restaurants semblent toutefois loin de conna&#238;tre l'affluence d'une veille de Ferragosto, la foule qui passe ne s'arr&#234;te pas ou peu. L'ultra richesse ne ruisselle gu&#232;re, ass&#233;chant m&#234;me les lieux : les parvenus dans leurs bateaux et villas, le reste pl&#233;b&#233;ien errant dans le site ripolin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Come on baby, eat the rich&lt;br class='autobr' /&gt;
Put the bite on the son of a bitch&lt;/i&gt; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mot&#246;rhead &#171; &lt;i&gt;Eat the Rich&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Eat the rich&lt;br class='autobr' /&gt;
There's only one thing that they're good for&lt;br class='autobr' /&gt;
Eat the rich&lt;br class='autobr' /&gt;
Take one bite now, come back for more&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aerosmith &#171; &lt;i&gt;Eat the Rich&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fra&#238;cheur Ferrovi&#232;re</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Fraicheur-Ferroviere</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.soundsmag.org/Fraicheur-Ferroviere</guid>
		<dc:date>2024-08-13T19:22:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je lisais dans La Repubblica que l'&#233;t&#233;, les italiens r&#233;serveraient maintenant en masse au Nord de l'Europe, esp&#233;rant &#233;chapper ainsi en vacances aux inhumaines chaleurs bien de chez eux. En attendant, un jour prochain, d'&#234;tre l&#224; aussi rattrap&#233;s par la patrouille climatique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a fait d'ailleurs une paille que l'on parle de la M&#233;diterran&#233;e comme d'une mer quasi morte, et force est de constater qu'il nous est arriv&#233; dans le civil de prendre des bains moins chauds. &lt;br class='autobr' /&gt;
En Ligurie, le relief (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Voyages-" rel="directory"&gt;Voyages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L131xH150/img_0420-43a4b.jpg?1723583277' class='spip_logo spip_logo_right' width='131' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je lisais dans La Repubblica que l'&#233;t&#233;, les italiens r&#233;serveraient maintenant en masse au Nord de l'Europe, esp&#233;rant &#233;chapper ainsi en vacances aux inhumaines chaleurs bien de chez eux. En attendant, un jour prochain, d'&#234;tre l&#224; aussi rattrap&#233;s par la patrouille climatique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a fait d'ailleurs une paille que l'on parle de la M&#233;diterran&#233;e comme d'une mer quasi morte, et force est de constater qu'il nous est arriv&#233; dans le civil de prendre des bains moins chauds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Ligurie, le relief escarp&#233; plonge presque dans la mer, obligeant de tous temps les locaux &#224; arracher &#224; la falaise les constructions o&#249; s'installer. Le soleil tape sur les immeubles sans r&#233;pit, mais l'ensemble, comment souvent sous ces cieux, fait de bien jolies cartes postales (coucou Portofino).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les immeubles court &#224; flanc de colline un train en deux sens, sorte de TER des plages o&#249; les fauteuils de ska&#239; bleu sont souvent humides des maillots qui s'y sont pos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merveilleusement climatis&#233;, c'est tout juste si on ne le go&#251;te pas plus que les &#233;tendues de galets noirs o&#249; l'on se baigne en masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
