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Les Têtes Raides

du 3 au 28 février, ils règnent en maîtres au Bataclan

mercredi 11 février 2004, par Paul Kirkness

Peu savent qu’au départ, les Têtes Raides ont commencé en formation légèrement punk - dans le style de The Clash - avec comme nom d’alors, Red Ted. Le groupe évolue dans une période dominée par l’électro de The Cure et d’Indochine et sait déjà se différencier. Avec Not dead but bien raide, en 1989, les voilà partis sous le nom des Têtes Raides. Et c’est le début de la gloire... Car depuis leurs débuts, les Têtes Raides ont su se faire élire groupe de l’année par presque tous les magazines et journaux musicaux - notamment avec l’excellent Chamboultou ou Le bout du toit (où l’on retrouve l’accordéoniste de Jacques Brel)...

Leur mélange de poésie, de musique de cirque, de fanfare et de peinture (car ils sont presque tous d’anciens artistes - peintres, dessinateurs, graphistes... - a atteint toutes les générations et c’est ainsi qu’on s’est retrouvés, en cette nuit du 6 février, entourés de jeunes ados et de leurs parents, de punks et de yuppies... Un bon début d’ambiance cosmopolite bien agréable. Et avec les Têtes Raides ces mélanges, prépondérants dans la musique, sont les bienvenus.

A 20h00 pile c’est le groupe Pusse qui débute son set. Voilà un jeune groupe bizarroïde dont nous n’avions jamais encore entendu les deux galettes (Soupir léger et Madame Silence). Ca hurle, ça fait du bruit et au départ, c’est rigolo. Mais plus le temps passe et plus on se dit que « merdouille ! J’aurais mieux fait de venir le 3 février quand c’était Mano Solo qui menait la dance ! ». Leurs paroles sont pour le moins intrigantes... pas de message apparent à faire passer. Juste le désir d’expérimenter. On ne peut s’empêcher, en écoutant leur musique de penser qu’il y a eu juste un brin de « pompage ». En effet, leur zique expérimentale ressemble trop souvent à celle de ceux qu’on s’était vraiment déplacés pour voir : les Têtes Raides.

Et ça commence après une courte pause... Fantastique. En écoutant leur dernier opus, Qu’est-ce qu’on s’fait chier, j’avais émis certains doutes concernant la capacité d’un groupe à rejouer en live quelque chose d’aussi bien produit. J’avais tort. Tout du long, les Têtes Raides ont montrés qu’ils pouvaient rejouer à la perfection chacun des titres de l’album... Un peu trop bien d’ailleurs, puisque rares étaient les passages où le groupe sortait du track listing de ce joli petit album. On commence la soirée avec un « Civili » et on enchaîne avec « Les radis » et « Qu’est-ce qu’on s’fait chier »... Ca s’enchaîne trop comme sur le disque et ça commence à nous préoccuper. Mais quand même ! C’est tellement PARFAIT ! Et puis faut dire qu’au bout de quelques petites chansons, on entre dans des titres plus péchus avec « Les dents ». Qu’elle patate sur ce titre. Du grand rock’n’roll avec hurlements, accélérations et coups de matraque... Puis, notons aussi la reprise de Renaud, « Hexagone » : chanson politique qui correspond particulièrement bien à l’atmosphère politique du moment - « La France est un pays de flics, à tous les coins d’rue y’en a cent... » ou encore « Être né sous l’signe de l’hexagone, c’est pas c’qu’on fait d’mieux en c’moment ». C’est là un des moments forts du concert.

Hakim Hamadouche était là, lui aussi, avec sa voix et sa mandole. C’est lui qu’on entend sur le titre « Vaille que Vaille ». Et là, les Têtes Raides l’ont réinvité à plusieurs reprises... Ca aussi c’était bien.

Bref, un très grand moment et un des concerts les plus réussis auxquelles j’ai pu traîner mes petites fesses dans ma courte vie... Les voir en face, ça permet vraiment de découvrir à quel point leur musique faussement simplette cache des textes très forts. On se retrouve en plus dans une véritable petite fête. La musique est entrecoupée de petits shows (ici c’est deux comiques, Eric et Mazout, qui miment une pendaison publique pour un soi-disant « publique de droite », avant de nous annoncer, "telles que vont les choses, il va falloir s’y faire à ce genre de visions"), d’ovations faites aux nombreux invités, etc... Et puis tout se termine. Comme ça, d’un coup. Sauf qu’il manquait quelque chose ! Ils ne nous ont pas joué « L’iditenté » ! C’est vrai... Cantat est en prison en Lituanie. Mais quand même...

Surprise ! Après des applaudissements à faire pâlir n’importe lequel artiste, c’est sous les acclamations du publique hypnotisé que les Têtes Raides remontent sur scène pour nous redonner un dernier coup de boost avant le dodo : « L’iditenté ».

Que du bonheur et on en redemande.

Euh... si vous aviez pas encore compris... on vous les recommande !

Paul Kirkness

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