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		<title>France - Pays-Bas, Stade de France le 5 mars 2014</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Du-pain-et-des-jeu</link>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Opinion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du pain et des Jeux &lt;br class='autobr' /&gt; Autant ne pas s'en cacher, on a un rapport compliqu&#233; avec le football. S'agissant de le pratiquer, enfant, je pr&#233;f&#233;rais lire (on me mettait au goal de temps en temps quand m&#234;me), quant &#224; s'y int&#233;resser, j'ai du d&#233;crocher apr&#232;s les figurines Panini du Mondial 1982. Depuis, je me partage entre emballements faciles (coupe du Monde 1998) et d&#233;go&#251;t profond pour des abrutis en short incarnant avec un talent indiscutable le pire d'une &#233;poque consum&#233;riste et d&#233;c&#233;r&#233;br&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton361-47613.jpg?1629061813' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du pain et des Jeux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autant ne pas s'en cacher, on a un rapport compliqu&#233; avec le football. S'agissant de le pratiquer, enfant, je pr&#233;f&#233;rais lire (on me mettait au goal de temps en temps quand m&#234;me), quant &#224; s'y int&#233;resser, j'ai du d&#233;crocher apr&#232;s les figurines Panini du Mondial 1982. Depuis, je me partage entre emballements faciles (coupe du Monde 1998) et d&#233;go&#251;t profond pour des abrutis en short incarnant avec un talent indiscutable le pire d'une &#233;poque consum&#233;riste et d&#233;c&#233;r&#233;br&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224;, les enfants ont des passions qui ne sont pas forc&#233;ment les v&#244;tres et rien ne pouvait faire plus plaisir &#224; l'a&#238;n&#233; d'entre eux que d'aller voir, en vrai, un match des Bleus. Et c'est ainsi que nous part&#238;mes rejoindre la foule des grands jours en ce mercredi soir d'un hiver finissant. Sur le quai du m&#233;tro, j'ai tent&#233; de recueillir aupr&#232;s de mon fils quelques explications sur l'enjeu du match, je ne crois pas avoir forc&#233;ment tout compris, mais qu'importe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arrivant aux abords du stade, je dois avouer avoir ressenti ce frisson qui m'envahit avant les concerts. Tant de gens impatients et joyeux, c'est forc&#233;ment communicatif. Et puis, l'entr&#233;e dans l'enceinte impressionne, ce monde, ces lumi&#232;res comme en plein jour &#233;clairant nos vedettes internationales s'&#233;chauffant sur cette pelouse au vert anglais sous les premiers hourras enthousiastes (Ribery, en vrai, &#224; quelques m&#232;tres de moi !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus douloureux, en revanche, la musique en permanence (l'in&#233;vitable Pharrell Williams) et un speaker au quotient intellectuel d'hu&#238;tre avari&#233;e, venu surtout l&#224; pour nous vendre la soupe des marques parrainant l'&#233;v&#232;nement. Et la masse de se pr&#234;ter au jeu, &#224; mon grand d&#233;sespoir. Ainsi, nous &#233;tait-il demand&#233; de crier &#171; allez les bleus &#187; le plus fort possible pour gagner des &#171; goodies Carrefour &#187;. Je suis rest&#233; coi, mon fils aussi, mais l'enthousiasme de mes cong&#233;n&#232;res m'a fait de la peine, tout &#231;a pour tenter d'attraper au vol des babioles en plastique projet&#233;es par des animateurs &#224; l'aide de pistolets &#224; pression. Au secours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette pause publicitaire, la Garde R&#233;publicaine est entr&#233;e sur le terrain, dans mon esprit mal tourn&#233; a alors jailli cette pens&#233;e, le commerce puis l'arm&#233;e, les moutons sont bien gard&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, enfin, le match. Je n'y connais pas grand-chose n'est-ce pas, mais cela m'a sembl&#233; &#234;tre un beau match. Les hollandais n'ont pas beaucoup touch&#233; le ballon, ou bien ont-ils &#171; manqu&#233; de r&#233;ussite &#187;, toujours est-il qu'ils ont perdu deux &#224; z&#233;ro, buts inscrits d&#232;s la premi&#232;re mi-temps (Benzema et Matuidi). Et on peut faire le caustique, le cynique, voire le gauchiste, on ne va pas barguigner, c'est quand m&#234;me chouette un stade qui se l&#232;ve comme un seul homme quand la balle entre dans les cages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aussi en cette occasion v&#233;cu l'in&#233;vitable complicit&#233; entre spectateurs avec mes voisins, et il fallait voir le sourire goguenard de mon fils lorsqu'un honn&#234;te p&#232;re de famille a ainsi tenu &#224; deviser avec moi de l'aisance de Karim Benzema en &#233;quipe de France depuis que ce dernier joue &#224; Madrid. J'ai pris un air &#224; la fois p&#233;n&#233;tr&#233; et approbateur qui a, je crois, fait son effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la mi-temps, encore une louche de Pharrell Williams (on ne se sent pas seul quand on &#233;coute &#231;a dites donc !) et retour du sinistre speaker pour nous pr&#233;senter un &#171; challenge Cr&#233;dit Agricole &#187;. Je ne m'&#233;tends pas, j'ai d&#233;j&#224; tout dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me mi-temps n'a pas vu de buts, mais les fran&#231;ais ont continu&#233; &#224; dominer &#171; de la t&#234;te et des &#233;paules &#187; (je crois que c'est l'expression d'usage). Fort bien plac&#233;s, nous ne manquons rien ou presque des circonvolutions des joueurs (et admirons aussi de pr&#232;s d'assez beaux travaux capillaires, mention sp&#233;ciale &#224; notre num&#233;ro 19, Paul Pogba). Le spectacle est assez r&#233;jouissant et donne une toute autre sensation que celle habituellement t&#233;l&#233;visuelle. Certains choses nous &#233;chappent du fait de l'absence de vue d'ensemble, mais on se sent plus impliqu&#233; n'est-ce pas lorsqu'on hume jusqu'&#224; l'odeur de l'herbe mouill&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce match n'a sans doute pas chang&#233; grand-chose &#224; mon sentiment sur ce sport, mais pour la joie concentr&#233;e de mon fils tout du long, c'&#233;tait un moment d&#233;licieux. Et en plus, on a gagn&#233;, ce qui est encore meilleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Turkish Delight</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Opinion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est divin de marcher dans les rues d'une ville inconnue, on se sent comme soulag&#233; de son soi-m&#234;me habituel. Le sol me semble ainsi devenir un peu plus mien sous chacun de mes pas. Pass&#233; la premi&#232;re &#233;preuve du brouhaha continu et de la fureur peu contenue d'Istanbul, on r&#233;alise que l'on peut participer &#224; ses lieux, presque se les approprier. &lt;br class='autobr' /&gt; Fl&#226;ner, quelle d&#233;licieuse activit&#233;. Parler d'Istanbul, on le fera ici de mani&#232;re empirique et subjective, faute de mieux &#224; proposer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Impossible (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L112xH150/arton341-2e7b9.jpg?1629166392' class='spip_logo spip_logo_right' width='112' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est divin de marcher dans les rues d'une ville inconnue, on se sent comme soulag&#233; de son soi-m&#234;me habituel. Le sol me semble ainsi devenir un peu plus mien sous chacun de mes pas. Pass&#233; la premi&#232;re &#233;preuve du brouhaha continu et de la fureur peu contenue d'Istanbul, on r&#233;alise que l'on peut participer &#224; ses lieux, presque se les approprier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fl&#226;ner, quelle d&#233;licieuse activit&#233;. Parler d'Istanbul, on le fera ici de mani&#232;re empirique et subjective, faute de mieux &#224; proposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible d'&#233;chapper aux clich&#233;s, cette ville est le carrefour bruyant d'&#224; peu pr&#232;s tout et depuis fort longtemps. L'image la plus imm&#233;diate est celle d'une soci&#233;t&#233; sismique (image appropri&#233;e n'est-ce pas, la ville craignant les tremblements de terre), soumise &#224; des pressions incroyables, mais qui poursuit son chaotique chemin. G&#233;ographiquement, Istanbul semble le sas de tous les mondes connus. Une telle situation n'est pas sans cons&#233;quence sur la soci&#233;t&#233; qui la peuple, qui ne pourra qu'&#234;tre tiraill&#233;e entre plusieurs cultures, penchants politiques, comme aspirations religieuses. Ata T&#252;rk fut sans doute l'homme de la situation, conscient de devoir donner une ligne directrice &#224; cet ensemble h&#233;t&#233;roclite, conduisant &#224; marche forc&#233;e son pays vers une soci&#233;t&#233; la&#239;que, presque d&#233;mocratique. Aujourd'hui, le combat continue. Il m'a sembl&#233; que si les forces devaient pencher du c&#244;t&#233; obscur, la Turquie y perdrait jusqu'&#224; son identit&#233;. C'est tr&#232;s joli une nation o&#249; l'appel du muezzin n'emp&#234;che pas les filles de porter des mini-jupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sortant du c&#339;ur d'Istanbul, ce qui fut sans doute de la terre agricole est maintenant progressivement envahi par de gigantesques complexes commerciaux, &#233;videmment laids. A regarder ces endroits clinquants comme &#224; la parade, on les imagine envahis de foules assoiff&#233;es d'&#233;crans plats quand le vrai luxe est le calme. Ne le r&#233;p&#233;tez pas, m&#234;me s'il est sans doute d&#233;j&#224; trop tard, cette tranquillit&#233;, en Turquie, on la trouve sur l'&#238;le de Bozcaada. C'est beau comme une &#238;le grecque, ce qu'elle fut d'ailleurs jusqu'en 1923 (&#224; l'&#233;poque, elle s'appelait Tenedos).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout, une sensation impressionnante de jeunesse et d'&#233;nergie irrigue un pourtant bien vieux pays. Point ou presque de mendiants, mais au sein d'une soci&#233;t&#233; de plus en plus moderne, se glissent encore des charrettes &#224; bras et des cireurs de chaussures. Ici, aide toi, l'Etat ne t'aidera pas. Cela semblait enviable cette force en action sous nos yeux, m&#234;me si elle pouvait &#234;tre &#233;minemment destructrice. Ainsi, ces plages si belles souvent jonch&#233;es de d&#233;tritus, sans que cela n'&#233;meuve apparemment personne. Face &#224; un tel spectacle, cette usante conviction, l'humanit&#233; pourrait mieux faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'&#238;le, assis au soleil, je regardais autour de moi les gens rattach&#233;s &#224; la pension qui nous h&#233;bergeait s'affairer tous les jours &#224; raccommoder de vieux et jolis objets, ayant ensuite vocation &#224; d&#233;corer les lieux. R&#233;parer des choses est peut-&#234;tre l'activit&#233; la plus noble qui soit. Ils s'y mettaient &#224; plusieurs, paisiblement, avec au soir sans doute la divine sensation du devoir accompli. Il faudrait se r&#233;concilier avec le travail et se d&#233;faire du consum&#233;risme morbide. Il flotterait peut-&#234;tre un peu moins de plastique sur l'oc&#233;an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pourtant, que la montagne est belle</title>
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		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Opinion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'autre jour, j'ai appris un joli mot en anglais, &#171; cantankerous &#187;, qui signifie &#171; acari&#226;tre &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Les hasards de mouvements socioprofessionnels r&#233;cents de mon &#233;pouse m'ont r&#233;cemment livr&#233; &#224; moi-m&#234;me sur les pistes de ski de La Plagne, tout de m&#234;me &#233;paul&#233; par mes deux fils a&#238;n&#233;s. Ces deux derniers &#233;tant d&#251;ment inscrits aux cours de ski, matin et apr&#232;s-midi, c'est dans cette solitude blanche que j'ai eu tout loisir de d&#233;velopper encore un peu plus ma tendance &#224; la misanthropie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton335-ffc5e.jpg?1629166392' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'autre jour, j'ai appris un joli mot en anglais, &#171; cantankerous &#187;, qui signifie &#171; acari&#226;tre &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les hasards de mouvements socioprofessionnels r&#233;cents de mon &#233;pouse m'ont r&#233;cemment livr&#233; &#224; moi-m&#234;me sur les pistes de ski de La Plagne, tout de m&#234;me &#233;paul&#233; par mes deux fils a&#238;n&#233;s. Ces deux derniers &#233;tant d&#251;ment inscrits aux cours de ski, matin et apr&#232;s-midi, c'est dans cette solitude blanche que j'ai eu tout loisir de d&#233;velopper encore un peu plus ma tendance &#224; la misanthropie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas eu &#224; me forcer. A la laideur de l'empreinte humaine en des lieux qui n'ont certainement pas d&#251; manquer d'allure il y a &#224; peine cent ans (la montagne en somme), se sont ajout&#233;s moult &#233;piph&#233;nom&#232;nes de nature &#224; me rendre encore plus grincheux, presque jusqu'&#224; la douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Plagne est une station laide qui s'&#233;tend sur plusieurs sites &#8211; tant qu'&#224; faire &#8211; et qui nous rappelle que ce n'est pas forc&#233;ment une bonne id&#233;e que de laisser la montagne aux montagnards. Les cons&#233;quences de l'app&#226;t du gain ne sont pas que dans vos assiettes, vous les trouverez aussi sur les sommets enneig&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce souci de construire artificiellement un univers qui ne soit surtout pas en ad&#233;quation avec les lieux se retrouve aussi dans cette invasion permanente de &#171; musique &#187; assen&#233;e &#224; nos oreilles d&#233;j&#224; refroidies par l'altitude. Nous est ainsi inflig&#233;, m&#234;me sur les pistes, le pire de toutes les &#233;poques de la &#171; pop &#187;, fran&#231;aise comme internationale (le gnamgnam machin, mais aussi des scies d'Etienne Daho, j'ai du entendre au moins trois fois &#171; week-end &#224; Rome &#187; en une semaine). Musique partout, m&#233;lomanie nulle part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, j'ai vu les marques de friandises envahir les pistes de ski, entre les concours idiots organis&#233;s par le chocolat Milka et les comp&#233;titions amateurs de l'Ecole du Ski Fran&#231;ais parrain&#233;es par Haribo. Ces derni&#232;res &#233;taient quand m&#234;me factur&#233;es aux participants (5 euros) et il e&#251;t fallu voir la figure outr&#233;e de la guicheti&#232;re de l'ESF quand je lui d&#233;clarais que je ne voyais pas comment pouvait-&#234;tre payante une op&#233;ration de parrainage publicitaire. &#171; Mais enfin Monsieur, quand m&#234;me, il y a des lots !! &#187;. &#171; Oui, Madame, c'est justement une des nombreuses formes que prend la publicit&#233; &#187;. C'est fou comme les gens sont bien install&#233;s dans le moule du capitalisme, pourvu que &#231;a dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, s'il faut reconna&#238;tre que la doudoune multicolore a un peu recul&#233; sur les &#233;tendues enneig&#233;es des Alpes, le souci de l'accessoire idiot a fait que nombre de plus ou moins jeunes skient (ou surfent) avec une cam&#233;ra viss&#233;e sur le casque, sans doute pour pouvoir mirer leurs performances &#224; l'heure du vin chaud, au risque de vomir leur quatre heures fait de friandises industrielles. La contemplation de soi a de beaux jours devant elle, et je n'ose imaginer les soir&#233;es de projection qui s'ensuivent, autrefois qualifi&#233;es de &#171; diapo &#187;, devenues depuis &#171; vid&#233;o &#187;, pour un r&#233;sultat encore moins palpitant, mais infiniment plus naus&#233;eux. Las, nos semblables d&#233;couvriront-ils peut-&#234;tre un jour que, non, nous ne sommes pas tous ni des sportifs, ni des cin&#233;astes accomplis. Mais enfin, du moment que cela se t&#233;l&#233;charge sur You Tube, le consommateur moderne est content.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la montagne, la vulgarit&#233; y semble pourtant moins pr&#233;gnante qu'ailleurs. Faites donc une randonn&#233;e en Corse au mois d'ao&#251;t pour achever de vous en convaincre. Las, l'hiver venu, il faut croire que le froid ne fait plus peur &#224; personne. Cela m'attriste quand le monde est moins joli, m&#234;me si peut-&#234;tre, &#224; mon corps d&#233;fendant, je participe &#224; ce mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, c'est quand m&#234;me un bien joli mouvement que de glisser sur la neige. D'ailleurs &#231;a me manque d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Stairway to Heaven</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Opinion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cette semaine, le d&#233;put&#233; Patrick Roy a eu la mauvaise id&#233;e de quitter d&#233;finitivement l'h&#233;micycle, en quelque sorte, &#171; Elvis has left the building &#187;. Voil&#224; un de mes semblables que je regretterai am&#232;rement et qui ne m'a jamais sembl&#233; m&#233;diocre. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai eu le plaisir de le rencontrer deux fois et de deviser avec lui. J'avais auparavant &#233;t&#233; charm&#233; par ce d&#233;put&#233;, pour l'avoir vu &#233;voquant sur les bancs de l'Assembl&#233;e les m&#233;rites compar&#233;s de groupes comme Mass Hysteria ou Gojira, afin d'&#233;tayer un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton282-d262d.jpg?1629166392' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette semaine, le d&#233;put&#233; Patrick Roy a eu la mauvaise id&#233;e de quitter d&#233;finitivement l'h&#233;micycle, en quelque sorte, &#171; &lt;i&gt;Elvis has left the building&lt;/i&gt; &#187;. Voil&#224; un de mes semblables que je regretterai am&#232;rement et qui ne m'a jamais sembl&#233; m&#233;diocre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai eu le plaisir de le rencontrer deux fois et de deviser avec lui. J'avais auparavant &#233;t&#233; charm&#233; par ce d&#233;put&#233;, pour l'avoir vu &#233;voquant sur les bancs de l'Assembl&#233;e les m&#233;rites compar&#233;s de groupes comme Mass Hysteria ou Gojira, afin d'&#233;tayer un discours sur la loi HADOPI ou sur le soutien &#224; la cr&#233;ation musicale fran&#231;aise. Une fois le c&#244;t&#233; folklorique d&#233;pass&#233; (le &#171; &lt;i&gt;rock metal&lt;/i&gt; &#187; comme on dit au Palais-Bourbon), force est de constater qu'&#224; droite comme &#224; gauche, il &#233;tait reconnu comme un travailleur acharn&#233; de dossiers, n'oubliant jamais au contact de ses administr&#233;s (la ville de Denain) la r&#233;alit&#233; du quotidien des &#233;lecteurs. On en serait venu avec lui &#224; militer pour le cumul des mandats !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avions rencontr&#233; au Trabendo lors d'un concert de Mastodon. Il &#233;tait l&#224;, portant comme de coutume veste rouge et cravate, accompagn&#233; de son fils, visiblement fid&#232;le &#224; ses convictions comme &#224; ses go&#251;ts. Nous avions devis&#233; dans la nuit et ce dernier avait compar&#233; tr&#232;s justement le groupe que nous venions de voir au King Crimson des ann&#233;es 70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin dernier, on pouvait le voir sur les pelouses du Hellfest, nous nous sommes salu&#233;s et avons convenu que le spectacle du metal international avait infiniment plus d'allure que les milliardaires en shorts s&#233;vissant au m&#234;me moment en Afrique du Sud (&#233;voquant la gr&#232;ve des joueurs fran&#231;ais lors de la Coupe du monde de football 2010, propos qu'il r&#233;it&#233;rera d'ailleurs dans une interview au Monde).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, en d&#233;cembre, la nouvelle de sa maladie nous est parvenue. Nous lui avons &#233;crit afin de l'assurer de notre soutien, on ne sait s'il a jamais r&#233;ceptionn&#233; ce message, mais Patrick Roy &#233;tait homme &#224; appr&#233;cier dans la souffrance ce genre de manifestation sinc&#232;re d'affection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre toute attente, il est revenu au mois de mars 2011 &#224; l'Assembl&#233;e Nationale, gr&#226;ce &#224; une r&#233;mission extraordinaire &#224; laquelle on voulait croire, l'ayant comme extirp&#233; du territoire des morts. De ce s&#233;jour pr&#232;s des limbes, il avait gard&#233; tous les stigmates, le corps maigre et la voix encore incertaine. A l'issue de son tr&#232;s beau discours, l'Assembl&#233;e s'est lev&#233;e pour l'applaudir et on a eu envie de croire &#224; la vie comme &#224; la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y a pas de miracle, il nous a finalement quitt&#233;s, laissant notamment derri&#232;re lui une foule immense de chevelus en larmes qui ne manquera pas de le saluer une derni&#232;re fois sur les pelouses de Clisson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un journaliste faisant &#233;tat de sa disparition, concluait son article en ces termes : &#171; &lt;i&gt;Cet homme appelait un seul mot : respect &lt;/i&gt; &#187;. On ne saurait mieux dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>God hates us all</title>
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		<dc:date>2011-04-21T12:58:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Opinion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Manu Larcenet est un auteur de bandes-dessin&#233;es. Pour le moins prolixe et &#233;clectique, il publie beaucoup, dans des genres tr&#232;s divers, de la veine humoristique Fluide Glacial (d'o&#249; il vient), &#224; des choses intimes, parfois dr&#244;les (le best-seller &#171; Le retour &#224; la Terre &#187;), parfois plus graves et m&#233;lancoliques (&#171; Le Combat Ordinaire &#187;). &lt;br class='autobr' /&gt; Il a quelque peu interrompu le flux continu de sa production pour entamer son grand &#339;uvre en noir et blanc : &#171; Blast &#187;. Le tome deux vient de para&#238;tre et je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Manu Larcenet est un auteur de bandes-dessin&#233;es. Pour le moins prolixe et &#233;clectique, il publie beaucoup, dans des genres tr&#232;s divers, de la veine humoristique Fluide Glacial (d'o&#249; il vient), &#224; des choses intimes, parfois dr&#244;les (le best-seller &#171; Le retour &#224; la Terre &#187;), parfois plus graves et m&#233;lancoliques (&#171; Le Combat Ordinaire &#187;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il a quelque peu interrompu le flux continu de sa production pour entamer son grand &#339;uvre en noir et blanc : &#171; Blast &#187;. Le tome deux vient de para&#238;tre et je peine &#224; trouver lecture plus intense, s'agissant surtout d'un ouvrage avec des dessins et des bulles. C'est l'histoire d'un homme tr&#232;s gros et tr&#232;s seul, que l'on accuse d'avoir sauvagement assassin&#233; une femme, sans plus de d&#233;tails &#224; ce stade de la progression de l'histoire. Il est au commissariat, interrog&#233; par deux policiers. Et il livre le r&#233;cit d'une incroyable errance en territoire fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec distance, cet &#233;trange bonhomme d&#233;crit son projet d'abandon absolu de soi, seul dans la nature et vautr&#233; plus que de raison dans l'alcool (ou autre substance). Le but &#233;tant de parvenir au &#171; blast &#187;, &#224; une sensation de pl&#233;nitude totale. Sans jamais se d&#233;partir de son intelligence et d'un regard subtil sur le monde de ses semblables, il raconte inlassablement, jusqu'&#224; l'&#233;c&#339;urement, &#224; des policiers qui n'&#233;coutent ce long r&#233;cit que pour essayer d'y tirer des &#233;l&#233;ments leur permettant d'avancer dans leur enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de ce qui fait l'&#234;tre humain et sa mal&#233;diction ne nous est &#233;pargn&#233; dans cet &#233;pais album &#224; la beaut&#233; indiscutable et singuli&#232;re. Le sang, la sueur, les larmes, avec des instants d'une beaut&#233; totale dans lesquels notre &#233;trange h&#233;ros se vautre absolument. Il en est notamment ainsi d'un concert de plein air dans lequel il se trouve un peu par hasard, fuyant pourtant la foule depuis le d&#233;but de son odyss&#233;e. Larcenet est m&#233;lomane au sens o&#249; je l'entends et dessine ici quelque chose qu'il conna&#238;t parfaitement. Et je n'ai, je crois, jamais vu ce que c'est qu'une exp&#233;rience de concert de musique brutale et int&#232;gre aussi bien d&#233;crite. J'ai imm&#233;diatement pens&#233; &#224; des sensations rencontr&#233;es lors de concerts de Tool, Mastodon ou Gojira (et tant d'autres). Du son produit par les instruments jaillissent la nature et l'intensit&#233; du monde. On est comme rempli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On termine ce deuxi&#232;me volume secou&#233; et m&#233;lancolique, mais riche d'une exp&#233;rience indiscutablement litt&#233;raire, avec d&#233;j&#224; l'attente du troisi&#232;me volume chevill&#233;e &#224; l'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre genre, la vision du documentaire de Patrick Rotman sur Mitterrand me fascine litt&#233;ralement. Le g&#233;nie politique, mais aussi le g&#233;nie litt&#233;raire et surtout le refus de se laisser abattre. Comme le dit Rousselet, Mitterrand s'int&#233;ressait &#224; la politique, mais &#224; tant d'autres choses encore. A la vie en fait. Bien s&#251;r, le personnage peut para&#238;tre r&#233;vulsant (surtout si on est de droite !) avec son art consomm&#233; de tourner habilement sa veste. Mais voil&#224;, ma vision n'est certainement pas objective, ce personnage, lorsque j'&#233;tais enfant, a incarn&#233; pour partie les r&#234;ves de mes parents. Mais du r&#234;ve &#224; l'illusion perdue, il n'y avait un pas qui a &#233;t&#233; franchi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci pos&#233;, &#224; l'&#233;poque, force est de constater que l'on savait &#233;crire et s'exprimer. La vie politique n'&#233;tait peut-&#234;tre pas plus propre, mais elle &#233;tait mieux tourn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vive le Qu&#233;bec libre</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Opinion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lorsque j'&#233;tais enfant, je d&#233;vorais notamment les ouvrages de James Olivier Curwood et Jack London. Si par miracle, un peu de neige tombait, j'enfilais ma veste en peau de mouton et sortait dans le jardin r&#234;ver &#233;veill&#233; une vie comme dans un livre. Je me voyais trappeur au Canada, et transformait les biscuits au gingembre de chez Marks &amp; Spencer en galettes de pemmican mang&#233;es par les coureurs des bois d'autrefois. Et puis, la semaine derni&#232;re, j'ai conduit dans la for&#234;t qu&#233;b&#233;coise un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lorsque j'&#233;tais enfant, je d&#233;vorais notamment les ouvrages de James Olivier Curwood et Jack London. Si par miracle, un peu de neige tombait, j'enfilais ma veste en peau de mouton et sortait dans le jardin r&#234;ver &#233;veill&#233; une vie comme dans un livre. Je me voyais trappeur au Canada, et transformait les biscuits au gingembre de chez Marks &amp; Spencer en galettes de pemmican mang&#233;es par les coureurs des bois d'autrefois. Et puis, la semaine derni&#232;re, j'ai conduit dans la for&#234;t qu&#233;b&#233;coise un tra&#238;neau tir&#233; par des chiens. La vie ne vous offre pas souvent la possibilit&#233; joyeuse de rejoindre la fiction. Croyez-moi, j'ai bouff&#233; cet instant avec un app&#233;tit d'enfant. Peut-&#234;tre qu'en vieillissant dans les villes, l'on devient plus rousseauiste et moins voltairien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les hasards de la vie nous ont en effet amen&#233; au Qu&#233;bec au d&#233;but de l'hiver. L&#224;-bas, l'hiver n'est pas une vue de l'esprit, il y a de la neige et vive le vent. C'est rassurant un pays o&#249; les saisons sont on ne peut plus orthodoxes. Et puis, le froid sec et vif, pour peu qu'on soit bien &#233;quip&#233;, c'est toujours mieux que ce sinistre crachin qui tombe sur nos t&#234;tes de chiens de parisiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la neige, c'est merveilleux. Lorsque le paysage se para&#238;t de blanc, c'est comme si la course du temps freinait quelque peu, nous donnant un semblant de r&#233;pit. Au c&#339;ur du Mont-Royal montr&#233;alais comme dans les for&#234;ts des Laurentides, un calme bienveillant nous envahit et on ne voudrait plus partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce pays o&#249; tout semble nord-am&#233;ricain, la langue semble toujours incongrue. Le Qu&#233;bec est anglo-saxon depuis le 10 f&#233;vrier 1763 et pourtant, m&#234;me dans les trous perdus qui &#233;voquent des films comme &#171; Fargo &#187;, tout est en fran&#231;ais, de l'h&#244;tel de ville &#224; la quincaillerie. La francophonie n'est donc pas ici un fant&#244;me louisianais. Ca force le respect dans notre pays o&#249; le mot &#171; rentable &#187; a &#233;t&#233; remplac&#233; par &#171; profitable &#187;, anglicisme inutile et moche. Cela &#233;tant, nous avons un Pr&#233;sident qui ne sait pas parler le fran&#231;ais et qui ignore l'anglais, ph&#233;nom&#232;ne &#233;galement totalement improbable dans la Belle Province. Les qu&#233;b&#233;cois diront chien chaud plut&#244;t que hot-dog, contre toute logique historique et g&#233;ographique, mais n'en ma&#238;trisent pas moins la langue de Shakespeare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre chose appr&#233;ciable dans cette lointaine contr&#233;e, les gens sont agr&#233;ables. Ca n'a l'air de rien, mais des restaurateurs qui ne vous battent pas froid quand vous arrivez avec des enfants, c'est plaisant. De m&#234;me, les passages pi&#233;tons sont &#224; peine marqu&#233;s au sol puisque les voitures s'arr&#234;tent quand un &#234;tre humain se pr&#233;sente. Je ne sais si c'est le froid qui pousse les gens &#224; plus de douceur, toujours est-il que c'est pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de rejoindre les for&#234;ts bordant le lac Sacacomie, une telle ambiance nous a m&#234;me pouss&#233;s &#224; des d&#233;lices pervers comme aller assister &#224; un match de hockey. Ca va tr&#232;s vite, on ne comprend rien, sauf qu'il y a plein de buts et qu'on a le droit de se battre. On attaque tout le temps et on se d&#233;fend comme on peut, voil&#224; qui ne risque pas de g&#233;n&#233;rer l'ennui. Depuis &lt;i&gt;Gladiator&lt;/i&gt;, je n'avais autant ri. &#171; Go Montr&#233;al Go &#187;. J'ai &#233;galement appr&#233;ci&#233; les fans f&#233;minines des joueurs, blondes &#224; fortes fesses et jeans taille basse. A chaque action, elles se dressaient pour encourager le m&#226;le, puis se rasseyaient avec un in&#233;vitable tortillement fessier pour faire remonter le pantalon dans une position d&#233;cente. Et oui, m&#234;me quand il fait froid, rien ne m'&#233;chappe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut quitter la ville, parcourir ces kilom&#232;tres de froide campagne d&#233;serte ou presque, et rejoindre la nature, les grands espaces o&#249; croiser loup ou indien ne semblerait pas incongru. &lt;i&gt;Into the wild&lt;/i&gt;, mais dans une version moins int&#233;griste et beaucoup plus confortable. Au-dessus du grand lac, avec les for&#234;ts &#224; perte de vue. Dans une telle ambiance, le soir de No&#235;l, je me suis abandonn&#233; &#224; ma premi&#232;re c&#233;l&#233;bration religieuse de No&#235;l, dans une cabane au fond des bois (par moins 17, la ballade nocturne fut vivifiante). C'&#233;tait d'un ennui abyssal et anim&#233; par la C&#233;line Dion du village voisin (chaque fois qu'elle s'emparait du micro, mon fils a&#238;n&#233; grima&#231;ait de souffrance), mais il y avait un peu de la magie de No&#235;l, sans doute gr&#226;ce &#224; cette candeur des gens qui vivent loin de l'Europe. Et puis dimanche, le P&#232;re No&#235;l est arriv&#233; en tra&#238;neau &#224; chiens. On a beau savoir qu'il n'existe pas, c'est quand m&#234;me joli la paix sur le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pluie sur le bitume parisien, je me suis pris &#224; avoir froid ce matin. Je n'en reviens pas d'&#234;tre rentr&#233;, quelle dr&#244;le d'id&#233;e ?!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait ma derni&#232;re chronique pour 2010, bonne ann&#233;e &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.S. vite fait : j'avais rat&#233; les r&#233;cents &lt;i&gt;Le Ruban Blanc&lt;/i&gt; de Haneke et &lt;i&gt;Tourn&#233;e&lt;/i&gt; d'Amalric, ces films ont finalement &#233;t&#233; vus en s&#233;ance de rattrapage &#224; la maison. On ne nous avait pas menti, il s'agit de deux chefs d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sinon, je lis la biographie savante en trois volumes de Frank Zappa par Christophe Delbrouck. Avec des &#233;claircissements certes parfois un peu tortueux, j'en viens &#224; appr&#233;cier encore plus la musique du moustachu. Il n'y a vraiment pas de mal &#224; recueillir quelques explications lorsque l'artiste est si exigeant, avec lui-m&#234;me comme avec son public. &#171; Hot Rats &#187;, &#171; Chunga's Revenge &#187; et le live au Hammersmith Odeon r&#233;cemment &#233;dit&#233; sont en boucle sur la platine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, pour 2011, on chuchote que le meilleur groupe du monde, les canadiens de Rush, feraient un crochet par la France lors de leur p&#233;riple europ&#233;en du printemps. J'ai envie de croire au P&#232;re No&#235;l.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Parakalo</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Opinion</dc:subject>

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&lt;p&gt;Enfant, je suis all&#233; en Gr&#232;ce avec mes parents, nous avions lou&#233; un voilier. J'en conserve des souvenirs toujours vivaces, de toute nature. Ainsi, la fille d'amis de mes parents, un peu plus &#226;g&#233;e que moi, alors que je me tenais &#224; l'entr&#233;e du bateau &#233;tait arriv&#233;e derri&#232;re moi et m'avait subrepticement caress&#233; le cou, d&#233;clenchant chez moi un trouble extr&#234;me. Je me souviens &#233;galement d'un matin o&#249; je m'&#233;tais r&#233;veill&#233; avant tout le monde et &#233;tait mont&#233; sur le pont retrouver mon p&#232;re qui tenait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton255-12a0e.jpg?1629166392' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Enfant, je suis all&#233; en Gr&#232;ce avec mes parents, nous avions lou&#233; un voilier. J'en conserve des souvenirs toujours vivaces, de toute nature. Ainsi, la fille d'amis de mes parents, un peu plus &#226;g&#233;e que moi, alors que je me tenais &#224; l'entr&#233;e du bateau &#233;tait arriv&#233;e derri&#232;re moi et m'avait subrepticement caress&#233; le cou, d&#233;clenchant chez moi un trouble extr&#234;me. Je me souviens &#233;galement d'un matin o&#249; je m'&#233;tais r&#233;veill&#233; avant tout le monde et &#233;tait mont&#233; sur le pont retrouver mon p&#232;re qui tenait la barre. Un ciel rose s'&#233;levait sur une mer d'huile et tout &#224; coup des dauphins ont saut&#233; hors de l'eau. &#199;a fait un peu carte postale comme souvenir, mais j'en conserve une image d'une beaut&#233; stup&#233;fiante et profond&#233;ment apaisante. Enfin, je n'ai jamais oubli&#233; un aurige en bronze &#224; Delphes dont le regard m'avait sembl&#233; &#233;trangement vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, ce qui reste merveilleux en Gr&#232;ce, et dans les Cyclades en l'occurrence, c'est la possibilit&#233; de pouvoir s'&#233;chapper de plages parfois envahies (quoique, on trouve quand m&#234;me de jolies &#233;tendues de sable calmes et isol&#233;es), pour se rendre dans les terres et d&#233;couvrir des sites magiques (le temple de D&#233;m&#233;ter &#224; Naxos, l'ancienne Minoa &#224; Amorgos&#8230;). Et tout &#224; coup, on est comme des enfants parcourant l'Atlantide, l'imagination enflamm&#233;e par la trace de mondes disparus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Cyclades, ce sont &#233;videmment des paysages sublimes, comme seules les &#238;les en offrent, fr&#234;les esquifs de terre et de pierre au milieu de l'oc&#233;an. A Amorgos, je retournais sans cesse sur notre terrasse, dans les hauteurs face &#224; la mer, comme pour v&#233;rifier qu'une vue aussi belle puisse vraiment exister. Toujours pr&#233;sente et toujours changeante au gr&#233; des lumi&#232;res de la continuit&#233; du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement le pays des couchers de soleil, de Paros &#224; Santorin face &#224; la Caldeira, en passant par la porte d'Apollon &#224; Naxos, nous avons vu tant de fois le soleil mourir dans la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;-bas, le soleil se m&#234;le au vent (le Meltem). Ces &#233;l&#233;ments conjugu&#233;s contribuent &#224; une forme d'&#233;rotisation de l'atmosph&#232;re. Eole, de son souffle, plaque les v&#234;tements l&#233;gers des femmes et soul&#232;ve leurs jupes, et je n'y fus pas insensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'&#233;t&#233; avan&#231;ant au fur et &#224; mesure de notre p&#233;riple, nous avons vu la foule touristique arriver, et une humanit&#233; repue se ruer aux portes des vacances en perdant toute forme de distinction et d'&#233;l&#233;gance (surtout &#224; Santorin). Force est notamment de constater que Paris Hilton a fait beaucoup de mal &#224; la gent f&#233;minine. Il me fut impossible de d&#233;nombrer le nombre de grues, plus ou moins cendr&#233;es, portant lunettes de mouche et chapeaux de cowboy en paille. Comme alternative, il y a les Ray-Ban. En gros, l'alternative optique solaire f&#233;minine, d&#232;s que l'on descend sous la Loire, c'est Paris Hilton ou Nicolas Sarkozy&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tour de taille n'&#233;tant pas toujours en ad&#233;quation avec le look, le port du short en jean (un &#171; must have 2010 &#187; comme on dit dans Elle) donnait des r&#233;sultats amusants. Port&#233;s tr&#232;s pr&#232;s du corps, il obligeait les jeunes grecques arriv&#233;es &#224; la plage &#224; un lent et parcimonieux d&#233;shabillage afin d'arriver &#224; l'&#244;ter sans emporter le maillot de bain en m&#234;me temps. On se serait cru &#224; Rio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les gar&#231;ons, le concours du tee-shirt laid et stupide est sans cesse relanc&#233;. De la marque de sport affich&#233;e en gros (mais pourquoi vouloir se promener avec Nike &#233;crit en gros sur soi ?) au slogan imb&#233;cile (le pire, &#171; Party Animal &#187;, qui se porte avec beaucoup de gel dans les cheveux orientant la masse capillaire selon le sens du vent). A Paros, j'ai retrouv&#233; le moral lorsque j'ai crois&#233; &#224; l'h&#244;tel un type avec un tee-shirt Joy Division, comme une apparition souveraine et inattendue (&lt;i&gt;Unknown Pleasures&lt;/i&gt;). De m&#234;me dans les rue de Chora &#224; Amorgos ai-je f&#233;licit&#233; le porteur d'un tee-shirt Mastodon qui en sembla &#233;tonn&#233; et ravi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tee-shirt est un langage en soi et il peut d'ailleurs s'av&#233;rer utile &#224; l'&#233;tranger. Ainsi, le tenancier de notre pension &#224; Amorgos &#233;tait pour le moins distant et bougon jusqu'au jour o&#249; j'ai pris mon petit-d&#233;jeuner avec un tee-shirt &lt;i&gt;Rock n'Roll Over&lt;/i&gt; (Kiss). Il est venu s'asseoir avec nous et nous sommes devenus les meilleurs amis du monde (je lui ai m&#234;me pr&#234;t&#233; des disques, c'est dire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques plaisirs adjacents et simultan&#233;s qui pourront peut-&#234;tre servir &#224; d'autres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Play-list&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Danko Jones &lt;i&gt;Below The Belt&lt;/i&gt; (2010)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Twisted Sister &lt;i&gt;Stay Hungry&lt;/i&gt; (1984) : apr&#232;s le Hellfest, le titre &#171; We're not gonna take it &#187; fit un parfait hymne des vacances&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Stone Temple Pilots, le nouveau (2010 donc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Divine Comedy &lt;i&gt;Bang Goes The Knighthood&lt;/i&gt; (2010)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mondo Cane (2010)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deftones &lt;i&gt;Diamond Eye&lt;/i&gt; (2010)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Mc Cartney &lt;i&gt;Back to the Egg&lt;/i&gt; (1979) : chef d'&#339;uvre jusqu'alors inconnu de mes services. A noter la participation sur deux titres de la rythmique de Led Zeppelin. Avec un peu de temps, j'aurais s&#251;rement pu vous faire une th&#232;se sur ce m&#233;lange hautement explosif (&#171; De la capacit&#233; m&#233;lodique de Macca plong&#233;e dans la forge zeppelinienne &#187;, ce genre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UFO &lt;i&gt;Lights Out&lt;/i&gt; (1977) : chef d'&#339;uvre de heavy rock 70's.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Read-list&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Russel Banks &lt;i&gt;Histoire de r&#233;ussir&lt;/i&gt; : bien, mais ce sont des nouvelles. Et c'est un peu court les nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shalom Auslander &lt;i&gt;La Lamentation du Pr&#233;puce&lt;/i&gt; : irrespectueux, hilarant et cruel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Harper Lee &lt;i&gt;To Kill A Mockingbird&lt;/i&gt; : lu dans le texte je vous prie. Un classique qui n'usurpe pas sa r&#233;putation, d'autant que la narration par une petite fille est un exercice p&#233;rilleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jos&#233; Carlos Somoza &lt;i&gt;La Caverne des Id&#233;es&lt;/i&gt; : ayant lu tout ce que j'avais emport&#233;, j'ai piqu&#233; &#231;a &#224; ma ch&#232;re et tendre. Polar philosophique dans la Gr&#232;ce antique, c'&#233;tait indiscutablement impeccablement choisi g&#233;ographiquement parlant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;lections britanniques - sur le terrain</title>
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		<dc:date>2010-05-08T13:32:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Virginie</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Opinion</dc:subject>

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&lt;p&gt;R&#233;sidente de Londres, Virginie nous donne un bref aper&#231;u du d&#233;roulement pour le moins chaotique des &#233;lections d'outre Manche. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce pays est fantastique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis donc all&#233;e voter hier (municipales qui ont co&#239;ncide avec les &#034;pr&#233;sidentielles&#034;) et quelle n'a pas &#233;t&#233; ma surprise de voir qu'il n'y aucun contr&#244;le d'identit&#233; (et beaucoup de cartes d'&#233;lecteur ont &#233;t&#233; envoy&#233;es &#224; des enfants. Tu peux ensuite les distribuer &#224; tes amis qui peuvent voter plusieurs fois) et qu'il faut mettre des croix (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sidente de Londres, Virginie nous donne un bref aper&#231;u du d&#233;roulement pour le moins chaotique des &#233;lections d'outre Manche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce pays est fantastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis donc all&#233;e voter hier (municipales qui ont co&#239;ncide avec les &#034;pr&#233;sidentielles&#034;) et quelle n'a pas &#233;t&#233; ma surprise de voir qu'il n'y aucun contr&#244;le d'identit&#233; (et beaucoup de cartes d'&#233;lecteur ont &#233;t&#233; envoy&#233;es &#224; des enfants. Tu peux ensuite les distribuer &#224; tes amis qui peuvent voter plusieurs fois) et qu'il faut mettre des croix sur son bulletin de vote au crayon &#224; papier. Tr&#232;s d&#233;suet, tout &#224; fait charmant. L'isoloir o&#249; on ne s'isole pas (dans mon souvenir je n'ai pas vu de rideau), l'urne : un carton de d&#233;m&#233;nagement avec un trou au milieu, et hop &#224; Cr&#233;teil !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir (o&#249; les premiers sondages ne sortent pas avant 10 heures et les r&#233;sultats s'&#233;gr&#232;nent tout au long de la nuit - compl&#232;tement con comme syst&#232;me), une pure merveille !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors voici la recette &#224; donner &#224; tout homme politique d&#233;sireux d'engager une proc&#233;dure judiciaire : les bureaux de vote sont ouverts de 7 &#224; 22 heures. A l'heure de la fermeture plusieurs cas de figure peuvent se pr&#233;senter : les portes ferment &#224; 22 heures devant une file d'attente de 200 personnes qui donc n'ont pas pu voter (Manchester), les gens qui attendent sont tous pouss&#233;s dans le bureau de vote &#224; 22 heures et on les enferme a cl&#233; (Birmingham), le bureau de vote ferme 10 minutes ou une demi heure en retard (sud de Londres)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ne soyez pas inquiets, l'&#233;l&#233;ment comique n'&#233;tait pas absent de ce chaos gr&#226;ce (i) aux listes &#233;lectorales p&#233;rim&#233;es : &#034;- Monsieur Dick ? Mais vous n'&#234;tes pas sur la liste. - Vous vous foutez de moi j'habite &#224; deux rues depuis un an ! - Ah ben d&#233;sol&#233;e, j'ai eu des probl&#232;mes informatiques et j'ai du prendre la liste de la derni&#232;re &#233;lection, celle d'y a quatre ans... Pas grave on se retrouvera aux prochaines ! - C'est embarrassant. Bien le bonjour chez vous.&#034; (Monsieur Dick est un Anglais poli) et (ii) aux ruptures de stock de bulletins de vote : &#034;- Et bien darling Ginette, ou sont les bulletins de vote ? -Y en a plus. - T'as pris le deuxi&#232;me carton dans la r&#233;serve ? - Nan c'&#233;tait trop lourd et la derni&#232;re fois personne n'est venu voter donc j'ai du les rapporter chez moi le soir - Alors, on fait quoi ? Il est 3 heures ? - On va au Pub ? - OK&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne journ&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Virginie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La mer et l'am&#232;re</title>
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		<dc:date>2010-05-04T09:48:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Opinion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand je marche ou p&#233;dale sur le chemin qui longe la mer &#224; Pr&#233;failles, avec mes fils, les gens me sourient et parfois m&#234;me me disent bonjour. Comme &#231;a gratuitement, sans se conna&#238;tre, juste parce que l'on se croise avec la mer pour horizon et, parfois, le soleil. Dans la mesure o&#249; mon &#233;tat d'esprit oscille g&#233;n&#233;ralement volontiers entre la m&#233;lancolie et la noirceur, je trouve ces occasionnelles et fugaces rencontres assez roboratives. &lt;br class='autobr' /&gt; Sinon, pour une fois, je voudrai vous parler d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L112xH150/arton243-64796.jpg?1629166393' class='spip_logo spip_logo_right' width='112' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand je marche ou p&#233;dale sur le chemin qui longe la mer &#224; Pr&#233;failles, avec mes fils, les gens me sourient et parfois m&#234;me me disent bonjour. Comme &#231;a gratuitement, sans se conna&#238;tre, juste parce que l'on se croise avec la mer pour horizon et, parfois, le soleil. Dans la mesure o&#249; mon &#233;tat d'esprit oscille g&#233;n&#233;ralement volontiers entre la m&#233;lancolie et la noirceur, je trouve ces occasionnelles et fugaces rencontres assez roboratives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sinon, pour une fois, je voudrai vous parler d'un livre. Je ne sais pas pourquoi j'ai du mal &#224; vous parler de livres. Il y a peut-&#234;tre dans la lecture la disparition de la forme d'imm&#233;diatet&#233; que l'on peut trouver dans la musique et le cin&#233;ma. L'exercice est n&#233;cessairement plus long et se pr&#234;te sans doute moins &#224; la rapide chronique par les voies &#233;lectroniques. Mais quand m&#234;me, parfois, il me semble imp&#233;ratif de s'essayer &#224; cette t&#226;che, lorsque le livre est important, lorsqu'il me semble dommage de vous laisser passer &#224; c&#244;t&#233; de quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, si je lis peu de litt&#233;rature contemporaine, je suis bien trop snob, je me plonge toutefois parfois dans des essais, des biographies, ce genre de prose. Ainsi, par curiosit&#233; pour la d&#233;marche, par int&#233;r&#234;t pour la personne, j'ai lu (d&#233;vor&#233; serait un terme plus adapt&#233;, m&#234;me si assez commun) &lt;i&gt;Le quai de Ouistreham&lt;/i&gt; de Florence Aubenas. Une t&#234;te de gondole dans les bonnes librairies, mais sans doute aussi un livre tr&#232;s important sur le pays dans lequel on vit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans jamais nous mettre en avant un ego de journaliste, dans un style serr&#233; et ramass&#233; mais que l'on peut qualifier d'&#233;l&#233;gant, Florence Aubenas nous d&#233;crit une r&#233;alit&#233; que l'on c&#244;toie, g&#233;n&#233;ralement sans la voir. La France pr&#233;caire peut &#234;tre touch&#233;e du doigt, il suffit d'essayer. Voir et comprendre, du vrai boulot de journaliste, infiniment respectable et salutaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#034;D'autres Vies que la Mienne&#034; d'Emmanuel Carr&#232;re</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Page-turner</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.soundsmag.org/Page-turner</guid>
		<dc:date>2009-09-23T13:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Opinion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De quoi &#231;a parle, de la vie, pas moins, pas plus. Mais de la mort aussi, et la plus insupportable qui soit, pas la n&#244;tre, mais celle de ceux que l'on ch&#233;rit le plus. La perte d'un proche, la sensation de vide int&#233;gral que cela laisse derri&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Emmanuel Carr&#232;re est beau, il est c&#233;l&#232;bre, il est dans le show-business. Il tra&#238;ne une aura de d&#233;glingue light, plus Lexomil que pipe de crack, plus bon Bordeaux que Villageoise. Il se met au d&#233;fi, pour ce bouquin, de parler d'autres que lui, sans au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.soundsmag.org/+-Politique,10-+" rel="tag"&gt;Opinion&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton214-9fbdc.jpg?1629166393' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De quoi &#231;a parle, de la vie, pas moins, pas plus. Mais de la mort aussi, et la plus insupportable qui soit, pas la n&#244;tre, mais celle de ceux que l'on ch&#233;rit le plus. La perte d'un proche, la sensation de vide int&#233;gral que cela laisse derri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Carr&#232;re est beau, il est c&#233;l&#232;bre, il est dans le show-business. Il tra&#238;ne une aura de d&#233;glingue light, plus Lexomil que pipe de crack, plus bon Bordeaux que Villageoise. Il se met au d&#233;fi, pour ce bouquin, de parler d'autres que lui, sans au passage oublier de se flageller un peu, avec son incapacit&#233; &#224; aimer correctement (on peut traduire &#231;a par en baiser r&#233;guli&#232;rement une nouvelle) et son souci d'&#234;tre aim&#233; et c&#233;l&#232;bre. Mais sa souffrance n'est pas feinte et l'empathie se fait naturellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e est d'&#233;voquer avec une &#233;motion contenue et beaucoup de pudeur la vie d'autres, de personnes crois&#233;es au hasard et dont l'existence vaut d'&#234;tre livre. Mais au final, comme tout &#233;crivain, c'est beaucoup de lui qu'il parle. Mais c'est de l'universalit&#233; en barres ce bouquin, parce que vous le verrez, en &#233;voquant le souvenir de Juliette, il parle de vous aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ultime &#233;cueil qu'avait &#224; &#233;viter l'auteur, c'est de sombrer dans le larmoyant, le m&#233;lodramatique convenu. L'exercice &#233;tait d'autant plus difficile que le point de d&#233;part du livre est le tsunami, c'est-&#224;-dire le drame bobo par excellence, dans la mesure o&#249; le 11 septembre 2001 est ant&#233;rieur (on n'en nie pas la gravit&#233;, mais bon reconnaissons que c'est quand m&#234;me dans le top 10 des &#233;v&#232;nements consid&#233;r&#233;s comme grave rue Montorgueil).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Carr&#232;re parvient. Larmes s&#232;ches devant l'&#226;pret&#233; de la vie si bien d&#233;crite en ses pages. Vrais pleurs ont finalement &#233;t&#233; r&#233;serv&#233;s au surgissement miraculeux de l'amour, et &#224; sa capacit&#233; &#224; triompher du n&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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