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Like a rainbow in the dark

lundi 17 mai 2010, par Sébastien Bourdon

Tout a commencé il y a près de vingt ans, par une journée ensoleillée au Quartier Latin avec Alain. Une fouille rituelle et méthodique du bac à occasions de chez Gibert avait permis à mon acolyte de dégotter Live Evil de Black Sabbath (1982). On avait ensuite dévoré un kebab (vieillir, c’est devenir incapable de simplement digérer un kebab) et on était rentré chez moi découvrir Black Sabbath et Dio.

En effet, sur cet album, c’est Ronnie James Dio qui assure le poste de frontman du groupe. Après le départ d’Ozzy (1er chanteur de Black Sabbath), le groupe avait recruté les talents de ce garçon, chanteur déjà renommé grâce à Rainbow notamment, considérant qu’il avait l’aura et le talent nécessaires pour pallier à cette défection. Bien leur en a pris, après deux albums studios devenus des classiques, sortait donc ce disque en concert. Ce qui me ramène à la platine du salon de la rue Félicien David.

Black Sabbath, de manière hérétique, fut donc découvert par mes services avec son deuxième vocaliste. De petite taille mais grand chanteur. Et ma vie en a été changée.

Le 15 septembre 1992, nous allions les écouter à l’Elysée-Montmartre. A ce concert, nous avions retrouvé quelques camarades de faculté. Ce soir là des liens métalliques se sont tissés sur l’écheveau de la musique du Diable, liens qui, s’ils ont pu parfois se distendre, tiennent encore. Le 11 décembre de la même année, Alain m’offrait Live Evil.

Le temps a passé, il nous a amené au Hellfest l’an passé où Dio et les membres du Sabbath noir, de retour en 2009 avec le très bon The Devil You Know, officièrent en majesté. Soirée bouleversante et sublime.

Et puis hier, alors que nous attendions John Zorn au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, la nouvelle est tombée sur nos I-phones, le cancer de l’estomac avait vaincu le roi des elfes et des dragons, Dio avait trépassé, âgé de 67 ans. Il me semblait pourtant que les héros ne mourraient jamais.

Un de mes sites métalliques américains préférés (Metal Sucks) décrit l’évènement en ces termes : "I don’t believe that it would be hyperbole to say that this is the biggest loss the metal world has ever experienced." On ne saurait être plus clair. Au-delà d’une voix exceptionnelle, d’une grande humanité, le monsieur avait également tout simplement inventé le signe du Diable, invariablement pratiqué dans tout show métallique qui se respecte.

Pour les béotiens, la chanson avec la grenouille qui danse dans un jardin fantasmagorique, « Love is all », c’était lui aussi.

« Thank you very much, you’ve been a wonderful audience »

Ronnie James Dio, à la fin du concert donné au Hellfest en 2009.

Sébastien

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