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Mainstream

vendredi 3 septembre 2010, par Sébastien Bourdon

Dans l’édito de leur avant-dernier numéro, les Cahiers du Cinéma concluent en disant que PIXAR est ce qui est arrivé de mieux à Hollywood depuis dix ans. Il me semble extrêmement difficile de ne pas leur donner raison.

Depuis la fin des années soixante-dix, je peine à trouver un mouvement cinématographique d’ampleur sur le continent nord-américain. De nouvelle vague point.

Ce qui est intéressant avec les studios PIXAR, c’est qu’on se situe dès le départ dans la culture de masse, le dessin-animé (numérique) pour les enfants. Il s’agit de faire des entrées, de vendre du merchandising, c’est une entreprise commerciale qui s’assume. Mais deux aspects inhabituels se dégagent tout de suite : la technique, avec le développement incroyable de la technique numérique dans leurs studios, et les histoires. En effet, en deux films, PIXAR a complètement ringardisé Disney. La seule solution qu’a trouvée cette historique entreprise de l’entertainment pour survivre a été d’acheter PIXAR en 2006, en leur laissant une improbable, mais non négociable, totale liberté artistique.

Et quelle liberté ! Si ma mère a semblé souffrir beaucoup les rares fois où elle m’a emmené voir un Disney, quel immense plaisir de parent que d’accompagner sa marmaille voir de le dernier PIXAR. Quel joie de spectateur surtout, j’en ai même vu avant d’être père (le fabuleux Monster’s Inc) et il m’est déjà arrivé d’emmener mes enfants voir une deuxième fois une de leur production - le sublime Wall-E - avec un plaisir renouvelé. Et j’ai pleuré comme une madeleine durant Là-haut, sujet déjà évoqué en son temps sur ces lignes.

Dans un monde où il semble que l’on nous prenne chaque jour un peu plus pour des consommateurs abrutis, les magiciens de PIXAR emmènent adultes et enfants dans un univers subtil, sans jamais verser dans la putasserie ou la laideur pour parvenir à leurs fins (Shrek). Tant les clins d’œil humoristiques aux adultes que nous sommes, que l’intelligence sensible des histoires, font de ces films des petits chefs d’œuvre d’humanisme.

Ce qui m’amène au dernier en date, Toy Story 3, le 3ème volet des aventures des jouets d’Andy. Je ne vous détaillerai pas leurs mille péripéties, le film se donne dans tous les cinémas (je ne l’ai pas vu en 3 D, ça me donne mal à la tête). Il est cette fois frappant de constater l’aisance et la délicatesse avec laquelle l’opus nous plonge dans les affres du vieillissement et de la découverte de la finitude des choses. Cela n’arrête pas les rires, et surtout ceux des enfants qu’il faut écouter, car c’est la plus joyeuse musique du monde et je m’y connais, je suis mélomane.

A ce sujet, le dernier Iron Maiden The Final Frontier sorti le 17 août dernier est numéro 1 des ventes de disques en France (comme dans vingt et un autres pays). Voilà qui fait ma joie lorsque l’on sait la couverture dont bénéficient ces vieux rockers dans les médias traditionnels de notre pays sclérosé (quoique la parution de l’album a été étonnamment évoquée sur France Inter par un petit matin blême d’août).

Les métalleux n’ont définitivement besoin de personne pour continuer à aimer leur musique et à juste titre, car ce disque est un petit bijou. La Vierge de Fer, après tant d’années d’exercice (35 !), continue à remettre sa musique du diable sur le métier, pourvu que ça dure.

Up the irons et bonne rentrée.

Sébastien

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