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OLTE là !

dimanche 12 février 2006, par Sebastien Lafont-Frugier

OLTE là ! Lisez-vous. OLTE là !? Vous demandez-vous. O.l.T.E, c’est l’Organisation Libératrice de Tout Endoctrinement.
C’est tout nouveau, c’est tout chaud, c’est unique. Et ce qui est rare est cher, à ce qu’il paraît... Peut-être est-il temps de se répandre sur les marchés par l’intermédiaire d’actions.... Ne nous emballons pas, pas encore... Pour l’instant, l’important, c’est que le rêve OLTE gronde !

Le rêve OLTE, c’est un C.D.C, un Cri Du Cœur, provenant d’un C.D.D., un Citoyen Du Dimanche. En l’occurrence, moi-même. Le Père Dent, le Prix (sai)sonnier de notre beau pays C.D.I, pays Capitaliste à la Démocratie...Introuvable.
Oui, je dois être un Citoyen Du Dimanche car je lance ma voix sur la voie du rêve OLTE, rêve où le travail existe pour l’homme, pour l’occuper ou l’épanouir et non pas le soumettre et l’anéantir.

Le rêve OLTE est le fruit d’une situation ANPEsque. Votre C.D.D ici présent, qui doit être annoté comme C.D.D professionnel par l’administration puisque intérimaire du spectacle, s’est retrouvé à patienter dans cette Agence. « J’ai eu l’impression d’être dans la salle d’attente d’une grosse compagnie, avec toutes les pubs affichées fièrement. CroCra Crola ne ferait pas autrement pour bouter Prepsi hors de ma tête. » (NDLR : Buvez du vin, c’est plus malin !) nous a-t-il confié.

Puis mon conseiller RMI est apparu. Il m’a pris par la main et m’a mené dans son antre. Ses yeux sont mi-clos, en analyse gestuelle, c’est un refus de voir les choses dans leur intégralité. Il veut que nous fassions un bilan de mes compétences. Je résume car je suis incapable de reprendre ses termes. Après sa tirade, il m’a demandé si nous étions d’accords. En rigolant car nerveux, je lui demandais de parler français. Je n’avais véritablement pas compris ce qu’il m’avait dit. Il résume, l’air visiblement de penser que je ne le prends pas au sérieux. « Bon Dieu ! Enfin un qui ne nous mettra pas le feu ! » A-t-il peut-être pensé... Il aurait dû en tout cas car malgré toutes ses provocations, je ne le ferais pas. Il y a des logements à l’étage au-dessus.

Donc il résume, je récupère mon sourire et opine du chef, de la tête, je veux dire car de toute évidence, s’il y en a un qui n’a pas son mot à dire, c’est bien moi. Lorsque j’ouvre la bouche pour dire : « Je sais ce que je veux faire, journaliste et écrivain ! » Il me regarde et me lance que lui aussi, il veut être pilote de ligne mais ça ne suffit pas. Il faut être réaliste. Ca ne se passe pas comme ça. Il commence à me demander si je connais le marché, le tout accompagné à nouveau d’un charabia que j’associerais à celui d’un charlatan. Il aurait finit par « toi y’en a comprendre ? » que j’aurais été rassuré. C’est un rêve et je vais me réveiller.

Mais non. Alors j’ai ri. C’était rire ou pleurer.
J’avais entendu que la SCNF engageait des sportifs mais je ne savais pas que l’ANPE engageait des pilotes d’avion qui ne savent ni lire ni écouter. Car à ce moment précis, il semblait oublier qu’il avait mon CV entre les mains. Et que sur ce bout de papier, il y a marqué que j’ai un diplôme en journalisme et ma foi, quelques expériences en prime.

Je voulais lui dire que c’est ça et pas autre chose, que je suis mortel et que j’avais déjà fait plein de trucs qui n’avaient pour but que de me faire vivre une vie dont je ne veux pas. J’avais envie de le secouer afin qu’il m’écoute. Qu’il se réveille enfin. Qu’il voit que tout ce que je demande, c’est de travailler, certes nous faisons des compromis mais que voulez-vous, il faut bien qu’au moins un de nous montre sa bonne volonté à l’autre, Mais travailler là où je veux et comme je veux. Car encore une fois, je ne l’emporterais pas au paradis. Alors autant vivre pendant que je le peux !

Puis il me demande si j’ai eu une expérience professionnelle sérieuse, quelque chose de solide et de concret. Manque de bol pour moi, pas à ses yeux de toute évidence. Les seuls boulots sérieux, dont un C.D.I en France (est-ce à dire que je ne serais jamais C.P.E ?) était pour un « reste au rang »...Vous savez les cantines rapides globalisantes... J’ai vue le moment où il allait s’écrier « EUREKA ! »...

J’entrais dans la troisième dimension, là où les gens sont des concepts abs-traits, des concepts abs-cons, des concepts abs trait-cons.

Il me propose alors de me remanier en trois mois. De me mettre entre les mains d’un façonneurs de gens, pour ceux qui sont sortis de l’école encore récalcitrants. Il me dit d’oublier tout ça. Qu’il faut tout remettre à plat afin de m’en remettre à ces pro du revirement professionnel. Me remettre une couche des us et coutumes locales quoi. Et on s’étonne que les gens pètent les plombs, qu’ils s’embrasent. Qu’ils dépressionnent, qu’ils crisent, qu’ils dépriment et pas qu’en fin d’année.

Oui, chère force de production, têtes pensantes malgré l’avis général, le rêve OLTE gronde. Peut-être n’est-ce que l’insurrection d’un enfant, d’un idiot, d’un fou. Peut-être est-ce une vision du monde désuète et obsolète. Peut-être est-ce une vision révolutionnaire et avant-gardiste, peut-être n’est-ce que le refus de grandir. Ce qui est sûr, c’est que c’est mon avis, à moi, qui n’est que l’envie de vivre. C’est si dur à accepter ?

Sébastien Lafont-Frugier

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