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Métrobus et la RATP assignent les antipubs en justice.

vendredi 30 janvier 2004, par Thomas Bourgenot

Depuis l’automne dernier, une vague de contestation citoyenne s’est abattue sur la publicité. Répondant à un appel d’un site internet, stopub, des centaines d’usagers du métro parisien ont commencé à recouvrir les espaces publicitaires de la RATP. Quatre grandes actions ont eu lieu à Paris depuis lors, dont l’une a rencontré une large mobilisation de la police venue calmer les participants. Ce mouvement s’est propagé en Province (Montpellier, Rouen, Nice, Toulouse...) et à l’étranger (Belgique, Suisse...).

Ne sachant sur qui taper, Métrobus, régie publicitaire filiale de Publicis (détenue notamment par Elizabeth Badinter, femme de Robert....) a commencé par chercher l’identité du responsable du site internet en question, en s’en prenant à son premier hébergeur : ouvaton. C’est pourquoi l’adresse a du changé pour s’installer dans les îles Tokelau.

Vraisemblablement, cette action n’a pas freiné les antipubs qui ont continué leurs actions, avec ou sans appel. On peut encore voir aujourd’hui les publicités dans le métro barbouillées par des individus qui n’ont pas besoin d’une “tête pensante“ pour agir. N’en déplaise à Métrobus et à la RATP qui voudraient voir un chef tomber pour faire taire ce mouvement, il ne semble pas y avoir d’organisation hiérarchique.

Comprenant que la recherche d’un “dirigeant“ n’aboutirait pas à l’arrêt des barbouillages, l’entreprise publique aidée de sa régie publicitaire se sont lancé dans un recours au civil contre la soixantaine de personnes verbalisées par les agents de la RATP lors des actions parisiennes. Les deux sociétés réclament près d’un million d’euros de dommages et intérêts “in solidum“, c’est à dire que chacun peut être redevable de la totalité de la somme. Le procès aura lieu le 10 mars prochain au Tribunal de Grande Instance de Paris.

Un collectif des soixante deux a été créé pour former une défense collective. L’association RAP (Résistance à l’agression publicitaire) qui n’est pas originaire du mouvement mais qui souhaite apporter un soutien moral aux assignés, s’est proposée pour tenir la comptabilité des fonds de soutien. En effet, dans cette affaire, ce n’est pas la volonté de récupérer un manque à gagner qui les pousse à agir, mais bien la détermination à remettre les citoyens en colère au pas. Ils rajoutent donc aux nouvelles agressions publicitaires (publicités sonores et olfactives, couverture de rames entières, écrans de télévision...) une agression judiciaire contre des usagers qui demandent un confort psychologique au sein de leur moyen de transport.

Il est possible de soutenir financièrement le collectif en envoyant un chèque à l’association RAP : 53, rue Jean Moulin 93400 Vincennes (Tél : 01 43 28 39 21), en précisant au dos : “collectif des 62“.

RATP et Métrobus se trompent de cible en cherchant par la répression judiciaire ce qu’ils pourraient obtenir en remettant en cause leur politique de matraquage des usagers.

Pour en savoir plus :

RAP

Brigade Anti Pub

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