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Réactions caricaturales

mercredi 8 février 2006, par Sébastien Bourdon

Comment ne pas s’interroger sur le monde actuel face aux déchaînements de foules imbéciles à la suite de la publication de ces caricatures de Mahomet dans divers journaux européens.

Autant l’affirmer d’emblée, il est particulièrement scandaleux d’imaginer qu’il existe des sujets intouchables justifiant que l’on censure toute tentative, même ratée, même de mauvais goût, d’en rire. On se prend à rejoindre Nicolas Sarkozy qui a déclaré à ce sujet préférer « l’excès de caricature à l’excès de censure ». Cette terminologie n’a hélas pas été retenue par nos courageux gouvernants, de Villepin à Chirac en passant par Douste-Blazy qui nous expliquent sur un ton mielleux qu’il convient de respecter les croyances de gens qui envoient notamment des types se suicider dans des bus scolaires. On ménage joyeusement chèvre et chou là où il faudrait sans doute faire preuve de fermeté.

Nous vivons depuis longtemps, et pour toujours espérons-le, au sein d’états où il est en principe permis de rire de tout. On a pu faire œuvre comique de la Shoah ou du tremblement de la main droite du Pape. Alors que l’on brûle des représentations nationales un peu partout dans le monde (qui eût d’ailleurs imaginé que le Danemark ou la Suède deviennent des nations subversives ?), c’est un point que l’on devrait fermement rappeler, sauf à prendre le risque de favoriser toutes sortes d’extrêmes.

On se demande également comment lutter contre cette systématique victimisation adoptée par les musulmans du tiers-monde, tout responsable autres qu’eux-mêmes à leur misère semble toujours le bienvenu (avec des préférences : les Américains, les Européens et tant qu’à faire, les Juifs, parce que c’est pratique et historiquement systématique). Cette attitude leur permet de se saisir de cette broutille pour à nouveau tenter de tout mettre à feu et à sang au nom du prétendu mal qui leur est fait (à cet égard, les hordes d’excités qui ont envahi et détruit le quartier chrétien de Beyrouth réveillent de bien terribles souvenirs).

L’Islam est une religion puissante et influente qui ne devrait pas avoir à craindre ce type d’expression démocratique.

Il est certes inutile d’expliquer aux lanceurs de pierres que Dieu n’existe pas, là n’est pas la question. « Il faut respecter le prophète, le caricaturer comme un poseur de bombes terroriste est scandaleux » nous hurlent des hommes cagoulés, cocktails Molotov à la main. Il arrive que des dessins satiriques soient plus pertinents que de longs développements écrits, et il semble que cette vérité première nous soit vigoureusement assénée par ceux qui prétendent la combattre.

Cette sordide affaire vient au surplus servir les intérêts les plus dangereux de la planète, des forces syriennes au Liban, en passant par l’Iran et la bande de Gaza. Culottés d’ailleurs les Palestiniens qui, après avoir porté au Parlement un groupement terroriste et attaqué diverses antennes européennes sur leur territoire depuis qu’ils ont été informés de l’existence de ces caricatures (quatre mois après leur publication...), et qui n’en persistent pas moins à solliciter le maintien des aides financières européennes. Depuis l’appel solennel à l’Etat français formulé l’an dernier par les indépendantistes corses lors de l’affaire de la SNCM, on n’avait pas vu plus ridicule et moins intègre.

Enfin, voilà que nous recevons des leçons des Anglais et des Américains qui affirment joyeusement que jamais ils n’auraient manqué à ce point là de respect à leurs ouailles musulmanes. De la part d’états qui n’ont pas hésité à bombarder des civils Irakiens pour garder la mainmise sur le pétrole et pouvoir sereinement continuer à polluer la planète, c’est là encore un peu fort. Cela doit être de la diplomatie cette attitude de vierge effarouchée adoptée par des politiciens cyniques.

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