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Some Kind of Human

mercredi 23 mars 2005, par Sébastien Bourdon

Jusqu’ici, on pensait que Metallica était une énorme machine à broyer de la peau de grosse caisse et de la corde de guitare. Le DVD "Some Kind Of Monster" nous montre aussi que la "Machine" peut broyer du noir... et ressortir plus forte.

Il faut se rendre à l’évidence, Metallica est sans doute le plus grand groupe de rock d’une génération, l’équivalent des Stones.

La sortie mondiale du DVD « Some Kind Of Monster » le démontre une fois encore. Il est d’ailleurs regrettable qu’à quelques rares exceptions, il ne se soit pas trouvé en France un seul distributeur pour nous permettre de voir ce chef d’œuvre au cinéma. Notre pays n’est pas rock, c’est l’argument habituel, mais après avoir rempli plusieurs Bercy il n’est pas rare que nos Metallica remplissent également un stade ou un hippodrome, ils auraient bien réussi à envoyer quelques spectateurs dans les salles obscures... Passons, il doit y avoir des « spécialistes » pour apprécier tout cela, et certainement extrêmement compétents.

Revenons au film. L’histoire est connue, comme déjà entrepris par le passé, le groupe et son management décident de recruter une équipe de tournage afin de réaliser un reportage sur l’enregistrement de ce qui sera le futur album du groupe. Cela avait notamment donné, pour le « Black Album », l’excellent « A Year And A Half In The Life Of Metallica ». Donc on prend les mêmes et on recommence, ou presque. Nouvelle équipe de tournage (Berlinger et Sinofski, réalisateurs de plusieurs documentaires de renom dont notamment « Paradise Lost ») mais surtout plus le même groupe puisque Newsted vient de claquer la porte et que le groupe n’a pas l’once d’un début de nouveau disque et végète lamentablement dans la névrose et l’angoisse de la page blanche. Metallica ne sait plus où il va, entre excès d’alcools et luttes contre Napster. Metallica est à ce moment là un groupe perdu qui ne sait quoi inventer pour renouer avec la créativité et le succès, pour relancer cette énorme machine musicale.

Le groupe en vient même à faire appel à un psy pour tenter une thérapie de groupe, pratique chère (et onéreuse !) aux équipes de basket et au staff de grandes entreprises.
Le procédé est évidemment surprenant s’agissant d’un groupe de heavy metal et même du plus grand groupe de heavy metal. Mais cela ajoute encore du sel à cette extraordinaire histoire.

En fait, ce que ce film raconte c’est un trajet : lorsque le film commence, on se souvient et on nous rappelle que l’on va voir des icônes, des dieux vivants. Et ce sont des hommes que l’on trouve. Le but est de redevenir ce groupe qui enflamme l’âme de millions de gens, de redevenir une fois encore des icônes du rock n’ roll.

C’est l’histoire de cette joie immense et de cette malédiction, de ce monstre que ce groupe est devenu comme l’évoque James Hetfield dans une interview. Et c’est proprement passionnant et bouleversant.

« En tant que personnes, nous étions tristes pour eux, expliquent Joe Berlinger et Bruce Sinosfky dans leur passionnant commentaire audio. Mais, en tant que cinéastes, nous étions très contents » de la richesse dramatique de cette intimité dévoilée. Loin d’en sortir rapetissé ou moins crédibles, Metallica reste digne d’admiration mais y gagne une affection nouvelle.

Surtout, il ne faut pas oublier que de ce marasme est sorti « Saint Anger », leur meilleur album depuis « Master Of Puppets ». Ce disque, sorte d’épure du style Metallica, est d’une puissance et d’une efficacité que le temps qui passe ne rogne pas.

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