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Said and done

Dark Castle et Kylesa - la Maroquinerie le 20 avril 2010

jeudi 22 avril 2010, par Sébastien Bourdon

Nous aurions du compter parmi nous ledit soir la présence de SHRINEBUILDER, super groupe dont je vous ai déjà parlé il y a quelques temps (suivez un peu !). L’éruption islandaise a empêché sa venue. Et il faut au moins un volcan pour arrêter de telles éminences du stoner et du doom. Cette défection a également réduit la taille de notre équipe, mais c’est parfaitement motivés, après un encas et une bière au restaurant de la Maroquinerie, que nous avons rejoint le sous-sol pour y découvrir la première partie, un duo, Dark Castle.

Ce groupe, c’est un peu les White Stripes qui seraient passés par la cuisine de Lucifer. Le batteur est un homme, et il joue mal ou péniblement. La fille tient quant à elle la guitare, et les vocaux. C’est sombre et mal coiffé, le chant se réduit à des borborygmes gutturaux. Franchement, le groupe idéal pour faire découvrir le genre à des néophytes...

Un peu d’attente consommée avec une autre bière, nous voilà prêts pour ceux qui sont devenus de facto la tête d’affiche de la soirée, Kylesa... Pour situer, ils font du sludge, crust punk psychédélique (tout de suite, c’est plus clair) et leur nom vient du sanskrit kilesa mara (démons de la souillure).

A un moment, j’ai enlevé mes protections d’oreille pour me laisser pleinement et totalement envahir par le son, par la déferlante qui s’abattait sur moi. Je me suis senti complet, comme reconstitué par le bruit, par la musique hallucinée du groupe.

Derrière moi, Alain était littéralement extatique. Devant moi, Bertrand fendait la foule de son grand corps, même pas usé par Eyehategod la veille.

Mâtin, les amis, quel concert. Une toute petite heure à peine de prestation qui nous a laissés pantois. Kylesa fut notre découverte du Hellfest de l’an passé. Pour mémoire, nous étions allongés dans l’herbe après une délicieuse crêpe à l’andouille quand une musique divine attira nos oreilles et nous nous trouvâmes ainsi tous les cinq comme aimantés vers la tente attenante pour y subir un choc de mélomane. Lors de cette prestation à Clisson, le guitariste - chanteur s’était fait porter pâle et ne restaient donc que le bassiste, la guitariste chanteuse (oui, une fille, mais j’y reviendrai) et les deux (2 !) batteurs (j’y reviendrai aussi).

Ce soir à la Maroquinerie, le groupe est au complet. On ne voit finalement pas tellement la différence par rapport au format réduit précédemment évoqué, si ce n’est sur le plan vocal, pour le reste, c’est le même déchaînement. Sorte de Tool mâtiné de Sonic Youth, Kylesa trace tout droit la voie métallique du XXIème siècle (avec Mastodon). On pourrait éventuellement leur reprocher une relative froideur scénique, ils sont peu communicants, mais ils sont quand même assez agités (on sentait le bassiste prêt à nous sauter dessus à chaque instant dans un élan pulsionnel irrésistible).

Parlons percussions : deux batteurs, c’est beau, comme Genesis avec Phil Collins et Chester Thompson, ce truc qui m’a donné à moi aussi envie un jour de m’asseoir derrière un tabouret, des baguettes à la main. La pulsation délivrée est impressionnante, le groove implacable.

Parlons fille : après Gabriella, encore une fille sur scène, Laura Pleasant. Julie l’a trouvée moche, moi, je dis que je ne m’arrêterai pas à des considérations sexistes. Cette fille joue une guitare de feu et est devenue ma chanteuse préférée depuis... Rickie Lee Jones et Fiona Apple (oui, j’adore), quoique sévissant dans un genre différent. Sa voix hurlante, maléfique ou désespérée, me transporte littéralement.

Parlons tee-shirt : ils n’étaient pas chers, ils étaient beaux, j’en ai pris un et j’en connais un qui en a même pris deux.

Une dernière bière et au dodo.

Sébastien

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