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Walking Papers, le Gibus, 15 juin 2019

lundi 17 juin 2019, par Sébastien Bourdon

Tonight the Stars will burn out

Voir les Walking Papers au Gibus, c’est comme revenir dans un vingt et unième siècle bien entamé aux fondamentaux du rock n’roll. Les premiers chrétiens se retrouvaient dans des grottes, les irréductibles aficionados de la guitare et de la batterie résistent dans des caves où résonnent toujours le son de ces instruments, avant extinction des feux.

Il aurait sans doute été de bon ton ce soir d’être un peu plus nombreux pour faire tenir le truc plus longtemps encore, mais la régularité des passages de ce merveilleux groupe en nos contrées prouve que l’on préférera ici toujours la qualité à la quantité. Et puis quelque soit l’affluence, ces types jouent comme si chaque chanson était la dernière avant la fin du monde. Et avec le sourire.

Après une première partie sur laquelle nous aurons la pudeur de ne pas nous étendre, les six membres des Walking Papers montent sur scène (Benjamin Andrews claviers, Jeff Angell voix, Will Andrews batterie, Dan Spalding basse et contrebasse, Tristan Hart Pierce guitare, Gregor Lothian saxophone). Le microscopique espace scénique est immédiatement rempli par cette horde aussi souriante que concentrée.

Comme de coutume, mais en ces lieux confinés plus encore, on se demande si quelqu’un finira par être assommé par le micro virevoltant de Jeff Angell, mais ce dernier fait preuve d’une maîtrise exceptionnelle dans l’exercice.

La virtuosité est surtout dans les instruments, grâce soit rendue à ceux qui les manient. La sobriété scénique est de rigueur - exception faite de l’hyper charismatique Jeff Angell - mais l’efficacité est maximale. Tristan Hart Pierce, le jeune samouraï de la six cordes fait une illustration parfaite du concept : chapeau vissé sur le crâne (le couvre-chef semble faire partie du dress code du groupe), mutique, avec un léger sourire aux lèvres qui ne se crispe que pour quelques envolées particulièrement senties, il vise et frappe juste.

Au fond de la scène, le batteur chevelu Will Andrews peine à retenir ses coups, y arrive parfois, mais oblige quand même ses acolytes à se mettre au diapason de sa frappe.

Avec seulement deux albums à ce jour, mais un groupe totalement remanié, l’ancien est revisité avec talent et le futur semble très prometteur.

Les presque deux heures ont donc filé bien vite et on se dit que c’est un luxe inouï que de pouvoir regarder et écouter des pointures de cet acabit dans de telles conditions physiques et acoustiques.

On a donc eu raison d’emmener les enfants, et ce d’autant que Jeff Angell est venu les saluer en descendant de scène, nous précisant avec sa gentillesse et sa générosité naturelles : « It means a lot to me ». Pour nous aussi mec.

Sébastien Bourdon

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