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		<title>&#171; Magic in the Moonlight &#187; de Woody Allen</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;The Real Thing &lt;br class='autobr' /&gt; En entrant, on est imm&#233;diatement agress&#233; par l'odeur d'huile de friture de m&#234;me que par la musique diffus&#233;e dans le hall qui, de cet art, n'a que le nom. Sale, bruyant et cher, bienvenue dans le multiplexe Path&#233; Wepler (Place de Clichy). Aller au cin&#233;ma &#171; normal &#187; serait donc devenu une punition, on se demande comment les gens acceptent d'&#234;tre trait&#233;s ainsi. Non, le cin&#233;ma d'art et d'essai de quartier n'est pas un luxe, il est une &#233;vidente n&#233;cessit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet enfer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH94/arton378-05a7b.jpg?1629074507' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;The Real Thing&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En entrant, on est imm&#233;diatement agress&#233; par l'odeur d'huile de friture de m&#234;me que par la musique diffus&#233;e dans le hall qui, de cet art, n'a que le nom. Sale, bruyant et cher, bienvenue dans le multiplexe Path&#233; Wepler (Place de Clichy). Aller au cin&#233;ma &#171; normal &#187; serait donc devenu une punition, on se demande comment les gens acceptent d'&#234;tre trait&#233;s ainsi. Non, le cin&#233;ma d'art et d'essai de quartier n'est pas un luxe, il est une &#233;vidente n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet enfer contemporain nous a turlupin&#233;s jusqu'&#224; ce qu'enfin le film commence, ce qui prend un certain temps lorsqu'on en passe par pr&#232;s d'une demi-heure de publicit&#233; l&#233;nifiante et de bande-annonce de navets &#224; venir. Il faut reconna&#238;tre un m&#233;rite &#224; cette entr&#233;e en mati&#232;re, plus s&#233;duisante encore fut l'ouverture du film. Le Berlin des ann&#233;es 20, un spectacle de magie telle que la pratiquait Houdini, pour ensuite partir en Bugatti sur les routes d'une Provence magnifi&#233;e et enchanteresse (&#224; la photographie, une fois encore, Darius Khondji).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce film aux apparences esth&#233;tiques du r&#234;ve, nous conte les aventures d'un atrabilaire magicien de g&#233;nie, misanthrope et pr&#233;tentieux, aussi sympathique que le typhus dixit un de ses amis, qui se fait fort de d&#233;busquer les charlatans, ceux qui vendent l'illusion comme une forme de r&#233;alit&#233; parall&#232;le. Dans cet exercice, il va &#233;videmment tomber sur plus fort que lui, une jeune femme (Emma Stone), car comme chacun le sait, ces derni&#232;res sont r&#233;ellement magiques (c'est scientifiquement prouv&#233;). Nous allons donc nous d&#233;lecter d'une &#171; com&#233;die au champagne &#187; comme les d&#233;crit en ces termes Woody Allen, il y aura des bulles, de beaux paysages et de jolis v&#234;tements, et m&#234;me quand cela sera tragique, rien ne sera grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, comme ne feint surtout pas de le croire Woody Allen, la vie est &#233;pouvantablement absurde, ressemblant plus souvent &#224; une farce cruelle qu'&#224; une com&#233;die de Lubitsch. Pour illustrer son propos, dans son interview au Monde, le cin&#233;aste fait r&#233;f&#233;rence au po&#232;te W. H. Auden qui voit, dans la r&#233;alit&#233; qui peut toujours vous retomber dessus, comme &#171; le bruit distant du tonnerre &#224; un pique-nique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, m&#234;me innocent, n'est-on de toutes fa&#231;ons pas condamn&#233; &#224; mort, comme s'en d&#233;sesp&#232;re le personnage principal Stanley Crawford - alias le magicien Wei Ling Soo (&#233;patant Colin Firth) ? Alors, la seule solution est de s'&#233;chapper en se nourrissant le plus souvent possible de r&#234;ves et de fantaisies, sans c&#233;der aux chim&#232;res et aux faux-semblants. Peut-on &#234;tre heureux et lucide, sans doute pas s'en inqui&#232;te l'auteur, mais il n'est pas interdit de sublimer le quotidien, art que ma&#238;trise fort bien Woody Allen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur mon v&#233;lo, je regarde les affiches de cin&#233;ma et celle vantant le nouvel opus du new-yorkais le plus aim&#233; des fran&#231;ais nous pr&#233;sentait ce dernier film en date comme &#171; un de ses meilleurs &#187; (sachant qu'il en a r&#233;alis&#233; quarante-trois). C'est une manie fran&#231;aise que de donner presque syst&#233;matiquement cette qualit&#233; &#224; chacune de ses sorties, alors que cela m&#233;riterait souvent d'&#234;tre un peu nuanc&#233;. &#171; &lt;i&gt;Magic in the Moonlight &lt;/i&gt; &#187;, si plaisant et dr&#244;le soit-il, n'est certainement ni &#171; &lt;i&gt;Manhattan&lt;/i&gt; &#187; (1979), ni &#171; &lt;i&gt;Match Point&lt;/i&gt; &#187; (2005) et pas non plus &#171; &lt;i&gt;Blue Jasmine&lt;/i&gt; &#187; (2013 - &lt;a href=&#034;http://www.soundsmag.org/Blue-Moon&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.soundsmag.org/Blue-Moon&lt;/a&gt;). En revanche, avec une &#233;l&#233;gance et une subtilit&#233; que peu de cin&#233;astes contemporains approchent, Woody Allen persiste ici &#224; disserter sur les cruaut&#233;s de la vie et la m&#233;diocrit&#233; de nos semblables, en nous rappelant cette &#233;vidence que n'aurait pas reni&#233; Fran&#231;ois Truffaut (au hasard) : la seule magie qui vaille, c'est le cin&#233;ma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Under The Skin &#187; de Jonathan Glazer - 2014</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques secondes de film, on comprend que sous nos yeux un &#339;il humain se constitue ex nihilo, sur un fond sonore obs&#233;dant (une voix, comme r&#233;p&#233;titive). Cette fabrication organique et m&#233;canique nous am&#232;ne tout de suite &#224; l'id&#233;e que le personnage principal est une pure construction, une fiction dans la fiction, et ce n'est pas faire offense au film et &#224; son int&#233;r&#234;t que de r&#233;v&#233;ler que nous allons en effet suivre les p&#233;r&#233;grinations d'une extraterrestre dans une Ecosse contemporaine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton372-148b1.jpg?1629061810' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques secondes de film, on comprend que sous nos yeux un &#339;il humain se constitue ex nihilo, sur un fond sonore obs&#233;dant (une voix, comme r&#233;p&#233;titive). Cette fabrication organique et m&#233;canique nous am&#232;ne tout de suite &#224; l'id&#233;e que le personnage principal est une pure construction, une fiction dans la fiction, et ce n'est pas faire offense au film et &#224; son int&#233;r&#234;t que de r&#233;v&#233;ler que nous allons en effet suivre les p&#233;r&#233;grinations d'une extraterrestre dans une Ecosse contemporaine populaire, sauvage et pluvieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re id&#233;e de g&#233;nie est de faire jouer cet &#171; Alien &#187; par une star internationale, car quoi de plus extraterrestre en effet qu'une vedette de papier glac&#233;, Scarlett Johansson en l'esp&#232;ce. Elle est ici transform&#233;e en fleur des faubourgs, teinte en brune et habill&#233;e comme une pin-up locale, portant jean neige et pull rose d&#233;collet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; N'&#233;tant qu'apparence et dissimulant un fond inqui&#233;tant, l'actrice am&#233;ricaine - en cela d&#233;j&#224; &#233;trang&#232;re aux lieux o&#249; se d&#233;roule le film &#8211; incarne un personnage qui d&#233;couvre progressivement son enveloppe corporelle, quand elle &#233;tait justement, et pour cause, absente &#224; cette derni&#232;re, ne la portant que pour se fondre aux autres (et mieux s'en saisir pour les annihiler). L'exercice est difficile et l'actrice s'en sort avec une aisance qui fascine. N'h&#233;sitant pas &#224; s'exposer jusque dans sa nudit&#233; crue, Scarlett Johansson est aussi sensuelle qu'effrayante, interpr&#233;tant il est vrai une pr&#233;datrice sans affect aucun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'extraterrestre dont il est question utilise sa plastique pour app&#226;ter des hommes, proies faciles, et les &#233;liminer au cours d'un processus horrifique qui rel&#232;ve plus d'un happening &#224; la FIAC que d'un film d'horreur traditionnel. Se refusant &#224; tout pi&#232;ge stylistique ou formel, le film m&#233;lange ainsi le cin&#233;ma documentaire dans son &#233;tude de la population locale, mais se pique aussi d'un art contemporain exigeant tel que pratiqu&#233; par les vid&#233;astes, tout en maniant &#233;galement des formes esth&#233;tiques pures en photographiant la nature sauvage et hostile des landes et plages &#233;cossaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;cessairement subjugu&#233; par la forme, force est de constater que le fond n'est pas en reste. &#171; &lt;i&gt;Under The Skin&lt;/i&gt; &#187; en est m&#234;me difficile &#224; totalement appr&#233;hender, tant les pistes de lecture sont nombreuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre, souvent contemplative et elliptique, est ainsi r&#233;guli&#232;rement travers&#233;e de soudaines fulgurances, violentes comme des prises de conscience. C'est d'ailleurs exactement ce dont il s'agit, avoir une peau ne suffit point pour &#234;tre homme, mais peut-&#234;tre un vaisseau pour atteindre cet &#233;tat. On ne na&#238;t pas humain, on le devient, ce que semble comprendre l'h&#233;ro&#239;ne qui, par l'accumulation de rencontres et d'exp&#233;riences, se voit peu &#224; peu gagn&#233;e par son enveloppe ext&#233;rieure, et voit cette peau prendre le dessus sur le monstre froid qu'elle contient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emotion, empathie et sensualit&#233;, qu'a-t-on de mieux &#224; vivre et offrir avant de quitter cette plan&#232;te. Le film le sugg&#232;re peut-&#234;tre, mais n'offre &#233;videmment pas n&#233;cessairement un tel confort &#224; celui qui le regarde, la cruaut&#233; n'est jamais absente, m&#234;me si elle ne nous prive pas de la beaut&#233; des choses. Notre cr&#233;ature venue d'ailleurs va se heurter &#224; d'in&#233;vitables murs, qu'elle n'aura pu ou su envisager, quant au spectateur, bringuebal&#233; avec elle, il lui est laiss&#233; le soin de comprendre, deviner ou interpr&#233;ter ce qui se passe &#224; l'&#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travers&#233; par la terreur, l'&#233;motion et l'extase esth&#233;tique, on ne sait plus trop ou donner de l'&#226;me dans un film qui n'en manque pas, mais se garde bien de la d&#233;voiler compl&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Gloria</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/GLORIA</link>
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		<dc:date>2014-06-04T12:02:30Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En regardant sur l'&#233;cran &#233;voluer Sandra (Marion Cotillard), on se dit que Rosetta a bien grandi, mais que la vie est toujours merdique sous le soleil capitaliste. Riche id&#233;e d'ailleurs des r&#233;alisateurs que de ne filmer la Belgique qu'au soleil, permettant au film d'&#233;chapper &#224; une vision trop mis&#233;rabiliste qui nuirait &#224; la clart&#233; du propos. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bizarrement, notre h&#233;ro&#239;ne m'a fait penser au Charlot de Charlie Chaplin. Au d&#233;but du film, elle vient juste de se remettre &#8211; d'une d&#233;pression &#8211; que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton368-41655.jpg?1629074508' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En regardant sur l'&#233;cran &#233;voluer Sandra (Marion Cotillard), on se dit que Rosetta a bien grandi, mais que la vie est toujours merdique sous le soleil capitaliste. Riche id&#233;e d'ailleurs des r&#233;alisateurs que de ne filmer la Belgique qu'au soleil, permettant au film d'&#233;chapper &#224; une vision trop mis&#233;rabiliste qui nuirait &#224; la clart&#233; du propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bizarrement, notre h&#233;ro&#239;ne m'a fait penser au Charlot de Charlie Chaplin. Au d&#233;but du film, elle vient juste de se remettre &#8211; d'une d&#233;pression &#8211; que d&#233;j&#224; la vie veut la plaquer &#224; nouveau au sol. Tel le petit personnage au chapeau melon, on veut la sortir du cadre quand elle souhaite surtout y rester. Ainsi, sans cesse elle chute et toujours se rel&#232;ve. Les temps modernes, dans le film, ce sont les sonneries de toutes sortes, de t&#233;l&#233;phones portables, du four, de la ceinture de s&#233;curit&#233;, de portes d'entr&#233;e&#8230; Chacune marquant comme un retour sur le ring, sans m&#234;me que le pr&#233;c&#233;dent round se soit achev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire est on ne peut plus contemporaine. Alors qu'elle s'appr&#234;tait &#224; reprendre son emploi apr&#232;s une longue maladie (d&#233;pression donc), Sandra apprend que son employeur s'est livr&#233; &#224; un sordide march&#233; aupr&#232;s de ses coll&#232;gues : s'ils renoncent tous &#224; leur prime annuelle, elle ne sera pas licenci&#233;e, sinon, elle partira. Le vote est tomb&#233; comme un couperet, 1 000 Euros, c'est une somme, personne ne peut faire une croix dessus et c'est donc &#224; son triste sort qu'elle a &#233;t&#233; abandonn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bienvenue dans le si&#232;cle. Mais notre petit animal fragile, soutenue par une coll&#232;gue et amie (et par pas mal de Xanax aussi), se refuse &#224; cette d&#233;cision vite ent&#233;rin&#233;e, anticipant les effets d&#233;sastreux de la perte de son emploi sur son univers psychique et &#233;conomique. Elles obtiennent donc de la direction que l'on vote &#224; nouveau et Sandra, aid&#233;e de son &#233;poux, qui voit sans doute dans ce calvaire la seule mani&#232;re pour elle de sortir par le haut, entreprend le temps d'un week-end de tenter de convaincre ses coll&#232;gues de prendre une d&#233;cision diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi de plus humiliant que cette qu&#234;te aupr&#232;s de ses pairs afin d'obtenir d'eux qu'ils renoncent &#224; un argent dont ils ont tant besoin, au profit de l'emploi d'une coll&#232;gue dont on ignore m&#234;me si elle est encore &#224; la hauteur apr&#232;s avoir &#233;t&#233; absente si longtemps ? Parfaitement consciente du caract&#232;re presque d&#233;gradant de sa d&#233;marche, Sandra ne r&#233;clame surtout pas la piti&#233;, mais en appelle simplement &#224; un peu d'humanit&#233; et d'&#233;quit&#233;. De l'indignit&#233;, il n'y en avait que dans ce vote biais&#233;, et c'est une injustice qu'elle veut r&#233;parer. Elle r&#233;coltera un peu de tendresse et d'empathie, mais aussi une in&#233;vitable violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle chez les deux fr&#232;res belges et cin&#233;astes, Marion Cotillard fait plus que le job, elle semble ici litt&#233;ralement habit&#233;e et parfaitement juste dans un r&#244;le &#233;minemment difficile. On la savait capable du meilleur (chez Audiard, indiscutablement) et c'est dans cette droite ligne que son interpr&#233;tation s'inscrit. Chacun de ses gestes, chacune de ses mimique, fascinent par leur naturel. C'est ind&#233;niablement une gageure que de faire jouer les obscurs et les sans-grades par des vedettes internationales. Or, bien dirig&#233;e, cette fille nous fait totalement oublier une filmographie disons parfois discutable et une aura &#171; glamour &#187; (ou tarte, c'est selon).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sujet est d&#233;licat et l'on ne peut qu'admirer l'aisance avec laquelle les cin&#233;astes &#233;chappent &#224; toutes les chausse-trappes potentielles. Chaque p&#233;rip&#233;tie est subtilement amen&#233;e, l'expression jouer juste vaut pour tous les com&#233;diens (les enfants notamment) et l'on parcourt avec Sandra, dans la joie et la douleur, cette terrible et magnifique trajectoire (le film rel&#232;ve presque du thriller).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La beaut&#233; est dans le mouvement et dans ce que tirera l'h&#233;ro&#239;ne du voyage. Comme le dit un migrant arm&#233;nien qui r&#234;ve de rejoindre New York &#224; pieds dans &#171; America, America &#187; (Elia Kazan -1963), &#171; chaque jour, j'avance &#187; (&#171; each day, part of the distance &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>And justice for all</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'objet de cette pi&#232;ce contemporaine est de restituer au plus pr&#232;s possible la r&#233;alit&#233; du d&#233;roul&#233; d'un proc&#232;s d'assises. Pour ce faire, les auteurs se sont inspir&#233;s &#224; la fois d'un fait-divers r&#233;el, et d'une fiction universelle (je vous laisse le soin de deviner laquelle). Pour se colleter encore un peu plus au r&#233;el, les trois acteurs professionnels interpr&#233;tant Hamlet, Oph&#233;lie et Gertrude sont entour&#233;s tous les soirs de professionnels de la justice dans l'exercice de leur propre r&#244;le et sous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.soundsmag.org/-Cinema-" rel="directory"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.soundsmag.org/+-francais,2-+" rel="tag"&gt;francais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.soundsmag.org/+-Cinema,8-+" rel="tag"&gt;Cin&#233;ma&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton367-5d47f.jpg?1629061811' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'objet de cette pi&#232;ce contemporaine est de restituer au plus pr&#232;s possible la r&#233;alit&#233; du d&#233;roul&#233; d'un proc&#232;s d'assises. Pour ce faire, les auteurs se sont inspir&#233;s &#224; la fois d'un fait-divers r&#233;el, et d'une fiction universelle (je vous laisse le soin de deviner laquelle). Pour se colleter encore un peu plus au r&#233;el, les trois acteurs professionnels interpr&#233;tant Hamlet, Oph&#233;lie et Gertrude sont entour&#233;s tous les soirs de professionnels de la justice dans l'exercice de leur propre r&#244;le et sous leur r&#233;elle identit&#233; (du Pr&#233;sident de la cour &#224; l'expert-psychiatre).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autant l'avouer tout de suite, j'avais &#233;t&#233; sollicit&#233; pour faire l'avocat (enfin un des deux, celui du pr&#233;venu, Hamlet, ou de la partie civile, Oph&#233;lie). J'ai d&#233;clin&#233;, &#231;a doit &#234;tre l'&#226;ge, me jugeant insuffisamment au fait des subtilit&#233;s de la proc&#233;dure p&#233;nale et du proc&#232;s d'assises. J'ai en revanche propos&#233; les services de mon ami et Confr&#232;re Julien Dreyfus qui s'est fort bien acquitt&#233; de cette t&#226;che, animant le proc&#232;s avec un beau professionnalisme. De ce fait parler du spectacle est d&#233;licat, je n'ai pu m'emp&#234;cher tout du long de me dire, &#224; sa place, qu'aurais-je fait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le regard du professionnel du droit est en effet un peu biais&#233; durant la pi&#232;ce. Nous ne sommes point candides &#224; l'exposition de cette justice &#224; la fois fictive et fort bien restitu&#233;e dans sa trivialit&#233;. Du coup, une forme d'ennui peut nous gagner, doubl&#233;e d'une relative lassitude, &#224; l'exposition &#224; l'exposition de vicissitudes connues et rab&#226;ch&#233;es. Ainsi, lorsqu'il fallut &#224; de nombreuses reprises nous lever de nos si&#232;ges aux entr&#233;es et sorties de la Cour sur la sc&#232;ne, obligation me rappelant tant d'audiences pass&#233;es et &#224; venir. Difficile d'&#234;tre un bon spectateur lorsqu'on a l'habitude d'&#234;tre acteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de choses sont escamot&#233;es et ce afin de nous donner le moins possible un sentiment de spectacle. Tout le c&#233;r&#233;monial judiciaire est respect&#233;, avec sa gravit&#233;, et pour la forme, les lumi&#232;res de la salle sont allum&#233;es et les c&#244;t&#233;s de la sc&#232;ne &#233;galement occup&#233;s par des estrades emplies de spectateurs. Rien n'est &#233;crit &#224; l'avance et les avocats se sont vus remettre la veille un dossier p&#233;nal en bonne et due forme, m&#234;me si peu &#233;pais. Chacun y va donc de sa partition habituelle, comme en situation r&#233;elle, si ce n'est que personne ce soir ne dormira sous les verrous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les com&#233;diens font quant &#224; eux le job, sans flamboyance et relativement cr&#251;ment. En r&#233;alit&#233;, on jetterait bien Hamlet en prison, mais surtout parce que c'est un abruti. Si cela suffisait &#224; embastiller, cela en ferait du monde dans nos prisons d&#233;j&#224; surpeupl&#233;es, n'est-ce pas. Le criminel, &#224; l'instar de notre Hamlet des cit&#233;s d&#233;favoris&#233;es, est rarement flamboyant, il est m&#234;me souvent path&#233;tique, et ici il ne suscite m&#234;me aucune empathie, aussi victime soit-il de sa famille dysfonctionnelle et de la cruaut&#233; de l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avan&#231;ant, ce spectacle assez long tout de m&#234;me (quatre heures, avec les pauses ad hoc), produit finalement sur les spectateurs une saine sensation de malaise. Chacun peut ici comprendre et r&#233;ellement percevoir combien il est difficile de d&#233;fendre ou juger autrui et ce d'autant que huit d'entre nous seront tir&#233;s au sort pour faire office de jur&#233;s &#224; l'issue des plaidoiries. En cela, cette pi&#232;ce fait &#339;uvre didactique et de mani&#232;re assez r&#233;ussie, renvoyant chacun &#224; son humanit&#233; et &#224; ce qu'elle comporte justement d'inhumain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sp&#233;cialiste de l'accablement</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Specialiste-de-l-accablement</link>
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		<dc:date>2014-05-02T10:29:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Deux possibilit&#233;s de films &#224; la m&#234;me heure dans mon cin&#233;ma de quartier, notre choix s'est arr&#234;t&#233; sur celui qui se donnait dans la salle la plus confortable. La cin&#233;philie tient parfois &#224; peu de choses&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; Le cin&#233;ma fran&#231;ais contemporain cr&#232;ve sous une profusion de com&#233;dies lourdingues et vulgaires avec de bien tristes vedettes (de Dany Boon &#224; Christian Clavier, il y en a pour tous les d&#233;go&#251;ts). Si je ne les vois &#233;videmment pas dans les salles obscures, la contemplation de cette invasion par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton366-0f65e.jpg?1629061812' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux possibilit&#233;s de films &#224; la m&#234;me heure dans mon cin&#233;ma de quartier, notre choix s'est arr&#234;t&#233; sur celui qui se donnait dans la salle la plus confortable. La cin&#233;philie tient parfois &#224; peu de choses&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le cin&#233;ma fran&#231;ais contemporain cr&#232;ve sous une profusion de com&#233;dies lourdingues et vulgaires avec de bien tristes vedettes (de Dany Boon &#224; Christian Clavier, il y en a pour tous les d&#233;go&#251;ts). Si je ne les vois &#233;videmment pas dans les salles obscures, la contemplation de cette invasion par affichage sur les murs de la ville d&#233;sole tous les jours le cycliste que je suis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A t'on autant besoin de rire ? Ce besoin effr&#233;n&#233; de rigolade ferait presque peur, cela cache forc&#233;ment quelque chose d'ind&#233;cent. Plus personne ne vote mais tout le monde veut se marrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film dont il est ici question n'&#233;chappe pas, mais pour sa seule promotion, au qualificatif de &#171; com&#233;die &#187; (ajoutez, c'est selon, &#171; douce-am&#232;re &#187;, &#171; m&#233;lancolique &#187;, &#171; tendre &#187;). Pourtant ce film n'est pas plus dr&#244;le que l'existence, qui, comme chacun sait peut malgr&#233; tout l'&#234;tre (rions un peu en attendant la mort) et c'est dans cette justesse de ton, teint&#233;e d'un peu d'&#233;tranget&#233;, qu'il trouve sa grandeur et sa force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s &#171; &lt;i&gt;Tonnerre&lt;/i&gt; &#187; de Guillaume Brac, d&#233;j&#224; chroniqu&#233; sur ces lignes, nous voil&#224; de nouveau face &#224; un rocker d&#233;pressif (Gustave Kervern), figure contemporaine d'une &#233;poque o&#249; on n'ach&#232;te plus de disques et o&#249; on &#233;coute des &#171; sons &#187; (sur l'application Soundcloud on &#171; &#233;coute des sons &#187;, le chant des baleines peut-&#234;tre ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incapable de trouver le sommeil, le gar&#231;on abandonne tout et se rend au P&#244;le Emploi pour trouver un travail idiot qui lui permettra d'&#233;chapper, ne serait-ce qu'un peu, &#224; ses n&#233;vroses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'il se retrouve gardien d'immeuble parisien, sa loge donnant sur une cour qui renvoie sans doute &#224; celle o&#249; Antoine Doisnel colorait des fleurs pour les rendre plus attrayantes (&#171; &lt;i&gt;Domicile Conjugal &lt;/i&gt; &#187; de Fran&#231;ois Truffaut - 1970). Il y croise une population de gens plut&#244;t gentils, mais pratiquement tous n&#233;vros&#233;s et plus ou moins d&#233;bord&#233;s par leurs lubies (de l'accumulation de v&#233;los &#224; l'obsession des fissures murales).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette congr&#233;gation de doux-dingues qui s'ignorent abrite notamment la retrait&#233;e Mathilde, &#233;pouse du pr&#233;sident du Conseil syndical, interpr&#233;t&#233;e par Catherine Deneuve. Si vous l'ignoriez, si vous aviez un doute, elle est une immense actrice. Enfin r&#233;ellement &#226;g&#233;e, marqu&#233;e par le temps qui passe (et des travaux pas toujours r&#233;ussis), elle ne perd pas un instant la gr&#226;ce qui a &#233;t&#233; la sienne presque tout au long de sa carri&#232;re. A l'instar du personnage principal masculin, l'envie de la prot&#233;ger de sa folie douce montante nous prend aussi, spectateurs charm&#233;s et l&#233;g&#232;rement &#233;pouvant&#233;s que nous sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couple Kervern/Deneuve, de drolatique devient profond&#233;ment &#233;mouvant, chacun se rendant compte que s'il veut aider l'autre, il n'est pas forc&#233;ment le plus &#224; m&#234;me de bien le faire. La vie peut &#234;tre math&#233;matique, moins plus moins s'additionnent mais restent n&#233;gatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film donne probablement une id&#233;e assez juste de ce qu'est la d&#233;pression, ce grand vide en chacun de nous, telles les poches argileuses sous l'immeuble des protagonistes, quelque chose qui &#224; tout moment peut nous emporter dans des profondeurs que nul ne souhaiterait jamais conna&#238;tre, mais dont on per&#231;oit l'existence, pour peu que l'on ait deux sous de jugeote. Une sorte d'irr&#233;sistible appel de Chtulhu (Lovecraft).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vous sera donc permis de rire durant la projection, mais de cet &#233;clat conscient et beau des fragilit&#233;s de l'existence et du charme des gens qui titubent un peu sur les chemins tortueux de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Ida &#187; de Pawel Pawlikowski (2014)</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Ida-de-Pawel-Pawlikowski-2014</link>
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		<dc:date>2014-03-13T16:28:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Naima &lt;br class='autobr' /&gt; O&#249; l'on apprend d&#232;s le d&#233;but qu'Anna s'appelle en r&#233;alit&#233; Ida, qu'elle est juive, et ne l'avait jamais su. Dans la Pologne de 1962, orpheline &#233;lev&#233;e dans un couvent et sur le point de prononcer ses v&#339;ux, elle le d&#233;couvre &#224; l'occasion d'une rencontre avec sa tante, jusqu'alors inconnue. Ida donc, a vingt ans, est ravissante, et brille d'une discr&#233;tion naturelle qui ne r&#233;siste toutefois pas &#224; l'intensit&#233; de son visage. Celle qui l'incarne avec une telle pr&#233;sence, l'actrice Agata (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton363-e6eaa.jpg?1629061812' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Naima&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; l'on apprend d&#232;s le d&#233;but qu'Anna s'appelle en r&#233;alit&#233; Ida, qu'elle est juive, et ne l'avait jamais su. Dans la Pologne de 1962, orpheline &#233;lev&#233;e dans un couvent et sur le point de prononcer ses v&#339;ux, elle le d&#233;couvre &#224; l'occasion d'une rencontre avec sa tante, jusqu'alors inconnue. Ida donc, a vingt ans, est ravissante, et brille d'une discr&#233;tion naturelle qui ne r&#233;siste toutefois pas &#224; l'intensit&#233; de son visage. Celle qui l'incarne avec une telle pr&#233;sence, l'actrice Agata Trzebuchowska, semble tout droit sortie de &#171; &lt;i&gt;L'aurore&lt;/i&gt; &#187; de Murnau (1927), tant son physique est expressif, impression amplifi&#233;e par le noir et blanc magnifique du film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa tante Wanda (Agata Kulesza) est quant &#224; elle revenue de tout. C'est une survivante, juive miraculeusement rest&#233;e en vie quant tous les siens ont disparu dans la violence et le sang. Communiste fervente et r&#233;sistante pendant la guerre, elle est devenue ensuite &#171; juge rouge &#187;, au service de l'&#233;tat, au nom de ses convictions de jeunesse dont il ne reste plus grand-chose &#224; quarante ans pass&#233;s. Ravag&#233;e int&#233;rieurement, elle tente de noyer les d&#233;sarrois de son &#226;me dans la fum&#233;e et l'alcool, aux bras des hommes de passage. Cette femme est incroyablement belle et admirablement interpr&#233;t&#233;e, personnage comme tomb&#233; dans sa propre f&#234;lure, &#224; l'humour ravageur et &#224; la tendresse malgr&#233; tout intacte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;alisateur Pawlikowski donne une fois encore admirablement chair et vie &#224; ses personnages, surtout si ce sont des femmes, sujets qui semblent beaucoup plus le passionner que la gent masculine, comme il l'avait d&#233;j&#224; prouv&#233; dans un tr&#232;s beau pr&#233;c&#233;dent film tourn&#233; en Angleterre, &#171; &lt;i&gt;My Summer Of Love&lt;/i&gt; &#187; (2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Wanda a finalement retrouv&#233; sa ni&#232;ce, c'est pour lui r&#233;v&#233;ler qui elle est, mais surtout pour qu'elle l'accompagne &#224; la recherche de ce qui a bien pu advenir de leur famille. Comment ils sont morts et o&#249; sont-ils enterr&#233;s, dans cette Pologne profonde et paysanne, o&#249; toutes les for&#234;ts semblent avoir dissimul&#233; les forfaits les plus odieux. Dans cette qu&#234;te commune de ce qui a pu se passer, seules les motivations des personnages diff&#232;rent, si l'une va rechercher d'o&#249; elle vient, l'autre esp&#232;re ainsi enterrer d&#233;finitivement son terrible pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette Pologne rude et hivernale, la beaut&#233; des images est saisissante et ce d'autant que Pawel Pawlikowski a un sens aigu de la photographie et du cadrage (on se croirait dans des tableaux de Hopper film&#233;s en noir et blanc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de la m&#234;me mani&#232;re que ce souci esth&#233;tique n'emp&#234;che jamais le film d'&#234;tre empreint de v&#233;rit&#233;, la beaut&#233; ne sauve pas ici le monde, et ne nous pr&#233;serve jamais des pires crimes. Au soutien de cette conviction, le r&#233;alisateur a au surplus la d&#233;licatesse de nous &#233;pargner tout effet d&#233;monstratif, tout pathos excessif et tout voyeurisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Terrible description que celle d'un pays qui ne sait que faire d'une histoire r&#233;cente &#233;pouvantable et ce d'autant qu'elle reste tue. De fait, englu&#233;s dans ce pass&#233; commun, tous ses habitants semblent plus ou moins fracass&#233;s, les victimes comme les bourreaux, et la g&#233;n&#233;ration qui les suit &#233;galement, ignorante de presque tout ce qui a pu se passer, mais en portant bien malgr&#233; elle les stigmates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film est ainsi empreint d'un profond pessimisme, on en vient &#224; l'instar des personnages &#224; se demander en quoi croire et &#224; quoi bon vivre dans un monde o&#249; se d&#233;roulent des choses aussi atroces, questionnements &#233;ternels qui se heurtent &#224; d'insondables r&#233;ponses. Face au d&#233;sastre humain, Pawlikowski ne nous laisse que l'&#233;vidence des notes de John Coltrane et la beaut&#233; des femmes aux cheveux enfin d&#233;faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Tonnerre &#187; de Guillaume Brac</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Mon-coeur-a-tant-de-peine</link>
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		<dc:date>2014-02-21T10:32:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
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&lt;p&gt;Mon C&#339;ur a tant de Peine &lt;br class='autobr' /&gt; Alors que venait tout juste de s'&#233;veiller l'an de gr&#226;ce 2014, je me trouvais dans une chambre d'h&#244;tes au sud de la Bourgogne &#224; discuter avec un couple de belges (on croise toujours des belges dans les chambres d'h&#244;tes fran&#231;aises, tout le monde vous le dira). Ces derniers me recommandaient vivement la visite de la bourgade de Tonnerre, au charme indiscutable semble t'il et selon eux. Las, je n'en connais toujours pour l'instant qu'un panneau sur l'autoroute. Et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton360-ff60f.jpg?1629044830' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mon C&#339;ur a tant de Peine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que venait tout juste de s'&#233;veiller l'an de gr&#226;ce 2014, je me trouvais dans une chambre d'h&#244;tes au sud de la Bourgogne &#224; discuter avec un couple de belges (on croise toujours des belges dans les chambres d'h&#244;tes fran&#231;aises, tout le monde vous le dira). Ces derniers me recommandaient vivement la visite de la bourgade de Tonnerre, au charme indiscutable semble t'il et selon eux. Las, je n'en connais toujours pour l'instant qu'un panneau sur l'autoroute. Et maintenant un film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est une &#339;uvre pour laquelle mon impatience se faisait sentir, c'est bien celle-l&#224;. Le moyen m&#233;trage &#171; Un monde sans femmes &#187; (2011) du m&#234;me Guillaume Brac m'avait fait l'effet d'une r&#233;v&#233;lation, de quelque chose de sensible et juste destin&#233; &#224; un public qui m'est cher : moi-m&#234;me et quelques autres (&lt;a href=&#034;http://www.soundsmag.org/It-s-a-man-s-world&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.soundsmag.org/It-s-a-man-s-world&lt;/a&gt;). C'est donc presque tendu et tr&#232;s excit&#233; que je me suis assis dans la salle. La vie peut &#234;tre d&#233;cevante, en l'esp&#232;ce, ce long m&#233;trage a tenu presque toutes ses promesses (ouf).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le r&#233;alisateur fait &#224; nouveau appel au com&#233;dien Vincent Macaigne, il emploie un peu diff&#233;remment sa douce d&#233;glingue, n'h&#233;sitant pas &#224; l'emmener vers les terres d&#233;sol&#233;es du d&#233;sespoir et de la violence qui peut en d&#233;couler. Il incarne Maxime, un rocker parisien un peu paum&#233;, venu se r&#233;fugier quelques mois chez son p&#232;re (Bernard Menez !) dans un Morvan hivernal, pour y trouver un peu du calme et de la s&#233;r&#233;nit&#233; n&#233;cessaires &#224; la composition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couple form&#233; avec son p&#232;re, tout en tendresse et conflits ancestraux larv&#233;s (quid de la m&#232;re ?), est &#224; la fois dr&#244;le et touchant, le r&#233;alisateur filmant merveilleusement les rapports humains, avec un naturel qui ne peut que frapper n'importe quel spectateur pouvant se retrouver de pr&#232;s ou de loin dans cette intimit&#233;. Ces retrouvailles familiales plus ou moins paisibles dans la ville enneig&#233;e vont se trouver quelque peu perturb&#233;es par le surgissement de l'amour neuf, en la personne de M&#233;lodie, ravissante jeune fille locale, toute en rondeurs et timidit&#233; troublantes (Sol&#232;ne Rigot). Si le jeune couple file d'abord un parfait amour, les nuages s'accumulent myst&#233;rieusement et le film gagne alors en brutale intensit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit ind&#233;niablement d'une &#339;uvre romantique, au sens o&#249; on l'entendait au XIX&#232;me si&#232;cle, l'histoire est m&#234;me ainsi r&#233;sum&#233;e par un personnage &#224; la fin du film. Tout semble se rattacher &#224; ce courant litt&#233;raire (on y entend la po&#233;sie de Musset), les paysages &#224; la fois beaux et d&#233;sol&#233;s, la neige sur le Morvan, et ces tourments de l'&#226;me, les silences de l'&#234;tre aim&#233; qui vous gagnent comme le froid de la mort. Il y a quelque chose de profond&#233;ment rass&#233;r&#233;nant que de voir sur grand &#233;cran &#234;tre aussi bien film&#233;es les errements du c&#339;ur (qui comme chacun sait a ses raisons que la raison ignore).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le film s'inscrit quand m&#234;me dans l'&#233;poque, les relations sont souvent &#233;pistolaires mais par SMS, les difficult&#233;s &#233;conomiques sont tangibles, il est &#233;galement g&#233;n&#233;rationnel, lan&#231;ant aux happy few quelques clins d'&#339;il appuy&#233;s : vinyles des Pink Floyd, de John Lennon, de Dylan, de Neil Young sur les murs et la platine du p&#232;re, la finale Mc Enroe-Lendl sur YouTube (Roland Garros 1984), Maxime feuilletant le livre pour enfants &#171; &lt;i&gt;La Vache Orange&lt;/i&gt; &#187; (les albums du P&#232;re Castor)&#8230; Mais ces quelques r&#233;f&#233;rences ne rel&#232;vent jamais de la tentative putassi&#232;re de connivence, c'est de la culture que l'on fait passer, celle qu'on ne voudrait pas voir mourir ou lentement dispara&#238;tre. Finalement, le film ne parle que d'amour, de ces attachements qui nous sauvent et parfois nous tuent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Il faut tenter de vivre</title>
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		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'autre jour, j'entendais mon libraire tenter maladroitement d'expliquer &#224; un type venu trouver &#171; un livre pour une petite fille de huit ans &#187; qu'une telle chose n'existe en fait pas r&#233;ellement. En effet, qu'importe l'&#226;ge, seuls le go&#251;t et l'app&#233;tence comptent. Et puis, comme le disait Jimi Hendrix &#224; propos de la musique, mais qui vaut pour la litt&#233;rature, il n'y en a que deux sortes, &#171; la bonne et la mauvaise &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; S'agissant du cin&#233;aste Hayao Myazaki, il faut litt&#233;ralement vivre dans une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'autre jour, j'entendais mon libraire tenter maladroitement d'expliquer &#224; un type venu trouver &#171; un livre pour une petite fille de huit ans &#187; qu'une telle chose n'existe en fait pas r&#233;ellement. En effet, qu'importe l'&#226;ge, seuls le go&#251;t et l'app&#233;tence comptent. Et puis, comme le disait Jimi Hendrix &#224; propos de la musique, mais qui vaut pour la litt&#233;rature, il n'y en a que deux sortes, &#171; la bonne et la mauvaise &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'agissant du cin&#233;aste Hayao Myazaki, il faut litt&#233;ralement vivre dans une grotte depuis trente ans pour imaginer que son &#339;uvre dessin&#233;e ne se destine qu'&#224; un public d'enfants. Si tel est ton cas, ami lecteur (si tu existes), il est encore temps de te ruer dans une salle obscure, mais ne tarde d'autant pas que cet opus sera l'ultime &#339;uvre du ma&#238;tre japonais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si mon cin&#233;ma de quartier nous &#233;pargne la publicit&#233;, il a quand m&#234;me bien fallu ingurgiter quelques bandes annonces avant notre film, et j'ai notamment &#233;t&#233; sid&#233;r&#233; par la laideur du remake de &#171; La Belle et la B&#234;te &#187; par Christophe Gans, n'y avait-il rien d'autre dans lequel mettre 30 millions d'euros ? Apr&#232;s ces courtes mais r&#233;elles &#233;preuves esth&#233;tiques, quel bonheur que de voir notre &#226;me s'envoler d&#232;s les premi&#232;res images du film de Myazaki. Cet aspect &#233;th&#233;r&#233; de l'&#339;uvre est d'autant plus fond&#233; qu'il y sera beaucoup questions d'avions, le film &#233;tant une &#233;vocation de la vie de l'ing&#233;nieur Jiro Horikoshi, inventeur des devenus tristement c&#233;l&#232;bres &#171; chasseurs z&#233;ro &#187; dans lesquels se sont illustr&#233;s les kamikazes (en langage plus technique et nettement moins &#233;vocateur, les chasseurs bombardiers japonais Mitsubishi A6M).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, le cin&#233;aste, s'il ne renonce ni &#224; la f&#233;&#233;rie et &#224; la r&#234;verie, d&#233;laisse un peu les aspects fantasmagoriques typiquement japonais de son &#339;uvre, et s'int&#233;resse de plus pr&#232;s &#224; un triste r&#233;el. L'ing&#233;nieur de g&#233;nie dont il est question avait tir&#233; du souffle de ses songes d'enfant une incroyable capacit&#233; &#224; imaginer, puis &#224; cr&#233;er des objets volants. Ses intentions &#233;taient pures, faire plus beau, plus grand, tenter de tutoyer plus encore le ciel. Las, c'&#233;tait oublier la mal&#233;diction des avions, machines de mort en puissance, ce que ne manqueront pas de devenir ses inventions. A son corps d&#233;fendant, ou presque, puisque comme il l'expliquera &#224; son &#233;quipe, sans mitraillettes, ses &#339;uvres seraient plus rapides encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque ne se d&#233;cha&#238;nent pas les catastrophes naturelles et que la menace du d&#233;cha&#238;nement guerrier se fait plus discr&#232;te, le film prom&#232;ne notre h&#233;ros dans un Japon enchanteur, mais aussi dans une Allemagne au charme indiscutable. En effet, Jiro Horikoshi avait &#233;galement contribu&#233; &#224; l'effort de guerre dans cette contr&#233;e, dans le cadre d'un partenariat avec l'avionneur Junkers. Le film cr&#233;&#233; alors un parall&#232;le entre ces deux contr&#233;es, durant l'entre-deux guerres. Alors qu'il se prom&#232;ne le soir dans les rues allemandes, l'ing&#233;nieur voit tout &#224; coup surgir une foule arm&#233;e de b&#226;tons courant &#224; la poursuite d'un pauvre h&#232;re, dans un d&#233;cha&#238;nement de violence incompr&#233;hensible. Il reconna&#238;t alors dans la meute haineuse une personne crois&#233;e &#224; l'usine le jour m&#234;me, devenue presque m&#233;connaissable dans sa sauvagerie. Ce jaillissement bestial est &#233;videmment annonciateur du pire &#224; venir et, de mani&#232;re particuli&#232;rement brillante, l'on constate que les ombres de ces personnages sont encore plus effrayantes qu'eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'on sent notre cin&#233;aste tr&#232;s impliqu&#233; dans cette &#233;vocation de deux civilisations anciennes, raffin&#233;es et esth&#232;tes, mais au bord du gouffre, puisque sur le point de presque s'autod&#233;truire dans d'absurdes affrontements meurtriers. Il n'est ainsi pas anodin d'entendre le fun&#232;bre &#171; Winterreise &#187; de Schubert jaillir d'une fen&#234;tre &#233;clair&#233;e dans la nuit allemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est possible d'&#234;tre &#224; la fois &#233;merveill&#233; et abattu, c'est dans cet exact &#233;tat d'esprit que l'on quitte la salle. On en viendrait presque &#224; se r&#233;jouir de l'imb&#233;cilit&#233; des hommes, de la guerre et de la nature grandiose et impitoyable puisque tout cela conjugu&#233; permet aux po&#232;tes de r&#233;aliser de si grandes &#339;uvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S. 1 : De mani&#232;re moins dramatique, l'on avait perdu l'habitude de voir un film o&#249; les personnages fument autant, on se croirait dans une &#339;uvre de Claude Sautet, il semble d'ailleurs que cela ait froiss&#233; certaine ligues de vertu. Il faut pourtant reconna&#238;tre que les volutes de la fum&#233;e de cigarettes se marient fort bien avec les r&#234;ves a&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S. 2 sinon, dans le genre tous publics et particuli&#232;rement r&#233;jouissant, il faut voir &#171; Minuscule &#187;. Ces insectes bruyants et mal &#233;lev&#233;s font &#224; juste titre la joie des grands et des petits, tant il est savoureux que d'assister &#224; cette repr&#233;sentation de la vie animale et minimale sans l'habituelle guimauve Disney.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les saisons du coeur</title>
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		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

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&lt;p&gt;Pas forc&#233;ment emball&#233; par le film, mais toujours ravi de voir en vrai un r&#233;alisateur, je me suis finalement assis face &#224; une &#339;uvre qui, sur le fond, n'avait pas d&#233;cid&#233; de r&#233;volutionner le cin&#233;ma fran&#231;ais (les errances &#233;motionnelles de trentenaires parisiens), mais sur la forme tentait &#224; tout le moins quelque chose d'un peu diff&#233;rent. &lt;br class='autobr' /&gt; L'histoire se d&#233;roule chronologiquement, sur plusieurs saisons grises. L'automne est notamment d&#233;crit en ces termes par le personnage d'Armand (Vincent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH110/arton358-f64bd.jpg?1629064141' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pas forc&#233;ment emball&#233; par le film, mais toujours ravi de voir en vrai un r&#233;alisateur, je me suis finalement assis face &#224; une &#339;uvre qui, sur le fond, n'avait pas d&#233;cid&#233; de r&#233;volutionner le cin&#233;ma fran&#231;ais (les errances &#233;motionnelles de trentenaires parisiens), mais sur la forme tentait &#224; tout le moins quelque chose d'un peu diff&#233;rent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'histoire se d&#233;roule chronologiquement, sur plusieurs saisons grises. L'automne est notamment d&#233;crit en ces termes par le personnage d'Armand (Vincent Macaigne) :&#171; le retour des collants, des jupes et des bottes en cuir, ma saison pr&#233;f&#233;r&#233;e &#187;. L&#224; o&#249; l'exercice tente de se distinguer du tout-venant art et essai, c'est dans la mani&#232;re de filmer et de d&#233;couper. Ainsi, l'action est presque syst&#233;matiquement comment&#233;e par ses protagonistes, en voix off ou face cam&#233;ra. A ce dispositif, s'ajoute un d&#233;coupage en de nombreuses parties, l'intitul&#233; de chacun des nombreux chapitres apparaissant sous forme de cartons &#224; l'&#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette addition de proc&#233;d&#233;s purement formels, pour int&#233;ressante qu'elle puisse &#234;tre, finit par tuer un peu la spontan&#233;it&#233; de l'ensemble et l'&#233;motion qu'il pourraitt procurer (du rires aux larmes pour faire court). Le film y trouve certes un rythme, bien soutenu par la musique, mais on se sent comme frein&#233; en permanence par cet excessif didactisme. En effet, comme j'ai pu l'expliquer au r&#233;alisateur (&#231;a pose, n'est-ce pas), je n'aime pas tellement en tant que spectateur que l'on m'explique en permanence ce qui se passe sur l'&#233;cran, il me semble que cela doit se voir, se deviner. Et m&#234;me se perdre dans la pellicule peut se r&#233;v&#233;ler une grande joie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, et volontairement semble t'il, le film s'inscrit clairement dans l'&#233;poque, avec ses r&#233;f&#233;rences plus ou moins culturelles, ses tics et ses codes (la t&#233;l&#233; r&#233;alit&#233; notamment, &#224; laquelle le dispositif du film emprunte d'ailleurs beaucoup en faisant intervenir les acteurs face cam&#233;ra).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours &#224; propos de la culture, une belle id&#233;e sous-tend le film. Les personnages trouvent un soulagement aux vicissitudes de l'existence gr&#226;ce &#224; l'art, et au cin&#233;ma en particulier. Un film, une s&#233;rie, c'est une occasion de respirer, et peut-&#234;tre de partager, m&#234;me silencieusement, avec d'autres, cet &#233;clairage sur la vie que l'on m&#232;ne et qui n'est pas forc&#233;ment un conte de f&#233;es. Dans cette perspective, l'on retrouve en vrac chez les personnages un manifeste enchantement pour Judd Apatow et Georges Romero, mais aussi Michel Delpech et Jeff Buckley (&#233;clectisme de bon ton).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, comme toujours, Vincent Macaigne br&#251;le l'&#233;cran, par sa naturelle dr&#244;lerie mais aussi sa capacit&#233; &#224; la gravit&#233; et la m&#233;lancolie. Impossible de ne pas le r&#234;ver comme un double de soi-m&#234;me, avec nos incapacit&#233;s, notre langueur et nos espoirs. Derri&#232;re moi, &#224; l'issue de la s&#233;ance et s'adressant au r&#233;alisateur, il fallait voir l'air gourmand d'une petite dame plus toute jeune, exprimant ouvertement un app&#233;tit ragaillardi par la pr&#233;sence de ce &#171; beau jeune homme &#187; &#224; l'&#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'&#232;re du vide</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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&lt;p&gt;On ne peut pas tout voir, du coup, je trouve qu'il est de bon ton de s&#233;lectionner arbitrairement ce qui justifiera le d&#233;placement, sur le seul fondement de ses app&#233;tences personnelle, en n'h&#233;sitant surtout pas, oh supr&#234;me sacril&#232;ge, &#224; fortement d&#233;biner sans avoir vu (c'est plus dr&#244;le). &lt;br class='autobr' /&gt; Ainsi, en 2013, tout le monde a vu &#171; Intouchables &#187; (Toledano-Nakache), puisque tout le monde l'avait d&#233;j&#224; vu en 2012, et en 2011. Je me suis &#233;videmment empress&#233; de d&#233;noncer ce succ&#232;s populaire comme &#233;tant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH74/arton357-a324d.jpg?1629089682' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On ne peut pas tout voir, du coup, je trouve qu'il est de bon ton de s&#233;lectionner arbitrairement ce qui justifiera le d&#233;placement, sur le seul fondement de ses app&#233;tences personnelle, en n'h&#233;sitant surtout pas, oh supr&#234;me sacril&#232;ge, &#224; fortement d&#233;biner sans avoir vu (c'est plus dr&#244;le).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ainsi, en 2013, tout le monde a vu &#171; Intouchables &#187; (Toledano-Nakache), puisque tout le monde l'avait d&#233;j&#224; vu en 2012, et en 2011. Je me suis &#233;videmment empress&#233; de d&#233;noncer ce succ&#232;s populaire comme &#233;tant forc&#233;ment un navet. Quand les gens se ruent en masse dans les salles obscures, cela m'inqui&#232;te. Mais, finalement, mes enfants sous le bras, j'ai fini par le visionner, sans doute anim&#233; par l'esprit de No&#235;l qui r&#232;gne &#224; la fin de chaque mois de d&#233;cembre. Si l'on veut faire court, on pourrait dire qu'on y trouve ind&#233;niablement une bonne tranche d'humanit&#233;, mais une absence totale d'intention cin&#233;matographique. C'est sans doute ce qui explique son succ&#232;s, c'est de la bonne t&#233;l&#233;vision, on ne risque donc pas d'&#234;tre effray&#233; par l'ampleur du projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ajouterai quand m&#234;me qu'il est occasionnellement difficile de ne pas &#234;tre parfois &#233;mu ou de se retenir de rire (oui, j'ai un c&#339;ur d'artichaut devant les navets). Mais tout cela ne justifie pas de s'asseoir &#224; c&#244;t&#233; de mangeurs de popcorns. Surtout, alors que ce film d&#233;bine en vrac les dipl&#244;mes, la musique classique, l'art contemporain, il ne s'attaque surtout pas &#224; l'argent (on ne sait d'ailleurs m&#234;me pas d'o&#249; il vient) et &#224; sa repr&#233;sentation immobili&#232;re ou automobile. D&#233;finitivement dans le triste air du temps, bien dissimul&#233; derri&#232;re un message de tol&#233;rance envers le handicap, il pr&#233;f&#232;re les exc&#232;s de vitesse sur le p&#233;riph&#233;rique aux soir&#233;es &#224; l'op&#233;ra. Cela le rend tout de suite moins sympathique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profitant de ce temps libre, apr&#232;s avoir revu quelques p&#233;pites (&#171; The Party &#187; de Blake Edwards, &#171; L'impossible Monsieur B&#233;b&#233; &#187; de Howard Hawks&#8230;), je me suis ensuite projet&#233; un film a priori plus attrayant, &#171; Drive &#187; de Nicolas Winding Refn (2011). Je ne m'attendais pas forc&#233;ment &#224; grand-chose, autant vous dire que je n'ai pas &#233;t&#233; d&#233;&#231;u. Sur une trame pour le moins &#233;cul&#233;e (le mauvais braquage au mauvais moment), nous suivons les aventures d'un gar&#231;on aussi t&#233;n&#233;breux que silencieux (Ryan Gosling), qui r&#233;pare et conduit des voitures, pour des tournages de films comme pour des braquages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre h&#233;ros (au sourire si doux) voit un jour son existence boulevers&#233;e lorsqu'il tente de tirer de l'embarras la femme d'un repris de justice et son petit gar&#231;on. Alors que le film suit son cours sanglant, l'on peine &#224; comprendre comment ce joli gar&#231;on au charisme de Bifidus (actif quand m&#234;me) puisse avoir de telles pouss&#233;es de violence envers la mafia locale pour une cr&#233;ature aussi peu gracieuse que Carey Mulligan (alors que l'ultra gironde Christina Hendricks pourrait &#233;ventuellement plus justifier de tels d&#233;bordements), mais on se laisse n&#233;anmoins benoitement porter par l'histoire, sans lui trouver toutefois grand int&#233;r&#234;t. Plus que l'&#226;me, l'&#339;il est tour &#224; tour charm&#233; par d'assez belles sc&#232;nes contemplatives, pour &#234;tre ensuite secou&#233; par des surgissements de brutalit&#233; &#224; faire rosir Martin Scorcese.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, aussi beau que cela soit &#224; voir, c'est tout de m&#234;me un peu creux. Cette sensation est aggrav&#233;e par l'autosatisfaction que semble trouver le r&#233;alisateur &#224; faire de l'esth&#233;tisme &#224; tout crin. On ne sent pas l'accident dans la cr&#233;ation, tout est lisse, &#224; l'image de l'interpr&#232;te principal (Ryan Gosling, le ch&#233;ri de ces dames). Ce dernier pousse d'ailleurs son jeu hi&#233;ratique &#224; l'extr&#234;me, jusqu'&#224; m&#234;me dispara&#238;tre dans une longue sc&#232;ne sous un masque qui &#233;voque curieusement le Fant&#244;mas d'Andr&#233; Hunebelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne m'en veux pas, ami lecteur (si tu existes), je vais encore conserver un peu mes id&#233;es pr&#233;con&#231;ues, elles me vont bien au teint (certes un peu p&#226;le).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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