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		<title>We're all fucked up kids</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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		<description>Voil&#224; une affiche qui ne se refusait pas, avec notamment Walls of Jericho, Terror, Biohazard et Suicidal Tendencies. Dans le genre musical ici d&#233;velopp&#233; (le hardcore ?), on &#233;tait &#224; la crois&#233;e de tous les chemins : East Coast (Biohazard from Brooklyn), West Coast (Suicidal Tendencies from Venice Beach California), old school (les deux groupes pr&#233;cit&#233;s) et new school (Walls of Jericho et Terror, surnomm&#233;s les &quot;keepers of the faith&quot;...). Nous &#233;tions un lundi frisquet, &#231;a commen&#231;ait trop t&#244;t, (...)

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton306-f3bb2.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; une affiche qui ne se refusait pas, avec notamment Walls of Jericho, Terror, Biohazard et Suicidal Tendencies. Dans le genre musical ici d&#233;velopp&#233; (le hardcore ?), on &#233;tait &#224; la crois&#233;e de tous les chemins : East Coast (Biohazard from Brooklyn), West Coast (Suicidal Tendencies from Venice Beach California), old school (les deux groupes pr&#233;cit&#233;s) et new school (Walls of Jericho et Terror, surnomm&#233;s les &quot;keepers of the faith&quot;...).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous &#233;tions un lundi frisquet, &#231;a commen&#231;ait trop t&#244;t, mais il fallait y &#234;tre. Bon, on a quand m&#234;me rat&#233; les deux premiers groupes, par ailleurs inconnus de nos services, pour arriver alors que Walls of Jericho avait d&#233;j&#224; investi la sc&#232;ne. Ce groupe a une particularit&#233; majeure, le chant est assur&#233; par une femme, Candace Kucsulain. Bon, &#224; l'oreille, on ne s'en rend pas forc&#233;ment compte, mais force est de constater que cela distingue ce combo de... pratiquement tous les autres. Et, bien s&#251;r, je suis amoureux. Certes, elle est exag&#233;r&#233;ment tatou&#233;e et plut&#244;t b&#226;tie comme une armoire &#224; glace, mais elle a un sourire d&#233;licieux et une &#233;nergie particuli&#232;rement communicative. Walls of Jericho donne ainsi des concerts joyeux o&#249; il est de bon ton de sauter en tous sens en hurlant &lt;i&gt;&quot;Fuck the American dream&quot;&lt;/i&gt;. La seule faiblesse du groupe r&#233;side dans la relative absence de compositions r&#233;ellement marquantes, ce qui est peut-&#234;tre d&#251; au bagage technique somme toute assez limit&#233; de ses interpr&#232;tes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s une courte pause &#224; base de boissons fra&#238;ches et achat de tee-shirts (la routine), grimpent sur la sc&#232;ne les membres des d&#233;licats Terror. D&#233;couverts par hasard lors du dernier Hellfest (cf. &lt;a href='http://www.soundsmag.org/Bang-bang-bang-vamanos-vamanos' class='spip_out'&gt;ma chronique dudit &#233;v&#233;nement&lt;/a&gt;), nous &#233;tions assez enthousiastes &#224; l'id&#233;e de reprendre une louche de cette soupe de baffes si admirablement servie. On ne fut point d&#233;&#231;u, le groupe a align&#233; les titres de leur r&#233;pertoire peu subtil, mais diablement efficace, sans r&#233;pit. Le chanteur, entre deux hurlements, n'a cess&#233; de haranguer la foule (&lt;i&gt;&quot;dance, dance, slam-dive, slam-dive !!!&quot;&lt;/i&gt;), organisant mosh-pits, circle pits et autres walls of death, alors que la moiti&#233; de la salle a du d&#233;filer sur la sc&#232;ne avant de se jeter dans la fosse. Ayant le souci de conserver une colonne vert&#233;brale &#224; peu pr&#232;s valide encore quelque temps, nous ne sous sommes pas risqu&#233;s &#224; ce jeu (contrairement &#224; un camarade de l'AMAP, que j'ai vu plusieurs fois se livrer &#224; cet exercice, mais lorsque l'on mange beaucoup de l&#233;gumes verts, on a une sant&#233; de fer).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ap&#233;ritif achev&#233;, est venue l'heure du doubl&#233; de choix, Biohazard et Suicidal Tendencies. Dans une logique g&#233;ographique implacable, nous avons commenc&#233; par Brooklyn avec Biohazard. Le groupe s'est pr&#233;sent&#233; amput&#233; de deux de ses membres d'origine, le bassiste chanteur Evan Seinfeld (qui a quitt&#233; le groupe car reconverti dans le... porno) et le batteur Danny Schuler (momentan&#233;ment absent pour retrouver sa famille, sa femme venant d'accoucher). S'agissant de l'absence de ce dernier, je la d&#233;plorais particuli&#232;rement, ce gar&#231;on faisant partie de mes dix batteurs pr&#233;f&#233;r&#233;s (remplac&#233; ici par un cogneur efficace mais moins subtil). Le bassiste &#233;rotomane a quant &#224; lui &#233;t&#233; remplac&#233; par un gar&#231;on ayant exactement la m&#234;me voix et, pour le reste, le guitariste &#233;galement chanteur Billy Graziadei a survol&#233; la soir&#233;e avec la classe qui le caract&#233;rise. Souriant, g&#233;n&#233;reux, enthousiaste, il a m&#233;rit&#233; le prix de camaraderie et de professionnalisme. Nonobstant un son particuli&#232;rement brouillon et une foule presque trop enthousiaste - nous y reviendrons -, les titres implacables du groupe ont emmen&#233; la soir&#233;e dans un autre univers, infiniment plus s&#233;duisant &#224; mes yeux. Je ne sais pas r&#233;sister &#224; la musique de ce groupe (&quot;What Makes Us Tick&quot;, &quot;Punishment&quot; et m&#234;me les titres r&#233;cents comme &quot;Vengeance is Mine&quot;), et pour un peu, j'aurais bien rejoint les premiers rangs de la fosse pour exprimer ma joie et ma d&#233;votion. Et puis bon, c'est lundi, il y a &#233;cole demain, je me suis content&#233; de rester dans la partie plus apais&#233;e de la fosse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A propos de l'audience, le public hardcore n'aime rien tant que grimper sur la sc&#232;ne pour se jeter ensuite dans la foule. C'est une activit&#233; certes festive et sympathique, mais ledit soir, le ph&#233;nom&#232;ne a fini par prendre des proportions un peu trop importantes. Tous les groupes ont fini par accueillir tout le public ou presque sur sc&#232;ne, les fans ne la quittant ensuite plus, y restant pour danser joyeusement. Le truc que l'on peut &#233;ventuellement rappeler, c'est que nous avions pris des places pour voir des groupes et entendre de la musique, pas pour assister au quart d'heure de gloire de dizaines de fans. Certes, c'est convivial, c'est rigolo, mais c'est un peu lassant quand m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne a pris une ampleur totalement disproportionn&#233;e avec Suicidal Tendencies, la sc&#232;ne restant envahie une grosse partie de leur set. Il s'agit sans doute du groupe que j'ai le plus vu en concert, mais force est de constater qu'il ne se bonifie pas avec l'&#226;ge. N&#233; en 1982, et apr&#232;s un pic cr&#233;atif et sc&#233;nique dans la premi&#232;re moiti&#233; des ann&#233;es 90 (&lt;i&gt;Art of Rebellion&lt;/i&gt; en 1992 ou &lt;i&gt;Sucidal for Life&lt;/i&gt; en 1994), le groupe s'est arr&#234;t&#233; un temps pour reprendre ensuite, avec d'autres musiciens, mais sans se r&#233;v&#233;ler &#224; m&#234;me de produire quoi que ce soit du niveau des albums pr&#233;c&#233;dents. Le chanteur Mike Muir semble ainsi avoir bien du mal &#224; porter son groupe. Las, ce concert sera &#224; l'image de cette &#233;volution. En pr&#232;s d'une heure, ils ont du jouer six titres (&quot;War Inside My Head&quot;, &quot;Possessed to Skate&quot; notamment), entrecoup&#233;s de jams qui n'en finissaient pas et m&#234;me, grand n'importe quoi, de solos (batterie puis guitare !?). Focalis&#233; sur leur r&#233;pertoire le plus punk-rock, Suicidal Tendencies nous a donc servi un concert brouillon et indigne d'un groupe de cet acabit. C'est par ailleurs d'autant plus regrettable que la formation actuelle est compos&#233;e de fines lames vraisemblablement capables de jouer bien autre chose, et qui furent donc ici plut&#244;t sous employ&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est donc un peu d&#233;&#231;us sur la fin que nous avons quitt&#233; la salle, esp&#233;rant mieux de nos idoles d'antan. Peut-&#234;tre s'agissait-il d'une fatigue passag&#232;re. De son c&#244;t&#233;, Biohazard a largement remport&#233; la palme du groupe vindicatif le plus vivant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>I don't like to dance</title>
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		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>J. Edgar Hoover, l'homme qui a invent&#233; et dirig&#233; le FBI pendant 48 ans, r&#234;vait de pouvoir ficher tous les citoyens am&#233;ricains comme les livres d'une biblioth&#232;que et ce afin de pouvoir distinguer les gentils des m&#233;chants (les communistes donc). Claude Gu&#233;ant, sur France Inter il y a quelques jours, disait se r&#233;jouir du travail &#171; merveilleux &#187; de la DCRI. Du fichage au conte, il n'y aurait qu'un pas ? La parano&#239;a am&#233;ricaine n'est toutefois pas le sujet sur (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton305-72e52.jpg&quot; width='150' height='96' style='height:96px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J. Edgar Hoover, l'homme qui a invent&#233; et dirig&#233; le FBI pendant 48 ans, r&#234;vait de pouvoir ficher tous les citoyens am&#233;ricains comme les livres d'une biblioth&#232;que et ce afin de pouvoir distinguer les gentils des m&#233;chants (les communistes donc). Claude Gu&#233;ant, sur France Inter il y a quelques jours, disait se r&#233;jouir du travail &#171; merveilleux &#187; de la DCRI. Du fichage au conte, il n'y aurait qu'un pas ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La parano&#239;a am&#233;ricaine n'est toutefois pas le sujet sur lequel se focalise le plus Eastwood dans son dernier film. Bien entendu, le regard port&#233; sur les obsessions et angoisses am&#233;ricaines entre l'aube de la deuxi&#232;me guerre mondiale et la Guerre froide permet de constater que ce beau pays n'a pas tant chang&#233; et a eu t&#244;t fait, le mur de Berlin tomb&#233;, de se d&#233;couvrir d'autres ennemis pour entretenir son souci obsessionnel de s&#233;curit&#233;. Hoover est obs&#233;d&#233; par la protection de son pays de toutes les menaces possibles, fantasm&#233;es ou r&#233;elles (la p&#232;gre) et se donne tous les moyens n&#233;cessaires pour ce combat. C'est ainsi qu'il disposera syst&#233;matiquement de dossiers compromettants sur tous les hommes de pouvoir, afin de lui permettre de rester d'&#234;tre inamovible &#224; son poste pendant pr&#232;s de 50 ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le film ne n&#233;glige donc pas ces aspects historiques et Eastwood en profite pour regarder &#224; nouveau en face ses habituelles obsessions. Ainsi, la peine de mort, nul besoin d'&#234;tre grand clerc pour une fois de plus constater le d&#233;go&#251;t profond qu'elle lui inspire. On lui a souvent reproch&#233; une relative complaisance vis-&#224;-vis de la violence, ce ne fut en r&#233;alit&#233; jamais le cas, et l'&#226;ge venant, la mani&#232;re de la filmer est devenue encore plus &#226;pre et s&#232;che. Moment fugace et d&#233;finitif, l'agression s'interrompt aussi vite qu'elle ne commence, ne laissant qu'un peu de poussi&#232;re et d'autres d&#233;sastres &#224; venir. Celle qui insupporte le plus Eastwood est celle faite aux enfants, l'affaire de l'enl&#232;vement du fils de Charles Lindbergh est ici particuli&#232;rement gla&#231;ante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces aspects du film ne sont pas les plus surprenants, on y retrouve l'habituelle aisance du ma&#238;tre, sa fluidit&#233; dans la narration et sa capacit&#233; de montrer beaucoup avec une relative &#233;conomie. Mais en r&#233;alit&#233;, il s'agit d'une &#233;tude de caract&#232;res, ce qui nous est surtout racont&#233;, c'est une histoire d'amour et entre deux hommes, celle qui a uni toutes ces ann&#233;es Edgar J. Hoover avec son bras droit, Clyde Tolson (Brokeback Mountain au FBI ?). Faisant fi de tous les doutes et supputations &#233;ventuelles sur la vie sentimentale de son h&#233;ros, Eastwood le pr&#233;sente comme un homme profond&#233;ment amoureux d'un autre, mais incapable d'assumer une telle affection. Si Tolson ne s'y refuserait pas, Hoover ne le peut pas, &#233;cras&#233; par une figure maternelle pour qui un fils homosexuel serait pire qu'un fils mort.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'intensit&#233; de ce d&#233;sir amoureux qui devient le moteur d'une vie malgr&#233; tout pass&#233;e ensemble est film&#233;e de mani&#232;re admirable. C'est ainsi qu'une fois encore Eastwood filme ici la violence, mais cette fois celle des sentiments. On a beau savoir que Clint ne se refuse pas &#224; grand chose en termes d'envies de r&#233;alisation, il faut bien reconna&#238;tre que l'on n'attendait pas forc&#233;ment l'inspecteur Harry sur ce terrain l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est aid&#233; dans cette t&#226;che relativement ardue par un DiCaprio qui r&#233;v&#232;le ici tout son talent (impossible ici de douter encore des capacit&#233;s de celui que l'on a pr&#233;sent&#233; longtemps comme un &quot;poster boy&quot;, moi le premier). Sauf erreur, il a fait le film pour une bouch&#233;e de pain, Eastwood n'ayant pas les moyens de lui verser son salaire habituel, et il est donc ici uniquement motiv&#233; par un intense app&#233;tit de jouer. Fascinant de ma&#238;trise de bout en bout, il porte le film en incarnant admirablement toutes les facettes de la personnalit&#233; complexe de Hoover. Il arrive m&#234;me &#224; &#234;tre totalement cr&#233;dible recouvert de postiches pour le faire ressembler &#224; vieillard us&#233; et malade. Il est au plus fort bien entour&#233;, de Judi Dench &#224; Naomi Watts en passant par Armie Hammer (rep&#233;r&#233; dans &lt;i&gt;The Social Network&lt;/i&gt; de Fincher o&#249; il jouait... des jumeaux).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Eastwood, depuis quelques temps, devant ou derri&#232;re la cam&#233;ra, cultive une derni&#232;re obsession bien l&#233;gitime - &#224; 83 printemps - celle du vieillissement. Et comment ne pas voir une projection de lui-m&#234;me dans ce personnage qui refuse de l&#226;cher la rampe, nonobstant les ravages du temps. Eastwood travaille depuis quarante ans avec la Warner et, nonobstant la valse incessante des dirigeants du studio, il continue &#224; r&#233;aliser un &#8211; bon - film par an.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Eastwood est peut-&#234;tre vieux, mais il est sacr&#233;ment vivant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>The Creature Lives</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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		<description>La derni&#232;re fois que j'ai vu Mastodon, c'&#233;tait au Trabendo au mois de juillet 2009, nous avions eu le plaisir d'y rencontrer le d&#233;put&#233; Patrick Roy et de deviser avec lui. Cette modeste chronique est &#233;videmment d&#233;di&#233;e &#224; la m&#233;moire de ce m&#233;lomane r&#233;publicain. A l'issue de la m&#234;me prestation, nous avions &#233;galement rencontr&#233; les membres du groupe qui, &#224; l'issue du concert, &#233;taient directement descendus de la sc&#232;ne pour venir se frotter &#224; leurs fans, dans un bel (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton304-07dd9.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La derni&#232;re fois que j'ai vu Mastodon, c'&#233;tait au Trabendo au mois de juillet 2009, nous avions eu le plaisir d'y rencontrer le d&#233;put&#233; Patrick Roy et de deviser avec lui. Cette modeste chronique est &#233;videmment d&#233;di&#233;e &#224; la m&#233;moire de ce m&#233;lomane r&#233;publicain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'issue de la m&#234;me prestation, nous avions &#233;galement rencontr&#233; les membres du groupe qui, &#224; l'issue du concert, &#233;taient directement descendus de la sc&#232;ne pour venir se frotter &#224; leurs fans, dans un bel &#233;lan convivial. J'avais ainsi pu obtenir d&#233;dicace et photographie de leur extraordinaire batteur, Brann Dailor, entretenant ainsi mes modestes joies de fan transi. Et puis, le temps passe, le succ&#232;s &#8211; m&#233;rit&#233; &#8211; gagne et cette fois, pour rencontrer le groupe, il fallait &#234;tre tir&#233; au sort &#224; l'issue d'un concours. Je n'ai m&#234;me pas essay&#233; d'y participer, c'est quand m&#234;me tout de suite moins bien. D'ailleurs, aussi somptueuse que fut la soir&#233;e, force est de constater que le concert fut &#233;galement moins r&#233;ussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme me l'&#233;crivait un pianiste de mes amis l'autre jour &#224; propos de Metallica, &#171; Ce n'est pas mon style, la saturation me fatigue tr&#232;s vite, mais au moins c'est authentique et recherch&#233; &#187;. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'en cette soir&#233;e parisienne de janvier, il aurait &#233;t&#233; servi&#8230; C'est un v&#233;ritable bloc de saturation &#233;lectrique qui nous est tomb&#233; dessus, sans crier gare.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce souci de jouer fort et brutal vient peut-&#234;tre de ce qu'il leur a &#233;t&#233; reproch&#233;, avec leur dernier opus en date, &#171; The Hunter &#187; (2011), de flirter avec une relative facilit&#233; dans la composition comme dans la production. Pire, ils ont &#233;t&#233; tax&#233;s de groupe pour les &#171; hipsters &#187; (les bobos qui vivent de l'autre c&#244;t&#233; de l'Atlantique). Ils ont certes renonc&#233;&#8211; un peu &#8211; avec ce dernier album &#224; leur veine &#171; stoner progressif &#187; et aux albums conceptuels, mais il faut savoir raison garder, on est encore loin d'un disque pop-rock. Et la cr&#233;ativit&#233; d&#233;bordante de ces gar&#231;ons n'est pas &#233;teinte, loin s'en faut. Et puis, c'est quand m&#234;me mieux quand il y a un peu de filles dans la salle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En tout cas, vendredi soir, on ne fit, ni dans le d&#233;tail, ni dans la dentelle. Le r&#233;pertoire fut ainsi ax&#233; sur leurs premiers efforts discographiques, en alternance avec des extraits du dernier album. Ainsi, hormis quelques respirations, nous avons &#233;t&#233; litt&#233;ralement assomm&#233;s par la frange la plus alambiqu&#233;e et la plus brutale de leur r&#233;pertoire. Le son &#233;tant un peu brouillon, cela pouvait quelque peu desservir cette orientation artistique pour le moins intense.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mastodon, gr&#226;ce notamment au jeu riche et d&#233;tonnant du batteur Brann Dailor, tout en percussions et roulements, m'&#233;voque une sorte de free jazz jou&#233; fort (tr&#232;s fort), avec des parfois de vrais bouts de m&#233;lodie dedans et de beaux blocs compacts de m&#233;tal en fusion. A l'&#233;coute renouvel&#233;e de ces gar&#231;ons, l'on peut &#233;galement trouver que leurs rythmes &#233;tranges, leurs riffs alambiqu&#233;s, les font plut&#244;t sonner comme un groupe europ&#233;en que comme un conglom&#233;rat de rednecks tout juste extraits des rives boueuses du Mississipi. Leurs disques &#224; th&#232;me sur les &#233;l&#233;ments comme la terre (&lt;i&gt;Blood Mountain&lt;/i&gt; 2006) ou l'eau (&lt;i&gt;Leviathan&lt;/i&gt; 2004), avec des atmosph&#232;res marqu&#233;es par Hermann Melville ou la Russie tsariste confirment largement cette impression. Musique compliqu&#233;e et intense, aux r&#233;f&#233;rences subtiles, c'est sur ce terrain que se positionne Mastodon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il &#233;tait de ce fait un peu regrettable que les variations d'atmosph&#232;re que le quatuor peut produire n'aient ainsi pas &#233;t&#233; totalement mises en valeur lors de ce dernier concert. L'impasse quasi-totale faite sur leur avant-dernier album, &lt;i&gt;Crack the Skye&lt;/i&gt; (2009), en &#233;tait l'illustration la plus flagrante. Ce chef d'&#339;uvre rec&#232;le des pi&#232;ces sublimes et las, si ce fut la plus belle (le titre &#233;ponyme), ils n'en interpr&#233;t&#232;rent (sauf erreur), qu'une seule (alors qu'en juillet 2009, ils avaient jou&#233; l'int&#233;gralit&#233; dudit album, ce qui s'agissant d'un disque alors tout juste sorti, relevait d'une d&#233;marche artistique aussi int&#232;gre que courageuse). On &#233;tait donc parfois un peu abasourdis par cette intensit&#233; de jeu, comme &#233;cras&#233;s par ce mur sonore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le groupe est g&#233;n&#233;ralement peu disert, mais &#224; la fin du show, le batteur s'est empar&#233; du micro pour nous remercier chaleureusement d'&#234;tre &#224; chaque fois plus nombreux et plus enthousiastes. Ce groupe conserve ind&#233;niablement sa fra&#238;cheur et occupe une place particuli&#232;re dans la sc&#232;ne actuelle, pourvu que &#231;a dure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#233;bastien&lt;/p&gt; &lt;p&gt;P.S. la premi&#232;re partie a, une fois n'est pas coutume, soulev&#233; l'enthousiasme. Red Fang joue un stoner poisseux et d&#233;cal&#233;, plus que recommandable (et donc recommand&#233;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pain and Pleasure</title>
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		<dc:date>2012-01-10T10:37:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>Entre l'Autriche et la Suisse, peu de temps avant que le XX&#232;me si&#232;cle ne sombre dans la folie sanglante qui l'a caract&#233;ris&#233;e, deux hommes r&#233;fl&#233;chissent aux origines de la violence et de la souffrance dans l'&#226;me humaine. Le plus jeune des deux (Jung), tout &#224; sa qu&#234;te scientifique, y affrontera son a&#238;n&#233; jusqu'&#224; la rupture et fera &#233;galement face &#224; ses propres tourments pulsionnels. Cette Europe al&#233;manique d'avant les grandes guerres, ce monde disparu, il me (...)

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entre l'Autriche et la Suisse, peu de temps avant que le XX&#232;me si&#232;cle ne sombre dans la folie sanglante qui l'a caract&#233;ris&#233;e, deux hommes r&#233;fl&#233;chissent aux origines de la violence et de la souffrance dans l'&#226;me humaine. Le plus jeune des deux (Jung), tout &#224; sa qu&#234;te scientifique, y affrontera son a&#238;n&#233; jusqu'&#224; la rupture et fera &#233;galement face &#224; ses propres tourments pulsionnels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette Europe al&#233;manique d'avant les grandes guerres, ce monde disparu, il me semble que sa poussi&#232;re flottait encore dans les appartements strasbourgeois de mes grands-parents. Le protestantisme de l'Est sans doute. C'est la religion de Carl Gustav Jung, et ce n'est certainement pas un d&#233;tail dans le film.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un monde plein d'allant dans lequel nous plonge Cronenberg, les gens y sont toujours beaux et bien habill&#233;s, corset&#233;s m&#234;me. Mais, sous ces beaux atours, les cerveaux fonctionnent et les c&#339;urs battent. Ainsi, la laideur semble toujours &#233;pargner les protagonistes de l'histoire, m&#234;me les tentations sexuelles les plus bestiales ne masquent ni n'emp&#234;chent la puret&#233; du sentiment amoureux. Ici, la pulsion n'est pas amoindrie par le costume trois-pi&#232;ces.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce film s'inscrit somme toute assez bien dans l'&#233;volution r&#233;cente du cin&#233;ma de David Cronenberg, on est en effet ici assez loin de &#171; Videodrome &#187; (1982) voire du plus r&#233;cent &#171; Existenz &#187; (1999). Point d'images chocs, m&#234;me si les obsessions restent les m&#234;mes, la violence faite au corps, la transformation, les mutations, mais elles se parent ici d'habits plus &#233;l&#233;gants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette ligne directrice dans l'&#339;uvre de l'auteur s'incarne ici essentiellement dans la prestation extraordinaire de l'actrice Keira Knightley, sa mani&#232;re d'interpr&#233;ter la souffrance psychologique et la pulsion incontr&#244;l&#233;e de Sabina Spielrein fascine le spectateur jusqu'au malaise. Son personnage est d&#233;bord&#233; par son propre corps quand les autres protagonistes semblent en apparence parvenir &#224; maintenir &#224; distance les d&#233;sirs qui les habitent. Cet app&#233;tit ind&#233;fini et irr&#233;pressible jaillit d'elle, elle se contorsionne, modifie le flux de ses propos jusqu'&#224; l'incoh&#233;rence, tord son visage en des mimiques disgracieuses. La grandeur et la d&#233;cadence du d&#233;sir f&#233;minin ont rarement autant br&#251;l&#233; l'&#233;cran, sans que cela ressemble chez l'actrice &#224; une vaine course pour un prix d'interpr&#233;tation quelconque. Elle ne surjoue pas, elle incarne, elle vit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le trio masculin ne manque &#233;galement pas d'allant. Viggo Mortensen &#8211; acteur f&#233;tiche de Cronenberg &#8211; campe impeccablement un Freud s&#251;r de lui quand Michael Fassbender (le meilleur acteur du moment ?) incarne avec talent un personnage dont l'apparente rigidit&#233; dissimule mal la fragilit&#233; et la f&#233;brilit&#233;. Quant &#224; Vincent Cassel, lui aussi habitu&#233; du cin&#233;ma de Cronenberg, il cabotine peut-&#234;tre un peu dans son personnage de psychanalyste &#233;picurien, mais le r&#244;le l'exige sans doute et c'est somme toute assez r&#233;jouissant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le film, d'une facture esth&#233;tique indiscutable tout du long, tant dans sa forme que dans ses plans, rappelle au spectateur que, si l'&#233;l&#233;gance est de mise, elle ne pr&#233;vient pas la trahison et la guerre. C'est beau un monde au bord du gouffre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Bois et le Fer</title>
		<link>http://www.soundsmag.org/Le-Bois-et-le-Fer</link>
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		<dc:date>2011-12-07T18:55:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>Ami lecteur, si tu existes et que tu me lis, il ne t'&#233;chappera pas que la vision sur grand &#233;cran d'un film de Truffaut par un dimanche apr&#232;s-midi pluvieux &#233;tait &#224; m&#234;me de me mettre dans un &#233;tat proche de la b&#233;atitude. Si l'on excepte les soubresauts agac&#233;s d'un grognon qui s'offusquait, avant m&#234;me que le film ne commence, de la modeste agitation des bambins nous accompagnant (cinq enfants, qui se sont par ailleurs fort bien tenus), le plaisir f&#251;t &#224; la hauteur (...)

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ami lecteur, si tu existes et que tu me lis, il ne t'&#233;chappera pas que la vision sur grand &#233;cran d'un film de Truffaut par un dimanche apr&#232;s-midi pluvieux &#233;tait &#224; m&#234;me de me mettre dans un &#233;tat proche de la b&#233;atitude. Si l'on excepte les soubresauts agac&#233;s d'un grognon qui s'offusquait, avant m&#234;me que le film ne commence, de la modeste agitation des bambins nous accompagnant (cinq enfants, qui se sont par ailleurs fort bien tenus), le plaisir f&#251;t &#224; la hauteur des attentes. Comme quoi, Cl&#233;menceau ne disait pas forc&#233;ment juste lorsqu'il affirmait que &#171; le meilleur moment dans l'amour, c'est quand on monte les escaliers &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et quel film ! Truffaut, critique connu &#224; l'&#233;poque pour &#234;tre le pourfendeur du cin&#233;ma franchouillard, se mouille alors bien plus que la plupart de ses confr&#232;res n&#233;s ou &#224; na&#238;tre, en r&#233;alisant lui-m&#234;me un film. Premier essai, premier chef d'&#339;uvre, et le temps qui passe ne change rien &#224; l'affaire. Le rythme, le jeu, la mani&#232;re de filmer n'ont pas pris une ride. Seule peut-&#234;tre la prise de son &#233;tait un peu trouble, d'autant qu'il y a ici &#233;videmment beaucoup de post-synchronisation (ou peut-&#234;tre suis-je en train de devenir sourd).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le cin&#233;aste naissant commence par une &#339;uvre qui est terriblement autobiographique, Truffaut r&#232;gle &#224; sa mani&#232;re, par cette histoire d'enfant d&#233;laiss&#233;, ses comptes avec sa famille et la soci&#233;t&#233; qui l'a vu na&#238;tre. Port&#233; par un tout jeune Jean-Pierre L&#233;aud &#233;poustouflant, il ne manque aucune de ses cibles. L'enfant ne s'&#233;gare que par manque d'amour et cette graine de violence trouve &#224; se d&#233;velopper face &#224; l'ignorance et &#224; la brutalit&#233; de la soci&#233;t&#233; et de ses institutions. En germe, l'on sait d&#233;j&#224; que c'est le go&#251;t de la litt&#233;rature (Balzac) qui guidera le jeune h&#233;ros, &#224; d&#233;faut de le sauver.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au-del&#224; de l'universalit&#233; de sa r&#233;flexion sur l'enfance, le film nous restitue, plus de cinquante ans apr&#232;s sa sortie, une description documentaire d'un Paris d&#233;j&#224; oubli&#233;. Aux abords de la place Clichy, vivait ce que l'on appellerait sans doute une &#171; classe moyenne inf&#233;rieure &#187; qui a aujourd'hui pratiquement quitt&#233; les lieux. Nous sommes dans le Paris d'avant la gentrification. La salet&#233; des cages d'escaliers, les int&#233;rieurs &#233;triqu&#233;s nous sont montr&#233;s comme des donn&#233;es, comme une &#233;vidence, l&#224; n'est m&#234;me pas le sujet. On travaille dur la semaine dans les bureaux parisiens et le dimanche, on part un peu &#224; la campagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les femmes travaillent aussi, elles ne sont plus forc&#233;ment l&#224; pour tenir le foyer et un deuxi&#232;me revenu est indispensable. Elles sont libres sexuellement, mais ici l'enfant en est la victime, d&#233;laiss&#233; par une m&#232;re plus pr&#233;occup&#233;e de ses amants que de sa prog&#233;niture (une once de misogynie est peut-&#234;tre ici &#224; d&#233;celer, mais Truffaut aimait trop les femmes pour pencher en ce sens). Cet abandon est d'autant plus cruel que le p&#232;re est inconnu, et que le beau-p&#232;re, tout bonhomme qu'il soit, n'est pas moins responsable de la situation et capable de d&#233;cisions particuli&#232;rement cruelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;cole, la justice, la police nous sont montr&#233;es comme de institutions incapables de compr&#233;hension et d'empathie pour ceux qu'elles encadrent. La soci&#233;t&#233; fran&#231;aise ne sait que faire de ses enfants, et si des lueurs de compr&#233;hension et r&#233;flexions surgissent parfois (juge, psychologue...), c'est quand m&#234;me toujours la brutalit&#233; imb&#233;cile qui est retenue. En cela aussi, le film n'a pas vieilli.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'enfant ne trouve du r&#233;confort qu'aupr&#232;s de ses semblables, avec lesquels il fait de joyeuses b&#234;tises, sans mauvaises pens&#233;es, sans jamais oublier de rire et de courir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est &#233;videmment pas un film destin&#233; prioritairement aux enfants, mais il leur est parfaitement accessible. Fran&#231;ois Truffaut filme &#224; leur hauteur (voir notamment une sc&#232;ne sublime d'enfants assistant &#224; un spectacle de Guignol), ce qui permet &#224; un jeune public de parfaitement s'y retrouver, de s'identifier &#224; ce qui se passe sur l'&#233;cran et de le comprendre intimement, m&#234;me si les &#233;v&#232;nements d&#233;crits ne ressemblent pas forc&#233;ment &#8211; et heureusement - &#224; leur vie quotidienne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Film r&#233;volutionnaire et toujours vibrant, il m'a sembl&#233; faire &#233;cho &#224; ce qu'&#233;crivait Godard en pr&#233;face de la &#171; Correspondance &#187; de Truffaut, &#171; Fran&#231;ois est peut-&#234;tre mort, je suis peut-&#234;tre vivant. Il n'y a pas de diff&#233;rence. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Another Perfect Night</title>
		<link>http://www.soundsmag.org/Another-Perfect-Night</link>
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		<dc:date>2011-11-23T17:23:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


		<dc:subject>francais</dc:subject>
		<dc:subject>Musique</dc:subject>

		<description>Le matin du concert, j'avais du renoncer &#224; mon fid&#232;le destrier (mon v&#233;lo) pour cause de rendez-vous judiciaire en proche banlieue. Me voil&#224; donc agglutin&#233; avec mes semblables dans les transports en commun. Pour le misanthrope commun, l'heure &#233;tait difficile. En effet, j'aurais pu jouir de la fraicheur matinale, le nez au vent, juch&#233; sur ma petite reine, et je me trouve finalement compress&#233; par une mar&#233;e humaine qui ne sent pas toujours le savon. Emp&#234;tr&#233; dans mes (...)

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		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le matin du concert, j'avais du renoncer &#224; mon fid&#232;le destrier (mon v&#233;lo) pour cause de rendez-vous judiciaire en proche banlieue. Me voil&#224; donc agglutin&#233; avec mes semblables dans les transports en commun. Pour le misanthrope commun, l'heure &#233;tait difficile. En effet, j'aurais pu jouir de la fraicheur matinale, le nez au vent, juch&#233; sur ma petite reine, et je me trouve finalement compress&#233; par une mar&#233;e humaine qui ne sent pas toujours le savon. Emp&#234;tr&#233; dans mes mouvements, je parviens tout de m&#234;me &#224; extraire de mon sac un appareil permettant d'&#233;couter de la musique, un &#233;chappatoire virtuel en somme. Suivant alors une s&#233;v&#232;re introduction &#224; la batterie, tout Mot&#246;rhead d&#233;boule dans mes oreilles sur &quot;Born to Lose&quot;, titre ouvrant leur dernier opus en date, &lt;i&gt;The World is Yours&lt;/i&gt;. Et l&#224;, tout &#224; coup, alors que je me d&#233;battais au milieu de m&#233;diocres vicissitudes urbaines et humaines, je suis soudainement apais&#233;. La vie est belle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N'ayons pas peur de l'affirmer, Mot&#246;rhead est intouchable, la vulgarit&#233; ne les effleure pas, m&#234;me les Inrockuptibles sont oblig&#233;s de s'incliner, ce groupe incarne le rock n' roll dans sa forme le plus essentielle et la plus pure. Lemmy, bient&#244;t soixante six ans au compteur (puisse t'il atteindre les 666 ans), trimballe son groupe sur toutes les sc&#232;nes depuis plus de trente cinq ans, ramenant le terme &#171; inoxydable &#187; &#224; sa plus stricte d&#233;finition. Il est vrai que le leader de Mot&#246;rhead craint peu la rouille, il ne boit presque pas d'eau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mot&#246;rhead est le rocher sur lequel la mer m&#233;tallique vient naitre et mourir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lemmy jouera jusqu'au dernier souffle, c'est son projet, et puis un jour, tel Jean-Baptiste Poquelin, il s'effondrera sur sc&#232;ne. Bob Dylan fait de m&#234;me, jouer sans fin avant que la Faucheuse ne frappe. Tout &#231;a est &#233;videmment bien plus rock n'roll que la derni&#232;re collection printemps-&#233;t&#233; de Zadig et Voltaire. Le probl&#232;me est que, parfois, ces glorieux spadassins de la cause donnent des concerts en pilotage automatique o&#249; peut affleurer un certain ennui (cf. Mot&#246;rhead au Hellfest en 2010 chroniqu&#233; en ces pages).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais voil&#224;, si Mot&#246;rhead passe en ville, on n'a pas le choix, il faut en &#234;tre, on est oblig&#233;. Lemmy est notre Pape, il nous faut beno&#238;tement le c&#233;l&#233;brer. En quittant mon bureau, avant de me rendre au Z&#233;nith, je croise dans le m&#233;tro un type avec le tee-shirt Snaggletooth (le logo de Mot&#246;rhead) et j'entame tout de suite la conversation. On ne se conna&#238;t pas, on ne se ressemble pas, mais on a d&#233;j&#224; des tas de choses &#224; se dire. Tutoiement imm&#233;diat et souvenirs &#233;piques de concert &#224; travers le temps pass&#233; (et &#224; venir !).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au Z&#233;nith, les &#233;v&#232;nements de la vie nous ont attribu&#233;s des places assises et num&#233;rot&#233;es. Ainsi, si d&#232;s le d&#233;but du concert, une belle agitation gagnera la fosse, dans les gradins, il faudra attendre l'in&#233;vitable doubl&#233; final &#171; Ace of Spades &#187; - &#171; Overkill &#187; pour que tous se dressent enfin dans un bel ensemble. Si j'ai du rester assis, je n'ai n&#233;anmoins pas cess&#233; de sourire et ce, d&#232;s le d&#233;but du concert, qui s'est ouvert avec le tonitruant &#171; Bomber &#187;. Je veux dire quelle autre attitude adopter face &#224; tant d'hymnes joyeux (&#171; Damage Case &#187;, &#171; Stay Clean &#187; et m&#234;me le sombre &#171; Orgasmatron &#187;&#8230;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;King Buzzo des Melvins a un jour d&#233;clar&#233; qu'un groupe a le niveau de son batteur. Ici, l'on parle de donc l'animal Mikkey Dee. Ce type est une brute souriante, d'une efficacit&#233; terrible. Juch&#233; sur l'estrade ajout&#233;e &#224; la sc&#232;ne, on l'a vu frapper vite et fort, nous donnant l'impression de creuser sans rel&#226;che un trou qui l'am&#232;nerait dans le magma bouillonnant du centre de la Terre. Le trio voyait ainsi son assise rythmique implacablement assur&#233;e, il ne restait plus qu'&#224; envoyer le rock n' roll, ce qui fut fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais les m&#234;mes sont aussi capables d'incendier le Z&#233;nith avec des guitares acoustiques et un harmonica, ce qu'ils firent avec le superbe &#171; Whorehouse Blues &#187;, titre qui sent bon le feu de bois (cr&#233;pitant chez Madame Claude).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le concert n'aura certes dur&#233; qu'une petite heure et demie, mais de belle facture, et, ind&#233;niablement, ce groupe doit rester sur la route et nous devons continuer &#224; le suivre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;P.S. nos p&#233;r&#233;grinations r&#233;centes nous ont &#233;galement r&#233;cemment men&#233;s &#224; l'espace 1789 audonien pour &#233;couter le Surnatural Orchestra, pour une nouvelle cr&#233;ation pr&#233;sent&#233;e dans le cadre du festival Africolor. Je suis tr&#232;s attach&#233; &#224; ce groupe, au-del&#224; de l'impressionnante qualit&#233; musicale de ceux qui le composent, pour des raisons sentimentales et familiales (je compte un trompettiste de cousin parmi eux).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Combien &#233;taient-ils ledit soir sur la vaste sc&#232;ne ? Je ne sais pas, vingt, peut-&#234;tre trente cuivres, mais &#233;galement un orgue Hammond B 3 (la classe) et un batteur. En revanche, la musique &#233;tait jou&#233;e dans le cadre d'une sc&#233;nographie que j'ai trouv&#233; moins convaincante que la partition. En effet, l'orchestre joue une musique &#233;vocatrice d'images que le danseur ou les modestes d&#233;cors pouvaient perturber, emp&#234;chant notre &#226;me de vagabonder &#224; loisir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'agissait en tout cas d'un beau spectacle, exigeant et o&#249;, si l'intensit&#233; des efforts fournis par les musiciens &#233;tait palpable, la vibration de leur musique restait communicative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>13 trois quart, c'est pas 14</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>Alors que la France enti&#232;re semble se ruer dans les salles obscures pour, une fois encore, se voir et se croire telle qu'elle n'est pas (&#171; Les Intouchables &#187;, tout est dans le titre), laissez-moi vous &#233;crire quelques lignes pour vous recommander un petit chef d'&#339;uvre qui vous distraira peut-&#234;tre du chemin des masses avides de &#171; distraction &#187;. Quittons donc notre beau pays pour la Belgique, pays que filme Bouli Lanners comme s'il s'agissait d'un (...)

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que la France enti&#232;re semble se ruer dans les salles obscures pour, une fois encore, se voir et se croire telle qu'elle n'est pas (&#171; Les Intouchables &#187;, tout est dans le titre), laissez-moi vous &#233;crire quelques lignes pour vous recommander un petit chef d'&#339;uvre qui vous distraira peut-&#234;tre du chemin des masses avides de &#171; distraction &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quittons donc notre beau pays pour la Belgique, pays que filme Bouli Lanners comme s'il s'agissait d'un grand espace vierge, une Am&#233;rique, un Far West au c&#339;ur de la vieille Europe. Son pr&#233;c&#233;dent film, &lt;i&gt;Eldorado&lt;/i&gt; (encens&#233; en ces pages), filmait l'errance de deux paum&#233;s, en s'inscrivant dans la tradition cin&#233;matographique du road-movie. Ce nouvel opus, mettant en sc&#232;ne trois pr&#233; adolescents, s'il poursuit le m&#234;me principe d'un film en mouvement, va plut&#244;t chercher ses racines du c&#244;t&#233; du conte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes &#224; la fin de l'&#233;t&#233;, quelque part dans les Flandres, trois jeunes gar&#231;ons, visiblement livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, sans que les raisons qui expliqueraient cette situation nous soient clairement donn&#233;es, entament une errance sans but d&#233;termin&#233;. Symboliquement, sans doute, cette fin de la p&#233;riode estivale fait &#233;cho chez les protagonistes au proche et in&#233;luctable passage &#224; l'&#226;ge adulte. Toutefois, s'ils semblent verbalement aguerris sur la sexualit&#233; et la violence (et &#224; la consommation de drogue douce), ces petits sauvageons ne sont en r&#233;alit&#233; pas sortis de l'enfance, et ce n'est que la duret&#233; de leur monde qui les pousse ainsi au mouvement. Nos h&#233;ros sont en effet &#224; l'&#226;ge ou l'on h&#233;site encore entre la tendresse de la m&#232;re (faisant ici cruellement d&#233;faut) et les femmes fantasm&#233;es &#224; venir (certes souvent esp&#233;r&#233;es, et pas souvent atteintes, mais l&#224; aussi se trouve l'apprentissage). La confusion sentimentale entre ces deux l&#233;gitimes besoins est superbement interpr&#233;t&#233;e par le plus jeune des protagonistes dans une sc&#232;ne bouleversante (je n'en dirai pas plus, l'on pourrait me reprocher de trop d&#233;voiler).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les paysages somptueux, on se croirait au Qu&#233;bec, et sont propices &#224; la r&#234;verie picaresque et bucolique. Mais comme chez Perrault et Grimm (et Charles Laughton), dans la for&#234;t se cachent des loups, m&#234;me si surgissent parfois des f&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si l'on ne saura pas grand-chose des drames de ces enfants (la m&#232;re n'est qu'une voix au t&#233;l&#233;phone, le p&#232;re n'est pas &#233;voqu&#233;), on les verra se colleter &#224; un monde d'adultes souvent un peu effrayant et d&#233;cal&#233;, renfor&#231;ant l'aspect fantasmatique et r&#234;veur de l'histoire. Tous les acteurs sont &#224; ce titre impressionnants, qu'ils soient dr&#244;les ou terrifiants (du coup, encore plus dr&#244;les en fait), les plus extraordinaires &#233;tant les trois enfants. Filmer les enfants est un exercice ardu, Bouli Lanners le r&#233;ussit avec une aisance qui force le respect, il ne trahit jamais la profondeur et la gr&#226;ce de ces &#226;ges. Ils n'ont pas vraiment de raisons de rire et pourtant c'est ce qu'ils font, se d&#233;fiant ainsi du sort qui s'acharne. La beaut&#233; de la nature semble ainsi r&#233;pondre &#224; leur joie in&#233;branlable d'&#234;tre vivant (mais triste).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La vision de ce film permet de constater une fois encore la vigueur du cin&#233;ma belge, qui par son traitement visuel ou par l'humour particulier et &#233;trange qui s'y d&#233;veloppe, se distingue de notre cin&#233;ma hexagonal d&#232;s la premi&#232;re seconde de visionnage. La musique, sorte de folk-rock acoustique faisant parfois penser &#224; Jeff Buckley (The Bony King Of Nowhere, groupe dont je ne sais rien), est &#233;galement superbe, mais en Belgique, de toutes fa&#231;ons, on sait faire du rock n' roll.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce film est beau, courez-y vous dis-je.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sapristi</title>
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		<dc:subject>Cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>Autant le pr&#233;ciser tout de suite, d&#232;s le d&#233;but, je suis tintinophile depuis tout petit. Pas acharn&#233;, mais je suis quand m&#234;me du genre &#224; me p&#226;mer devant une &#233;dition originale de &#171; Tintin au Tibet &#187; et j'ai de nombreux ouvrages de et sur Herg&#233; dont j'esp&#232;re qu'ils seront un jour rares (et chers). Bref, l'association Spielberg et Herg&#233; ne pouvait qu'&#233;veiller ma curiosit&#233; (et celle de ma prog&#233;niture). Le film ayant fait l'objet d'un intense matraquage (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH64/arton299-7fd4e.jpg&quot; width='150' height='64' style='height:64px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Autant le pr&#233;ciser tout de suite, d&#232;s le d&#233;but, je suis tintinophile depuis tout petit. Pas acharn&#233;, mais je suis quand m&#234;me du genre &#224; me p&#226;mer devant une &#233;dition originale de &#171; Tintin au Tibet &#187; et j'ai de nombreux ouvrages de et sur Herg&#233; dont j'esp&#232;re qu'ils seront un jour rares (et chers). Bref, l'association Spielberg et Herg&#233; ne pouvait qu'&#233;veiller ma curiosit&#233; (et celle de ma prog&#233;niture).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le film ayant fait l'objet d'un intense matraquage publicitaire, avant m&#234;me de s'asseoir dans la salle, l'on savait d&#233;j&#224; &#224; quoi allaient ressembler les protagonistes en passant du papier &#224; l'animation num&#233;rique. Mes deux fils &#233;taient alors formels : &#171; ils sont moches &#187;. Quand on est jeune, on est int&#232;gre et pas qu'un peu. Nous n'avons point vu la version 3 D, mais force est de constater que ce syst&#232;me de motion capture avec des vrais acteurs &#233;tait quand m&#234;me celui qui &#233;tait le mieux &#224; m&#234;me de servir l'&#339;uvre originale. Tintin a pris vie sous nos yeux, c'&#233;tait presque aussi touchant que le &#171; &lt;i&gt;Spiderman&lt;/i&gt; de Sam Raimi. C'est d'ailleurs au d&#233;but du film que le spectateur trouvera le plus de po&#233;sie, avec un g&#233;n&#233;rique beau comme du Saul Bass revu par Herg&#233; et, juste apr&#232;s, un tr&#232;s joli hommage de Spielberg au dessinateur de Tintin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Globalement, la premi&#232;re heure est d'ailleurs tr&#232;s r&#233;ussie, l'ambiance bruxelloise petit vingti&#232;me (si&#232;cle) est d&#233;licieuse et les p&#233;rip&#233;ties de nos h&#233;ros ont l'entrain et la sobri&#233;t&#233; des albums type &#171; ligne claire &#187;. Le probl&#232;me est qu'ensuite le film s'emballe terriblement, Spielberg faisant plus de clins d'&#339;il &#224; sa propre &#339;uvre qu'&#224; celle suppos&#233;e l'inspirer. Les sc&#232;nes d'action se bousculent, fatiguent l'&#339;il et l'&#226;me, et on d&#233;croche quelque peu de ce qui se passe sur l'&#233;cran, alors que celui-ci se charge singuli&#232;rement. Alors que l'&#339;uvre d'Herg&#233; semble se remplir de bruit et de fureur, il semble que Spielberg s'auto-caricature maladroitement. Il y a m&#234;me un combat de grues, autant dire, n'importe quoi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est assez dommage, parce que certaines sc&#232;nes touchent au sublime, notamment une tr&#232;s belle errance dans le d&#233;sert de Tintin et du capitaine Haddock. Pour dessiner le sable ou la neige, Herg&#233; avait du g&#233;nie (sans doute aid&#233; par la d&#233;pression) et les dessinateurs et animateurs ont ici fait &#339;uvre cr&#233;ative et respectueuse. De la m&#234;me mani&#232;re, certains passages, m&#234;me en 2 D, ont un rendu visuel tellement palpable que l'on croirait pouvoir toucher l'image : &#224; un moment, le plus jeune de mes fils s'est d'ailleurs dress&#233; sur son si&#232;ge, bras en avant, pour emp&#234;cher de tomber d'une table des objets brinqueball&#233;s par le roulis du bateau. C'&#233;tait beau comme la sortie des usines Lumi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Secret de la Licorne&lt;/i&gt; est donc un objet un peu boiteux, &#224; moiti&#233; r&#233;ussi, vraisemblablement du fait de la volont&#233; de l'auteur de plaire &#224; tout le monde, et la vision du film ne se justifie que si vous avez des enfants (au cas o&#249; vous auriez eu un doute).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#233;bastien&lt;/p&gt; &lt;p&gt;P.S. toujours &#224; propos des enfants, vu avec eux en s&#233;ance de rattrapage sur l'&#233;cran familial, une des derni&#232;res productions Dreamworks, &lt;i&gt;Dragons&lt;/i&gt;. Le film est charmant et dr&#244;le, et parfois m&#234;me point trop laid. En revanche, voil&#224; une maison de production qui prend les enfants pour des demeur&#233;s. Le langage est en effet effarant, nos h&#233;ros vikings ne s'expriment que par des &#171; mortel &#187;, &#171; trop bien &#187; et autres &#171; &#231;a d&#233;chire &#187;. Sur ce terrain, le Tintin de Spielberg emporte haut la main la palme du vernis culturel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>I Love The Dead</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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		<dc:subject>Musique</dc:subject>

		<description>La route, pourtant courte, fut longue jusqu'au Z&#233;nith parisien, tout le secteur du b&#226;timent semblant s'&#234;tre donn&#233; la main pour faire du chemin jusqu'&#224; la porte de Pantin un chantier impraticable en voiture. Sous une pluie diluvienne au surplus. Avec &#224; bord, deux petits gar&#231;ons, excit&#233;s comme un soir d'Halloween. B&#233;nies soient les goules et les sorci&#232;res, on n'a pas manqu&#233; le d&#233;but. Avec tous ces tracas routiers, on a quand m&#234;me manqu&#233; le d&#233;but de la premi&#232;re (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://www.soundsmag.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton298-bf13e.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La route, pourtant courte, fut longue jusqu'au Z&#233;nith parisien, tout le secteur du b&#226;timent semblant s'&#234;tre donn&#233; la main pour faire du chemin jusqu'&#224; la porte de Pantin un chantier impraticable en voiture. Sous une pluie diluvienne au surplus. Avec &#224; bord, deux petits gar&#231;ons, excit&#233;s comme un soir d'Halloween. B&#233;nies soient les goules et les sorci&#232;res, on n'a pas manqu&#233; le d&#233;but.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec tous ces tracas routiers, on a quand m&#234;me manqu&#233; le d&#233;but de la premi&#232;re partie, mais comme souvent, &#231;a ne devait pas &#234;tre tr&#232;s grave. Le temps passant, voil&#224; que les concerts de rock n' roll sont assis et plac&#233;s, et nous voil&#224; donc install&#233;s derri&#232;re la sono, &#224; nos places attribu&#233;es et inamovibles, dans un Z&#233;nith en petite configuration, mais bien rempli, preuve de l'affection de notre pays pour Alice Cooper (ce dernier visitant par ailleurs plusieurs villes fran&#231;aises durant cette tourn&#233;e).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Me voil&#224; donc pour la quatri&#232;me fois &#224; un concert d'Alice Cooper, leader du groupe du m&#234;me nom qui inventa le &#171; shock rock &#187; au d&#233;but des ann&#233;es 70. Je n'ai jamais &#233;t&#233; d&#233;&#231;u par les prestations de cette vieille rock star sur laquelle l'&#226;ge ne semble pas avoir prise (63 ans). Il est vrai que le gar&#231;on n'a jamais cultiv&#233; un look de rocker sexy, mais plut&#244;t de cr&#233;ature nocturne et mal&#233;fique, du coup, qu'importent les ravages du temps puisqu'ils compl&#232;tent parfaitement le tableau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est bien d'un concert qu'il s'agit, l'on y entend de la musique et de la bonne, mais l'ensemble rel&#232;ve plut&#244;t du spectacle, voire du num&#233;ro. L'on est ici plong&#233; dans une tradition sc&#233;nique qui va du Grand-Guignol parisien aux films d'&#233;pouvante de la Hammer. Et c'est ind&#233;niablement r&#233;ussi, presque touchant par le respect accord&#233; au genre (jusqu'aux trucages grossiers, comme une ultime fid&#233;lit&#233; au style). Souvenons-nous qu'il arrive &#224; ce chanteur de faire des apparitions dans des films d'&#233;pouvante, notamment dans le gla&#231;ant &lt;i&gt;Prince of Darkness&lt;/i&gt; de John Carpenter (1987).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi si Alice toise et pointe le public, il ne lui parle pas, comme si une telle repr&#233;sentation ne supportait pas l'interruption, les salutations et remerciements &#233;tant exclusivement r&#233;serv&#233;s &#224; l'issue du show.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque s'&#233;teignent les feux, le backdrop sc&#233;nique est &#233;clair&#233; par l'arri&#232;re, illuminant un Alice g&#233;ant, la main dominant un sinistre cimeti&#232;re. La voix de l'immense acteur Vincent Price s'&#233;l&#232;ve alors, comme dans le sublime &#171; Welcome to my Nightmare &#187; (1975) et c'est tr&#232;s logiquement avec un extrait de ce remarquable opus que d&#233;bute notre soir&#233;e : &#171; The Black Widow &#187;. Notre h&#233;ros est juch&#233; sur une estrade, dot&#233; de quelques bras suppl&#233;mentaires pour le faire ressembler &#224; une araign&#233;e humaine. Le son est puissant, le groupe, s'il n'a pas la subtilit&#233; de la formation des ann&#233;es 70, joue bien et vigoureusement. Les m&#233;lomanes noteront le retour de Steve Hunter &#224; la guitare, musicien qui s'est notamment illustr&#233; avec Lou Reed (&#171; Berlin &#187;) ou Peter Gabriel. Sa pr&#233;sence constituera un apport qualitatif ind&#233;niable, m&#234;me si le groupe ne manque par ailleurs pas de guitares (trois en tout, dont la jeune et s&#233;millante Orianthi Panagaris, une fille, c'est toujours bien).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que nous avions quitt&#233; Alice Cooper il y a un peu plus d'un an sur les pelouses du Hellfest, ce gar&#231;on a l'&#233;l&#233;gance de nous servir un tout autre show. Si les tubes en or massif sont in&#233;vitables (de &#171; School's Out &#187; &#224; &#171; Feed My Frankenstein &#187; en passant par &#171; I'm Eighteen &#187; et &#171; Poison &#187;), sont &#233;galement tir&#233;es du haut-de-forme plusieurs raret&#233;s, de toutes les &#233;poques : notamment &#171; Muscle of Love &#187; (extr&#234;mement tonique), &#171; Hey Stoopid &#187; et un somptueux &#171; Halo of Flies &#187; au milieu duquel fut interpr&#233;t&#233; un duo basse-batterie qui ne m'a, oh surprise, pas ras&#233;, inventif et joyeux qu'il &#233;tait. Le dernier album n'e&#251;t droit qu'&#224; un seul extrait avec le tr&#232;s stonien &#171; I'll Bite Your Face Off &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, le spectacle fut un peu moins th&#233;&#226;tral qu'&#224; l'habitude, du coup, la place laiss&#233;e &#224; la musique et &#224; son interpr&#233;tation a sembl&#233; plus grande, ce qui n'&#233;tait pas regrettable au regard de la qualit&#233; des musiciens. Le r&#233;pertoire &#233;tait solide et le groupe ne l'&#233;tait pas moins. Si l'ensemble &#233;voque un num&#233;ro de cirque promen&#233; mille fois autour du monde, il reste donc toujours de la place pour les notes et le plaisir de les interpr&#233;ter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rassurons toutefois les afficionados, Alice a d&#233;barqu&#233; avec un serpent autour du cou (&#171; My Body &#187;), a &#233;t&#233; chass&#233; par un monstre g&#233;ant (&#171; Feed My Frankenstein &#187;) et, tel un condamn&#233; &#224; mort, a vu sa t&#234;te tranch&#233;e sous les hurlements de la foule (&#171; Killer/I Love The Dead &#187;). Pour l'&#233;ducation des enfants, c'est quand m&#234;me autre chose qu'Eurodisney !!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Surtout plus impressionnant encore, la voix de Vincent Furnier (aka Alice Cooper) est impeccable, l&#224;, le poids des ans ne se fait pas sentir. Un regret justement li&#233; &#224; cela, l'on pouvait d&#233;plorer l'absence de clavier qui donne souvent de belles couleurs &#224; la musique du Cooper, la teintant d'influences fleurant bon le piano-bar, la pop ou l'art rock, genres qu'il chante admirablement (n'oublions pas que Sinatra faisait partie de ses admirateurs, que Liza Minnelli a fait des ch&#339;urs pour le groupe et qu'il avait enregistr&#233; un titre pour un James Bond, &#171; Man With The Golden Gun &#187;, qui ne fut finalement pas retenu, mais que l'on trouve sur l'album &#8211; chaleureusement recommand&#233; - &#171; Muscle of Love &#187;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, Alice Cooper est &#233;videmment un peu moins habit&#233; que durant ses prestations des ann&#233;es 70, l'ex&#233;cution est donc ultra professionnelle et l&#233;ch&#233;e, mais rien &#224; faire, c'est toujours frais et dr&#244;le. &#171; Does humour belong in music ? &#187; s'interrogeait Frank Zappa (la r&#233;ponse est dans la question). A sa mani&#232;re, Alice Cooper qui f&#251;t justement d&#233;couvert par le guitariste moustachu, poursuit la noble t&#226;che de distraire honn&#234;tement les foules. Pourvu que &#231;a dure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Art is Truth</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Bourdon</dc:creator>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s l'entr&#233;e dans la salle, sans que le concert ait commenc&#233;, le concept est d'attirer progressivement le public vers la sc&#232;ne, vers ce qui va s'y passer. Les lumi&#232;res ne sont pas &#233;teintes, mais semblent s'estomper petit &#224; petit, tandis que monte un son &#233;trange des enceintes. L'estrade sc&#233;nique est faussement masqu&#233;e par un rideau transparent, derri&#232;re lequel les musiciens vont progressivement s'installer &#224; leurs places attribu&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est ainsi que le concert s'ouvre par l'arriv&#233;e du batteur qui commence &#224; jouer, seul, des rythmes orient&#233;s vers le jazz. Comme le disait Bertrand, &lt;i&gt;&#171; si &#231;a commence par un solo de batterie, c'est bien, comme &#231;a on sait qu'il n'y en aura pas un autre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les autres membres du groupe se placent, puis Steve Wilson entre, anglais maigrichon &#224; petites lunettes et cheveux jusqu'aux &#233;paules, avec une allure d'&#233;ternel &#233;tudiant, nonobstant ses quarante printemps d&#233;pass&#233;s. Il m&#232;nera le concert, alternant guitares et claviers, dirigeant, mais se laissant &#233;galement porter par son impeccable orchestre (claviers, sax-fl&#251;te, batterie, guitare et basse-stick). On notera au poste de bassiste, le formidable Nick Beggs, vu et entendu chez Steve Hackett il y a &#224; peine quelques jours. Ce type a un charisme fou et fait preuve d'une musicalit&#233; extraordinaire. Au surplus, assurer simultan&#233;ment deux tourn&#233;es de deux artistes diff&#233;rents, versant chacun dans une musique complexe, impressionne n&#233;cessairement sur les capacit&#233;s hors normes de ce gar&#231;on.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'&#233;voquais l'autre jour le retour du progressif, la musique de ce soir confirmera largement l'impression donn&#233;e par l'album : on est ici dans un univers hant&#233; par King Crimson (&#171; Red &#187; surtout) et Weather Report, le tout tremp&#233; dans un d&#233;sespoir sonore et moderne (quelques boucles &#233;lectro notamment). Parce que Steven Wilson n'a pas son pareil pour composer de la musique d&#233;pressive. La m&#233;lancolie, il faut le redire, quand elle nous tient, ne nous l&#226;che pas. Le leader de Porcupine Tree, encore plus qu'avec son groupe habituel, laisse en solo sa musique aller vers de plus sombres territoires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'est de ce fait pas forc&#233;ment &#233;vident de rentrer dans cette musique &#224; la fois c&#233;r&#233;brale, compliqu&#233;e et gaie comme un sanglot (&#171; Track One &#187; en est une belle illustration). Mais Wilson a aussi une capacit&#233; surprenante &#224; composer des m&#233;lodies presque &#171; radio friendly &#187; qui, sans &#234;tre totalement enjou&#233;es, au moment de l'envol nous font litt&#233;ralement frissonner de b&#233;atitude (&#171; Deform to Form a Star &#187;, dont les ch&#339;urs sonnent quasiment comme du Brian Wilson).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le rideau pr&#233;c&#233;demment &#233;voqu&#233;, derri&#232;re lequel resteront un temps les musiciens, servira d'&#233;cran &#224; la projection d'images fantomatiques. Lorsqu'il tombera, c'est en fond de sc&#232;ne qu'appara&#238;tront encore ces flashs visuels, tenant tout &#224; la fois de la photographie contemporaine et des cauchemars du cin&#233;ma de Murnau ou Wiene.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si par instant, la musique pourra nous donner l'impression d'&#234;tre au Duc des Lombards, il s'agit tout de m&#234;me d'un concert de &#171; prog &#187;, dans la plus pure tradition du genre. C'est ainsi qu'apr&#232;s plus d'une heure de concert d'une musique d&#233;j&#224; exigeante, le groupe se lance dans le morceau de choix du dernier opus, &#171; Raider II &#187;, qui compte tout de m&#234;me plus de 23 minutes. Une fois encore, on est emport&#233; dans une musique aux changements radicaux d'atmosph&#232;re, toujours parfaitement ma&#238;tris&#233;e. Rien n'est toutefois vain, cela ne rel&#232;ve pas de la d&#233;monstration de comp&#233;tences techniques. Il s'agit surtout de jouer juste, avec une place laiss&#233;e &#224; chacun dans un tr&#232;s bel ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsqu'&#224; la fin, nous en r&#233;clamerons encore, Steven Wilson, viendra tr&#232;s simplement nous dire qu'ayant jou&#233; tout leur r&#233;pertoire, ils ne pourront revenir, mais qu'ils nous remercient pour notre bel enthousiasme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la sortie d'un concert qui aura dur&#233; plus de deux heures, on a retrouv&#233; notre vendeur de disques de chez Gibert depuis vint ans, le fameux JB, ravi lui aussi de cette tr&#232;s belle soir&#233;e. Il nous a &#233;galement &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; le sp&#233;cialiste du rock progressif au sein de la r&#233;daction de Rock Hard : il s'av&#232;re &#234;tre, dans la vie r&#233;elle de tous les jours, avocat...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons fini attabl&#233;s dans un bar qui fait l'angle (et s&#251;rement d'autres choses encore) avec un mojito aux fruits rouges, apr&#232;s tout ce raffinement, cela s'imposait sans doute plus qu'une bi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#233;bastien&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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