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Un Moment Parfait

Philipe Katerine, Espace 1789 (Saint-Ouen), le 27 avril 2017

lundi 1er mai 2017, par Sébastien Bourdon

Philipe Katerine, Espace 1789, le 27 avril 2017

Nos lecteurs, s’ils existent, le savent, on goûte peu la chanson française. C’est un peu comme le football, on regarde des matchs de temps en temps, mais ce n’est pas franchement notre tasse de thé.

Toutefois, on n’hésitera pas ici à crier au génie s’agissant du dénommé Philippe Katerine ("Comment tu t’appelles ? Philippe").

On aime les disques, d’abord parce qu’ils enchantent petits et grands. Mais surtout pour leur contenant de drôlerie mélancolique, quelque chose qui peut amener jusqu’aux larmes, sans que l’on sache bien s’il s’agit de joie ou de tristesse.

La description par des mélodies assurées, mais gracieusement gauches, d’un monde absurde et parfois étrangement doux. Ce qui existe, ce qui disparaît, ce qui manque et, pourquoi pas, la possible drôlerie de tout ça.

La tournée du moment de l’artiste le voit se produire seul en scène, uniquement accompagné d’une plantureuse pianiste, Dana. On relève également les interventions ponctuelles d’un accessoiriste aux allures de Grande Faucheuse. Sa noire tenue ne dépare pas ici tant la nostalgie comme la mort ("le grand pays blanc") sont omniprésentes dans le spectacle et la musique de Philippe Katerine.

Philippe Katerine semble partagé entre regret et fascination pour la petite enfance, courte période de liberté absolue du corps et du propos ("Trois Ans", "Doudou"). L’adulte devenu joue ainsi de l’expressivité de son propre comportement scénique, l’enfance de l’art en somme, et tutoie ce temps jusqu’au cracra sans que l’on ne cesse d’en rire, même pas mal. Ma voisine de gauche, Catherine (Katerine ?), on a manqué la perdre à plusieurs reprises tant elle riait.

Philippe Katerine, trois ans révolu depuis un moment, ne semble ainsi guère encombré par son propre corps, qu’il habille pour l’occasion en troubadour, tout de vert moulant et bleu turquoise éclatant (on notera également un couvre-chef en plumes de faisan du meilleur effet).

Cette farfelue tenue de scène est d’ailleurs conforme à l’esprit du spectacle, tant l’on pourrait parler de renouveau de la chanson de geste. Philippe Katerine joue et raconte tout autant qu’il chante, magnifiquement accompagné par une merveilleuse pianiste Dana Ciocarlie (Debussy et Poulenc clôtureront le spectacle, raccrochant ainsi la musique aux glorieux anciens, avant l’invention des yéyés).

Quand mon petit garçon est entré dans la salle, il m’a demandé si on allait voir "le vrai Philippe Katerine ou simplement une image". Le vrai sans nul doute mon fils, mais qui serait capable d’ouvrir en lui seul un incroyable livre d’images, musicales et animées.

Sébastien

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