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The Soundtrack to our Lives

The Divine Comedy, le 24 janvier 2017, Folies Bergères

vendredi 27 janvier 2017, par Sébastien Bourdon

The Divine Comedy, le 24 janvier 2017, Folies Bergères

N’étant pas familier des lieux, c’est avec plaisir que l’on découvre leur charme désuet, à même de créer une atmosphère propice aux développements harmonieux et délicats de la musique de Neil Hannon.

La première partie est assurée par une chanteuse folk irlandaise, dont le nom m’échappe, sympathique et bavarde, même si surjouant un peu la douce illuminée. Surtout, sa musique, trop monocorde (de nylon), finit par lasser assez rapidement.

On est en France, il est de coutume de se plaindre, mais force est de constater que nous sommes entrés dans l’âge - sombre - de la file d’attente. Il faut ainsi faire la queue dehors et dans le froid pour entrer, puis faire de même dans le hall avant de pénétrer la salle, où l’on vous fera encore attendre dans les coursives pour vous placer. Plus grave, les alignements humains devant le bar nous ont poussé à renoncer à boire. Non mais dans quel monde vivons-nous.

Ensuite, les concerts assis, à nos âges, pourquoi pas, mais il faudrait que les fauteuils soient d’une conception plus ergonomique pour réellement épargner nos lombaires de mélomane.

Coupons là la minute plaignante et revenons à l’essentiel, la musique des Divine Comedy. Après les concerts symphoniques, les concerts en solo, c’est le retour de Neil Hannon en formation rock et cela ne lui va pas si mal.

Il est évident que l’on perd au passage un peu de l’habituelle grâce subtile de ses compositions, mais on y gagne une énergie que l’on pourrait presque qualifier, comme dans les gazettes hard-rock, d’envie d’en "découdre" (splendide version de "Bad Ambassador"). Et, puisqu’on a un groupe de rock, allons-y gaiement, jusqu’à entendre des solos de guitare (des solos d’accordéon aussi cela dit, sur le magnifique "To The Rescue").

Cette presque (tout est dans le "presque") débauche punk sur scène couvre un peu le fait que Neil est enrhumé (c’est de saison), garçon que l’on prend pourtant rarement en défaut sur le plan vocal et qui peine un peu ce soir. Cela ne l’empêchera toutefois pas de tenir la scène près de deux heures, comme la veille et le lendemain.

Il faut relever les moments de grâce, "Our Mutual Friend", peut-être la plus belle chanson de ce groupe (avec "A Lady of a Certain Age", également interprétée ledit soir), renvoie aux propos de Fanny Ardant dans "La Femme d’à Côté" (François Truffaut -1981) : « J’écoute uniquement les chansons, parce qu’elles disent la vérité. Plus elles sont bêtes, plus elles sont vraies. D’ailleurs, elles ne sont pas bêtes. Qu’est-ce qu’elles disent ? Elles disent : “Ne me quitte pas… Ton absence a brisé ma vie…” ou “Je suis une maison vide sans toi… Laisse-moi devenir l’ombre de ton ombre…” ou bien “Sans amour, on est rien du tout…”  ».

Ne fut pas moins magique la montée sur scène d’une chanteuse, pour une mélopée charmante, comme tirée d’une séquence d’un film dansant de Stanley Donen. On sert des drinks à l’orchestre, une jolie femme vous rejoint et on interprète de délicates chansons d’amour. Si Divine Comédie soit-elle, la vie peut être bien jolie.

Pour finir, ce petit bonhomme à la voix aussi élégante que l’attitude, a fait lever toute la salle avec ses pop songs enlevées ("At the Indie Disco", et quelques tubes roulements de tambour type "Tonight We Fly" ou "Becoming like Alfie").

Il aurait même voulu qu’on danse, ce qui m’a mis dans l’embarras. Il ne faut pas exagérer quand même.

Sébastien

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