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		<title>Messe Populaire</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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		<dc:subject>Musique</dc:subject>

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&lt;p&gt;Je me souviens parfaitement du match France Allemagne &#224; S&#233;ville en 1982. Bien au chaud dans le canap&#233; avec les parents et comme estomaqu&#233; par la soudaine brutalit&#233; des &#233;v&#232;nements. Les ann&#233;es ont pass&#233;, je n'ai rien oubli&#233;, mais je pr&#233;f&#232;re quand m&#234;me une certaine forme de violence musicale &#224; l'affrontement st&#233;rile autour d'un ballon rond. Du coup, j'ai rat&#233; le match que l'on qualifiait de &#171; retour &#187; dans toutes les gazettes, trente-deux ans plus tard &#224; Rio. De toutes fa&#231;ons, je n'avais pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton370-1b866.jpg?1629061811' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je me souviens parfaitement du match France Allemagne &#224; S&#233;ville en 1982. Bien au chaud dans le canap&#233; avec les parents et comme estomaqu&#233; par la soudaine brutalit&#233; des &#233;v&#232;nements. Les ann&#233;es ont pass&#233;, je n'ai rien oubli&#233;, mais je pr&#233;f&#232;re quand m&#234;me une certaine forme de violence musicale &#224; l'affrontement st&#233;rile autour d'un ballon rond. Du coup, j'ai rat&#233; le match que l'on qualifiait de &#171; retour &#187; dans toutes les gazettes, trente-deux ans plus tard &#224; Rio. De toutes fa&#231;ons, je n'avais pas pris d'assurance annulation pour le concert (j'en connais qui l'avaient fait)&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que je quitte mon office pour me rendre au spectacle, je r&#233;alise que la ville enti&#232;re bruisse du football, les t&#233;l&#233;visions et radios sont allum&#233;es, on voit des maillots partout, on ne parlera bient&#244;t plus que de cela. Du coup, se rendre &#224; ce concert quand tout le pays est tendu vers un autre &#233;v&#233;nement relevait du d&#233;placement dans un monde parall&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette rencontre sportive &#224; &#233;chelon mondial ne fut bien s&#251;r pas sans cons&#233;quence sur le concert du jour, et c'est dans un Z&#233;nith quelque peu vide que nous entrons. Le premier groupe &#224; monter sur sc&#232;ne, d&#232;s dix-huit heures p&#233;tantes, Ghost, ne fait preuve d'aucun abattement, semblant m&#234;me comme revigor&#233; par cette foule clairsem&#233;e, et dans l'obligation de jouer fort et dur pour la joie du public pr&#233;sent. N'oublions pas que les quelques pel&#233;s ayant fait le d&#233;placement n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; pr&#233;f&#233;rer la musique de Satan aux chants patriotiques de stade, ils m&#233;ritent donc un traitement de faveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos satanistes de pacotille sont toujours aussi amusants et leurs tourn&#233;es incessantes ont clairement contribu&#233; &#224; fluidifier leur jeu et &#224; solidifier l'interpr&#233;tation de leur r&#233;pertoire. Les chansons sont de haute tenue (&#171; Elizabeth &#187;, &#171; Monstrance Clock &#187;&#8230;) et cette fine &#233;quipe masqu&#233;e sait parfaitement jouer des atmosph&#232;res provoqu&#233;es par leur titres. Je ne sais si c'est l&#224; le renouveau du m&#233;tal, mais en tout cas, on devrait s'amuser encore pas mal d'ann&#233;es en leur d&#233;licieuse compagnie. Trois quart d'heure de concert parfait, que demande le peuple : un concert plus long la fois prochaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade de la comp&#233;tition, il semble que l'&#233;quipe tricolore soit moins convaincante au Br&#233;sil, ou du moins peine &#224; faire la diff&#233;rence avec la Mannschaft.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mastodon prend la suite et s'installe comme en terres conquises, jouant tr&#232;s vite et surtout tr&#232;s fort. L'atmosph&#232;re de la soir&#233;e est maintenant &#233;tablie : Ghost a allum&#233; l'incendie, Mastodon l'alimente et avec Slayer, nous danserons sur les cendres. Nonobstant cela, j'en note quand m&#234;me qui suivent le match sur leur t&#233;l&#233;phone. Ils feraient mieux de regarder le spectacle, nous savons maintenant tous qu'ils seront d&#233;&#231;us.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mastodon aborde un Z&#233;nith qui se remplit quand m&#234;me un peu avec des titres pioch&#233;s &#231;a et l&#224; dans leur discographie, sans n&#233;cessairement choisir leurs morceaux les plus ais&#233;s ou abordables. Ce choix qui pourrait &#234;tre judicieux se r&#233;v&#232;le pourtant discutable du fait de la qualit&#233; du son, assez m&#233;diocre... Une vague sensation d'&#233;touffement pourrait menacer les spectateurs, m&#234;me les plus endurcis, ce dont ne se rendent sans doute pas compte les musiciens, trop occup&#233;s &#224; tirer de leurs instruments de quoi construire un mur, &#233;pais et solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe, dans le contexte sonore d&#233;crit, et nonobstant un set relativement court, se risque &#233;galement &#224; l'interpr&#233;tation de titres de son nouvel album tout juste sorti, mais extr&#234;mement prometteur, le nomm&#233; &#171; Once More Round the Sun &#187;. La galette est fort bien chroniqu&#233;e un peu partout, et semble t'il &#224; juste titre. Du coup, je l'ai achet&#233;e le lendemain et ne saurais que vous recommander de faire de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Slayer vient achever la soir&#233;e. On aurait envie d'&#234;tre totalement enthousiaste car, comme me le dira un photographe de ma connaissance retrouv&#233; sur place, &#171; des tubes, ils n'ont que des tubes ! &#187;. Mais le son n'est toujours pas formidable, encore plus fort et toujours impr&#233;cis. Et puis, Jeff Hanneman (guitare) est mort et Dave Lombardo (batterie) a claqu&#233; la porte (geste qui, le connaissant, a du &#234;tre assen&#233; avec une certaine vigueur). Son rempla&#231;ant habituel, Paul Bostaph, est loin de poss&#233;der la frappe subtile et dynamique du pr&#233;c&#233;dent. Alors bien s&#251;r, Slayer est toujours grand, une &#171; v&#233;ritable machine de guerre &#187;, mais sans son batteur d'origine, Slayer perd de sa magie (noire), de ce qui les a toujours distingu&#233;s du tout-venant de la sc&#232;ne thrash metal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce Z&#233;nith quelque peu d&#233;garni, mes enfants ont fait ce soir leur terrain de jeux, courant en tous sens, leur habituelle &#233;nergie comme d&#233;cupl&#233;e par la brutale vigueur de la t&#234;te d'affiche. Le cadet, juch&#233; sur mes &#233;paules aura m&#234;me droit &#224; un amical salut du guitariste Gary Holt, ce qui le fera rosir de plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les kids fatiguent apr&#232;s presque quatre heures de concert et nous jugeons donc n&#233;cessaire de rejoindre nos p&#233;nates, non sans avoir go&#251;t&#233; &#224; l'implacable doubl&#233; &#171; Dead Skin Mask &#187; et &#171; Raining Blood &#187;. Nous quittons alors les lieux, sourds mais heureux. Et puis, le groupe joue si fort qu'en allant chercher notre v&#233;hicule de l'autre c&#244;t&#233; du parc de la Villette, nous profitons encore des titres suivants dans la nuit qui tombe devant la Cit&#233; des Sciences.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Come Together</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Selon mon &#233;pouse, le pire n'est pas que je l'abandonne avec nos trois descendants pendant pr&#232;s de cinq jours pour le festival, c'est de g&#233;rer ma d&#233;pression post-Hellfest la semaine qui suit mon retour. Il faut dire que cet &#171; Enfer &#187;, c'est vraiment le Paradis (elle &#233;tait facile, je n'en disconviens pas). Alignement des astres, alors que le Hellfest r&#233;alise sans doute la plus belle affiche de son histoire - Iron Maiden, Aerosmith et Black Sabbath en t&#234;tes d'affiche, excusez du peu - voil&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton369-42548.jpg?1629061811' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon mon &#233;pouse, le pire n'est pas que je l'abandonne avec nos trois descendants pendant pr&#232;s de cinq jours pour le festival, c'est de g&#233;rer ma d&#233;pression post-Hellfest la semaine qui suit mon retour. Il faut dire que cet &#171; Enfer &#187;, c'est vraiment le Paradis (elle &#233;tait facile, je n'en disconviens pas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alignement des astres, alors que le Hellfest r&#233;alise sans doute la plus belle affiche de son histoire - Iron Maiden, Aerosmith et Black Sabbath en t&#234;tes d'affiche, excusez du peu - voil&#224; qu'en plus, il fait beau. Mais vraiment beau, on se croirait presque &#224; l'&#233;t&#233; 76, &#233;poque o&#249; justement de nombreux groupes programm&#233;s cette ann&#233;e connurent leur heure de gloire (mon enfance en somme). Tout semble donc ind&#233;niablement en place pour un festival particuli&#232;rement r&#233;ussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Me concernant, l'assertion est d'autant plus pertinente que je disposerai cette ann&#233;e d'un pass &#171; VIP Presse Backstage &#187;. Dans &#171; Le Monde d'Hier &#187;, Stefan Zweig cite ainsi Balzac : &#171; les gens c&#233;l&#232;bres &#233;taient pour moi comme des dieux qui ne parlaient pas, qui ne marchaient pas, ne mangeaient pas comme les autres hommes. &#187; Poursuivant ce propos, l'autrichien ajoute : &#171; c'est l&#224; pr&#233;cis&#233;ment ce que nous avions &#233;prouv&#233;. Le fait d'avoir rencontr&#233; dans la rue Gustave Mahler constituait un &#233;v&#232;nement qu'on rapportait le lendemain &#224; ses camarades comme un triomphe personnel, et quand un jour je fus pr&#233;sent&#233; &#224; Johannes Brahms et qu'il me frappa amicalement sur l'&#233;paule, je demeurai plusieurs jours tout &#233;gar&#233; par ce fait prodigieux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en suis exactement l&#224; avec les artistes que j'admire et v&#233;n&#232;re. Avec ce pass, je devrais bien arriver &#224; m'&#233;vanouir de joie une ou deux fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 20 juin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En entrant sur le site, on a beau avoir &#233;t&#233; d&#251;ment inform&#233; des modifications et am&#233;liorations apport&#233;es, on ne peut qu'&#234;tre sacr&#233;ment impressionn&#233; par les efforts fournis pour donner aux lieux une atmosph&#232;re encore plus riche : reconstitution de la Camden Street londonienne (le &#171; Hell City Square &#187;), sculptures diverses, habituelles constructions m&#233;talliques, corbeau g&#233;ant, grande roue&#8230; Tant et si bien qu'on peine &#224; croire que tout cela rel&#232;ve de la construction provisoire. Le Hellfest est peut-&#234;tre un monde enchant&#233;, hors de l'espace-temps habituellement fr&#233;quent&#233;, et dont la porte ne s'ouvre qu'une fois par an, pour trois jours seulement. Le reste du temps, il existe toujours, quelque part dans les limbes de notre imaginaire sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre choc pour les habitu&#233;s, la foule hallucinante qui se presse sur les lieux. On parle de 45 000 personnes, score jamais atteint jusque l&#224;. Avec la chaleur &#233;crasante qui r&#232;gne et la poussi&#232;re en suspension, on pressent d&#233;j&#224; que le week-end sera extr&#234;mement physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette temp&#233;rature presque hors norme provoque &#233;galement la formation de longues files pour acqu&#233;rir les pr&#233;cieux jetons permettant de s'approvisionner dans les nombreux bars, eux aussi d&#233;j&#224; pris d'assaut. Pendant l'attente, on &#233;coute d'une oreille distraite, mais int&#233;ress&#233;e, le groupe Satan sur la Mainstage. Ce nom quand m&#234;me, je n'ose imaginer quelles furent les autres propositions lorsqu'il s'est agi de baptiser le groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne r&#233;sistant pas au plaisir de rejoindre ce lieu r&#233;serv&#233; &#224; une minorit&#233;, je fais mes premiers pas au VIP. J'y ai tout de suite crois&#233; la merveilleuse Laura Pleasants, ci-devant guitariste et chanteuse de Kylesa, mais autant vous l'avouer, je n'ai pas os&#233; l'aborder (je suis timide avec les vedettes, encore plus si ce sont des filles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le carr&#233; VIP du Hellfest, c'est un peu comme le Hellfest, mais en mieux, en tout cas s'agissant du confort. La nourriture y est moins vari&#233;e mais meilleure, il y a m&#234;me des glaces artisanales (j'ai pris fraise, c'est ce que je pr&#233;f&#232;re). On trouve des tables avec un peu d'ombre et une d&#233;coration de fin du monde encore plus chiad&#233;e ainsi que, c'est appr&#233;ciable, des toilettes nettement moins envahies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sinon, les filles y sont peut-&#234;tre plus jolies, j'en ai notamment vu une allong&#233;e sur l'herbe devant l'entr&#233;e des loges des artistes, un peu maigrichonne et fort peu v&#234;tue, qui semblait langoureusement attendre un loup pour la d&#233;vorer. Quant aux gar&#231;ons, il ne m'a pas sembl&#233; qu'ils soient moins poilus (&#224; part moi peut-&#234;tre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenant mes marques sur le site, j'&#233;coute Powerman 5000 sur la Mainstage d'une oreille discr&#232;te, cette derni&#232;re m'indiquant que la fuite est &#224; envisager, j'obtemp&#232;re donc &#224; cette saine injonction auditive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tente ensuite les fran&#231;ais de Loudblast sous l'Altar, ce qui se r&#233;v&#232;le infiniment plus cons&#233;quent, mais la foule rend impossible l'entr&#233;e dans les lieux (&#233;v&#232;nement qui se reproduira h&#233;las). Or, en ce d&#233;but d'apr&#232;s-midi, si on n'est point sous chapiteau, on est en plein cagnard, alors sans image et avec peu de son, je renonce pour un peu de shopping.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les irlandais de Therapy ? se produisant sur la Mainstage 1, je me fais une joie de retrouver ce groupe un peu oubli&#233; de mes &#233;tag&#232;res charg&#233;es, et qui vaut finalement toujours la peine, visiblement. Enthousiastes de jouer devant tant de monde, les musiciens ne mesurent pas leurs efforts et alignent beaucoup de tubes nullement nostalgiques et encore pertinents. Lorsqu'ils ne jouent pas leur r&#233;pertoire, ils font montre de leur bon go&#251;t en s'appropriant aussi bien Joy Division avec &#171; Isolation &#187; que Judas Priest pour un &#171; Breaking the Law &#187; de circonstance en ces lieux (reprises qu'on trouve sur leurs albums et qui r&#233;sument finalement assez bien leur son et leur d&#233;marche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se repose ensuite sous les arbres en mangeant gras - argentin para&#238;t-il, en &#233;coutant distraitement et de loin se succ&#233;der sur les Mainstage les &#233;pouvantables Trivium et le d&#233;cid&#233;ment p&#233;nible Rob Zombie. Heureusement, Kylesa nous ravive sous la Valley. Toujours mue par deux batteries, leur musique serpente, oscillant entre lourdeur pachydermique, ph&#233;nom&#233;nales acc&#233;l&#233;rations et langueur m&#233;lancolique. La part f&#233;minine de ce groupe, et sans doute la plus charismatique, assum&#233;e par la d&#233;licieuse Laura Pleasants dont je vous parlais ci-dessus. Cette derni&#232;re m'enchante toujours et ce d'autant qu'elle a mis de la douceur dans son chant. Et quand elle crie, je fonds litt&#233;ralement. Un petit b&#233;mol toutefois, le nouveau deuxi&#232;me batteur faisant plus office de percussionniste, cette &#233;volution du son nous prive un peu de cette jouissante sensation d'oppression rythmique que le groupe &#233;tait capable de produire &#224; une &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A regret, nous partons avant la fin du concert pour rejoindre la Mainstage 1 et Iron Maiden qui vient. Las, c'est d&#233;j&#224; la foule des grands jours, et m&#234;me en jouant des coudes, nous r&#233;alisons que nous n'approcherons jamais beaucoup de la sc&#232;ne. Le concert de Sepultura s'ach&#232;ve sur la Mainstage 2 attenante ce qui nous permet de patienter, c'est toujours plaisant, surtout quand l'hymne &#171; Roots, Bloody Roots &#187; r&#233;sonne au soleil couchant, avec force nuages de poussi&#232;res d&#233;clench&#233;s par la folle agitation qui r&#232;gne dans le &#171; pit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a du monde partout et de tous c&#244;t&#233;s, mais cette situation inconfortable, en plus de la distance et du son discutable, ne parvient pas &#224; g&#226;cher la joie ressentie &#224; l'arriv&#233;e sur sc&#232;ne des glorieux anglais. Bruce Dickinson est magistral et dans une forme vocale stup&#233;fiante (son interpr&#233;tation de &#171; Revelation &#187; m'a fait litt&#233;ralement frissonner). Et avec &#231;a, il est taquin, nous r&#233;v&#233;lant au fur et &#224; mesure le score du match France Suisse se d&#233;roulant au m&#234;me moment au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour de nous tout le monde chante, et on r&#233;alise, &#224; voir tous ces gens amass&#233;s et heureux, l'importance cruciale de la musique de ce groupe et la part pr&#233;pond&#233;rante qu'a pris chacune de leurs chansons dans nos vies apr&#232;s tant d'ann&#233;es. On peut affirmer que le groupe a encore r&#233;uni toutes les chapelles m&#233;talliques, enthousiasmant dans un m&#234;me &#233;lan les n&#233;ophytes comme les fans historiques (&#171; mettre tout le monde d'accord &#187; est une expression invent&#233;e pour ou par Maiden). Apr&#232;s eux, que nous restera t'il pour &#234;tre aussi heureux tous ensemble ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concert achev&#233; nous renon&#231;ons &#224; un Slayer qui n'est plus ce qu'il &#233;tait pour un Death qui n'est plus, mais dont la musique jou&#233;e par quelques survivants semble diablement vivante. Vive et intelligente, exigeante pour ses musiciens comme pour son public. Une &#233;nergie de noctambule nous gagne alors, quand on croyait avoir laiss&#233; toutes nos forces dans le beau spectacle de Maiden. A l'issue du concert, les musiciens de Death reviennent longuement saluer le public, visiblement &#233;mus par l'enthousiasme de ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est maintenant minuit, c'est d&#233;j&#224; demain, mais apr&#232;s tout ce death metal, un peu de black du m&#234;me genre s'impose avant d'aller faire dodo. Enslaved le pratiquant dans son penchant m&#233;lodique, on fera de plus beaux r&#234;ves encore. Groupe norv&#233;gien (forc&#233;ment) &#224; la musicalit&#233; impressionnante et qui sur sc&#232;ne se r&#233;v&#232;le extr&#234;mement pr&#233;cis. L'aspect r&#233;ellement chant&#233; par le titulaire des claviers (Herbrand Larsen) rend plus impressionnantes encore les vocif&#233;rations gutturales du bassiste (Grutle Kjellson). La journ&#233;e s'ach&#232;ve sur cette sensation de belle violence de laquelle surgit une superbe m&#233;lodie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 21 juin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour sur le site en tout d&#233;but d'apr&#232;s-midi, r&#232;gne comme une forme un peu d&#233;cal&#233;e de qui&#233;tude. On a pris nos marques, on est bien, et &#224; partir de l&#224;, on le sait, &#231;a va malheureusement passer trop vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la Mainstage se produit Buckcherry, on ne peut pas dire que cela soit d&#233;sagr&#233;able, mais &#231;a ne casse pas trois pattes &#224; un canard, m&#234;me de m&#233;tal laqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'oreille n'est point trop occup&#233;e et que l'on arpente le site, le corps est happ&#233; par la chaleur et l'&#339;il troubl&#233; par cette vision : les filles sont en maillot, alors qu'il n'y a m&#234;me pas la mer. Il faut reconna&#238;tre que les efforts vestimentaires de certaines festivali&#232;res diff&#232;rent quelque peu des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes ou les frimas n'avaient pas permis de telles privaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en ai m&#234;me vu certaines en simple culotte avec des autocollants sur les t&#233;tons (gloups). Ces derni&#232;res se r&#233;v&#233;leront &#234;tre g&#233;n&#233;ralement l&#224; pour promouvoir des marques de v&#234;tements ou bijoux quelque peu sexy, et donc en repr&#233;sentation. Au Hellfest, le capitalisme est pouss&#233; dans ses ultimes retranchements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e commence r&#233;ellement avec les merveilleux Walking Papers. Pas de fioritures, du charisme, du jeu et c'est parti pour une trop petite heure de rock n roll. Ce groupe m&#233;riterait plus de temps de jeu et une meilleure heure de passage en termes d'exposition, mais tout constitu&#233; de v&#233;t&#233;rans qu'il soit, cela reste une formation r&#233;cente. Leur chanteur et guitariste, le flamboyant Jeff Angells s'offrira une descente de sc&#232;ne au sein d'un public enthousiaste et comme &#233;mu de cette soudaine proximit&#233;. J'en ai profit&#233; pour lui serrer la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de remonter sur la sc&#232;ne pour les derni&#232;res notes de la chanson, il nous a dit &#171; I'll be back &#187;. On t'attend Jeff, reviens quand tu veux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade de la journ&#233;e, plus d'interrogations, m&#234;me m&#233;taphysiques : la fatigue ? Quelle fatigue ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus tard dans l'apr&#232;s-midi, j'entame des retrouvailles avec des amours anciennes, le groupe Extreme sur la Mainstage 1 (la derni&#232;re fois, c'&#233;tait au Z&#233;nith de Paris le 5 octobre 1991). Ces gar&#231;ons moulinent un funk rock blanc qu'on est en droit de trouver discutable, mais que j'avoue appr&#233;cier, d'autant qu'ils se risquent parfois &#224; une fantaisie de bon aloi qui en ferait presque des h&#233;ritiers am&#233;ricains &#8211; certes plus vulgaires - de Queen (&#171; Three Sides To Every Story &#187; 1992). Au surplus, les musiciens sont exceptionnels, ce qui ne g&#226;te rien. Nuno Bettencourt arp&#232;ge &#224; tout va, en comp&#233;tent h&#233;ritier d'Eddie Van Halen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe a connu un immense succ&#232;s international en 1990 avec la ballade acoustique &#171; More Than Words &#187;, sur laquelle j'avoue avoir frissonn&#233; lorsqu'elle fut ici reprise par la foule. Tous ces pr&#233;tendus satanistes r&#233;unis c&#233;l&#232;brent fort bien l'amour, il faut le dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;couvrant tardivement que mon &#171; pass backstage &#187; me permet en r&#233;alit&#233; de d&#233;couvrir l'envers du d&#233;cor et de regarder les concerts sur les c&#244;t&#233;s de la sc&#232;ne (comme les vedettes et parfois, avec les vedettes), je tente une premi&#232;re fois l'aventure avec le concert de Clutch sous la Valley, d&#233;marche d'autant plus justifi&#233;e qu'il n'y a pas un centim&#232;tre de libre sous la tente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que j'&#233;tais fort bien plac&#233;, las, les n&#233;cessit&#233;s du service me renvoient brutalement plus en arri&#232;re du backstage, en pl&#233;b&#233;ien que je n'ai en r&#233;alit&#233; jamais cess&#233; d'&#234;tre. De ce fait, me voil&#224; trop loin pour avoir une vue d'ensemble et dans l'impossibilit&#233; de me rendre dans la fosse, remplie &#224; craquer. Le type nous ayant imparti de renoncer &#224; nos bonnes places, y mettant finalement certains de ses amis, j'opte pour la r&#233;volte, on ne va quand m&#234;me pas au Hellfest pour respecter les interdictions. Je passe donc de l'autre c&#244;t&#233; de la sc&#232;ne, o&#249; se situe la console, monte l'escalier, enjambe la barri&#232;re et me positionne &#224; c&#244;t&#233; de Nick Oliveri (ex bassiste de Kyuss et Queens Of The Stone Age) pour regarder le concert. Joie, victoire, triomphe m&#234;me. &#199;a doit &#234;tre cela la &#171; Crucial Velocity &#187; que chante Clutch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sortant, je force un peu mon naturel r&#233;serv&#233; et sollicite m&#234;me un petit selfie avec Nick Oliveri (il faut bien vivre avec son temps), gar&#231;on qui se r&#233;v&#232;le tout &#224; fait charmant, contrairement &#224; la sulfureuse r&#233;putation qui lui est faite (et &#224; laquelle il contribue un peu, il faut bien le dire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour sur la Mainstage 2 pour &#233;couter Deep Purple. En attendant leur arriv&#233;e, nous subissons les derniers feux mal &#233;teints de Soulfly. Ce qui en ressortait ressemblait &#224; un concert de basse satur&#233;e sur laquelle se greffaient de mauvaises percussions et les vocif&#233;rations limit&#233;es du vocaliste Cavalera (&#171; Jump ! Jump ! &#187;). Se m&#233;fier des rastas blancs, toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, Deep Purple va nous r&#233;conforter de fort belle mani&#232;re. Je n'en attendais pas forc&#233;ment grand-chose, mais nos fringuants sexag&#233;naires se sont r&#233;v&#233;l&#233;s compl&#232;tement enthousiasmants, tout en ma&#238;trise souriante. Piochant &#231;a et l&#224; dans leur r&#233;pertoire (&#171; Lazy &#187;, &#171; Space Truckin' &#187;, &#171; Hard Lovin' Man &#187;...) livrant m&#234;me quelques extraits de leur remarquable dernier album sorti l'an pass&#233;, &#171; Now What ?! &#187;, faisant ainsi montre d'une cr&#233;ativit&#233; et d'une envie non &#233;teintes (le morceau &#171; Uncommon Man &#187;, extrait dudit dernier opus sera d'ailleurs la ritournelle qui nous restera en t&#234;te lorsqu'&#224; trois heures du matin nous retrouverons enfin notre lit douillet). Une vie pareille, comment avoir envie de l'arr&#234;ter, le plaisir, le sourire, on n'en sortira que les pieds devant semblent-ils nous dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vint Aerosmith sur &#171; Back in the Saddle &#187;, devant une foule en liesse, titre sonnant d'ailleurs comme un r&#234;ve d'&#233;ternel recommencement, tomber de cheval, mais toujours remonter dessus. A l'instar de la Vierge de Fer la veille, les bostoniens font le plein et au-del&#224;, on respire &#224; peine tant nous sommes agglutin&#233;s. On n'envie pas les petits dans un moment pareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les musiciens semblent physiquement fatigu&#233;s (mais qu'est-il arriv&#233; &#224; Joe Perry ?), mais cela ne se ressent pas &#224; l'&#233;coute, entre diamants noirs des ann&#233;es 70 (&#171; Rats in the Cellar &#187;, &#171; Same Old Song and Dance &#187;, &#171; Mama Kin &#187;...), et tubes en or massif des ann&#233;es 80 et 90 (&#171; Cryin' &#187;, &#171; Dude &#187;, &#171; Livin on the Edge &#187;...) Aerosmith enchante l'audience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les esprits chagrins trouveront sans doute cela un peu l&#233;ch&#233;. Il s'agit d'un Barnum &#224; l'am&#233;ricaine avec force lumi&#232;res et confettis certes, mais, si ce n'est peut-&#234;tre le manque de spontan&#233;it&#233;, il n'y a rien &#224; jeter, d'autant que le toujours souriant et bondissant Steven Tyler se r&#233;v&#232;le encore &#224; soixante six printemps toujours plein d'un allant et d'une dr&#244;lerie presque juv&#233;niles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bostoniens n'oublient pas de jouer &#171; Dream On &#187; avant de partir (avec piano blanc, tant qu'&#224; faire), ce qui constitue exactement notre programme pour la courte nuit qui vient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 22 juin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me jour, en se levant, difficilement et douloureusement, on pourrait fugitivement consid&#233;rer que deux jours auraient suffi. Et ce d'autant que la programmation du dernier jour est moins all&#233;chante, le plus palpitant est concentr&#233; en fin de journ&#233;e, nous obligeant &#224; moult sacrifices. Comme le disait un festivalier de ma connaissance, le Hellfest devrait durer une semaine et &#234;tre rembours&#233; par la S&#233;curit&#233; Sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au surplus, si c'&#233;tait possible en Loire-Atlantique, il fait encore plus chaud en ce dimanche de juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arrivant au coin VIP, je v&#233;rifie &#224; petite &#233;chelle cette &#233;vidence habituelle au festival, ici, il y a plus de queue aux toilettes des gar&#231;ons que chez les filles. On progresse certes plus vite en termes de f&#233;minisation qu'&#224; l'Assembl&#233;e Nationale ou dans les conseils d'administration, mais il y a encore un peu de chemin &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tente enfin un petit tour sur la Warzone pour &#233;couter du &#034;oi&#034; (comprendre du punk, en l'esp&#232;ce le groupe Last Resort). Au milieu des vignes, c'est un petit peu plus clairsem&#233; que sur le reste du site, mais la chaleur y est &#233;pouvantable, pas un d&#233;but de commencement d'abri pour se prot&#233;ger de l'astre divin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecoutant vaguement la musique, j'observe les fans. Il est toujours amusant de croiser ces punks tatou&#233;s de la t&#234;te aux pieds, mais certains &#233;quip&#233;s de bouchons d'oreilles et fumant des cigarettes &#233;lectroniques. Mais ne vous y trompez pas pour autant, ici, c'est du brutal, on n'est pas l&#224; pour plaisanter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu lass&#233;s par l'aspect r&#233;barbatif du genre, nous partons sous la Temple pour tenter Equilibrium. La qu&#234;te d&#233;sesp&#233;r&#233;e d'ombre est sans doute ce qui a motiv&#233; notre mouvement, parce que pour la m&#233;lomanie, ce black m&#233;tal celtique nous oblige &#224; un repli rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se r&#233;fugie alors sous la Valley, g&#233;n&#233;ralement plus &#224; m&#234;me de nous fournir en sons de guitares gras et velus. &#199;a s'appelle House of Broken Dreams et cela tient ses promesses. La poussi&#232;re est aveuglante m&#234;me sous la tente mais, tout irrespirable que cela soit, ce n'est pas sans contribuer parfaitement &#224; l'ambiance. J'en profite pour utiliser mon s&#233;same et faire un tour &#224; l'arri&#232;re sc&#232;ne. Sous la sc&#232;ne une jeune fille fait la sieste, spectacle charmant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;ni&#232;me petite promenade se r&#233;v&#232;lera finalement plus amusante que la musique de cet aimable trio, ce dernier souffrant d'un relatif manque d'originalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin Satan, le vrai, nous rend visite avec les black m&#233;talleux polonais de Behemoth. Pour mettre dans l'ambiance, les musiciens grim&#233;s, hi&#233;ratiques, montent sur la Mainstage au son d&#233;licat de cris de porc qu'on &#233;gorge. Apr&#232;s avoir allum&#233; force cand&#233;labres, le groupe envoie des riffs qui sonnent comme des gicl&#233;es de sang. L'astre solaire apeur&#233; se couvre m&#234;me pudiquement pour la premi&#232;re fois de la journ&#233;e de quelques nuages ! Le leader Nergal (qui portait un tr&#232;s joli collier fait de restes de poulets sanguinolents) a un charisme ind&#233;niable, mais le genre est quand m&#234;me un peu &#233;crasant et il nous aurait sans doute fallu quelque chose d'un peu plus primesautier pour nous extraire de la torpeur dans laquelle la fatigue et la chaleur nous ont plong&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les festivit&#233;s polonaises achev&#233;es, Soudgarden d&#233;barque sur l'autre Mainstage avec &#171; Searching With My Good Eye Closed &#187; extrait du magnifique &#171; Badmotorfinger &#187; (1991). A l'&#233;coute, on ne ressent pas forc&#233;ment de nostalgie mais une joie certaine &#224; se plonger dans ces effluves du grunge de notre jeunesse enfuie. Si Matt Cameron (batterie) est absent pour cause de pr&#233;sence requise pour une tourn&#233;e europ&#233;enne de Pearl Jam (qui ignore d'ailleurs la France), le groupe se r&#233;v&#232;le n&#233;anmoins sacr&#233;ment percutant (ledit Matt Chamberlain n'est pas franchement un manche). Il est d'ailleurs temps que ma g&#233;n&#233;ration prenne un petit peu plus d'assaut la Mainstage et qu'une journ&#233;e d'un Hellfest futur soit franchement consacr&#233;e &#224; la sc&#232;ne de Seattle des ann&#233;es 90, sc&#232;ne qui a sans doute amen&#233; beaucoup de monde au heavy metal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concert se poursuit avec quelques merveilles comme &#171; Rusty Cage &#187;, mais si l'ex&#233;cution est irr&#233;prochable, le son n'est pas formidable et Chris Cornell pour s&#233;duisant qu'il soit, n'atteint que rarement les sommets vocaux produits sur disque. De ce fait, l'intensit&#233; dramatique de leur musique y perd un peu et le concert semble comme insuffisamment habit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu merci, n'est pas oubli&#233; de la set-list le titre &#171; J&#233;sus Christ Pose &#187; qui s'imposait d&#233;finitivement au Hellfest !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je renonce (honte sur moi et trois g&#233;n&#233;rations) au black m&#233;tal d'Emperor reform&#233; pour retrouver un vieux complice des lieux, Wino, officiant cette fois au sein de Spirit Caravan, sous la Valley, &#233;videmment. Impeccablement plac&#233; derri&#232;re la sc&#232;ne, j'y retrouve mon nouvel ami Nick Oliveri pour headbanguer en cadence. Je note &#233;galement &#224; c&#244;t&#233; de nous la pr&#233;sence de quelques cr&#233;atures &#224; la peau tr&#232;s blanche, que l'on croirait sorties d'un &#233;pisode de &#171; True Blood &#187;, ce qui ne g&#226;te rien &#224; l'ambiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On officie dans un genre de doom poisseux et particuli&#232;rement groovy, tout ce qu'on aime sous la Valley en somme. On parle beaucoup de Phil Anselmo comme agent d'ambiance du Hellfest (il fut toutefois assez discret cette ann&#233;e), mais il ne faudrait pas oublier Wino qui illumina les &#233;ditions pr&#233;c&#233;dentes avec St Vitus et The Obsessed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; o&#249; je me trouve, je discerne dans le public nombre de mes amis, sourire aux l&#232;vres &#224; l'&#233;coute de cette musique. Pour certains, on s'est courus apr&#232;s tout le weekend, sans jamais r&#233;ussir &#224; se rattraper et nous voil&#224; presque tous r&#233;unis alors que le festival touche &#224; sa fin. Nous avons bon go&#251;t : c'est ind&#233;niablement un des meilleurs spectacles de l'&#233;dition 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je les rejoins dans la fosse pour partager tout cela ensemble. Nous aurions peut-&#234;tre pu en arr&#234;ter l&#224;, mais Black Sabbath joue sur la Mainstage, il ne saurait &#234;tre question de n'en rien entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De loin (pas le choix vu la foule), nous regardons donc les parrains du heavy metal, groupe qui n'en finit pas de ne pas vouloir mourir. Au regard de la qualit&#233; des compositions et de leurs interpr&#232;tes, si path&#233;tique que cela soit, cela reste tr&#232;s beau, si &#233;loign&#233;s de la sc&#232;ne soyons-nous. Seule faute de go&#251;t, mais majeure, ce batteur de pacotille &#8211; Tommy Clufetos - embauch&#233; pour remplacer Bill Ward. S'il fallait faire un mauvais choix, le management d'Ozzy a carr&#233;ment d&#233;cid&#233; de faire le plus mauvais possible. Une bo&#238;te &#224; rythmes peut avoir plus de swing, je n'en doute pas. Le jeu subtil du batteur d'origine est ici massacr&#233; par un batteur am&#233;ricain de stade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est regrettable car nos trois honorables grand-p&#232;res sont encore capables de produire des choses int&#233;ressantes, leur dernier album (&#171; 13 &#187;) nous laissant m&#234;me &#224; penser que leur cr&#233;ativit&#233; n'est pas &#233;teinte (avec Brad Wilk &#224; la batterie et non pas l'horrible cogneur ci-dessus &#233;voqu&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distance et ce parfum de &#171; ce n'est plus ce que c'&#233;tait &#187; devenant vraiment trop pr&#233;gnant, nous voil&#224; de retour sous la Valley pour Unida, groupe men&#233; par John Garcia (ex Kyuss, Hermano, Vista Chino&#8230;). Pas de surprise, la qualit&#233; est l&#224;, l'enthousiasme fait beaucoup dans la musique, nous permettant de conclure dans cet exact &#233;tat d'esprit cette &#233;dition 2014 du Hellfest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue du concert, je tourne encore quelques instants en ces lieux qui seront bient&#244;t ferm&#233;s, m'en impr&#233;gnant encore un peu. La musique &#233;tait bonne, la bi&#232;re &#233;tait fra&#238;che, le soleil avait ass&#233;ch&#233; le sol pour n'en faire que de la poussi&#232;re. Puissions-nous &#224; son instar tourbillonner encore puis, notre temps venu, tourbillonner toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quittant les lieux, et on est gar&#233; loin, d&#233;pourvu de toute corde vocale et les lombaires en compote, je r&#233;alise que ce pass aura surtout &#233;t&#233; pour moi un moyen de m'approprier encore plus le Hellfest, d'avoir &#233;t&#233; ainsi partout chez moi, au hasard d'une libre promenade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Best Served Cold</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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&lt;p&gt;Jeune lecteur si tu existes, sache qu'autrefois en France, pour d&#233;couvrir des groupes de rock bruyant, il fallait regarder M6 le dimanche, tard dans la nuit. Si, par extraordinaire, l'on &#233;tait un &#233;tudiant soucieux de rester frais le lundi matin, il suffisait de programmer son magn&#233;toscope et on se retrouvait le lendemain avec quelques heures de clips &#224; visionner durant la semaine. C'est ainsi que j'ai d&#233;couvert Prong, avec le clip de &#171; Snap Your Fingers, Snap Your Neck &#187; (1994). Sans &#234;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton365-c3be9.jpg?1629061812' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jeune lecteur si tu existes, sache qu'autrefois en France, pour d&#233;couvrir des groupes de rock bruyant, il fallait regarder M6 le dimanche, tard dans la nuit. Si, par extraordinaire, l'on &#233;tait un &#233;tudiant soucieux de rester frais le lundi matin, il suffisait de programmer son magn&#233;toscope et on se retrouvait le lendemain avec quelques heures de clips &#224; visionner durant la semaine. C'est ainsi que j'ai d&#233;couvert Prong, avec le clip de &#171; Snap Your Fingers, Snap Your Neck &#187; (1994). Sans &#234;tre f&#233;ru de m&#233;tal industriel, il &#233;tait difficile de ne pas avoir envie d'onduler joyeusement sur cette ligne de basse sinueuse, enrob&#233;e de riffs ac&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir connu un succ&#232;s grandissant depuis 1986, ce groupe - trio surtout port&#233; par le guitariste et chanteur Tommy Victor - sortait l'album &#171; Rude Awakening &#187; (1996). Ce dernier disque marquait une pr&#233;sence plus importante de sonorit&#233;s &#233;lectroniques, accentuant le c&#244;t&#233; assez dansant de Prong, mais ne rencontra pas franchement son public, poussant le groupe &#224; jeter l'&#233;ponge. Prong &#233;tait donc un peu sorti des radars lorsqu'il r&#233;apparut en 2002, reprenant les choses l&#224; o&#249; il les avait laiss&#233;es, mais faisant montre d'une pertinence rest&#233;e indiscutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais curieux de voir enfin ce groupe en concert, l'ayant notamment rat&#233; au Hellfest o&#249; il s'&#233;tait produit aux alentours de midi, donc un peu t&#244;t pour notre programme charg&#233;, et ce d'autant que la prestation de Tommy Victor avec Danzig durant le m&#234;me festival avait &#233;t&#233; impressionnante de vitalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rejoindre la salle du Nouveau Casino &#224; v&#233;lo en ce vendredi soir d'un printemps presque estival, mais o&#249; le fond de l'air reste frais, s'est r&#233;v&#233;l&#233; une aventure inhabituellement p&#233;nible, dans un Paris encombr&#233; et bruyant. De la sortie des bureaux du huiti&#232;me, en passant par le bal de Polytechnique &#224; l'Op&#233;ra, jusqu'&#224; la ru&#233;e vers les bars de la Bastille, tout le monde &#233;tait de sortie, il a fallu beaucoup slalomer dans cet enfer pour cyclistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; dans la salle, se produisait d&#233;j&#224; la premi&#232;re partie, un groupe d&#233;nomm&#233; KLOGR. Musicalement point d&#233;plaisant, mais avec une voix un peu en de&#231;&#224;, sonnant imparfaitement dans les graves comme les aigus. Au surplus, difficile de ne pas souffrir de certains refrains &#224; la limite du tol&#233;rable, dont j'imagine que nos artistes les voulaient &#224; m&#234;me d'a&#233;rer de leur musique, mais qui sonnaient en r&#233;alit&#233; bien trop n&#233;o m&#233;tal. Tout le monde n'est pas Prong justement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Nouveau Casino ce soir, l'on v&#233;rifie qu'avoir &#233;t&#233; jeune dans les ann&#233;es 90 revient &#224; ne plus l'&#234;tre tellement aujourd'hui, on note ainsi des cheveux plus si longs quand il en reste (des cheveux), des couples et m&#234;me des enfants. Mais sit&#244;t Prong sur sc&#232;ne, le public se r&#233;v&#233;lera moins assagi qu'il n'y para&#238;t et la fosse devient vite tr&#232;s sautillante. Las, sortir du bureau pour aller directement au concert, c'est avoir des chaussures inadapt&#233;es. Je m'&#233;carte un peu pour ne point trop risquer de ruiner mes pompes et d'&#234;tre couvert de bi&#232;re (sans en boire ou presque), mais qu'importe, la musique est sacr&#233;ment bonne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe joue carr&#233;, propre et tendu. Comme sur disque, Prong ne semble avoir conserv&#233; du m&#233;tal que les riffs assassins pour se reposer surtout sur le groove, m&#234;me si l'abandonnant parfois pour de mortelles acc&#233;l&#233;rations (le batteur du moment en fait d'ailleurs peut-&#234;tre un peu trop). Il s'agit ind&#233;niablement d'une musique mal aimable, relativement froide, mais dont le caract&#232;re dansant est &#224; m&#234;me de produire une saveur singuli&#232;re. Le set filera &#224; grande vitesse, face &#224; un public de plus en plus enthousiaste, selon Tommy Victor, nous avons &#233;t&#233; les meilleurs sur la tourn&#233;e (on nous la fait si souvent celle-l&#224;, doit-on encore y croire ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue du concert, le leader s'installer derri&#232;re le stand de merchandising pour une petite s&#233;ance de d&#233;dicace. Bien qu'ayant d&#233;j&#224; acquis le tee-shirt, j'y retourne &#233;videmment pour acheter un album live (&#171; Unleashed in the West &#8211; Live in Berlin &#187;) et obtenir une jolie signature dessus (avec mon pr&#233;nom !). Tommy Victor, lors de notre rapide conversation, se r&#233;v&#232;le &#224; la fois intelligent et plein d'humour, ce qui ne surprend gu&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je quitte les lieux sur mon v&#233;lo pour une longue promenade noctambule jusqu'&#224; mes p&#233;nates proche-banlieusardes. De la rue d'Oberkampf, envahie par une foule bigarr&#233;e assoiff&#233;e de joies nocturnes, en passant par Stalingrad et ses dealers &#224; capuche, comme surgis d'un &#233;pisode de &#171; The Wire &#187;, pour finir sur les mar&#233;chaux avec les tristes filles de joie. Un Paris de f&#234;te et de mis&#232;re, violent et funky comme un titre de Prong.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Eloge de la folie</title>
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		<dc:date>2014-03-19T17:50:02Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tom Spicer souffre depuis la naissance du syndrome de &#171; l'X fragile &#187;, une forme d'autisme aigu. Proche de la quarantaine, il n'est plus un enfant depuis longtemps, il vit et travaille au sein d'un &#233;tablissement sp&#233;cialis&#233; dans la verte campagne anglaise. Sa s&#339;ur a&#238;n&#233;e et son jeune fr&#232;re sont de tr&#233;pidants londoniens, qui vivent leur existence relativement loin de lui, g&#233;ographiquement et affectivement, quand ils r&#233;alisent soudain qu'ils ont peut-&#234;tre m&#234;me cess&#233; de se pr&#233;occuper de lui. Or, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton364-27329.jpg?1629061812' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tom Spicer souffre depuis la naissance du syndrome de &#171; l'X fragile &#187;, une forme d'autisme aigu. Proche de la quarantaine, il n'est plus un enfant depuis longtemps, il vit et travaille au sein d'un &#233;tablissement sp&#233;cialis&#233; dans la verte campagne anglaise. Sa s&#339;ur a&#238;n&#233;e et son jeune fr&#232;re sont de tr&#233;pidants londoniens, qui vivent leur existence relativement loin de lui, g&#233;ographiquement et affectivement, quand ils r&#233;alisent soudain qu'ils ont peut-&#234;tre m&#234;me cess&#233; de se pr&#233;occuper de lui. Or, Tom a une passion, Metallica, qui se double d'une obsession, rencontrer leur batteur Lars Ulrich. R&#233;aliser un r&#234;ve est propice &#224; la mise en images et, en l'esp&#232;ce, &#224; un rapprochement familial. Voil&#224; donc nos anglais embarquant leur fr&#232;re sur les routes am&#233;ricaines en camping-car &#224; la recherche d'une rencontre bien difficile &#224; organiser, si ce n'est m&#234;me impossible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Evidemment, comme tout un chacun, on imaginerait que la principale difficult&#233; de l'aventure r&#233;siderait dans la possibilit&#233; d'arriver &#224; rencontrer Lars Ulrich, c&#233;l&#233;brit&#233; mondiale. Personnellement, j'aimerais beaucoup rencontrer ce gar&#231;on et j'imagine volontiers que cela ne serait pas &#233;vident (&#224; c&#339;ur vaillant rien d'impossible !). Mais ce joli documentaire d&#233;place le probl&#232;me pour nous amener &#224; r&#233;aliser et comprendre un obstacle bien plus grand encore : du fait de sa maladie et des angoisses irr&#233;pressibles qu'elle g&#233;n&#232;re, il est envisageable que Tom ne veuille aller aux concerts et ne soit surtout pas capable d'attendre de rencontrer son idole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le fan de Metallica - et m&#234;me pour le &#171; fan &#187; de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, avec tous les d&#233;r&#232;glements neuronaux que cela sous-entend - l'empathie avec ce gar&#231;on pas comme les autres, extr&#234;mement dr&#244;le et attachant, est ais&#233;e. Mais cette &#339;uvre modeste est finalement de nature &#224; &#233;mouvoir au-del&#224; des personnes &#233;voqu&#233;es, par une universalit&#233; indiscutable. Il est peut-&#234;tre handicap&#233;, mais finalement, comme beaucoup d'entre nous, Tom est potentiellement t&#233;tanis&#233; par la seule possibilit&#233; de voir ses vieux r&#234;ves se r&#233;aliser, et ce jusqu'&#224; la panique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Algernon, quant &#224; elle, est une souris blanche de laboratoire, aux yeux cercl&#233;s de rouge. De souris normale, elle est devenue g&#233;niale, &#224; la suite d'une op&#233;ration chirurgicale effectu&#233;e sur son cerveau. De ce fait, aux tests effectu&#233;s sous contr&#244;le scientifique, elle bat syst&#233;matiquement le pauvre Charlie, un gar&#231;on simple d'esprit. Nul besoin d'&#234;tre grand clerc pour comprendre assez vite que le projet des hommes en blanc est de faire subir le m&#234;me parcours &#224; notre gentil ben&#234;t. Et c'est ainsi que Charlie devient finalement Charles, g&#233;nie en tout et n'importe quoi, esprit sup&#233;rieur aux capacit&#233;s inou&#239;es. Avec cette brusque intelligence, il d&#233;veloppe &#233;galement des capacit&#233;s aigues de compr&#233;hension des autres, qui l'am&#232;neront rapidement &#224; se replier quelque peu sur lui-m&#234;me (quand son cerveau lui donne quant &#224; lui l'impression de se d&#233;plier), dans un n&#233;cessaire &#233;lan misanthrope.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, Algernon finit mal, annon&#231;ant &#224; notre h&#233;ros un in&#233;luctable et terrifiant retour &#224; la situation de d&#233;part. Cette trajectoire en cloche, pour int&#233;ressante qu'elle soit, n'am&#232;ne pas &#224; des d&#233;veloppements de concepts ou id&#233;es r&#233;volutionnaires sur la mal&#233;diction d'&#234;tre tout &#224; coup dou&#233; de raison dans un monde absurde. La pi&#232;ce, adapt&#233;e d'une nouvelle, tient surtout ici par son exceptionnel et unique interpr&#232;te, Gr&#233;gory Gadebois. L'exercice de l'acteur n'est pas &#233;vident, et se pr&#234;terait aux pires cabotinages, il n'est en effet pas donn&#233; &#224; beaucoup de com&#233;diens que de pouvoir jouer simultan&#233;ment l'idiot du village et Einstein sans changer de personnage. Par petites touches subtiles, il incarne cette transformation et l'humanit&#233; qui s'en d&#233;gage en toutes circonstances car, quelque soit son &#233;tat mental, le personnage principal ne cesse jamais d'&#234;tre sensible aux autres et &#224; leur contact, conservant invariablement une forme d'intelligence &#233;motionnelle extr&#234;mement frappante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas certain au final que le sort de la souris soit plus enviable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mambo</title>
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		<dc:date>2014-03-12T10:25:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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&lt;p&gt;Il semble que cette ann&#233;e nous n'ayons pas eu d'hiver, comme en 1880. Dr&#244;le de mois de mars, o&#249; les parisiennes sont d&#233;j&#224; &#233;closes. &lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s avoir d&#238;n&#233; &#224; l'&#233;tage de la salle Pleyel (au &#171; Caf&#233; Pleyel &#187; donc), je suis descendu m'installer dans la salle, d&#233;j&#224; heureux d'une coupe de champagne bue et du spectacle des jeunes femmes appr&#234;t&#233;es s'asseyant dans les trav&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le concert a commenc&#233; par une pi&#232;ce de Gershwin, dont j'ignorais jusqu'&#224; l'existence : &#171; Ouverture Cubaine &#187;. Comme je vous le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton362-3856a.jpg?1629061813' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il semble que cette ann&#233;e nous n'ayons pas eu d'hiver, comme en 1880. Dr&#244;le de mois de mars, o&#249; les parisiennes sont d&#233;j&#224; &#233;closes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir d&#238;n&#233; &#224; l'&#233;tage de la salle Pleyel (au &#171; Caf&#233; Pleyel &#187; donc), je suis descendu m'installer dans la salle, d&#233;j&#224; heureux d'une coupe de champagne bue et du spectacle des jeunes femmes appr&#234;t&#233;es s'asseyant dans les trav&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concert a commenc&#233; par une pi&#232;ce de Gershwin, dont j'ignorais jusqu'&#224; l'existence : &#171; Ouverture Cubaine &#187;. Comme je vous le disais plus haut, l'ambiance est &#233;tonnamment d&#233;j&#224; presque estivale, cette introduction faisait donc particuli&#232;rement sens. La pi&#232;ce brille d'une musique pleine de fra&#238;cheur et de dr&#244;lerie communicatives, inventive et comme &#233;ternelle. Les id&#233;es jaillissent en tous sens et l'exotisme fondamental de la partition fait que l&#224; tout de suite, c'est &#171; L'homme de Rio &#187; dans nos t&#234;tes, sans m&#234;me le film sur un &#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette introduction extr&#234;mement festive, voici venir Charles Ives. D'un coup, l'hiver s'abat sur nous, la brume monte sur le lac, une &#233;tranget&#233; gla&#231;ante glisse de l'orchestre aux spectateurs. Tant de monde sur sc&#232;ne pour arriver &#224; obtenir une pr&#233;cision aussi subtile jusque dans la dissonance impressionne. Le d&#233;r&#232;glement de l'harmonie finit d'ailleurs par prendre le pas sur le reste, si les instruments se m&#234;lent toujours, ils ne semblent presque plus s'accompagner. A certains moments, on jurerait m&#234;me entendre jouer simultan&#233;ment deux disques diff&#233;rents. C'est un m&#233;tier chef d'orchestre face &#224; une telle partition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous ce d&#233;luge de notes, je note &#224; un moment une jeune violoniste qui semble ne plus arriver &#224; mettre fin &#224; un fou rire, spectacle aussi vivant et charmant que cette jeune fille crois&#233;e le m&#234;me jour, ravissante et souriante, que je voyais courir dans ma direction sur le trottoir, pr&#233;c&#233;d&#233;e d'un petit gar&#231;on hilare. Mais je me disperse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concert reprend, apr&#232;s l'entracte, avec une pi&#232;ce de Georges Antheil, une &#171; Jazz Symphony &#187; qui porte fort bien son nom, nous ramenant un peu de cette l&#233;g&#232;ret&#233; sautillante perdue en chemin. Tout cela swingue en effet terriblement et les quelques &#233;lans plus langoureux du morceau sont aussi enchanteurs. Cette musique fleure bon les lendemains qui chantent et le miracle &#233;conomique dans un monde neuf (l'Am&#233;rique des ann&#233;es 20 en somme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette introduction ne trahit pas cette fois la suite des &#233;v&#232;nements et cette premi&#232;re pi&#232;ce jou&#233;e apr&#232;s la pause se r&#233;v&#232;le les pr&#233;mices id&#233;ales aux &#171; Danses Symphoniques &#187; de West Side Story. Toute cette gaiet&#233; musicale nous rend la foule tout de suite plus enthousiaste, &#224; l'instar de l'orchestre o&#249; la virtuosit&#233; souriante domine. Il y a toujours autant de monde sur la sc&#232;ne et le chef d'orchestre est second&#233; par un merveilleux batteur, donnant encore plus d'allant &#224; l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sublim&#233;e par cette interpr&#233;tation si vivante, cette musique ne semble jamais engonc&#233;e dans sa tr&#232;s &#233;crite partition et donne l'heureuse impression de choisir sa direction en permanence, comme respirant &#224; tous les vents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivats de la foule en conclusion, mais h&#233;las point de rappel. En sortant, on chantonne et sifflote, dans un monde plus chaud, mais plus gai &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Post millenium tension</title>
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		<dc:date>2013-12-23T11:41:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>

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&lt;p&gt;Au mitan des ann&#233;es 90, il me semble avoir not&#233; quelque part que des groupes et artistes comme les Deftones, Tool et Tricky &#233;taient &#224; m&#234;me de produire, &#224; ce moment l&#224;, la musique la plus adapt&#233;e &#224; l'air du temps. Quelques ann&#233;es plus tard, si les Deftones bougent encore, force est de constater que cela fait moins d'effets, Tool s'est assoupi, quant &#224; Tricky, il a largement perdu de sa pertinence apr&#232;s plusieurs disques pour le moins m&#233;diocres sortis &#224; l'aube du nouveau mill&#233;naire (&#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH117/arton356-7ca0d.jpg?1629086578' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='117' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au mitan des ann&#233;es 90, il me semble avoir not&#233; quelque part que des groupes et artistes comme les Deftones, Tool et Tricky &#233;taient &#224; m&#234;me de produire, &#224; ce moment l&#224;, la musique la plus adapt&#233;e &#224; l'air du temps. Quelques ann&#233;es plus tard, si les Deftones bougent encore, force est de constater que cela fait moins d'effets, Tool s'est assoupi, quant &#224; Tricky, il a largement perdu de sa pertinence apr&#232;s plusieurs disques pour le moins m&#233;diocres sortis &#224; l'aube du nouveau mill&#233;naire (&#171; Vulnerable &#187;, &#171; Knowle West Boy &#187;&#8230;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourtant, Dieu sait si j'&#233;tais fan, j'avais m&#234;me emmen&#233; mes parents l'&#233;couter &#224; l'Elys&#233;e-Montmartre. Ma m&#232;re, une indiscutable m&#233;lomane, avait trouv&#233; cela bien mais un peu sinistre et on ne saurait l'en bl&#226;mer, au regard de l'atmosph&#232;re presque &#233;touffante de ses spectacles. Tricky sortait des disques de trip hop et donnait des concerts de heavy metal sombre. Alors que l'ennui suintait de chaque minute des concerts de Massive Attack, ceux de leur transfuge &#233;taient bourr&#233;s d'une intensit&#233; rare. Les concerts se tenaient dans une obscurit&#233; presque totale et la musique &#233;lectronique du kid de Bristol &#233;tait largement transcend&#233;e par des nappes de guitare et une batterie tellurique (au moins).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens d'un de ses concerts &#224; la Mutualit&#233; o&#249; le public &#224; lunettes avait &#233;t&#233; quelque peu d&#233;sar&#231;onn&#233; par cette soudaine brutalit&#233; sombre. Autant le dire, j'ai ador&#233; &#231;a, cette mani&#232;re de proposer tout &#224; fait autre chose en concert, avec une telle intensit&#233; rageuse, sans compromis aucun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, comme souvent, comme toujours, le temps a pass&#233;, et les disques de Tricky ont d&#233;sert&#233; mes platines. Le son d'une &#233;poque, finalement noy&#233; dans la consommation de masse. Jusqu'&#224; la sortie de son dernier opus, &#171; False Idols &#187; (2013), aguich&#233; par le sensuel single &#171; Nothing Matters &#187;, j'ai achet&#233; l'album &#8211; &#224; raison - et pris des places pour le concert dont il est ici objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant le dire tout de suite, on n'a pas franchement &#233;t&#233; enthousiasm&#233;s. C'&#233;tait comme avant certes, l'obscurit&#233;, les guitares, et toutes sortes de choses, mais en moins bien. M&#234;me le public n'&#233;tait pas &#224; la hauteur : la salle &#233;tait pleine comme un &#339;uf, mais tant de gens qui restent au bar quand le concert commence, c'est pour le moins saugrenu (et de mauvais go&#251;t). Miracle du nouveau mill&#233;naire, on peut maintenant mettre un nom sur le lecteur des Inrockuptibles, cela s'appelle un hipster (je d&#233;teste dire &#171; bobo &#187;, j'ai l'impression d'&#234;tre vis&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concert s'est ouvert avec une sorte de d&#233;calque heavy du &#171; Sweet Dreams &#187; d'Eurythmics, plaisant, mais loin du l&#226;cher de napalm &#224; six cordes de ses concerts ant&#233;rieurs. Le spectacle a vogu&#233; ensuite mollement dans les fum&#233;es du haschisch de Tricky (il n'y a plus que lui qui fume dans la salle, je vous rappelle que c'est interdit). Las, la drogue douce a au moins un inconv&#233;nient majeur, elle pousse &#224; l'auto indulgence, du coup Tricky fait son truc, mais &#231;a ne casse pas des briques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la salle est belle et le groupe &#233;tait bon, constitu&#233; essentiellement de filles qui en plus avaient l'air jolies (en m&#234;me temps, il faisait tellement sombre), mais il n'en &#233;tait pas tir&#233; grand-chose de palpitant. Tricky, en organisateur du chaos, leur envoie ainsi &#224; intervalles r&#233;guliers des instructions comminatoires (&#171; kick drums &#187;, &#171; guitar &#187; !!!), les obligeant &#224; monter en intensit&#233;, pour soutenir ses mantras hypnotiques (&#171; I'm by myself and I'm 'not alone &#187; ; &#171; you hear me now, you feel me now &#187; ) mais cela semble s'arr&#234;ter aussi vite que cela a commenc&#233;, avec surtout un manque cruel de nuances. On se prend parfois a r&#234;ver d'une virtuosit&#233; plus ou mieux exploit&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne manquait pas forc&#233;ment grand-chose pour &#233;lever le d&#233;bat au regard de la qualit&#233; des compositions et de la pr&#233;sence magn&#233;tique de Tricky. Ce dernier peut, j'en suis certain, nous emmener encore dans des exp&#233;ditions sonores hors normes, reste &#224; trouver le vaisseau ad hoc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>WALKING PAPERS, le Petit Bain, Paris, le 13 d&#233;cembre 2013</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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		<dc:subject>Musique</dc:subject>

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&lt;p&gt;Qu'est-ce qui fait encore courir Duff Mc Kagan ? A son &#226;ge (50 ans en 2014) et avec une telle carri&#232;re derri&#232;re lui ? Pour m&#233;moire, ce gar&#231;on est un membre fondateur des illustres Guns n' Roses, petit groupe qui a quand m&#234;me vendu cent millions d'albums de par le monde, et avec lequel il a connu dans les grandes largeurs toutes les frasques possibles (la sainte trilogie : &#171; sex, drugs and rock n'roll &#187;). &lt;br class='autobr' /&gt;
Guns n' Roses quitt&#233;, apr&#232;s des aventures en solo, suivies du &#171; super groupe &#187; Velvet (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton354-ddfab.jpg?1629086578' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce qui fait encore courir Duff Mc Kagan ? A son &#226;ge (50 ans en 2014) et avec une telle carri&#232;re derri&#232;re lui ? Pour m&#233;moire, ce gar&#231;on est un membre fondateur des illustres Guns n' Roses, petit groupe qui a quand m&#234;me vendu cent millions d'albums de par le monde, et avec lequel il a connu dans les grandes largeurs toutes les frasques possibles (la sainte trilogie : &#171; &lt;i&gt;sex, drugs and rock n'roll&lt;/i&gt; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guns n' Roses quitt&#233;, apr&#232;s des aventures en solo, suivies du &#171; super groupe &#187; Velvet Revolver, puis de son propre groupe Loaded, le voil&#224; qui r&#233;appara&#238;t derri&#232;re sa basse avec ce modeste, mais fort talentueux combo de Seattle, Walking Papers, dont il est ici objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur premier album &#233;ponyme est formidable, mais de l&#224; &#224; tourner avec eux, entre premi&#232;res parties (ainsi la veille &#224; Cognac en ouverture de Biffy Clyro) et t&#234;te d'affiche dans de tout petits clubs (le Petit Bain &#224; Paris donc), il doit bien y avoir une explication, et elle ne peut pas &#234;tre mon&#233;taire. Sans parler de la n&#233;cessaire r&#233;sistance physique &#224; la poursuite de ce genre de p&#233;riples en Europe et ailleurs, et ce sans le soutien de la moindre drogue car il a tout arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;tions donc tr&#232;s enthousiastes &#224; l'id&#233;e d'&#233;couter ce joli monde, emball&#233;s que nous avions &#233;t&#233; par leur disque, mais aussi de d&#233;couvrir le &#171; Petit Bain &#187;, club install&#233; sur une p&#233;niche dans le 13&#232;me arrondissement de la capitale. Nous part&#238;mes &#224; deux et je m'en veux, car si la salle &#233;tait pleine, la qualit&#233; de la soir&#233;e e&#251;t exig&#233; un prompt renfort des plus m&#233;lomanes de mes lecteurs (s'ils existent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concert parisien des Walking Papers ayant semble t'il &#233;t&#233; rapidement organis&#233; du fait d'un creux dans leur agenda, c'est une premi&#232;re partie d&#233;got&#233;e en urgence, Devil Named Jones, qui ouvre le bal avec un aimable rock n' roll. Rapidement, on ne peut que constater le manque d'&#233;paisseur du truc, si plaisant soit-il. J'en viens m&#234;me &#224; me demander si ces gentils gar&#231;ons soigneusement mal coiff&#233;s (ou chauve) ne seraient pas en train d'inventer sous mes yeux le &#171; blues blanc hipster &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ensuivent quelques bi&#232;res, un peu de conversation autour du fort modeste stand de merchandising (quelques emplettes aussi, naturellement), pendant qu'est install&#233;, par un seul roadie - preuve de la modestie de l'ensemble - le mat&#233;riel des h&#233;ros de la soir&#233;e. Le terme &#171; h&#233;ros &#187; n'est pas galvaud&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s leur entr&#233;e en sc&#232;ne, le son est clair, massif sans &#234;tre assourdissant, et la musique impressionnante de souffle et de densit&#233;. Le batteur Barrett Martin a une frappe de mule, mais assure, divinement assist&#233; dans cette t&#226;che par les lignes de basse de Mc Kagan, un groove f&#233;lin proprement irr&#233;sistible (&#171; &lt;i&gt;The Whole World's Watching&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Capital T&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Your Secret's Safe With Me&lt;/i&gt; &#187;&#8230;). Sur ce remarquable terrain de jeux, tourbillonnent les claviers de Benjamin Anderson et la guitare pr&#233;cise et sobre du chanteur Jeff Angell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce groupe de v&#233;t&#233;rans nous offre en r&#233;alit&#233; quelque chose d'essentiel et rare, un m&#233;lange de ma&#238;trise et d'urgence. Du rock n' roll en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus d'&#234;tre compos&#233; de vedettes et de musiciens confirm&#233;s, le groupe trouve un atout majeur dans l'allant incroyable de son leader, Jeff Angel. Il faut l'avoir vu descendre parmi les spectateurs avec pour seule arme son micro et la qualit&#233; incroyable d'une chanson, ou encore imposer naturellement un silence presque total aux moments les plus apais&#233;s du concert. Sa voix rauque jamais ne faiblit, son jeu de guitare reste fluide, dans l'&#233;nergie comme la douceur, quant &#224; sa gestuelle, toujours &#233;l&#233;gante, entre petits pas de danse et mouvements de micro, elle &#233;voque un romantique qui aurait le sens de l'humour. Avoir la gr&#226;ce, &#234;tre aussi a&#233;rien, quoi de plus normal quand on s'appelle Angell (avec deux &#171; L &#187; de surcro&#238;t).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concert &#233;videmment trop court, d&#233;clenche l'enthousiasme de la foule, pour les titres de l'album, comme pour les nouveaut&#233;s qui laissent augurer d'un disque &#224; suivre particuli&#232;rement enlev&#233;. Jeff Angell rappelle, avant de conclure, la joie qu'ils ressentent invariablement de se produire &#224; Paris (trois fois en &#224; peine un an) et propose de se retrouver pour des d&#233;dicaces et conversations &#224; l'issue du set.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que je me retrouve ensuite &#224; &#233;changer quelques mots avec lui. Avec la sobri&#233;t&#233; de fan qui me caract&#233;rise, je lui d&#233;clare tout de go, en le remerciant : &#171; &lt;i&gt;thank you for keepin' this thing alive and us with it &lt;/i&gt; &#187;. Avec un grand sourire il me d&#233;clare qu'il ne croit pas qu'il y ait mieux &#224; faire de sa vie. Je bondis alors sur une citation qui s'impose : &#171; &lt;i&gt;But what can a poor boy do, Except to sing for a rock n roll band ?&lt;/i&gt; &#187; (The Rolling Stones in &#171; &lt;i&gt;Street Fighting Man&lt;/i&gt; &#187;). Avec un grand sourire, il acquiesce par un sonore et enjou&#233; &#171; &lt;i&gt;Amen !!!&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dis ensuite ma joie &#224; Barrett Martin de l'avoir enfin vu derri&#232;re sa batterie (vingt ans d'attente quand m&#234;me), puis me dirige vers un Duff Mc Kagan hilare, d&#233;dica&#231;ant tout ce qu'on lui tend. Il commence par me f&#233;liciter pour mon tee-shirt (Ghost), me pr&#233;cisant avoir le m&#234;me &#224; la maison. J'&#233;voque avec lui le caract&#232;re irr&#233;el de pouvoir deviser avec lui, il me sourit et signe mon disque (vinyl). Les moments miraculeux, ne jamais perdre la conscience de les vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, qu'est-ce qui fait encore courir Duff Mc Kagan ? Ce serait donc la bonne musique, la joie d'en faire et de la partager. Ce refus de l'embourgeoisement fait de sa vie une belle course contre la mort du rock. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>London Calling</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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&lt;p&gt;Il &#233;tait plus que temps de refaire un tour dans la capitale anglaise et l'occasion de rendre visite &#224; nos perfides voisins m'&#233;tait donn&#233;e par la venue l&#224;-bas d'au moins de deux de mes formations pr&#233;f&#233;r&#233;es, auxquelles s'&#233;tait ajout&#233; mon coup de c&#339;ur du moment (dans l'ordre narratif donc : Ghost et Alice In Chains, avec Walking Papers en plus). Si l'on y ajoute la joie de passer un peu de temps avec de vieux amis et le fait que, peut-&#234;tre, il ne pleuvrait pas, aucune h&#233;sitation n'&#233;tait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il &#233;tait plus que temps de refaire un tour dans la capitale anglaise et l'occasion de rendre visite &#224; nos perfides voisins m'&#233;tait donn&#233;e par la venue l&#224;-bas d'au moins de deux de mes formations pr&#233;f&#233;r&#233;es, auxquelles s'&#233;tait ajout&#233; mon coup de c&#339;ur du moment (dans l'ordre narratif donc : Ghost et Alice In Chains, avec Walking Papers en plus). Si l'on y ajoute la joie de passer un peu de temps avec de vieux amis et le fait que, peut-&#234;tre, il ne pleuvrait pas, aucune h&#233;sitation n'&#233;tait possible, j'ai pris les billets (de concert), ma femme a pris les billets (de train).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La veille du d&#233;part, &#224; v&#233;lo dans les rues parisiennes, je croisais, habill&#233; malgr&#233; la froidure d'un simple tee-shirt Hellfest, un jeune barbu que je saluais du signe du Diable, que ce dernier s'empressa de me retourner, sourire aux l&#232;vres. Le week-end &#224; venir se pr&#233;sentait donc sous les meilleurs auspices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En descendant de l'Eurostar, deux &#233;vidences nous frappent, m&#226;tin que cette ville est grande et humide. Si l'eau est source de vie, l'on ne peut que constater qu'&#224; Londres, &#231;a grouille justement, dans tous les sens et de partout. Cette cit&#233; qui s'&#233;tale sur des kilom&#232;tres et o&#249; rares semblent &#234;tre les buildings, est comme envahie d'une arm&#233;e de petites mains venues du monde entier pour produire et vendre. Cette &#233;nergie fait envie, mais peut faire un peu peur, appr&#233;hension sans doute partag&#233;e par les autorit&#233;s puisque l'on est film&#233; tout le temps et partout&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alexandra Palace o&#249; se produisent nos artistes du jour &#233;tant au cul du monde (plus exactement au sommet du cul du monde), nous arrivons en retard et manquons le d&#233;but des Walking Papers. Leur seul album &#224; ce jour est le fruit d'une rencontre de fines lames du grunge et du hard rock des ann&#233;es 90 (de Duff Mc Kagan &#224; Mike Mc Ready, pour ceux qui connaissent). Ce disque nous donne &#224; nouveau &#224; &#233;couter, avec une clart&#233; de son et des compositions subtiles, ce rock n' roll que l'on aime tant et qui a berc&#233; notre jeunesse pas tr&#232;s folle. Un truc d'adultes en somme mais comme marqu&#233; d'une fi&#232;vre d&#233;sabus&#233;e (&#171; Love is blind baby, you can leave me in the dark &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, la salle de l'Alexandra Palace se pr&#234;te peu &#224; ce rock tout &#224; la fois &#233;nergique et intimiste, &#233;tant configur&#233;e comme un gigantesque hall de gare et souffrant d'une acoustique tr&#232;s approximative. Ainsi, les basses &#233;crasent tout, dans une ambiance un peu froide sans doute due &#224; la trop grande hauteur de plafond. A revoir dans des conditions ad hoc, et pourvu que cela se produise sous peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On profite de la pause pour d&#233;couvrir un peu plus les lieux, qui ne manquent ind&#233;niablement pas de charme. Ledit Palace est une b&#226;tisse victorienne imposante, juch&#233;e sur les hauteurs de Londres, et ayant connu de multiples usages au cours de son histoire (et m&#234;me un incendie). Le m&#234;me interm&#232;de nous permet &#233;galement d'investir en tee-shirts pour toute la famille, car oui, toute la famille ou presque est pr&#233;sente. Rien ne pouvait en effet plus r&#233;jouir mes deux a&#238;n&#233;s que d'assister &#224; un concert de leur groupe de chevet, Ghost.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concert du soir permettra de v&#233;rifier que Ghost est appel&#233; &#224; r&#233;gner et cela ne devrait pas s'arr&#234;ter de sit&#244;t. On pourrait toujours arguer de ce que leur musique emprunte trop pour &#234;tre originale, mais qu'importe, quel allant et quel enchantement des sens. On a arbor&#233; des sourires de gourmet tout du long, go&#251;tant avec d&#233;lices ce plat aux parfums parfois connus, mais qui &#233;chappe ici &#224; tout affadissement. Que voulez vous, de tous temps, Satan a toujours &#233;t&#233; fort s&#233;duisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos su&#233;dois satanistes de pacotille sont toujours impeccables dans l'ex&#233;cution de leur heavy metal aux accents pop, m&#234;me si ce concert dans le r&#244;le de chauffeurs de salle impliquait un raccourcissement de leur set et les privait de leur d&#233;corum habituel. En tout cas, id&#233;alement plac&#233;s, les enfants sont dans la joie et nos c&#339;urs des parents, comme nos oreilles de m&#233;lomanes, sont &#224; la f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pause suivante nous permet de nous r&#233;galer ensuite m&#234;me l'estomac, c'est fou ce que les anglais sont pr&#233;voyants, offrant aux spectateurs de la salle tout un panel de choix alimentaires. Nous optons pour un burger &#171; organic &#187; qui s'av&#233;rera d'excellente facture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que ne reprenne le spectacle, alors que j'accompagne le plus petit de mes deux fils pr&#233;sent, un jeune gar&#231;on m'aborde avec un immense sourire et me dit : &#171; I wish I had a dad like you &#187;. Autant l'avouer, &#231;a m'a fait plaisir. Cela &#233;tant, il est vrai que nos enfants &#233;taient sans doute les repr&#233;sentants uniques de leur classe d'&#226;ge dans la salle, alors que ce n'est pas si rare d'en croiser dans les concerts fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que d&#232;s l'achat du billet, on m'indiquait que les &#171; mineurs de moins de treize ans n'&#233;taient pas autoris&#233;s &#224; assister &#224; cet &#233;v&#232;nement &#187;. Apr&#232;s v&#233;rification directement aupr&#232;s de la salle, il m'avait &#233;t&#233; indiqu&#233; que ce n'&#233;tait pas le cas, qu'ils devaient simplement &#234;tre accompagn&#233;s d'un adulte de plus de vingt et un ans, &#226;ge largement d&#233;pass&#233; par votre serviteur, h&#233;las. A partir de l'arriv&#233;e de la t&#234;te d'affiche, les lieux s'&#233;tant singuli&#232;rement remplis, nous avons cherch&#233; un endroit d'o&#249; ils puissent voir, la salle ne comptant pas de places assises. Apr&#232;s s'&#234;tre vu refuser la possibilit&#233; de les asseoir au coin de l'immense bar au fond de la salle, et alors qu'ils &#233;taient rest&#233;s devant ledit d&#233;bit de boissons (qui &#233;tait l&#233;g&#232;rement sur&#233;lev&#233; par rapport au sol), je me suis vu aborder par trois gus de la s&#233;curit&#233;, l'un d'entre eux me d&#233;clarant que mes fils ne pouvaient rester l&#224; (devant le bar). Un peu &#233;chauff&#233;, je lui demande pourquoi et en quoi cela peut m&#234;me le d&#233;ranger, ce dernier me r&#233;torque par un lapidaire &#171; it's the law &#187;. Je r&#233;ponds alors s&#232;chement &#224; ce chien courant du capitalisme en ces termes choisis : &#171; it's not the law, it's just fuckin' business &#187;, son initiative intempestive ne me semblant motiv&#233;e que par la crainte d'une diminution de la consommation alcoolique par les spectateurs, ce qui rel&#232;ve d'une gigantesque farce lorsque l'on voit la taille immense du bar (dans une salle qui en compte plusieurs autres) et la capacit&#233; de consommations de bi&#232;re des anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;alise ensuite que la salle compte en r&#233;alit&#233; pr&#232;s d'un vigile pour trois spectateurs (j'exag&#232;re &#224; peine), et que ces gens me semblent surtout l&#224; pour faciliter le commerce et &#233;viter les ennuis avec les assureurs, car de d&#233;bordements, je n'ai point vu. Un peu triste et effrayant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chass&#233;s de partout ou presque, nous trouvons finalement refuge sur les c&#244;t&#233;s, mais en ne se d&#233;parant d'une joie compr&#233;hensible face &#224; un groupe aussi affut&#233;. On croit avoir entendu tout cela mille fois, mais voil&#224;, d&#232;s les premi&#232;res mesures, on r&#233;alise une fois de plus &#224; quel point la musique de ce groupe est fondamentale et riche. C'est magnifique et la &#171; loi &#187; ne g&#226;chera pas mon plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe fouille en tous sens dans sa discographie (&#171; Them Bones &#187;, &#171; Man in the Box &#187;, &#171; Check my Brain &#187;, &#171; Hollow &#187;&#8230;) et restitue avec une puissance et une acuit&#233; extraordinaires l'impressionnante qualit&#233; de sa production musicale. Une fois encore, seul un son toujours m&#233;diocre (mais beaucoup plus fort) nous g&#226;che un peu l'enthousiasme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vieillir c'est quand m&#234;me - un peu - se r&#233;signer, du coup, attendris par l'&#233;puisement bien l&#233;gitime des enfants, nous mettons fin &#224; nos ardeurs m&#233;lomanes et quittons la salle avant l'issue du concert, se promettant mentalement avec Alice In Chains une revoyure parisienne ou sur les pelouses de Clisson (tout aussi humides que celles de Londres). Il est vrai que nos p&#233;nates londoniennes sont lointaines et ce d'autant que, pris dans une conversation avec des fran&#231;ais ayant conserv&#233; leur bracelet Hellfest, nous prendrons d'abord le bus du retour dans l'autre sens&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours en direction de nos lits, dans le m&#233;tro bond&#233;, je v&#233;rifie une fois de plus que l'anglais aime boire et que beaucoup sont ivres dans un bel &#233;lan d'unit&#233; nationale qui fait fi des classes sociales. Pour finir sur cette tendance &#224; boire plus que de raison, en sortant du &#171; tube &#187;, je tomberai sur une jeune fille se soulageant la vessie accroupie sur le trottoir, avec une dignit&#233; de grue cendr&#233;e. Dr&#244;le de pays quand m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S. Au retour vers Paris, en ce 11 novembre 2013, deux minutes de silence nous ont &#233;t&#233; demand&#233;es par le staff de l'Eurostar, au sortir du tunnel, en souvenir de tous ceux cruellement tomb&#233;s pour d&#233;fendre leur pays. Beau moment de gravit&#233; et de m&#233;moire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Hellfest - 21, 22 et 23 juin 2013</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/This-is-our-life-this-is-our-song</link>
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		<dc:date>2013-06-28T08:16:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>

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&lt;p&gt;This is our life, this is our song &lt;br class='autobr' /&gt; Lors de mon premier Hellfest en 2009, apr&#232;s quelques minutes sur place, mon premier investissement se porta dans l'achat &#224; bas prix d'une casquette kaki, accessoire &#224; m&#234;me de me permettre d'&#233;viter une insolation. Force est de constater que ces derni&#232;res ann&#233;es, c'est plut&#244;t le v&#234;tement de pluie qui s'est r&#233;v&#233;l&#233; le bien indispensable &#224; poss&#233;der sur les pelouses de Clisson, invariablement transform&#233;es en champs de gadoue par les averses diluviennes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Musique-" rel="directory"&gt;Musique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.soundsmag.org/+-francais,2-+" rel="tag"&gt;francais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.soundsmag.org/+-Musique,9-+" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton345-15883.jpg?1629086579' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;This is our life, this is our song&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lors de mon premier Hellfest en 2009, apr&#232;s quelques minutes sur place, mon premier investissement se porta dans l'achat &#224; bas prix d'une casquette kaki, accessoire &#224; m&#234;me de me permettre d'&#233;viter une insolation. Force est de constater que ces derni&#232;res ann&#233;es, c'est plut&#244;t le v&#234;tement de pluie qui s'est r&#233;v&#233;l&#233; le bien indispensable &#224; poss&#233;der sur les pelouses de Clisson, invariablement transform&#233;es en champs de gadoue par les averses diluviennes s'abattant sur le site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, le cru 2013 promettait &#233;galement et une fois encore d'&#234;tre particuli&#232;rement humide (un peu comme toute l'ann&#233;e en fait !). Mais les h&#233;ros ne renoncent jamais et ils ont eu raison, la situation m&#233;t&#233;orologique fut loin d'&#234;tre catastrophique, et n'a frein&#233; que notre heure de d&#233;part pour le site, et encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier jour &#233;tant certainement le plus l&#233;ger en termes de programmation susceptible de nous plaire, nous optons pour un d&#233;part vers le site en d&#233;but d'apr&#232;s-midi, au son du &#171; &lt;i&gt;Balls to the Wall &lt;/i&gt; &#187; d'Accept, chanson impayable s'il en est. En plus, il fait m&#234;me beau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'opte tout de suite pour un peu de shopping estampill&#233; &#171; Hellfest &#187;, en &#233;coutant distraitement Europe en fond sonore sur la Mainstage. Leur musique est sympathique et riche de souvenirs (&#171; &lt;i&gt;The Final Countdown&lt;/i&gt; &#187;&#8230;), mais ce n'est quand m&#234;me pas compl&#232;tement ma tasse de th&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choses s&#233;rieuses commencent avec les v&#233;t&#233;rans du thrash, Testament. Si leur set est nettement plus consistant, l'on ne peut que d&#233;plorer un son quelque peu tourbillonnant, qui nuit un peu &#224; l'impact de leur musique. Cet al&#233;a climatique &#8211; encore un - n'emp&#234;chera pas notre &#233;chine de conna&#238;tre ses premiers frissons du s&#233;jour &#224; l'&#233;coute de la lumineuse guitare d'Alex Skolnick. Une tr&#232;s belle mise en jambes, la f&#234;te commence et elle va se poursuivre dans un tout autre style avec le glam rock de nos h&#233;ros de l'&#233;dition 2010, Twisted Sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe va &#233;videmment se r&#233;v&#233;ler magistral, comme toujours, &#224; m&#234;me de botter l'arri&#232;re train de nombre de groupes &#224; la fois plus jeunes et plus beaux. Twisted &#171; fuckin' &#187; Sister vit certes sur ses acquis, n'ayant rien sorti de digne depuis 1985, mais au regard de la qualit&#233; de leurs compositions et de la fra&#238;cheur intacte du groupe, on est encore loin du naufrage. Un public conquis entame, avec une gigantesque bonne humeur, les hymnes que sont &#171; &lt;i&gt;We're Not Gonna Take It&lt;/i&gt; &#187; et autre &#171; &lt;i&gt;I Wanna Rock&lt;/i&gt; &#187;. Leur concert est d'autant plus joyeux que notre participation est sollicit&#233;e &#224; tous moments, faisant du moment une belle c&#233;l&#233;bration collective. Un petit regret peut-&#234;tre, si notamment Dee Snyder (chant) et Jay-Jay French (guitare) restent particuli&#232;rement affut&#233;s dans les t&#226;ches qui leurs sont d&#233;volues, le groupe semble quand m&#234;me un peu moins en place musicalement parlant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce moment l&#224; de l'histoire, c'est fait, nous sommes tout &#224; notre plaisir d'&#234;tre l&#224;, sous le soleil exactement. Et ce n'est qu'un d&#233;but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;ger retour en arri&#232;re, en 1984, j'ai treize ans et je fais un voyage scolaire avec ma classe en direction des volcans d'Auvergne. Ce voyage loin du cocon familial fut berc&#233; dans nos walkmans par &#171; &lt;i&gt;Blackout&lt;/i&gt; &#187; de Scorpions et &#171; &lt;i&gt;Pyromania&lt;/i&gt; &#187; de Def Leppard. De ce dernier disque, je garde un souvenir &#233;mu et notamment du morceau &#171; &lt;i&gt;Too Late For Love&lt;/i&gt; &#187;. Un vieil ami et n&#233;anmoins Confr&#232;re va ici donner un &#233;clat tout particulier &#224; ce souvenir, puisqu'il va me fournir un s&#233;same me permettant de rejoindre Def Leppard dans leurs loges, avant le spectacle. Encore mieux qu'un pass VIP, carr&#233;ment un pass estampill&#233; &#171; Artistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce petit bracelet rouge brillant, je vais l'attendre tremblant sans bouger, subissant le set de Kreator puis tentant vainement d'appr&#233;cier le concert de Whitesnake. Ces derniers, men&#233;s par un David Coverdale ressemblant de plus en plus &#224; une vieille cannoise, g&#226;chent quand m&#234;me consid&#233;rablement leur talent en se cantonnant &#224; un bon gros rock calibr&#233; radio am&#233;ricaine. Cela est certes parfois plaisant avec ce joli soleil couchant. Tout le monde chante &#171; &lt;i&gt;Is This Love That I'm Feelin&lt;/i&gt; &#187;, le sourire aux l&#232;vres, mais lorsque surgissent les invariables et p&#233;nibles solos, je d&#233;cide qu'il est raisonnable de fuir me sustenter un peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je retrouve mon camarade pistonn&#233;, passe le premier sas de contr&#244;le qui m'am&#232;ne tout droit dans le carr&#233; VIP, longtemps r&#234;v&#233; mais jamais fr&#233;quent&#233;. Je n'en profiterai m&#234;me pas, passant tout de suite au stade sup&#233;rieur, atteignant, apr&#232;s pas moins de deux autres contr&#244;les, les loges des artistes. S'il vous pla&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet instant, le cerveau en &#233;bullition, surtout se rendre compte que l'on vit un moment extraordinaire et n'en pas perdre une seule miette. Pour les n&#233;ophytes, pr&#233;cisons tout de suite que Def Leppard est un groupe anglais n&#233; en 1978 qui a vendu la bagatelle de 65 millions d'albums dans le monde. Les loges contiennent ce soir trois invit&#233;s, un ami de leur coach physique, boxeur de son &#233;tat, Eric et moi. Et puis c'est tout. Je croiserai ensuite Ben Barbaud, le grand Manitou du Hellfest, venu se faire tirer le portrait avec le groupe en compagnie de son petit gar&#231;on et David Coverdale, se fendant d'une visite de courtoisie &#224; ses compatriotes (&#171; Is there any Leppard here ? &#187;). Plus privil&#233;gi&#233; que moi &#224; cette seconde pr&#233;cise me semble difficile.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_318 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L480xH320/Seb_et_Phil_Collen-c2096.jpg?1598230980' width='480' height='320' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je suis au c&#339;ur de la machine et mis compl&#232;tement &#224; l'aise par des types parfaitement charmants (mention toute particuli&#232;re au guitariste Phil Collen qui est devenu mon meilleur ami je pense). Je me sens comme accueilli par les Dieux de l'Olympe d'une mani&#232;re tellement spontan&#233;e et naturelle, on bavarde, de nos enfants, du yoga (Collen pr&#233;f&#233;rant les halt&#232;res, on n'est d'ailleurs pas tout &#224; fait taill&#233;s de la m&#234;me mani&#232;re), je raconte mon voyage en Auvergne narr&#233; un peu plus haut. Je me suis m&#234;me permis de piquer une banane dans leur saladier de fruits frais (je n'ai en revanche vu ni drogue, ni groupies). Surtout, ne pas pleurer, ni s'&#233;vanouir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, toutes les cinq minutes, on nous annonce le d&#233;compte avant la mont&#233;e sur sc&#232;ne. Quand r&#233;sonne le &#171; show in five minutes &#187;, le Tour-manager nous emm&#232;ne, je grimpe l'escalier et tout &#224; coup, plac&#233; sur le c&#244;t&#233; de la Mainstage, avec les techniciens, je vois la foule immense qui s'impatiente au son des Who diffus&#233; par la sono. Derri&#232;re moi, Def Leppard arrive, se pr&#233;pare, Phil Collen me fait un salut pouce lev&#233; et, guitare au poing saute sur la sc&#232;ne. Pincez-moi vous dis-je.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques chansons, on se d&#233;cide d'aller regarder le concert dans la foule, on verra de plus loin, mais en plan large. Autour de moi, tous ont les yeux qui brillent, mais moi sans doute un peu plus. Le concert me convainc certes, une fois encore, de ce que ce groupe est un petit peu trop lisse pour mes oreille, mais cela n'&#244;te aucune magie au moment, que je ch&#233;rirai jusqu'&#224; la tombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'est &#233;videmment pas repartis sans se dire au revoir. De retour backstage, on reprend position dans les canap&#233;s, regardant le groupe r&#233;cup&#233;rer physiquement (avec plus ou moins de fra&#238;cheur, le batteur a quand m&#234;me jou&#233; tout le show avec un masque &#224; oxyg&#232;ne). Au moment de partir, alors que je lui tendais la main, Phil Collen m'a spontan&#233;ment serr&#233; dans ses bras, puis m'a d&#233;dicac&#233; la set-list. Moi qui trouvais cette premi&#232;re journ&#233;e un peu plate&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, on amorce la journ&#233;e sous la Valley par un retour aux fondamentaux inscrits dans le marbre sous le r&#232;gne de Black Sabbath avec le doom de Witchcraft. C'est lourd, gras et sinueux, avec de chouettes mont&#233;es en rythme. On oublie le froid et la pluie pour monter dans la barque psych&#233;d&#233;lique. Finalement, apr&#232;s quelques morceaux et, comme hier &#224; la m&#234;me heure, dehors &#171; &#231;a se l&#232;ve &#187; (expression bretonne g&#233;n&#233;ralement pr&#233;c&#233;d&#233;e par &#171; &#231;a va se lever &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poursuivant dans le rock n' roll, nous retrouvons Down sur la Mainstage. Nous ne quitterons d'ailleurs plus Phil Anselmo (chant) du week-end, on le verra &#224; peu pr&#232;s partout, sur les c&#244;t&#233;s de la sc&#232;ne, et m&#234;me rejoignant nombre de ses idoles pour chanter avec eux. C'est la troisi&#232;me fois que nous voyons Down au Hellfest et force est de constater que leur leader est d&#233;bordant d'une &#233;nergie positive qu'il insuffle &#224; tout le festival (qui n'en manque pourtant pas). Vedette rest&#233;e fan, nous nous reconnaissons en lui et dans son souci du partage enthousiaste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incroyable concert, comme d'habitude, avec des morceaux comme l'incontournable &#171; &lt;i&gt;Lifer&lt;/i&gt; &#187; qui commence par un riff monstrueusement groovy pour finir en un monument heavy sur lequel toutes nos t&#234;tes viennent se fracasser en cadence. Nous sommes donc tout &#224; la joie de les revoir le lendemain, pour un set sp&#233;cial, g&#233;n&#233;reusement improvis&#233; pour pallier &#224; la brusque d&#233;fection de Clutch, contraints d'annuler du fait de la disparition du p&#232;re du chanteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue du concert, Jason Newsted (ex Metallica) prend la basse sur le titre &#171; &lt;i&gt;Bury Me In Smoke&lt;/i&gt; &#187;. Ce musicien a d&#233;finitivement quitt&#233; la plus grosse machine du milieu (Metallica donc) pour revenir avec ferveur et sinc&#233;rit&#233; parmi nous, les idol&#226;tres du genre et ceux qui le font vivre plus modestement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une courte pause &#224; base de cr&#234;pes et de Breizh Cola, et on int&#232;gre le set d&#233;j&#224; en cours de Karma To Burn. Ce dernier Hellfest a connu moult annulations (Masters Of Reality, Clutch&#8230;) et bouleversements de plannings, et voil&#224; maintenant que le c&#233;l&#232;bre trio de stoner instrumental est reconfigur&#233; en duo, le bassiste manquant &#224; l'appel. Le plus impressionnant est que le son semble toujours aussi massif et la prestation n'est pas moins honorable. Le public pr&#233;sent en masse, comme gagn&#233; par l'imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; d'&#233;pauler les musiciens dans une telle configuration, soutient ardemment le duo qui nous livre finalement un des meilleurs concerts que j'ai pu voir de ce groupe. Comme nous le d&#233;clarera le guitariste, &#171; you put a big smile on my face today &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interlude shopping (c'est vrai quoi, non mais enfin). A cette occasion, alors que j'attendais devant une &#233;choppe de v&#234;tements avec un body estampill&#233; Kiss pour mon dernier n&#233;, une jeune femme m'abordera en ces termes : &#171; je peux te passer devant ? J'ai des gros seins &#187;. Et bien, cela en &#233;tonnera peut-&#234;tre, mais l'argument m'a paru insuffisant et j'ai obstin&#233;ment conserv&#233; ma place dans la file d'attente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sac &#224; dos un peu plus lourd - on a fait des folies &#224; l'Extr&#234;me Market &#8211; on retourne sous la Valley pour retrouver des habitu&#233;s de nos sorties musicales, le groupe Red Fang. Il faut dire qu'il s'agit l&#224; sans doute du groupe le plus festif du moment. Tr&#232;s affut&#233; par ses tourn&#233;es incessantes, visiblement dans une forme olympique, le groupe retrouve joyeusement une foule qui ne demande que &#231;a. H&#233;las, c'est la r&#232;gle ici-bas, &#224; peine une heure de set et &#171; time to kiss your ass good bye &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ma vie de m&#233;lomane, je ne suis pas pass&#233; loin de ZZ Top (&#171; &lt;i&gt;Legs&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Gimme All Your Lovin' &lt;/i&gt; &#187;&#8230;), mais je suis sans doute surtout pass&#233; &#224; c&#244;t&#233;. L'occasion m'&#233;tait donn&#233;e ici de les voir en vrai, cela ne se refuse pas. Avec l'ouverture d'esprit qui caract&#233;rise ce festival, leur pr&#233;sence ne d&#233;tonne pas. Le trajet, habituellement fluide vers la Mainstage, s'av&#232;re malais&#233; du fait d'une foule compacte, bien plus importante en ce samedi soir. Avec ce groupe, le Hellfest a visiblement fait venir du monde. Autour de nous, les festivaliers go&#251;tent les joies du blues blanc en sirotant paisiblement une bi&#232;re. Alors que Jimi Hendrix fait l'objet d'une reprise (&#171; &lt;i&gt;Foxy Lady&lt;/i&gt; &#187;), bien install&#233;s dans l'immuable au milieu des vignes, on profite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, visiblement ce genre de t&#234;te d'affiche draine une population plus tr&#232;s fra&#238;che et lourdement alcoolis&#233;e. Leurs &#233;lucubrations me fatiguent un peu, et ce d'autant plus que des danseuses peu couvertes install&#233;es au-dessus du bar r&#233;veillent encore un peu plus leurs ardeurs bruyantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une revigorante cr&#234;pe chez Tiphanie (&#171; &lt;i&gt;Pancakes at Tiffany's&lt;/i&gt; &#187;), nous voil&#224; &#224; nouveau assis pour attendre Kiss au plus pr&#232;s possible. Cela nous astreint malheureusement &#224; supporter les vocif&#233;rations des pr&#233; pub&#232;res Bullet For My Valentine. Sans doute ce que l'on peut faire de pire dans le genre, poseurs, faux rebelles et absence totale de compositions dignes de ce nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kiss, groupe sans qui, pour moi, rien de tout cela n'aurait &#233;t&#233; possible. Je suis certainement peu objectif s'agissant d'eux, mais je suis quand m&#234;me toujours tenaill&#233;, avant leurs concerts, d'une l&#233;g&#232;re angoisse pr&#233;alable : me d&#233;cevront-ils ? Il n'en fut rien, le groupe a &#233;t&#233; imp&#233;rial, totalement ma&#238;tre de son art, se d&#233;fiant du temps comme de la m&#233;t&#233;o. Les vieux, tout en se m&#233;nageant (surtout Paul dont la voix est d&#233;finitivement fragilis&#233;e par les ravages de l'&#226;ge) arrivent, assist&#233;s de leurs plus jeunes recrues (Eric Singer &#8211; batterie &#8211; et Tommy Thayer &#8211; guitare) &#224; donner un spectacle tout simplement exceptionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ne sont plus si nombreux ceux qui sont &#224; m&#234;me de produire un show pareil, ma&#238;trisant les instruments comme la sc&#233;nographie, avec un vrai amour de leur public, qui &#233;videmment, le leur rend bien. Pendant le concert, je surveillais le plus jeune d'entre nous du coin de l'&#339;il, il avait le regard &#233;merveill&#233; d'un gar&#231;on de huit ans devant un sapin de No&#235;l. Je n'ai eu finalement qu'un seul regret, que le groupe n'ait pas fait une date parisienne, l'absence de mes enfants s'&#233;tant faite cruellement sentir pendant un spectacle qu'ils auraient ador&#233; et que j'aurais aim&#233; partager avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce samedi a constitu&#233; une journ&#233;e de Hellfest parfaite, avec presque toutes les couleurs du heavy metal et pratiquement pas de pluie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimanche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie passe vite, et quand elle est r&#234;v&#233;e, on sent m&#234;me comme une acc&#233;l&#233;ration suppl&#233;mentaire. D&#233;j&#224; le dernier jour. On commence par un habitu&#233; de nos platines comme des lieux, le trio canadien Danko Jones. On ne risque pas d'&#234;tre d&#233;&#231;u, le leader du m&#234;me nom est un showman n&#233;, aux titres pour le moins efficaces (&#171; &lt;i&gt;Legs&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;First Date&lt;/i&gt; &#187;&#8230;). Il fait humide, nos organismes sont un peu douloureux de la fatigue accumul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danko Jones, un peu comme Phil Anselmo, est un fan du genre devenu, &#224; la force du poignet, un membre important de la sc&#232;ne musicale qu'il ch&#233;rit. Il appara&#238;t comme un passeur qui ne manque jamais de faire r&#233;f&#233;rence aux artistes qu'il ch&#233;rit, de Johnny Cash &#224; Dimebag Darrell en passant par Ronnie James Dio (ou James Brown !). Cette d&#233;marche est invariablement touchante et on la partage volontiers. Toutefois, il faudrait qu'il muscle un peu ses prestations, surtout lorsqu'elles sont jou&#233;es en ext&#233;rieur. L'apport d'un deuxi&#232;me guitariste &#233;paissirait ainsi certainement le son et une &#233;volution de ses compositions semble aujourd'hui s'imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, nous sommes au Hellfest, donc au Paradis, et comme il le chante si bien, &#171; everybody is sexy in heaven &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous faisons ensuite une courte tentative chez les Spiritual Beggars, sous la Valley, groupe qui, &#224; leurs d&#233;buts recyclaient agr&#233;ablement le d&#233;but des 70's pour maintenant adopter semble t'il le pire de la fin de la m&#234;me p&#233;riode. Nous fuyons pour nous replier sur le black metal d'Ihsahn beaucoup plus int&#233;ressant et autrement plus enthousiasmant. Et surtout d&#233;licieusement sinistre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour en ext&#233;rieur pour &#233;couter Newsted le groupe de... Jason Newsted, ancien bassiste de Metallica. C'est lorsque cela devient sauvage qu'il est au niveau, preuve de sa cruelle sous utilisation lorsque Metallica a progressivement mis beaucoup d'eau dans son trash des origines. Je n'aimais d'ailleurs rien tant que l'entendre chanter sur des titres comme &#171; &lt;i&gt;Creeping Death&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;Seek and Destroy &lt;/i&gt; &#187;. Il nous fera d'ailleurs grandement plaisir en terminant son set par le brutal &#171; Whiplash &#187; de Metallica.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de ses propres efforts actuels, il est clair &#224; l'&#233;coute du concert qu'il ne renouvellera pas le genre, mais le plaisir qu'il ressent est communicatif. Je ne suis toutefois pas certain qu'il dusse uniquement compter sur lui pour &#233;crire des chansons. Chic type, mais pas forc&#233;ment un leader.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voivod, groupe qu&#233;b&#233;cois avec lesquels Jason Newsted a &#233;galement jou&#233; sur trois albums, lui succ&#232;de sur la Mainstage et force est de constater que c'est infiniment plus consistant. Ce groupe joue une musique qui n'appartient qu'&#224; lui, &#226;pre mais teint&#233;e d'une noirceur m&#233;lancolique, ne c&#233;dant jamais au confort, semblant nous pr&#233;parer &#224; l'av&#232;nement d'un monde froid et m&#233;canique. Un peu comme du Mot&#246;rhead jou&#233; dans une station orbitale. Vive le Qu&#233;bec m&#233;tallique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_317 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L480xH360/Voivod_and_Anselmo-2302f.jpg?1598230980' width='480' height='360' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Hellfest, on est ravis de faire partie de ce trip. Est-ce que vous avez du bon temps ? &#187; nous demandera tout sourire le chanteur Snake avec un accent montr&#233;alais &#224; couper au couteau. Ind&#233;niablement, et ce n'est pas Phil Anselmo extatique sur le bord de la sc&#232;ne qui nous dirait le contraire (vite rejoint par Jason Newsted). Il ne tardera d'ailleurs pas &#224; &#234;tre invit&#233; &#224; chanter avec eux leur c&#233;l&#232;bre reprise de Pink Floyd, &#171; &lt;i&gt;Astronomy Domine &lt;/i&gt; &#187;. Si l'on m'avait dit que j'entendrais un jour le leader de feu Pantera et de Down chanter du Pink Floyd ! En tout cas, le moment est exceptionnel, j'en frissonne encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jason Newsted investira &#233;galement la sc&#232;ne pour jouer avec Voivod (&#171; on a quelqu'un de la famille ! &#187;), parachevant un merveilleux concert, musicalement comme &#233;motionnellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s de telles festivit&#233;s nous enquillons directement avec les fran&#231;ais de Gojira. A peine le set entam&#233;, une jeune fille juch&#233;e sur les &#233;paules d'un quidam leur montre ses seins. Sur du death metal ?! Passons. Ce groupe a la puissance de feu des meilleurs artistes du genre. Leur intensit&#233; sid&#232;re proprement. L'espace devant eux est envahi par une foule galvanis&#233;e. Demain est &#224; eux mais ils tiennent d&#233;j&#224; aujourd'hui dans leurs mains. Et puis comme le rappelle Joseph Duplantier, dans la fosse, comme sur la sc&#232;ne, &#171; nous sommes tous des sales gosses &#187; et c'est ce qui nous rassemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je quitte toutefois cette atmosph&#232;re de jeunes (nichons, braveheart et wall of death g&#233;ants) pour retourner sous la tente pour le deuxi&#232;me set cons&#233;cutif de Down du week-end. Les rempla&#231;ants au pied lev&#233; de Clutch offrent &#224; des festivaliers qui n'en demandaient pas tant, un set de raret&#233;s. Down &#233;tant ce que l'on appelle commun&#233;ment un &#171; super groupe &#187; (donc constitu&#233; d'entit&#233;s &#233;manant de divers groupes relativement install&#233;s), le concert sera essentiellement fait de morceaux rarement jou&#233;s (&#171; &lt;i&gt;Rehab&lt;/i&gt; &#187;) mais &#233;galement de titres extraits du r&#233;pertoire de chacun des membres, avec l'irruption de quelques invit&#233;s (dont Jason Newsted !). C'est ainsi que nous entendrons du Eyehategod (chant&#233; par l'&#233;pouse de Phil Anselmo, qui a un sacr&#233; brin de voix), du Crowbar et pour ma joie totale, du Corrosion of Conformity (&#171; &lt;i&gt;Clean My Wounds&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Albatross&lt;/i&gt; &#187;). Ici, la joie ne se mesure plus, je tutoie les anges divins (et les s&#233;raphins).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concert se termine sur une courte reprise du &#171; &lt;i&gt;Walk&lt;/i&gt; &#187; de Pantera, au texte si essentiel &#224; une bonne hygi&#232;ne de vie. Toujours &#233;l&#233;gant, Phil Anselmo appelle la foule &#224; scander le nom de Clutch puis cl&#244;t, comme &#224; son habitude, les festivit&#233;s par le propos suivant &#171; and she's buying a stairway&#8230; to heaven &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous finissons cette exceptionnelle journ&#233;e avec Danzig. Vingt ans d'attente mais quand on aime qu'est-ce que vingt ans ? Le gar&#231;on - Glenn Danzig - a la r&#233;putation d'&#234;tre ombrageux et taciturne avec un ego passant difficilement les portes. &#192; notre grande surprise, c'est plein d'une &#233;nergie f&#233;roce qu'il entre en sc&#232;ne avec un groupe au diapason (Tommy Victor - Prong - &#224; la guitare particuli&#232;rement aff&#251;t&#233;e). L'attente valait la peine, et pour un spectacle pareil, on aurait m&#234;me pu attendre le double (mazette, quelle set-list : &#171; &lt;i&gt;Twist of Cain&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Her Black Wings&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Blood and Tears&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Dirty Black Summer&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Mother&lt;/i&gt; &#187; !!!).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une premi&#232;re partie du concert consacr&#233;e &#224; sa carri&#232;re solo, surgit Doyle, guitariste des Misfits. La sc&#232;ne &#233;tait peupl&#233;e d'hommes en noir, mais l&#224;, c'est &#224; un personnage autrement plus terrifiant que l'on a affaire : immense, torse nu musculeux, maquill&#233; de noir et blanc, avec une cr&#234;te pendouillant jusqu'au milieu de la figure. Frappant sur sa guitare, martelant le sol de ses pieds et gonflant d'immenses bulles de chewing-gum, on l'imagine tout droit sorti de la famille Adams ou d'un film de Tim Burton. Hilarant et terrifiant. Le r&#233;pertoire des Misfits, loin du blues sombre et violent de Danzig, est litt&#233;ralement punk, versant am&#233;ricain. Du coup, &#231;a s'agite beaucoup plus sous la tente, nous obligeant &#224; reculer un peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait dire ici un mot de Metallica, ce groupe devenu bien trop gros pour jouer au Hellfest. Que ce soit leur &#171; &lt;i&gt;Whiplash&lt;/i&gt; &#187; repris par Newsted ou les morceaux des Misfits qu'ils ont largement contribu&#233; &#224; populariser (&#171; &lt;i&gt;Last Caress&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Die, Die, my Darling &lt;/i&gt; &#187;), le groupe reste omnipr&#233;sent, m&#234;me si d'aucuns le d&#233;plorent en les voyant comme des traitres &#224; la cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sortant de la tente, &#224; la fois excit&#233;s par ce concert exceptionnel, mais litt&#233;ralement &#233;puis&#233;s, nous d&#233;cidons d'en rester l&#224;, abandonnant Ghost &#224; la nuit. Le groupe a en effet &#233;t&#233; d&#233;cal&#233; &#224; une heure du matin, donc deux heures plus tard. Le festival a &#233;t&#233; grandiose, nous avons encore &#233;t&#233; terriblement g&#226;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mot d'ambiance pour finir : on croise quand m&#234;me pas mal de gens quelque peu h&#233;b&#233;t&#233;s par le houblon (1664 !), souvent gentils certes, puisque s'ils vous bousculent malencontreusement, ils tiennent alors &#224; vous prendre dans leurs bras pour s'excuser, quand ils ne vous embrassent pas carr&#233;ment. Au regard de leur hygi&#232;ne, je d&#233;plore quand m&#234;me que ce genre d'incidents ne m'arrive jamais avec une jolie fille, m&#234;me ivre ou outrageusement attif&#233;e (car il y en a, et des chouettes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi, le TGV Nantes-Paris du retour est rempli de festivaliers, tout de noir v&#234;tus, mais un calme absolu r&#232;gne dans la rame. Les h&#233;ros sont fatigu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_319 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L312xH234/hellfest2-d54aa.jpg?1598230980' width='312' height='234' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
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		<title>Always look on the bright side of life</title>
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&lt;p&gt;En quittant la salle des r&#233;f&#233;r&#233;s du Conseil de prud'hommes parisien en ce 5 juin 2013, je croise un type en train de remplir une saisine de ladite juridiction, affubl&#233; d'un tee-shirt &#171; Maiden Turkey &#187;. Je constate qu'il parle effectivement la langue du pays d'Atat&#252;rk avec son enfant, mon sang ne alors fait qu'un tour et imm&#233;diatement l'aborde pour l'interroger sur son &#233;ventuelle pr&#233;sence &#224; Bercy pour la venue de nos glorieux anglais. Il entend effectivement en &#234;tre et nous voil&#224; partis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton344-ebb4b.jpg?1629052444' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En quittant la salle des r&#233;f&#233;r&#233;s du Conseil de prud'hommes parisien en ce 5 juin 2013, je croise un type en train de remplir une saisine de ladite juridiction, affubl&#233; d'un tee-shirt &#171; Maiden Turkey &#187;. Je constate qu'il parle effectivement la langue du pays d'Atat&#252;rk avec son enfant, mon sang ne alors fait qu'un tour et imm&#233;diatement l'aborde pour l'interroger sur son &#233;ventuelle pr&#233;sence &#224; Bercy pour la venue de nos glorieux anglais. Il entend effectivement en &#234;tre et nous voil&#224; partis dans une conversation sur le Hellfest, les concerts avec les enfants et les manifestations &#224; Istanbul. Nous sommes une grande et belle famille et Iron Maiden est notre religion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour ne rien te cacher fid&#232;le lecteur (si tu existes), il m'arrive m&#234;me de r&#234;ver d'Iron Maiden certaines nuits (de pleine lune probablement). Ainsi, l'autre jour, m'&#233;tait donn&#233;e en songe la possibilit&#233; incroyable de les rencontrer pour les interviewer. Les mots me viennent facilement, je leur parle ainsi de leur indiscutable professionnalisme qui se conjugue avec une aisance souriante sur sc&#232;ne, hommes libres qu'ils sont de par leur succ&#232;s et leur cr&#233;ativit&#233; intacte. A ces mots, Adrian Smith (guitare) se l&#232;ve et me remercie de mes propos comme &#233;tant une exacte expression de leur situation &#224; ce stade de leur carri&#232;re. Puis je me suis r&#233;veill&#233;, provisoirement tr&#232;s content de moi, pour r&#233;aliser que mon projet de la journ&#233;e consistait plut&#244;t en une tentative difficile de convaincre les magistrats rugueux d'un quelconque Conseil de prud'hommes de la grande couronne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire que je n'aurais pas d&#233;j&#224; &#233;crit sur un concert de la Vierge de Fer ? Sauf erreur, c'est au moins ma quatri&#232;me chronique sur le sujet et je ne peux pourtant &#234;tre qu'intarissable, malgr&#233; la r&#233;p&#233;tition. On pourrait tenter de le d&#233;crire en se pla&#231;ant &#224; hauteur d'enfant, d'ailleurs nombreux dans la salle, ou vu par des b&#233;otiens (j'en connais), sortis, comme tout le monde, extatiques, du concert. C'est la grand messe heavy metal par excellence, et cela reste un spectacle insurpassable. En emmenant femme et enfants, je fais presque &#339;uvre de transmission de ce qui me semble &#234;tre une forme parfaitement aboutie de bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe est entr&#233; depuis plusieurs ann&#233;es dans un rythme d'alternance de tourn&#233;es promotionnelles de nouveaux albums, suivies ensuite de concerts &#224; la gloire de leurs pr&#233;c&#233;dents efforts. Cela leur permet ainsi de d&#233;montrer leur capacit&#233; non &#233;teinte de composition et l'&#233;ternelle fra&#238;cheur de leurs morceaux pass&#233;s. Dans tous les cas de figure, le fan que je suis est content. Apr&#232;s la tourn&#233;e promotionnelle du merveilleux album &#171; The Final Frontier &#187; (2010) achev&#233;e en 2011, celle-ci se concentre cette fois sur l'album &#171; Seventh Son of a Seventh Son &#187; sorti en 1988. Ce disque, qui voyait le groupe d&#233;laisser un peu sa rugosit&#233; m&#233;tal/hard-rock pour un rock progressif de bon aloi, cl&#244;t sans doute la p&#233;riode cr&#233;ative la plus faste de Maiden (Adrian Smith quittera d'ailleurs le groupe juste apr&#232;s pour ne revenir qu'en 2000). L'id&#233;e d'entendre quelques unes de ses p&#233;pites ne pouvait donc que r&#233;jouir l'amateur lors de cette c&#233;l&#233;bration de la tourn&#233;e &#171; Maiden England &#187; de 1988.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que le concert a d&#233;but&#233; par un somptueux &#171; Moonchild &#187;, imm&#233;diatement suivi par le sautillant &#171; Can I Play with Madness &#187;, et qu'il nous fut notamment donn&#233; d'entendre plus tard la longue pi&#232;ce &#233;ponyme extraite dudit album. Le plaisir &#224; jouer ces titres rarement parfois rarement interpr&#233;t&#233;s sera &#233;videmment communicatif, le public ne cessant de s'enthousiasmer &#224; chaque note jou&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Se refusant &#224; la r&#233;p&#233;tition comme &#224; la morosit&#233;, le groupe s'est &#233;galement promen&#233; dans sa longue carri&#232;re au cours de cette set-list de r&#234;ve, dans le plus ancien (&#171; The Prisoner &#187;, &#171; Phantom of the Opera &#187;&#8230;), le moderne ou le presque contemporain. Ma joie fut ainsi sans pareille &#224; l'&#233;coute du bouleversant &#171; Afraid to Shoot Strangers &#187; et le d&#233;lire du public &#8211; continu tout au long de la soir&#233;e &#8211; atteignit une forme de paroxysme avec l'in&#233;vitable &#171; Fear of the Dark &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait long, et pas forc&#233;ment palpitant, de d&#233;crire les mille effets sc&#233;niques qui ont jalonn&#233; le concert, lui donnant sa pleine dimension de spectacle, accompagnant une musique pourtant d&#233;j&#224; riche d'images et d'&#233;vocations historiques ou fantasmatiques. En fait, un disque d'Iron Maiden suppl&#233;e largement les contes que l'on pourrait raconter aux enfants, ils se reconnaissent d'ailleurs volontiers dans cet univers d'adultes r&#234;veurs, n'oubliant pourtant jamais la gravit&#233; qui empreint parfois l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cette atmosph&#232;re incroyable que l'on ne voit pas filer deux heures de joie continue, quand tout &#224; coup, c'est termin&#233;. La lumi&#232;re se rallume et les enceintes retentissent alors du morceau des Monty Pythons qui donne son titre &#224; cette chronique, et tout le monde fredonne et sifflote cet air si joyeux. Je regarde autour de moi tous ces visages souriants, un petit gar&#231;on &#233;puis&#233; dans les bras, et je quitte finalement la salle de concert, plein d'un sentiment apais&#233; et d'une reconnaissance sans failles pour ce groupe et ses fans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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