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		<title>&#171; Under The Skin &#187; de Jonathan Glazer - 2014</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques secondes de film, on comprend que sous nos yeux un &#339;il humain se constitue ex nihilo, sur un fond sonore obs&#233;dant (une voix, comme r&#233;p&#233;titive). Cette fabrication organique et m&#233;canique nous am&#232;ne tout de suite &#224; l'id&#233;e que le personnage principal est une pure construction, une fiction dans la fiction, et ce n'est pas faire offense au film et &#224; son int&#233;r&#234;t que de r&#233;v&#233;ler que nous allons en effet suivre les p&#233;r&#233;grinations d'une extraterrestre dans une Ecosse contemporaine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton372-148b1.jpg?1629061810' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques secondes de film, on comprend que sous nos yeux un &#339;il humain se constitue ex nihilo, sur un fond sonore obs&#233;dant (une voix, comme r&#233;p&#233;titive). Cette fabrication organique et m&#233;canique nous am&#232;ne tout de suite &#224; l'id&#233;e que le personnage principal est une pure construction, une fiction dans la fiction, et ce n'est pas faire offense au film et &#224; son int&#233;r&#234;t que de r&#233;v&#233;ler que nous allons en effet suivre les p&#233;r&#233;grinations d'une extraterrestre dans une Ecosse contemporaine populaire, sauvage et pluvieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re id&#233;e de g&#233;nie est de faire jouer cet &#171; Alien &#187; par une star internationale, car quoi de plus extraterrestre en effet qu'une vedette de papier glac&#233;, Scarlett Johansson en l'esp&#232;ce. Elle est ici transform&#233;e en fleur des faubourgs, teinte en brune et habill&#233;e comme une pin-up locale, portant jean neige et pull rose d&#233;collet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; N'&#233;tant qu'apparence et dissimulant un fond inqui&#233;tant, l'actrice am&#233;ricaine - en cela d&#233;j&#224; &#233;trang&#232;re aux lieux o&#249; se d&#233;roule le film &#8211; incarne un personnage qui d&#233;couvre progressivement son enveloppe corporelle, quand elle &#233;tait justement, et pour cause, absente &#224; cette derni&#232;re, ne la portant que pour se fondre aux autres (et mieux s'en saisir pour les annihiler). L'exercice est difficile et l'actrice s'en sort avec une aisance qui fascine. N'h&#233;sitant pas &#224; s'exposer jusque dans sa nudit&#233; crue, Scarlett Johansson est aussi sensuelle qu'effrayante, interpr&#233;tant il est vrai une pr&#233;datrice sans affect aucun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'extraterrestre dont il est question utilise sa plastique pour app&#226;ter des hommes, proies faciles, et les &#233;liminer au cours d'un processus horrifique qui rel&#232;ve plus d'un happening &#224; la FIAC que d'un film d'horreur traditionnel. Se refusant &#224; tout pi&#232;ge stylistique ou formel, le film m&#233;lange ainsi le cin&#233;ma documentaire dans son &#233;tude de la population locale, mais se pique aussi d'un art contemporain exigeant tel que pratiqu&#233; par les vid&#233;astes, tout en maniant &#233;galement des formes esth&#233;tiques pures en photographiant la nature sauvage et hostile des landes et plages &#233;cossaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;cessairement subjugu&#233; par la forme, force est de constater que le fond n'est pas en reste. &#171; &lt;i&gt;Under The Skin&lt;/i&gt; &#187; en est m&#234;me difficile &#224; totalement appr&#233;hender, tant les pistes de lecture sont nombreuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre, souvent contemplative et elliptique, est ainsi r&#233;guli&#232;rement travers&#233;e de soudaines fulgurances, violentes comme des prises de conscience. C'est d'ailleurs exactement ce dont il s'agit, avoir une peau ne suffit point pour &#234;tre homme, mais peut-&#234;tre un vaisseau pour atteindre cet &#233;tat. On ne na&#238;t pas humain, on le devient, ce que semble comprendre l'h&#233;ro&#239;ne qui, par l'accumulation de rencontres et d'exp&#233;riences, se voit peu &#224; peu gagn&#233;e par son enveloppe ext&#233;rieure, et voit cette peau prendre le dessus sur le monstre froid qu'elle contient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emotion, empathie et sensualit&#233;, qu'a-t-on de mieux &#224; vivre et offrir avant de quitter cette plan&#232;te. Le film le sugg&#232;re peut-&#234;tre, mais n'offre &#233;videmment pas n&#233;cessairement un tel confort &#224; celui qui le regarde, la cruaut&#233; n'est jamais absente, m&#234;me si elle ne nous prive pas de la beaut&#233; des choses. Notre cr&#233;ature venue d'ailleurs va se heurter &#224; d'in&#233;vitables murs, qu'elle n'aura pu ou su envisager, quant au spectateur, bringuebal&#233; avec elle, il lui est laiss&#233; le soin de comprendre, deviner ou interpr&#233;ter ce qui se passe &#224; l'&#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travers&#233; par la terreur, l'&#233;motion et l'extase esth&#233;tique, on ne sait plus trop ou donner de l'&#226;me dans un film qui n'en manque pas, mais se garde bien de la d&#233;voiler compl&#232;tement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Messe Populaire</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je me souviens parfaitement du match France Allemagne &#224; S&#233;ville en 1982. Bien au chaud dans le canap&#233; avec les parents et comme estomaqu&#233; par la soudaine brutalit&#233; des &#233;v&#232;nements. Les ann&#233;es ont pass&#233;, je n'ai rien oubli&#233;, mais je pr&#233;f&#232;re quand m&#234;me une certaine forme de violence musicale &#224; l'affrontement st&#233;rile autour d'un ballon rond. Du coup, j'ai rat&#233; le match que l'on qualifiait de &#171; retour &#187; dans toutes les gazettes, trente-deux ans plus tard &#224; Rio. De toutes fa&#231;ons, je n'avais pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton370-1b866.jpg?1629061811' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je me souviens parfaitement du match France Allemagne &#224; S&#233;ville en 1982. Bien au chaud dans le canap&#233; avec les parents et comme estomaqu&#233; par la soudaine brutalit&#233; des &#233;v&#232;nements. Les ann&#233;es ont pass&#233;, je n'ai rien oubli&#233;, mais je pr&#233;f&#232;re quand m&#234;me une certaine forme de violence musicale &#224; l'affrontement st&#233;rile autour d'un ballon rond. Du coup, j'ai rat&#233; le match que l'on qualifiait de &#171; retour &#187; dans toutes les gazettes, trente-deux ans plus tard &#224; Rio. De toutes fa&#231;ons, je n'avais pas pris d'assurance annulation pour le concert (j'en connais qui l'avaient fait)&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que je quitte mon office pour me rendre au spectacle, je r&#233;alise que la ville enti&#232;re bruisse du football, les t&#233;l&#233;visions et radios sont allum&#233;es, on voit des maillots partout, on ne parlera bient&#244;t plus que de cela. Du coup, se rendre &#224; ce concert quand tout le pays est tendu vers un autre &#233;v&#233;nement relevait du d&#233;placement dans un monde parall&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette rencontre sportive &#224; &#233;chelon mondial ne fut bien s&#251;r pas sans cons&#233;quence sur le concert du jour, et c'est dans un Z&#233;nith quelque peu vide que nous entrons. Le premier groupe &#224; monter sur sc&#232;ne, d&#232;s dix-huit heures p&#233;tantes, Ghost, ne fait preuve d'aucun abattement, semblant m&#234;me comme revigor&#233; par cette foule clairsem&#233;e, et dans l'obligation de jouer fort et dur pour la joie du public pr&#233;sent. N'oublions pas que les quelques pel&#233;s ayant fait le d&#233;placement n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; pr&#233;f&#233;rer la musique de Satan aux chants patriotiques de stade, ils m&#233;ritent donc un traitement de faveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos satanistes de pacotille sont toujours aussi amusants et leurs tourn&#233;es incessantes ont clairement contribu&#233; &#224; fluidifier leur jeu et &#224; solidifier l'interpr&#233;tation de leur r&#233;pertoire. Les chansons sont de haute tenue (&#171; Elizabeth &#187;, &#171; Monstrance Clock &#187;&#8230;) et cette fine &#233;quipe masqu&#233;e sait parfaitement jouer des atmosph&#232;res provoqu&#233;es par leur titres. Je ne sais si c'est l&#224; le renouveau du m&#233;tal, mais en tout cas, on devrait s'amuser encore pas mal d'ann&#233;es en leur d&#233;licieuse compagnie. Trois quart d'heure de concert parfait, que demande le peuple : un concert plus long la fois prochaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade de la comp&#233;tition, il semble que l'&#233;quipe tricolore soit moins convaincante au Br&#233;sil, ou du moins peine &#224; faire la diff&#233;rence avec la Mannschaft.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mastodon prend la suite et s'installe comme en terres conquises, jouant tr&#232;s vite et surtout tr&#232;s fort. L'atmosph&#232;re de la soir&#233;e est maintenant &#233;tablie : Ghost a allum&#233; l'incendie, Mastodon l'alimente et avec Slayer, nous danserons sur les cendres. Nonobstant cela, j'en note quand m&#234;me qui suivent le match sur leur t&#233;l&#233;phone. Ils feraient mieux de regarder le spectacle, nous savons maintenant tous qu'ils seront d&#233;&#231;us.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mastodon aborde un Z&#233;nith qui se remplit quand m&#234;me un peu avec des titres pioch&#233;s &#231;a et l&#224; dans leur discographie, sans n&#233;cessairement choisir leurs morceaux les plus ais&#233;s ou abordables. Ce choix qui pourrait &#234;tre judicieux se r&#233;v&#232;le pourtant discutable du fait de la qualit&#233; du son, assez m&#233;diocre... Une vague sensation d'&#233;touffement pourrait menacer les spectateurs, m&#234;me les plus endurcis, ce dont ne se rendent sans doute pas compte les musiciens, trop occup&#233;s &#224; tirer de leurs instruments de quoi construire un mur, &#233;pais et solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe, dans le contexte sonore d&#233;crit, et nonobstant un set relativement court, se risque &#233;galement &#224; l'interpr&#233;tation de titres de son nouvel album tout juste sorti, mais extr&#234;mement prometteur, le nomm&#233; &#171; Once More Round the Sun &#187;. La galette est fort bien chroniqu&#233;e un peu partout, et semble t'il &#224; juste titre. Du coup, je l'ai achet&#233;e le lendemain et ne saurais que vous recommander de faire de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Slayer vient achever la soir&#233;e. On aurait envie d'&#234;tre totalement enthousiaste car, comme me le dira un photographe de ma connaissance retrouv&#233; sur place, &#171; des tubes, ils n'ont que des tubes ! &#187;. Mais le son n'est toujours pas formidable, encore plus fort et toujours impr&#233;cis. Et puis, Jeff Hanneman (guitare) est mort et Dave Lombardo (batterie) a claqu&#233; la porte (geste qui, le connaissant, a du &#234;tre assen&#233; avec une certaine vigueur). Son rempla&#231;ant habituel, Paul Bostaph, est loin de poss&#233;der la frappe subtile et dynamique du pr&#233;c&#233;dent. Alors bien s&#251;r, Slayer est toujours grand, une &#171; v&#233;ritable machine de guerre &#187;, mais sans son batteur d'origine, Slayer perd de sa magie (noire), de ce qui les a toujours distingu&#233;s du tout-venant de la sc&#232;ne thrash metal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce Z&#233;nith quelque peu d&#233;garni, mes enfants ont fait ce soir leur terrain de jeux, courant en tous sens, leur habituelle &#233;nergie comme d&#233;cupl&#233;e par la brutale vigueur de la t&#234;te d'affiche. Le cadet, juch&#233; sur mes &#233;paules aura m&#234;me droit &#224; un amical salut du guitariste Gary Holt, ce qui le fera rosir de plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les kids fatiguent apr&#232;s presque quatre heures de concert et nous jugeons donc n&#233;cessaire de rejoindre nos p&#233;nates, non sans avoir go&#251;t&#233; &#224; l'implacable doubl&#233; &#171; Dead Skin Mask &#187; et &#171; Raining Blood &#187;. Nous quittons alors les lieux, sourds mais heureux. Et puis, le groupe joue si fort qu'en allant chercher notre v&#233;hicule de l'autre c&#244;t&#233; du parc de la Villette, nous profitons encore des titres suivants dans la nuit qui tombe devant la Cit&#233; des Sciences.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Come Together</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Come-Together</link>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Selon mon &#233;pouse, le pire n'est pas que je l'abandonne avec nos trois descendants pendant pr&#232;s de cinq jours pour le festival, c'est de g&#233;rer ma d&#233;pression post-Hellfest la semaine qui suit mon retour. Il faut dire que cet &#171; Enfer &#187;, c'est vraiment le Paradis (elle &#233;tait facile, je n'en disconviens pas). Alignement des astres, alors que le Hellfest r&#233;alise sans doute la plus belle affiche de son histoire - Iron Maiden, Aerosmith et Black Sabbath en t&#234;tes d'affiche, excusez du peu - voil&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.soundsmag.org/+-Musique,9-+" rel="tag"&gt;Musique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton369-42548.jpg?1629061811' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon mon &#233;pouse, le pire n'est pas que je l'abandonne avec nos trois descendants pendant pr&#232;s de cinq jours pour le festival, c'est de g&#233;rer ma d&#233;pression post-Hellfest la semaine qui suit mon retour. Il faut dire que cet &#171; Enfer &#187;, c'est vraiment le Paradis (elle &#233;tait facile, je n'en disconviens pas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alignement des astres, alors que le Hellfest r&#233;alise sans doute la plus belle affiche de son histoire - Iron Maiden, Aerosmith et Black Sabbath en t&#234;tes d'affiche, excusez du peu - voil&#224; qu'en plus, il fait beau. Mais vraiment beau, on se croirait presque &#224; l'&#233;t&#233; 76, &#233;poque o&#249; justement de nombreux groupes programm&#233;s cette ann&#233;e connurent leur heure de gloire (mon enfance en somme). Tout semble donc ind&#233;niablement en place pour un festival particuli&#232;rement r&#233;ussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Me concernant, l'assertion est d'autant plus pertinente que je disposerai cette ann&#233;e d'un pass &#171; VIP Presse Backstage &#187;. Dans &#171; Le Monde d'Hier &#187;, Stefan Zweig cite ainsi Balzac : &#171; les gens c&#233;l&#232;bres &#233;taient pour moi comme des dieux qui ne parlaient pas, qui ne marchaient pas, ne mangeaient pas comme les autres hommes. &#187; Poursuivant ce propos, l'autrichien ajoute : &#171; c'est l&#224; pr&#233;cis&#233;ment ce que nous avions &#233;prouv&#233;. Le fait d'avoir rencontr&#233; dans la rue Gustave Mahler constituait un &#233;v&#232;nement qu'on rapportait le lendemain &#224; ses camarades comme un triomphe personnel, et quand un jour je fus pr&#233;sent&#233; &#224; Johannes Brahms et qu'il me frappa amicalement sur l'&#233;paule, je demeurai plusieurs jours tout &#233;gar&#233; par ce fait prodigieux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en suis exactement l&#224; avec les artistes que j'admire et v&#233;n&#232;re. Avec ce pass, je devrais bien arriver &#224; m'&#233;vanouir de joie une ou deux fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 20 juin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En entrant sur le site, on a beau avoir &#233;t&#233; d&#251;ment inform&#233; des modifications et am&#233;liorations apport&#233;es, on ne peut qu'&#234;tre sacr&#233;ment impressionn&#233; par les efforts fournis pour donner aux lieux une atmosph&#232;re encore plus riche : reconstitution de la Camden Street londonienne (le &#171; Hell City Square &#187;), sculptures diverses, habituelles constructions m&#233;talliques, corbeau g&#233;ant, grande roue&#8230; Tant et si bien qu'on peine &#224; croire que tout cela rel&#232;ve de la construction provisoire. Le Hellfest est peut-&#234;tre un monde enchant&#233;, hors de l'espace-temps habituellement fr&#233;quent&#233;, et dont la porte ne s'ouvre qu'une fois par an, pour trois jours seulement. Le reste du temps, il existe toujours, quelque part dans les limbes de notre imaginaire sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre choc pour les habitu&#233;s, la foule hallucinante qui se presse sur les lieux. On parle de 45 000 personnes, score jamais atteint jusque l&#224;. Avec la chaleur &#233;crasante qui r&#232;gne et la poussi&#232;re en suspension, on pressent d&#233;j&#224; que le week-end sera extr&#234;mement physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette temp&#233;rature presque hors norme provoque &#233;galement la formation de longues files pour acqu&#233;rir les pr&#233;cieux jetons permettant de s'approvisionner dans les nombreux bars, eux aussi d&#233;j&#224; pris d'assaut. Pendant l'attente, on &#233;coute d'une oreille distraite, mais int&#233;ress&#233;e, le groupe Satan sur la Mainstage. Ce nom quand m&#234;me, je n'ose imaginer quelles furent les autres propositions lorsqu'il s'est agi de baptiser le groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne r&#233;sistant pas au plaisir de rejoindre ce lieu r&#233;serv&#233; &#224; une minorit&#233;, je fais mes premiers pas au VIP. J'y ai tout de suite crois&#233; la merveilleuse Laura Pleasants, ci-devant guitariste et chanteuse de Kylesa, mais autant vous l'avouer, je n'ai pas os&#233; l'aborder (je suis timide avec les vedettes, encore plus si ce sont des filles).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le carr&#233; VIP du Hellfest, c'est un peu comme le Hellfest, mais en mieux, en tout cas s'agissant du confort. La nourriture y est moins vari&#233;e mais meilleure, il y a m&#234;me des glaces artisanales (j'ai pris fraise, c'est ce que je pr&#233;f&#232;re). On trouve des tables avec un peu d'ombre et une d&#233;coration de fin du monde encore plus chiad&#233;e ainsi que, c'est appr&#233;ciable, des toilettes nettement moins envahies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sinon, les filles y sont peut-&#234;tre plus jolies, j'en ai notamment vu une allong&#233;e sur l'herbe devant l'entr&#233;e des loges des artistes, un peu maigrichonne et fort peu v&#234;tue, qui semblait langoureusement attendre un loup pour la d&#233;vorer. Quant aux gar&#231;ons, il ne m'a pas sembl&#233; qu'ils soient moins poilus (&#224; part moi peut-&#234;tre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenant mes marques sur le site, j'&#233;coute Powerman 5000 sur la Mainstage d'une oreille discr&#232;te, cette derni&#232;re m'indiquant que la fuite est &#224; envisager, j'obtemp&#232;re donc &#224; cette saine injonction auditive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tente ensuite les fran&#231;ais de Loudblast sous l'Altar, ce qui se r&#233;v&#232;le infiniment plus cons&#233;quent, mais la foule rend impossible l'entr&#233;e dans les lieux (&#233;v&#232;nement qui se reproduira h&#233;las). Or, en ce d&#233;but d'apr&#232;s-midi, si on n'est point sous chapiteau, on est en plein cagnard, alors sans image et avec peu de son, je renonce pour un peu de shopping.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les irlandais de Therapy ? se produisant sur la Mainstage 1, je me fais une joie de retrouver ce groupe un peu oubli&#233; de mes &#233;tag&#232;res charg&#233;es, et qui vaut finalement toujours la peine, visiblement. Enthousiastes de jouer devant tant de monde, les musiciens ne mesurent pas leurs efforts et alignent beaucoup de tubes nullement nostalgiques et encore pertinents. Lorsqu'ils ne jouent pas leur r&#233;pertoire, ils font montre de leur bon go&#251;t en s'appropriant aussi bien Joy Division avec &#171; Isolation &#187; que Judas Priest pour un &#171; Breaking the Law &#187; de circonstance en ces lieux (reprises qu'on trouve sur leurs albums et qui r&#233;sument finalement assez bien leur son et leur d&#233;marche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se repose ensuite sous les arbres en mangeant gras - argentin para&#238;t-il, en &#233;coutant distraitement et de loin se succ&#233;der sur les Mainstage les &#233;pouvantables Trivium et le d&#233;cid&#233;ment p&#233;nible Rob Zombie. Heureusement, Kylesa nous ravive sous la Valley. Toujours mue par deux batteries, leur musique serpente, oscillant entre lourdeur pachydermique, ph&#233;nom&#233;nales acc&#233;l&#233;rations et langueur m&#233;lancolique. La part f&#233;minine de ce groupe, et sans doute la plus charismatique, assum&#233;e par la d&#233;licieuse Laura Pleasants dont je vous parlais ci-dessus. Cette derni&#232;re m'enchante toujours et ce d'autant qu'elle a mis de la douceur dans son chant. Et quand elle crie, je fonds litt&#233;ralement. Un petit b&#233;mol toutefois, le nouveau deuxi&#232;me batteur faisant plus office de percussionniste, cette &#233;volution du son nous prive un peu de cette jouissante sensation d'oppression rythmique que le groupe &#233;tait capable de produire &#224; une &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A regret, nous partons avant la fin du concert pour rejoindre la Mainstage 1 et Iron Maiden qui vient. Las, c'est d&#233;j&#224; la foule des grands jours, et m&#234;me en jouant des coudes, nous r&#233;alisons que nous n'approcherons jamais beaucoup de la sc&#232;ne. Le concert de Sepultura s'ach&#232;ve sur la Mainstage 2 attenante ce qui nous permet de patienter, c'est toujours plaisant, surtout quand l'hymne &#171; Roots, Bloody Roots &#187; r&#233;sonne au soleil couchant, avec force nuages de poussi&#232;res d&#233;clench&#233;s par la folle agitation qui r&#232;gne dans le &#171; pit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a du monde partout et de tous c&#244;t&#233;s, mais cette situation inconfortable, en plus de la distance et du son discutable, ne parvient pas &#224; g&#226;cher la joie ressentie &#224; l'arriv&#233;e sur sc&#232;ne des glorieux anglais. Bruce Dickinson est magistral et dans une forme vocale stup&#233;fiante (son interpr&#233;tation de &#171; Revelation &#187; m'a fait litt&#233;ralement frissonner). Et avec &#231;a, il est taquin, nous r&#233;v&#233;lant au fur et &#224; mesure le score du match France Suisse se d&#233;roulant au m&#234;me moment au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour de nous tout le monde chante, et on r&#233;alise, &#224; voir tous ces gens amass&#233;s et heureux, l'importance cruciale de la musique de ce groupe et la part pr&#233;pond&#233;rante qu'a pris chacune de leurs chansons dans nos vies apr&#232;s tant d'ann&#233;es. On peut affirmer que le groupe a encore r&#233;uni toutes les chapelles m&#233;talliques, enthousiasmant dans un m&#234;me &#233;lan les n&#233;ophytes comme les fans historiques (&#171; mettre tout le monde d'accord &#187; est une expression invent&#233;e pour ou par Maiden). Apr&#232;s eux, que nous restera t'il pour &#234;tre aussi heureux tous ensemble ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concert achev&#233; nous renon&#231;ons &#224; un Slayer qui n'est plus ce qu'il &#233;tait pour un Death qui n'est plus, mais dont la musique jou&#233;e par quelques survivants semble diablement vivante. Vive et intelligente, exigeante pour ses musiciens comme pour son public. Une &#233;nergie de noctambule nous gagne alors, quand on croyait avoir laiss&#233; toutes nos forces dans le beau spectacle de Maiden. A l'issue du concert, les musiciens de Death reviennent longuement saluer le public, visiblement &#233;mus par l'enthousiasme de ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est maintenant minuit, c'est d&#233;j&#224; demain, mais apr&#232;s tout ce death metal, un peu de black du m&#234;me genre s'impose avant d'aller faire dodo. Enslaved le pratiquant dans son penchant m&#233;lodique, on fera de plus beaux r&#234;ves encore. Groupe norv&#233;gien (forc&#233;ment) &#224; la musicalit&#233; impressionnante et qui sur sc&#232;ne se r&#233;v&#232;le extr&#234;mement pr&#233;cis. L'aspect r&#233;ellement chant&#233; par le titulaire des claviers (Herbrand Larsen) rend plus impressionnantes encore les vocif&#233;rations gutturales du bassiste (Grutle Kjellson). La journ&#233;e s'ach&#232;ve sur cette sensation de belle violence de laquelle surgit une superbe m&#233;lodie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 21 juin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour sur le site en tout d&#233;but d'apr&#232;s-midi, r&#232;gne comme une forme un peu d&#233;cal&#233;e de qui&#233;tude. On a pris nos marques, on est bien, et &#224; partir de l&#224;, on le sait, &#231;a va malheureusement passer trop vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la Mainstage se produit Buckcherry, on ne peut pas dire que cela soit d&#233;sagr&#233;able, mais &#231;a ne casse pas trois pattes &#224; un canard, m&#234;me de m&#233;tal laqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'oreille n'est point trop occup&#233;e et que l'on arpente le site, le corps est happ&#233; par la chaleur et l'&#339;il troubl&#233; par cette vision : les filles sont en maillot, alors qu'il n'y a m&#234;me pas la mer. Il faut reconna&#238;tre que les efforts vestimentaires de certaines festivali&#232;res diff&#232;rent quelque peu des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes ou les frimas n'avaient pas permis de telles privaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en ai m&#234;me vu certaines en simple culotte avec des autocollants sur les t&#233;tons (gloups). Ces derni&#232;res se r&#233;v&#233;leront &#234;tre g&#233;n&#233;ralement l&#224; pour promouvoir des marques de v&#234;tements ou bijoux quelque peu sexy, et donc en repr&#233;sentation. Au Hellfest, le capitalisme est pouss&#233; dans ses ultimes retranchements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journ&#233;e commence r&#233;ellement avec les merveilleux Walking Papers. Pas de fioritures, du charisme, du jeu et c'est parti pour une trop petite heure de rock n roll. Ce groupe m&#233;riterait plus de temps de jeu et une meilleure heure de passage en termes d'exposition, mais tout constitu&#233; de v&#233;t&#233;rans qu'il soit, cela reste une formation r&#233;cente. Leur chanteur et guitariste, le flamboyant Jeff Angells s'offrira une descente de sc&#232;ne au sein d'un public enthousiaste et comme &#233;mu de cette soudaine proximit&#233;. J'en ai profit&#233; pour lui serrer la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de remonter sur la sc&#232;ne pour les derni&#232;res notes de la chanson, il nous a dit &#171; I'll be back &#187;. On t'attend Jeff, reviens quand tu veux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade de la journ&#233;e, plus d'interrogations, m&#234;me m&#233;taphysiques : la fatigue ? Quelle fatigue ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus tard dans l'apr&#232;s-midi, j'entame des retrouvailles avec des amours anciennes, le groupe Extreme sur la Mainstage 1 (la derni&#232;re fois, c'&#233;tait au Z&#233;nith de Paris le 5 octobre 1991). Ces gar&#231;ons moulinent un funk rock blanc qu'on est en droit de trouver discutable, mais que j'avoue appr&#233;cier, d'autant qu'ils se risquent parfois &#224; une fantaisie de bon aloi qui en ferait presque des h&#233;ritiers am&#233;ricains &#8211; certes plus vulgaires - de Queen (&#171; Three Sides To Every Story &#187; 1992). Au surplus, les musiciens sont exceptionnels, ce qui ne g&#226;te rien. Nuno Bettencourt arp&#232;ge &#224; tout va, en comp&#233;tent h&#233;ritier d'Eddie Van Halen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe a connu un immense succ&#232;s international en 1990 avec la ballade acoustique &#171; More Than Words &#187;, sur laquelle j'avoue avoir frissonn&#233; lorsqu'elle fut ici reprise par la foule. Tous ces pr&#233;tendus satanistes r&#233;unis c&#233;l&#232;brent fort bien l'amour, il faut le dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;couvrant tardivement que mon &#171; pass backstage &#187; me permet en r&#233;alit&#233; de d&#233;couvrir l'envers du d&#233;cor et de regarder les concerts sur les c&#244;t&#233;s de la sc&#232;ne (comme les vedettes et parfois, avec les vedettes), je tente une premi&#232;re fois l'aventure avec le concert de Clutch sous la Valley, d&#233;marche d'autant plus justifi&#233;e qu'il n'y a pas un centim&#232;tre de libre sous la tente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que j'&#233;tais fort bien plac&#233;, las, les n&#233;cessit&#233;s du service me renvoient brutalement plus en arri&#232;re du backstage, en pl&#233;b&#233;ien que je n'ai en r&#233;alit&#233; jamais cess&#233; d'&#234;tre. De ce fait, me voil&#224; trop loin pour avoir une vue d'ensemble et dans l'impossibilit&#233; de me rendre dans la fosse, remplie &#224; craquer. Le type nous ayant imparti de renoncer &#224; nos bonnes places, y mettant finalement certains de ses amis, j'opte pour la r&#233;volte, on ne va quand m&#234;me pas au Hellfest pour respecter les interdictions. Je passe donc de l'autre c&#244;t&#233; de la sc&#232;ne, o&#249; se situe la console, monte l'escalier, enjambe la barri&#232;re et me positionne &#224; c&#244;t&#233; de Nick Oliveri (ex bassiste de Kyuss et Queens Of The Stone Age) pour regarder le concert. Joie, victoire, triomphe m&#234;me. &#199;a doit &#234;tre cela la &#171; Crucial Velocity &#187; que chante Clutch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sortant, je force un peu mon naturel r&#233;serv&#233; et sollicite m&#234;me un petit selfie avec Nick Oliveri (il faut bien vivre avec son temps), gar&#231;on qui se r&#233;v&#232;le tout &#224; fait charmant, contrairement &#224; la sulfureuse r&#233;putation qui lui est faite (et &#224; laquelle il contribue un peu, il faut bien le dire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour sur la Mainstage 2 pour &#233;couter Deep Purple. En attendant leur arriv&#233;e, nous subissons les derniers feux mal &#233;teints de Soulfly. Ce qui en ressortait ressemblait &#224; un concert de basse satur&#233;e sur laquelle se greffaient de mauvaises percussions et les vocif&#233;rations limit&#233;es du vocaliste Cavalera (&#171; Jump ! Jump ! &#187;). Se m&#233;fier des rastas blancs, toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, Deep Purple va nous r&#233;conforter de fort belle mani&#232;re. Je n'en attendais pas forc&#233;ment grand-chose, mais nos fringuants sexag&#233;naires se sont r&#233;v&#233;l&#233;s compl&#232;tement enthousiasmants, tout en ma&#238;trise souriante. Piochant &#231;a et l&#224; dans leur r&#233;pertoire (&#171; Lazy &#187;, &#171; Space Truckin' &#187;, &#171; Hard Lovin' Man &#187;...) livrant m&#234;me quelques extraits de leur remarquable dernier album sorti l'an pass&#233;, &#171; Now What ?! &#187;, faisant ainsi montre d'une cr&#233;ativit&#233; et d'une envie non &#233;teintes (le morceau &#171; Uncommon Man &#187;, extrait dudit dernier opus sera d'ailleurs la ritournelle qui nous restera en t&#234;te lorsqu'&#224; trois heures du matin nous retrouverons enfin notre lit douillet). Une vie pareille, comment avoir envie de l'arr&#234;ter, le plaisir, le sourire, on n'en sortira que les pieds devant semblent-ils nous dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis vint Aerosmith sur &#171; Back in the Saddle &#187;, devant une foule en liesse, titre sonnant d'ailleurs comme un r&#234;ve d'&#233;ternel recommencement, tomber de cheval, mais toujours remonter dessus. A l'instar de la Vierge de Fer la veille, les bostoniens font le plein et au-del&#224;, on respire &#224; peine tant nous sommes agglutin&#233;s. On n'envie pas les petits dans un moment pareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les musiciens semblent physiquement fatigu&#233;s (mais qu'est-il arriv&#233; &#224; Joe Perry ?), mais cela ne se ressent pas &#224; l'&#233;coute, entre diamants noirs des ann&#233;es 70 (&#171; Rats in the Cellar &#187;, &#171; Same Old Song and Dance &#187;, &#171; Mama Kin &#187;...), et tubes en or massif des ann&#233;es 80 et 90 (&#171; Cryin' &#187;, &#171; Dude &#187;, &#171; Livin on the Edge &#187;...) Aerosmith enchante l'audience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les esprits chagrins trouveront sans doute cela un peu l&#233;ch&#233;. Il s'agit d'un Barnum &#224; l'am&#233;ricaine avec force lumi&#232;res et confettis certes, mais, si ce n'est peut-&#234;tre le manque de spontan&#233;it&#233;, il n'y a rien &#224; jeter, d'autant que le toujours souriant et bondissant Steven Tyler se r&#233;v&#232;le encore &#224; soixante six printemps toujours plein d'un allant et d'une dr&#244;lerie presque juv&#233;niles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bostoniens n'oublient pas de jouer &#171; Dream On &#187; avant de partir (avec piano blanc, tant qu'&#224; faire), ce qui constitue exactement notre programme pour la courte nuit qui vient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 22 juin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me jour, en se levant, difficilement et douloureusement, on pourrait fugitivement consid&#233;rer que deux jours auraient suffi. Et ce d'autant que la programmation du dernier jour est moins all&#233;chante, le plus palpitant est concentr&#233; en fin de journ&#233;e, nous obligeant &#224; moult sacrifices. Comme le disait un festivalier de ma connaissance, le Hellfest devrait durer une semaine et &#234;tre rembours&#233; par la S&#233;curit&#233; Sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au surplus, si c'&#233;tait possible en Loire-Atlantique, il fait encore plus chaud en ce dimanche de juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arrivant au coin VIP, je v&#233;rifie &#224; petite &#233;chelle cette &#233;vidence habituelle au festival, ici, il y a plus de queue aux toilettes des gar&#231;ons que chez les filles. On progresse certes plus vite en termes de f&#233;minisation qu'&#224; l'Assembl&#233;e Nationale ou dans les conseils d'administration, mais il y a encore un peu de chemin &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je tente enfin un petit tour sur la Warzone pour &#233;couter du &#034;oi&#034; (comprendre du punk, en l'esp&#232;ce le groupe Last Resort). Au milieu des vignes, c'est un petit peu plus clairsem&#233; que sur le reste du site, mais la chaleur y est &#233;pouvantable, pas un d&#233;but de commencement d'abri pour se prot&#233;ger de l'astre divin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecoutant vaguement la musique, j'observe les fans. Il est toujours amusant de croiser ces punks tatou&#233;s de la t&#234;te aux pieds, mais certains &#233;quip&#233;s de bouchons d'oreilles et fumant des cigarettes &#233;lectroniques. Mais ne vous y trompez pas pour autant, ici, c'est du brutal, on n'est pas l&#224; pour plaisanter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu lass&#233;s par l'aspect r&#233;barbatif du genre, nous partons sous la Temple pour tenter Equilibrium. La qu&#234;te d&#233;sesp&#233;r&#233;e d'ombre est sans doute ce qui a motiv&#233; notre mouvement, parce que pour la m&#233;lomanie, ce black m&#233;tal celtique nous oblige &#224; un repli rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se r&#233;fugie alors sous la Valley, g&#233;n&#233;ralement plus &#224; m&#234;me de nous fournir en sons de guitares gras et velus. &#199;a s'appelle House of Broken Dreams et cela tient ses promesses. La poussi&#232;re est aveuglante m&#234;me sous la tente mais, tout irrespirable que cela soit, ce n'est pas sans contribuer parfaitement &#224; l'ambiance. J'en profite pour utiliser mon s&#233;same et faire un tour &#224; l'arri&#232;re sc&#232;ne. Sous la sc&#232;ne une jeune fille fait la sieste, spectacle charmant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;ni&#232;me petite promenade se r&#233;v&#232;lera finalement plus amusante que la musique de cet aimable trio, ce dernier souffrant d'un relatif manque d'originalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin Satan, le vrai, nous rend visite avec les black m&#233;talleux polonais de Behemoth. Pour mettre dans l'ambiance, les musiciens grim&#233;s, hi&#233;ratiques, montent sur la Mainstage au son d&#233;licat de cris de porc qu'on &#233;gorge. Apr&#232;s avoir allum&#233; force cand&#233;labres, le groupe envoie des riffs qui sonnent comme des gicl&#233;es de sang. L'astre solaire apeur&#233; se couvre m&#234;me pudiquement pour la premi&#232;re fois de la journ&#233;e de quelques nuages ! Le leader Nergal (qui portait un tr&#232;s joli collier fait de restes de poulets sanguinolents) a un charisme ind&#233;niable, mais le genre est quand m&#234;me un peu &#233;crasant et il nous aurait sans doute fallu quelque chose d'un peu plus primesautier pour nous extraire de la torpeur dans laquelle la fatigue et la chaleur nous ont plong&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les festivit&#233;s polonaises achev&#233;es, Soudgarden d&#233;barque sur l'autre Mainstage avec &#171; Searching With My Good Eye Closed &#187; extrait du magnifique &#171; Badmotorfinger &#187; (1991). A l'&#233;coute, on ne ressent pas forc&#233;ment de nostalgie mais une joie certaine &#224; se plonger dans ces effluves du grunge de notre jeunesse enfuie. Si Matt Cameron (batterie) est absent pour cause de pr&#233;sence requise pour une tourn&#233;e europ&#233;enne de Pearl Jam (qui ignore d'ailleurs la France), le groupe se r&#233;v&#232;le n&#233;anmoins sacr&#233;ment percutant (ledit Matt Chamberlain n'est pas franchement un manche). Il est d'ailleurs temps que ma g&#233;n&#233;ration prenne un petit peu plus d'assaut la Mainstage et qu'une journ&#233;e d'un Hellfest futur soit franchement consacr&#233;e &#224; la sc&#232;ne de Seattle des ann&#233;es 90, sc&#232;ne qui a sans doute amen&#233; beaucoup de monde au heavy metal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concert se poursuit avec quelques merveilles comme &#171; Rusty Cage &#187;, mais si l'ex&#233;cution est irr&#233;prochable, le son n'est pas formidable et Chris Cornell pour s&#233;duisant qu'il soit, n'atteint que rarement les sommets vocaux produits sur disque. De ce fait, l'intensit&#233; dramatique de leur musique y perd un peu et le concert semble comme insuffisamment habit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu merci, n'est pas oubli&#233; de la set-list le titre &#171; J&#233;sus Christ Pose &#187; qui s'imposait d&#233;finitivement au Hellfest !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je renonce (honte sur moi et trois g&#233;n&#233;rations) au black m&#233;tal d'Emperor reform&#233; pour retrouver un vieux complice des lieux, Wino, officiant cette fois au sein de Spirit Caravan, sous la Valley, &#233;videmment. Impeccablement plac&#233; derri&#232;re la sc&#232;ne, j'y retrouve mon nouvel ami Nick Oliveri pour headbanguer en cadence. Je note &#233;galement &#224; c&#244;t&#233; de nous la pr&#233;sence de quelques cr&#233;atures &#224; la peau tr&#232;s blanche, que l'on croirait sorties d'un &#233;pisode de &#171; True Blood &#187;, ce qui ne g&#226;te rien &#224; l'ambiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On officie dans un genre de doom poisseux et particuli&#232;rement groovy, tout ce qu'on aime sous la Valley en somme. On parle beaucoup de Phil Anselmo comme agent d'ambiance du Hellfest (il fut toutefois assez discret cette ann&#233;e), mais il ne faudrait pas oublier Wino qui illumina les &#233;ditions pr&#233;c&#233;dentes avec St Vitus et The Obsessed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; o&#249; je me trouve, je discerne dans le public nombre de mes amis, sourire aux l&#232;vres &#224; l'&#233;coute de cette musique. Pour certains, on s'est courus apr&#232;s tout le weekend, sans jamais r&#233;ussir &#224; se rattraper et nous voil&#224; presque tous r&#233;unis alors que le festival touche &#224; sa fin. Nous avons bon go&#251;t : c'est ind&#233;niablement un des meilleurs spectacles de l'&#233;dition 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je les rejoins dans la fosse pour partager tout cela ensemble. Nous aurions peut-&#234;tre pu en arr&#234;ter l&#224;, mais Black Sabbath joue sur la Mainstage, il ne saurait &#234;tre question de n'en rien entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De loin (pas le choix vu la foule), nous regardons donc les parrains du heavy metal, groupe qui n'en finit pas de ne pas vouloir mourir. Au regard de la qualit&#233; des compositions et de leurs interpr&#232;tes, si path&#233;tique que cela soit, cela reste tr&#232;s beau, si &#233;loign&#233;s de la sc&#232;ne soyons-nous. Seule faute de go&#251;t, mais majeure, ce batteur de pacotille &#8211; Tommy Clufetos - embauch&#233; pour remplacer Bill Ward. S'il fallait faire un mauvais choix, le management d'Ozzy a carr&#233;ment d&#233;cid&#233; de faire le plus mauvais possible. Une bo&#238;te &#224; rythmes peut avoir plus de swing, je n'en doute pas. Le jeu subtil du batteur d'origine est ici massacr&#233; par un batteur am&#233;ricain de stade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est regrettable car nos trois honorables grand-p&#232;res sont encore capables de produire des choses int&#233;ressantes, leur dernier album (&#171; 13 &#187;) nous laissant m&#234;me &#224; penser que leur cr&#233;ativit&#233; n'est pas &#233;teinte (avec Brad Wilk &#224; la batterie et non pas l'horrible cogneur ci-dessus &#233;voqu&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distance et ce parfum de &#171; ce n'est plus ce que c'&#233;tait &#187; devenant vraiment trop pr&#233;gnant, nous voil&#224; de retour sous la Valley pour Unida, groupe men&#233; par John Garcia (ex Kyuss, Hermano, Vista Chino&#8230;). Pas de surprise, la qualit&#233; est l&#224;, l'enthousiasme fait beaucoup dans la musique, nous permettant de conclure dans cet exact &#233;tat d'esprit cette &#233;dition 2014 du Hellfest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue du concert, je tourne encore quelques instants en ces lieux qui seront bient&#244;t ferm&#233;s, m'en impr&#233;gnant encore un peu. La musique &#233;tait bonne, la bi&#232;re &#233;tait fra&#238;che, le soleil avait ass&#233;ch&#233; le sol pour n'en faire que de la poussi&#232;re. Puissions-nous &#224; son instar tourbillonner encore puis, notre temps venu, tourbillonner toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quittant les lieux, et on est gar&#233; loin, d&#233;pourvu de toute corde vocale et les lombaires en compote, je r&#233;alise que ce pass aura surtout &#233;t&#233; pour moi un moyen de m'approprier encore plus le Hellfest, d'avoir &#233;t&#233; ainsi partout chez moi, au hasard d'une libre promenade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>And justice for all</title>
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		<dc:date>2014-05-17T10:01:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'objet de cette pi&#232;ce contemporaine est de restituer au plus pr&#232;s possible la r&#233;alit&#233; du d&#233;roul&#233; d'un proc&#232;s d'assises. Pour ce faire, les auteurs se sont inspir&#233;s &#224; la fois d'un fait-divers r&#233;el, et d'une fiction universelle (je vous laisse le soin de deviner laquelle). Pour se colleter encore un peu plus au r&#233;el, les trois acteurs professionnels interpr&#233;tant Hamlet, Oph&#233;lie et Gertrude sont entour&#233;s tous les soirs de professionnels de la justice dans l'exercice de leur propre r&#244;le et sous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton367-5d47f.jpg?1629061811' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'objet de cette pi&#232;ce contemporaine est de restituer au plus pr&#232;s possible la r&#233;alit&#233; du d&#233;roul&#233; d'un proc&#232;s d'assises. Pour ce faire, les auteurs se sont inspir&#233;s &#224; la fois d'un fait-divers r&#233;el, et d'une fiction universelle (je vous laisse le soin de deviner laquelle). Pour se colleter encore un peu plus au r&#233;el, les trois acteurs professionnels interpr&#233;tant Hamlet, Oph&#233;lie et Gertrude sont entour&#233;s tous les soirs de professionnels de la justice dans l'exercice de leur propre r&#244;le et sous leur r&#233;elle identit&#233; (du Pr&#233;sident de la cour &#224; l'expert-psychiatre).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autant l'avouer tout de suite, j'avais &#233;t&#233; sollicit&#233; pour faire l'avocat (enfin un des deux, celui du pr&#233;venu, Hamlet, ou de la partie civile, Oph&#233;lie). J'ai d&#233;clin&#233;, &#231;a doit &#234;tre l'&#226;ge, me jugeant insuffisamment au fait des subtilit&#233;s de la proc&#233;dure p&#233;nale et du proc&#232;s d'assises. J'ai en revanche propos&#233; les services de mon ami et Confr&#232;re Julien Dreyfus qui s'est fort bien acquitt&#233; de cette t&#226;che, animant le proc&#232;s avec un beau professionnalisme. De ce fait parler du spectacle est d&#233;licat, je n'ai pu m'emp&#234;cher tout du long de me dire, &#224; sa place, qu'aurais-je fait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le regard du professionnel du droit est en effet un peu biais&#233; durant la pi&#232;ce. Nous ne sommes point candides &#224; l'exposition de cette justice &#224; la fois fictive et fort bien restitu&#233;e dans sa trivialit&#233;. Du coup, une forme d'ennui peut nous gagner, doubl&#233;e d'une relative lassitude, &#224; l'exposition &#224; l'exposition de vicissitudes connues et rab&#226;ch&#233;es. Ainsi, lorsqu'il fallut &#224; de nombreuses reprises nous lever de nos si&#232;ges aux entr&#233;es et sorties de la Cour sur la sc&#232;ne, obligation me rappelant tant d'audiences pass&#233;es et &#224; venir. Difficile d'&#234;tre un bon spectateur lorsqu'on a l'habitude d'&#234;tre acteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de choses sont escamot&#233;es et ce afin de nous donner le moins possible un sentiment de spectacle. Tout le c&#233;r&#233;monial judiciaire est respect&#233;, avec sa gravit&#233;, et pour la forme, les lumi&#232;res de la salle sont allum&#233;es et les c&#244;t&#233;s de la sc&#232;ne &#233;galement occup&#233;s par des estrades emplies de spectateurs. Rien n'est &#233;crit &#224; l'avance et les avocats se sont vus remettre la veille un dossier p&#233;nal en bonne et due forme, m&#234;me si peu &#233;pais. Chacun y va donc de sa partition habituelle, comme en situation r&#233;elle, si ce n'est que personne ce soir ne dormira sous les verrous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les com&#233;diens font quant &#224; eux le job, sans flamboyance et relativement cr&#251;ment. En r&#233;alit&#233;, on jetterait bien Hamlet en prison, mais surtout parce que c'est un abruti. Si cela suffisait &#224; embastiller, cela en ferait du monde dans nos prisons d&#233;j&#224; surpeupl&#233;es, n'est-ce pas. Le criminel, &#224; l'instar de notre Hamlet des cit&#233;s d&#233;favoris&#233;es, est rarement flamboyant, il est m&#234;me souvent path&#233;tique, et ici il ne suscite m&#234;me aucune empathie, aussi victime soit-il de sa famille dysfonctionnelle et de la cruaut&#233; de l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avan&#231;ant, ce spectacle assez long tout de m&#234;me (quatre heures, avec les pauses ad hoc), produit finalement sur les spectateurs une saine sensation de malaise. Chacun peut ici comprendre et r&#233;ellement percevoir combien il est difficile de d&#233;fendre ou juger autrui et ce d'autant que huit d'entre nous seront tir&#233;s au sort pour faire office de jur&#233;s &#224; l'issue des plaidoiries. En cela, cette pi&#232;ce fait &#339;uvre didactique et de mani&#232;re assez r&#233;ussie, renvoyant chacun &#224; son humanit&#233; et &#224; ce qu'elle comporte justement d'inhumain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Dans la cour &#187; de Pierre Salvadori</title>
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		<dc:date>2014-05-02T10:29:35Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sp&#233;cialiste de l'accablement &lt;br class='autobr' /&gt; Le cin&#233;ma fran&#231;ais contemporain cr&#232;ve sous une profusion de com&#233;dies lourdingues et vulgaires avec de bien tristes vedettes (de Dany Boon &#224; Christian Clavier, il y en a pour tous les d&#233;go&#251;ts). La contemplation de cette invasion par affichage sur les murs de la ville d&#233;sole tous les jours le cycliste (entre autres). &lt;br class='autobr' /&gt;
A t'on autant besoin de rire ? Ce besoin effr&#233;n&#233; de rigolade ferait presque peur, cela cache forc&#233;ment quelque chose d'ind&#233;cent. Plus personne ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton366-0f65e.jpg?1629061812' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sp&#233;cialiste de l'accablement&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le cin&#233;ma fran&#231;ais contemporain cr&#232;ve sous une profusion de com&#233;dies lourdingues et vulgaires avec de bien tristes vedettes (de Dany Boon &#224; Christian Clavier, il y en a pour tous les d&#233;go&#251;ts). La contemplation de cette invasion par affichage sur les murs de la ville d&#233;sole tous les jours le cycliste (entre autres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A t'on autant besoin de rire ? Ce besoin effr&#233;n&#233; de rigolade ferait presque peur, cela cache forc&#233;ment quelque chose d'ind&#233;cent. Plus personne ne vote mais tout le monde veut se marrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film dont il est ici question n'&#233;chappe pas, mais pour sa seule promotion, au qualificatif de &#171; com&#233;die &#187; (ajoutez, c'est selon, &#171; douce-am&#232;re &#187;, &#171; m&#233;lancolique &#187;, &#171; tendre &#187;). Pourtant ce film n'est pas plus dr&#244;le que l'existence, qui, comme chacun sait peut malgr&#233; tout l'&#234;tre (rions un peu en attendant la mort) et c'est dans cette justesse de ton, teint&#233;e d'un peu d'&#233;tranget&#233;, qu'il trouve sa grandeur et sa force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s &#171; &lt;i&gt;Tonnerre&lt;/i&gt; &#187; de Guillaume Brac, d&#233;j&#224; chroniqu&#233; sur ces lignes, nous voil&#224; de nouveau face &#224; un rocker d&#233;pressif (Gustave Kervern), figure contemporaine d'une &#233;poque o&#249; on n'ach&#232;te plus de disques et o&#249; on &#233;coute des &#171; sons &#187; (sur l'application Soundcloud on &#171; &#233;coute des sons &#187;, le chant des baleines peut-&#234;tre ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incapable de trouver le sommeil, le gar&#231;on abandonne tout et se rend &#224; P&#244;le Emploi pour trouver un travail idiot qui lui permettra d'&#233;chapper, ne serait-ce qu'un peu, &#224; ses n&#233;vroses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'il se retrouve gardien d'immeuble parisien, sa loge donnant sur une cour qui renvoie sans doute &#224; celle o&#249; Antoine Doisnel colorait des fleurs pour les rendre plus attrayantes (&#171; &lt;i&gt;Domicile Conjugal &lt;/i&gt; &#187; de Fran&#231;ois Truffaut - 1970). Il y croise une population de gens plut&#244;t gentils, mais pratiquement tous n&#233;vros&#233;s et plus ou moins d&#233;bord&#233;s par leurs lubies (de l'accumulation de v&#233;los &#224; l'obsession des fissures murales).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette congr&#233;gation de doux dingues qui s'ignorent abrite notamment la retrait&#233;e Mathilde, &#233;pouse du pr&#233;sident du Conseil syndical, interpr&#233;t&#233;e par Catherine Deneuve. Si vous l'ignoriez, si vous aviez un doute, elle est une immense actrice. Marqu&#233;e par le temps qui a pass&#233;, elle ne perd pas un instant la gr&#226;ce qui a &#233;t&#233; la sienne presque tout au long de sa carri&#232;re. A l'instar du personnage principal masculin, l'envie de la prot&#233;ger de sa folie douce montante nous prend aussi, spectateurs charm&#233;s et l&#233;g&#232;rement &#233;pouvant&#233;s que nous sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couple Kervern/Deneuve, de drolatique devient profond&#233;ment &#233;mouvant, chacun se rendant compte que s'il veut aider l'autre, il n'est pas forc&#233;ment le plus &#224; m&#234;me de bien le faire. La vie peut &#234;tre math&#233;matique, moins plus moins s'additionnent mais restent n&#233;gatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film donne probablement une id&#233;e assez juste de ce qu'est la d&#233;pression, ce grand vide en chacun de nous, telles les poches argileuses sous l'immeuble des protagonistes, quelque chose qui &#224; tout moment peut nous emporter dans des profondeurs que nul ne souhaiterait jamais conna&#238;tre, mais dont on per&#231;oit l'existence, pour peu que l'on ait deux sous de jugeote. Une sorte d'irr&#233;sistible appel de Chtulhu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il vous sera donc permis de rire durant la projection, mais de cet &#233;clat conscient et beau des fragilit&#233;s de l'existence et du charme des gens qui titubent un peu sur les chemins tortueux de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Best Served Cold</title>
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		<dc:date>2014-04-08T18:04:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jeune lecteur si tu existes, sache qu'autrefois en France, pour d&#233;couvrir des groupes de rock bruyant, il fallait regarder M6 le dimanche, tard dans la nuit. Si, par extraordinaire, l'on &#233;tait un &#233;tudiant soucieux de rester frais le lundi matin, il suffisait de programmer son magn&#233;toscope et on se retrouvait le lendemain avec quelques heures de clips &#224; visionner durant la semaine. C'est ainsi que j'ai d&#233;couvert Prong, avec le clip de &#171; Snap Your Fingers, Snap Your Neck &#187; (1994). Sans &#234;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton365-c3be9.jpg?1629061812' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jeune lecteur si tu existes, sache qu'autrefois en France, pour d&#233;couvrir des groupes de rock bruyant, il fallait regarder M6 le dimanche, tard dans la nuit. Si, par extraordinaire, l'on &#233;tait un &#233;tudiant soucieux de rester frais le lundi matin, il suffisait de programmer son magn&#233;toscope et on se retrouvait le lendemain avec quelques heures de clips &#224; visionner durant la semaine. C'est ainsi que j'ai d&#233;couvert Prong, avec le clip de &#171; Snap Your Fingers, Snap Your Neck &#187; (1994). Sans &#234;tre f&#233;ru de m&#233;tal industriel, il &#233;tait difficile de ne pas avoir envie d'onduler joyeusement sur cette ligne de basse sinueuse, enrob&#233;e de riffs ac&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir connu un succ&#232;s grandissant depuis 1986, ce groupe - trio surtout port&#233; par le guitariste et chanteur Tommy Victor - sortait l'album &#171; Rude Awakening &#187; (1996). Ce dernier disque marquait une pr&#233;sence plus importante de sonorit&#233;s &#233;lectroniques, accentuant le c&#244;t&#233; assez dansant de Prong, mais ne rencontra pas franchement son public, poussant le groupe &#224; jeter l'&#233;ponge. Prong &#233;tait donc un peu sorti des radars lorsqu'il r&#233;apparut en 2002, reprenant les choses l&#224; o&#249; il les avait laiss&#233;es, mais faisant montre d'une pertinence rest&#233;e indiscutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais curieux de voir enfin ce groupe en concert, l'ayant notamment rat&#233; au Hellfest o&#249; il s'&#233;tait produit aux alentours de midi, donc un peu t&#244;t pour notre programme charg&#233;, et ce d'autant que la prestation de Tommy Victor avec Danzig durant le m&#234;me festival avait &#233;t&#233; impressionnante de vitalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rejoindre la salle du Nouveau Casino &#224; v&#233;lo en ce vendredi soir d'un printemps presque estival, mais o&#249; le fond de l'air reste frais, s'est r&#233;v&#233;l&#233; une aventure inhabituellement p&#233;nible, dans un Paris encombr&#233; et bruyant. De la sortie des bureaux du huiti&#232;me, en passant par le bal de Polytechnique &#224; l'Op&#233;ra, jusqu'&#224; la ru&#233;e vers les bars de la Bastille, tout le monde &#233;tait de sortie, il a fallu beaucoup slalomer dans cet enfer pour cyclistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; dans la salle, se produisait d&#233;j&#224; la premi&#232;re partie, un groupe d&#233;nomm&#233; KLOGR. Musicalement point d&#233;plaisant, mais avec une voix un peu en de&#231;&#224;, sonnant imparfaitement dans les graves comme les aigus. Au surplus, difficile de ne pas souffrir de certains refrains &#224; la limite du tol&#233;rable, dont j'imagine que nos artistes les voulaient &#224; m&#234;me d'a&#233;rer de leur musique, mais qui sonnaient en r&#233;alit&#233; bien trop n&#233;o m&#233;tal. Tout le monde n'est pas Prong justement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Nouveau Casino ce soir, l'on v&#233;rifie qu'avoir &#233;t&#233; jeune dans les ann&#233;es 90 revient &#224; ne plus l'&#234;tre tellement aujourd'hui, on note ainsi des cheveux plus si longs quand il en reste (des cheveux), des couples et m&#234;me des enfants. Mais sit&#244;t Prong sur sc&#232;ne, le public se r&#233;v&#233;lera moins assagi qu'il n'y para&#238;t et la fosse devient vite tr&#232;s sautillante. Las, sortir du bureau pour aller directement au concert, c'est avoir des chaussures inadapt&#233;es. Je m'&#233;carte un peu pour ne point trop risquer de ruiner mes pompes et d'&#234;tre couvert de bi&#232;re (sans en boire ou presque), mais qu'importe, la musique est sacr&#233;ment bonne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe joue carr&#233;, propre et tendu. Comme sur disque, Prong ne semble avoir conserv&#233; du m&#233;tal que les riffs assassins pour se reposer surtout sur le groove, m&#234;me si l'abandonnant parfois pour de mortelles acc&#233;l&#233;rations (le batteur du moment en fait d'ailleurs peut-&#234;tre un peu trop). Il s'agit ind&#233;niablement d'une musique mal aimable, relativement froide, mais dont le caract&#232;re dansant est &#224; m&#234;me de produire une saveur singuli&#232;re. Le set filera &#224; grande vitesse, face &#224; un public de plus en plus enthousiaste, selon Tommy Victor, nous avons &#233;t&#233; les meilleurs sur la tourn&#233;e (on nous la fait si souvent celle-l&#224;, doit-on encore y croire ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue du concert, le leader s'installer derri&#232;re le stand de merchandising pour une petite s&#233;ance de d&#233;dicace. Bien qu'ayant d&#233;j&#224; acquis le tee-shirt, j'y retourne &#233;videmment pour acheter un album live (&#171; Unleashed in the West &#8211; Live in Berlin &#187;) et obtenir une jolie signature dessus (avec mon pr&#233;nom !). Tommy Victor, lors de notre rapide conversation, se r&#233;v&#232;le &#224; la fois intelligent et plein d'humour, ce qui ne surprend gu&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je quitte les lieux sur mon v&#233;lo pour une longue promenade noctambule jusqu'&#224; mes p&#233;nates proche-banlieusardes. De la rue d'Oberkampf, envahie par une foule bigarr&#233;e assoiff&#233;e de joies nocturnes, en passant par Stalingrad et ses dealers &#224; capuche, comme surgis d'un &#233;pisode de &#171; The Wire &#187;, pour finir sur les mar&#233;chaux avec les tristes filles de joie. Un Paris de f&#234;te et de mis&#232;re, violent et funky comme un titre de Prong.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Eloge de la folie</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Eloge-de-la-folie</link>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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		<dc:subject>Musique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tom Spicer souffre depuis la naissance du syndrome de &#171; l'X fragile &#187;, une forme d'autisme aigu. Proche de la quarantaine, il n'est plus un enfant depuis longtemps, il vit et travaille au sein d'un &#233;tablissement sp&#233;cialis&#233; dans la verte campagne anglaise. Sa s&#339;ur a&#238;n&#233;e et son jeune fr&#232;re sont de tr&#233;pidants londoniens, qui vivent leur existence relativement loin de lui, g&#233;ographiquement et affectivement, quand ils r&#233;alisent soudain qu'ils ont peut-&#234;tre m&#234;me cess&#233; de se pr&#233;occuper de lui. Or, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton364-27329.jpg?1629061812' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tom Spicer souffre depuis la naissance du syndrome de &#171; l'X fragile &#187;, une forme d'autisme aigu. Proche de la quarantaine, il n'est plus un enfant depuis longtemps, il vit et travaille au sein d'un &#233;tablissement sp&#233;cialis&#233; dans la verte campagne anglaise. Sa s&#339;ur a&#238;n&#233;e et son jeune fr&#232;re sont de tr&#233;pidants londoniens, qui vivent leur existence relativement loin de lui, g&#233;ographiquement et affectivement, quand ils r&#233;alisent soudain qu'ils ont peut-&#234;tre m&#234;me cess&#233; de se pr&#233;occuper de lui. Or, Tom a une passion, Metallica, qui se double d'une obsession, rencontrer leur batteur Lars Ulrich. R&#233;aliser un r&#234;ve est propice &#224; la mise en images et, en l'esp&#232;ce, &#224; un rapprochement familial. Voil&#224; donc nos anglais embarquant leur fr&#232;re sur les routes am&#233;ricaines en camping-car &#224; la recherche d'une rencontre bien difficile &#224; organiser, si ce n'est m&#234;me impossible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Evidemment, comme tout un chacun, on imaginerait que la principale difficult&#233; de l'aventure r&#233;siderait dans la possibilit&#233; d'arriver &#224; rencontrer Lars Ulrich, c&#233;l&#233;brit&#233; mondiale. Personnellement, j'aimerais beaucoup rencontrer ce gar&#231;on et j'imagine volontiers que cela ne serait pas &#233;vident (&#224; c&#339;ur vaillant rien d'impossible !). Mais ce joli documentaire d&#233;place le probl&#232;me pour nous amener &#224; r&#233;aliser et comprendre un obstacle bien plus grand encore : du fait de sa maladie et des angoisses irr&#233;pressibles qu'elle g&#233;n&#232;re, il est envisageable que Tom ne veuille aller aux concerts et ne soit surtout pas capable d'attendre de rencontrer son idole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le fan de Metallica - et m&#234;me pour le &#171; fan &#187; de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, avec tous les d&#233;r&#232;glements neuronaux que cela sous-entend - l'empathie avec ce gar&#231;on pas comme les autres, extr&#234;mement dr&#244;le et attachant, est ais&#233;e. Mais cette &#339;uvre modeste est finalement de nature &#224; &#233;mouvoir au-del&#224; des personnes &#233;voqu&#233;es, par une universalit&#233; indiscutable. Il est peut-&#234;tre handicap&#233;, mais finalement, comme beaucoup d'entre nous, Tom est potentiellement t&#233;tanis&#233; par la seule possibilit&#233; de voir ses vieux r&#234;ves se r&#233;aliser, et ce jusqu'&#224; la panique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Algernon, quant &#224; elle, est une souris blanche de laboratoire, aux yeux cercl&#233;s de rouge. De souris normale, elle est devenue g&#233;niale, &#224; la suite d'une op&#233;ration chirurgicale effectu&#233;e sur son cerveau. De ce fait, aux tests effectu&#233;s sous contr&#244;le scientifique, elle bat syst&#233;matiquement le pauvre Charlie, un gar&#231;on simple d'esprit. Nul besoin d'&#234;tre grand clerc pour comprendre assez vite que le projet des hommes en blanc est de faire subir le m&#234;me parcours &#224; notre gentil ben&#234;t. Et c'est ainsi que Charlie devient finalement Charles, g&#233;nie en tout et n'importe quoi, esprit sup&#233;rieur aux capacit&#233;s inou&#239;es. Avec cette brusque intelligence, il d&#233;veloppe &#233;galement des capacit&#233;s aigues de compr&#233;hension des autres, qui l'am&#232;neront rapidement &#224; se replier quelque peu sur lui-m&#234;me (quand son cerveau lui donne quant &#224; lui l'impression de se d&#233;plier), dans un n&#233;cessaire &#233;lan misanthrope.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las, Algernon finit mal, annon&#231;ant &#224; notre h&#233;ros un in&#233;luctable et terrifiant retour &#224; la situation de d&#233;part. Cette trajectoire en cloche, pour int&#233;ressante qu'elle soit, n'am&#232;ne pas &#224; des d&#233;veloppements de concepts ou id&#233;es r&#233;volutionnaires sur la mal&#233;diction d'&#234;tre tout &#224; coup dou&#233; de raison dans un monde absurde. La pi&#232;ce, adapt&#233;e d'une nouvelle, tient surtout ici par son exceptionnel et unique interpr&#232;te, Gr&#233;gory Gadebois. L'exercice de l'acteur n'est pas &#233;vident, et se pr&#234;terait aux pires cabotinages, il n'est en effet pas donn&#233; &#224; beaucoup de com&#233;diens que de pouvoir jouer simultan&#233;ment l'idiot du village et Einstein sans changer de personnage. Par petites touches subtiles, il incarne cette transformation et l'humanit&#233; qui s'en d&#233;gage en toutes circonstances car, quelque soit son &#233;tat mental, le personnage principal ne cesse jamais d'&#234;tre sensible aux autres et &#224; leur contact, conservant invariablement une forme d'intelligence &#233;motionnelle extr&#234;mement frappante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas certain au final que le sort de la souris soit plus enviable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Ida &#187; de Pawel Pawlikowski (2014)</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Ida-de-Pawel-Pawlikowski-2014</link>
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		<dc:date>2014-03-13T16:28:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Naima &lt;br class='autobr' /&gt; O&#249; l'on apprend d&#232;s le d&#233;but qu'Anna s'appelle en r&#233;alit&#233; Ida, qu'elle est juive, et ne l'avait jamais su. Dans la Pologne de 1962, orpheline &#233;lev&#233;e dans un couvent et sur le point de prononcer ses v&#339;ux, elle le d&#233;couvre &#224; l'occasion d'une rencontre avec sa tante, jusqu'alors inconnue. Ida donc, a vingt ans, est ravissante, et brille d'une discr&#233;tion naturelle qui ne r&#233;siste toutefois pas &#224; l'intensit&#233; de son visage. Celle qui l'incarne avec une telle pr&#233;sence, l'actrice Agata (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton363-e6eaa.jpg?1629061812' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Naima&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;O&#249; l'on apprend d&#232;s le d&#233;but qu'Anna s'appelle en r&#233;alit&#233; Ida, qu'elle est juive, et ne l'avait jamais su. Dans la Pologne de 1962, orpheline &#233;lev&#233;e dans un couvent et sur le point de prononcer ses v&#339;ux, elle le d&#233;couvre &#224; l'occasion d'une rencontre avec sa tante, jusqu'alors inconnue. Ida donc, a vingt ans, est ravissante, et brille d'une discr&#233;tion naturelle qui ne r&#233;siste toutefois pas &#224; l'intensit&#233; de son visage. Celle qui l'incarne avec une telle pr&#233;sence, l'actrice Agata Trzebuchowska, semble tout droit sortie de &#171; &lt;i&gt;L'aurore&lt;/i&gt; &#187; de Murnau (1927), tant son physique est expressif, impression amplifi&#233;e par le noir et blanc magnifique du film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa tante Wanda (Agata Kulesza) est quant &#224; elle revenue de tout. C'est une survivante, juive miraculeusement rest&#233;e en vie quant tous les siens ont disparu dans la violence et le sang. Communiste fervente et r&#233;sistante pendant la guerre, elle est devenue ensuite &#171; juge rouge &#187;, au service de l'&#233;tat, au nom de ses convictions de jeunesse dont il ne reste plus grand-chose &#224; quarante ans pass&#233;s. Ravag&#233;e int&#233;rieurement, elle tente de noyer les d&#233;sarrois de son &#226;me dans la fum&#233;e et l'alcool, aux bras des hommes de passage. Cette femme est incroyablement belle et admirablement interpr&#233;t&#233;e, personnage comme tomb&#233; dans sa propre f&#234;lure, &#224; l'humour ravageur et &#224; la tendresse malgr&#233; tout intacte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;alisateur Pawlikowski donne une fois encore admirablement chair et vie &#224; ses personnages, surtout si ce sont des femmes, sujets qui semblent beaucoup plus le passionner que la gent masculine, comme il l'avait d&#233;j&#224; prouv&#233; dans un tr&#232;s beau pr&#233;c&#233;dent film tourn&#233; en Angleterre, &#171; &lt;i&gt;My Summer Of Love&lt;/i&gt; &#187; (2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Wanda a finalement retrouv&#233; sa ni&#232;ce, c'est pour lui r&#233;v&#233;ler qui elle est, mais surtout pour qu'elle l'accompagne &#224; la recherche de ce qui a bien pu advenir de leur famille. Comment ils sont morts et o&#249; sont-ils enterr&#233;s, dans cette Pologne profonde et paysanne, o&#249; toutes les for&#234;ts semblent avoir dissimul&#233; les forfaits les plus odieux. Dans cette qu&#234;te commune de ce qui a pu se passer, seules les motivations des personnages diff&#232;rent, si l'une va rechercher d'o&#249; elle vient, l'autre esp&#232;re ainsi enterrer d&#233;finitivement son terrible pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette Pologne rude et hivernale, la beaut&#233; des images est saisissante et ce d'autant que Pawel Pawlikowski a un sens aigu de la photographie et du cadrage (on se croirait dans des tableaux de Hopper film&#233;s en noir et blanc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de la m&#234;me mani&#232;re que ce souci esth&#233;tique n'emp&#234;che jamais le film d'&#234;tre empreint de v&#233;rit&#233;, la beaut&#233; ne sauve pas ici le monde, et ne nous pr&#233;serve jamais des pires crimes. Au soutien de cette conviction, le r&#233;alisateur a au surplus la d&#233;licatesse de nous &#233;pargner tout effet d&#233;monstratif, tout pathos excessif et tout voyeurisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Terrible description que celle d'un pays qui ne sait que faire d'une histoire r&#233;cente &#233;pouvantable et ce d'autant qu'elle reste tue. De fait, englu&#233;s dans ce pass&#233; commun, tous ses habitants semblent plus ou moins fracass&#233;s, les victimes comme les bourreaux, et la g&#233;n&#233;ration qui les suit &#233;galement, ignorante de presque tout ce qui a pu se passer, mais en portant bien malgr&#233; elle les stigmates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film est ainsi empreint d'un profond pessimisme, on en vient &#224; l'instar des personnages &#224; se demander en quoi croire et &#224; quoi bon vivre dans un monde o&#249; se d&#233;roulent des choses aussi atroces, questionnements &#233;ternels qui se heurtent &#224; d'insondables r&#233;ponses. Face au d&#233;sastre humain, Pawlikowski ne nous laisse que l'&#233;vidence des notes de John Coltrane et la beaut&#233; des femmes aux cheveux enfin d&#233;faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mambo</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Mambo</link>
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		<dc:date>2014-03-12T10:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il semble que cette ann&#233;e nous n'ayons pas eu d'hiver, comme en 1880. Dr&#244;le de mois de mars, o&#249; les parisiennes sont d&#233;j&#224; &#233;closes. &lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s avoir d&#238;n&#233; &#224; l'&#233;tage de la salle Pleyel (au &#171; Caf&#233; Pleyel &#187; donc), je suis descendu m'installer dans la salle, d&#233;j&#224; heureux d'une coupe de champagne bue et du spectacle des jeunes femmes appr&#234;t&#233;es s'asseyant dans les trav&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le concert a commenc&#233; par une pi&#232;ce de Gershwin, dont j'ignorais jusqu'&#224; l'existence : &#171; Ouverture Cubaine &#187;. Comme je vous le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton362-3856a.jpg?1629061813' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il semble que cette ann&#233;e nous n'ayons pas eu d'hiver, comme en 1880. Dr&#244;le de mois de mars, o&#249; les parisiennes sont d&#233;j&#224; &#233;closes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir d&#238;n&#233; &#224; l'&#233;tage de la salle Pleyel (au &#171; Caf&#233; Pleyel &#187; donc), je suis descendu m'installer dans la salle, d&#233;j&#224; heureux d'une coupe de champagne bue et du spectacle des jeunes femmes appr&#234;t&#233;es s'asseyant dans les trav&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concert a commenc&#233; par une pi&#232;ce de Gershwin, dont j'ignorais jusqu'&#224; l'existence : &#171; Ouverture Cubaine &#187;. Comme je vous le disais plus haut, l'ambiance est &#233;tonnamment d&#233;j&#224; presque estivale, cette introduction faisait donc particuli&#232;rement sens. La pi&#232;ce brille d'une musique pleine de fra&#238;cheur et de dr&#244;lerie communicatives, inventive et comme &#233;ternelle. Les id&#233;es jaillissent en tous sens et l'exotisme fondamental de la partition fait que l&#224; tout de suite, c'est &#171; L'homme de Rio &#187; dans nos t&#234;tes, sans m&#234;me le film sur un &#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette introduction extr&#234;mement festive, voici venir Charles Ives. D'un coup, l'hiver s'abat sur nous, la brume monte sur le lac, une &#233;tranget&#233; gla&#231;ante glisse de l'orchestre aux spectateurs. Tant de monde sur sc&#232;ne pour arriver &#224; obtenir une pr&#233;cision aussi subtile jusque dans la dissonance impressionne. Le d&#233;r&#232;glement de l'harmonie finit d'ailleurs par prendre le pas sur le reste, si les instruments se m&#234;lent toujours, ils ne semblent presque plus s'accompagner. A certains moments, on jurerait m&#234;me entendre jouer simultan&#233;ment deux disques diff&#233;rents. C'est un m&#233;tier chef d'orchestre face &#224; une telle partition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous ce d&#233;luge de notes, je note &#224; un moment une jeune violoniste qui semble ne plus arriver &#224; mettre fin &#224; un fou rire, spectacle aussi vivant et charmant que cette jeune fille crois&#233;e le m&#234;me jour, ravissante et souriante, que je voyais courir dans ma direction sur le trottoir, pr&#233;c&#233;d&#233;e d'un petit gar&#231;on hilare. Mais je me disperse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concert reprend, apr&#232;s l'entracte, avec une pi&#232;ce de Georges Antheil, une &#171; Jazz Symphony &#187; qui porte fort bien son nom, nous ramenant un peu de cette l&#233;g&#232;ret&#233; sautillante perdue en chemin. Tout cela swingue en effet terriblement et les quelques &#233;lans plus langoureux du morceau sont aussi enchanteurs. Cette musique fleure bon les lendemains qui chantent et le miracle &#233;conomique dans un monde neuf (l'Am&#233;rique des ann&#233;es 20 en somme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette introduction ne trahit pas cette fois la suite des &#233;v&#232;nements et cette premi&#232;re pi&#232;ce jou&#233;e apr&#232;s la pause se r&#233;v&#232;le les pr&#233;mices id&#233;ales aux &#171; Danses Symphoniques &#187; de West Side Story. Toute cette gaiet&#233; musicale nous rend la foule tout de suite plus enthousiaste, &#224; l'instar de l'orchestre o&#249; la virtuosit&#233; souriante domine. Il y a toujours autant de monde sur la sc&#232;ne et le chef d'orchestre est second&#233; par un merveilleux batteur, donnant encore plus d'allant &#224; l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sublim&#233;e par cette interpr&#233;tation si vivante, cette musique ne semble jamais engonc&#233;e dans sa tr&#232;s &#233;crite partition et donne l'heureuse impression de choisir sa direction en permanence, comme respirant &#224; tous les vents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivats de la foule en conclusion, mais h&#233;las point de rappel. En sortant, on chantonne et sifflote, dans un monde plus chaud, mais plus gai &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>France - Pays-Bas, Stade de France le 5 mars 2014</title>
		<link>https://www.soundsmag.org/Du-pain-et-des-jeu</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.soundsmag.org/Du-pain-et-des-jeu</guid>
		<dc:date>2014-03-07T10:13:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Opinion</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du pain et des Jeux &lt;br class='autobr' /&gt; Autant ne pas s'en cacher, on a un rapport compliqu&#233; avec le football. S'agissant de le pratiquer, enfant, je pr&#233;f&#233;rais lire (on me mettait au goal de temps en temps quand m&#234;me), quant &#224; s'y int&#233;resser, j'ai du d&#233;crocher apr&#232;s les figurines Panini du Mondial 1982. Depuis, je me partage entre emballements faciles (coupe du Monde 1998) et d&#233;go&#251;t profond pour des abrutis en short incarnant avec un talent indiscutable le pire d'une &#233;poque consum&#233;riste et d&#233;c&#233;r&#233;br&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton361-47613.jpg?1629061813' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du pain et des Jeux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autant ne pas s'en cacher, on a un rapport compliqu&#233; avec le football. S'agissant de le pratiquer, enfant, je pr&#233;f&#233;rais lire (on me mettait au goal de temps en temps quand m&#234;me), quant &#224; s'y int&#233;resser, j'ai du d&#233;crocher apr&#232;s les figurines Panini du Mondial 1982. Depuis, je me partage entre emballements faciles (coupe du Monde 1998) et d&#233;go&#251;t profond pour des abrutis en short incarnant avec un talent indiscutable le pire d'une &#233;poque consum&#233;riste et d&#233;c&#233;r&#233;br&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224;, les enfants ont des passions qui ne sont pas forc&#233;ment les v&#244;tres et rien ne pouvait faire plus plaisir &#224; l'a&#238;n&#233; d'entre eux que d'aller voir, en vrai, un match des Bleus. Et c'est ainsi que nous part&#238;mes rejoindre la foule des grands jours en ce mercredi soir d'un hiver finissant. Sur le quai du m&#233;tro, j'ai tent&#233; de recueillir aupr&#232;s de mon fils quelques explications sur l'enjeu du match, je ne crois pas avoir forc&#233;ment tout compris, mais qu'importe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En arrivant aux abords du stade, je dois avouer avoir ressenti ce frisson qui m'envahit avant les concerts. Tant de gens impatients et joyeux, c'est forc&#233;ment communicatif. Et puis, l'entr&#233;e dans l'enceinte impressionne, ce monde, ces lumi&#232;res comme en plein jour &#233;clairant nos vedettes internationales s'&#233;chauffant sur cette pelouse au vert anglais sous les premiers hourras enthousiastes (Ribery, en vrai, &#224; quelques m&#232;tres de moi !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus douloureux, en revanche, la musique en permanence (l'in&#233;vitable Pharrell Williams) et un speaker au quotient intellectuel d'hu&#238;tre avari&#233;e, venu surtout l&#224; pour nous vendre la soupe des marques parrainant l'&#233;v&#232;nement. Et la masse de se pr&#234;ter au jeu, &#224; mon grand d&#233;sespoir. Ainsi, nous &#233;tait-il demand&#233; de crier &#171; allez les bleus &#187; le plus fort possible pour gagner des &#171; goodies Carrefour &#187;. Je suis rest&#233; coi, mon fils aussi, mais l'enthousiasme de mes cong&#233;n&#232;res m'a fait de la peine, tout &#231;a pour tenter d'attraper au vol des babioles en plastique projet&#233;es par des animateurs &#224; l'aide de pistolets &#224; pression. Au secours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cette pause publicitaire, la Garde R&#233;publicaine est entr&#233;e sur le terrain, dans mon esprit mal tourn&#233; a alors jailli cette pens&#233;e, le commerce puis l'arm&#233;e, les moutons sont bien gard&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, enfin, le match. Je n'y connais pas grand-chose n'est-ce pas, mais cela m'a sembl&#233; &#234;tre un beau match. Les hollandais n'ont pas beaucoup touch&#233; le ballon, ou bien ont-ils &#171; manqu&#233; de r&#233;ussite &#187;, toujours est-il qu'ils ont perdu deux &#224; z&#233;ro, buts inscrits d&#232;s la premi&#232;re mi-temps (Benzema et Matuidi). Et on peut faire le caustique, le cynique, voire le gauchiste, on ne va pas barguigner, c'est quand m&#234;me chouette un stade qui se l&#232;ve comme un seul homme quand la balle entre dans les cages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aussi en cette occasion v&#233;cu l'in&#233;vitable complicit&#233; entre spectateurs avec mes voisins, et il fallait voir le sourire goguenard de mon fils lorsqu'un honn&#234;te p&#232;re de famille a ainsi tenu &#224; deviser avec moi de l'aisance de Karim Benzema en &#233;quipe de France depuis que ce dernier joue &#224; Madrid. J'ai pris un air &#224; la fois p&#233;n&#233;tr&#233; et approbateur qui a, je crois, fait son effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la mi-temps, encore une louche de Pharrell Williams (on ne se sent pas seul quand on &#233;coute &#231;a dites donc !) et retour du sinistre speaker pour nous pr&#233;senter un &#171; challenge Cr&#233;dit Agricole &#187;. Je ne m'&#233;tends pas, j'ai d&#233;j&#224; tout dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me mi-temps n'a pas vu de buts, mais les fran&#231;ais ont continu&#233; &#224; dominer &#171; de la t&#234;te et des &#233;paules &#187; (je crois que c'est l'expression d'usage). Fort bien plac&#233;s, nous ne manquons rien ou presque des circonvolutions des joueurs (et admirons aussi de pr&#232;s d'assez beaux travaux capillaires, mention sp&#233;ciale &#224; notre num&#233;ro 19, Paul Pogba). Le spectacle est assez r&#233;jouissant et donne une toute autre sensation que celle habituellement t&#233;l&#233;visuelle. Certains choses nous &#233;chappent du fait de l'absence de vue d'ensemble, mais on se sent plus impliqu&#233; n'est-ce pas lorsqu'on hume jusqu'&#224; l'odeur de l'herbe mouill&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce match n'a sans doute pas chang&#233; grand-chose &#224; mon sentiment sur ce sport, mais pour la joie concentr&#233;e de mon fils tout du long, c'&#233;tait un moment d&#233;licieux. Et en plus, on a gagn&#233;, ce qui est encore meilleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Bourdon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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