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Le fichage ethnique et non-ethnique en France - le cas d’Asnières sur Seine

mercredi 23 mai 2007, par Christopher Montel

Le MRAP dénonce depuis dimanche le tri ethnique effectué dans la commune d’Asnières par sa mairie UMP, dans le département des Hauts-de-Seine, un territoire déjà presque entièrement contrôlé à tous les échelons, des suppléants d’associations de quartier à la direction de la préfecture, par les réseaux sarkozistes.

Cela explique-t-il l’étouffement presque absolu de cette affaire ? Quelques articles dans la presse écrite qui, devoir de vertueuse neutralité journalistique oblige, l’observent de loin, comme un problème judiciaire. À la radio ou bien au JT, on entend parler d’Ancien régime révolu, de défis courageusement relevés, par exemple - ben mon cochon ! - passer une nuit à Fleury ! Face à ces gages de bonne qualité révolutionnaire, s’entêter à déplorer des méthodes de fichage ethnique reviendrait-il à être réac’ ?

Des listes ont donc été mises à la connaissance du MRAP, des listes dans lesquelles figurent, selon l’association, des sections « Maghreb » et « Non Maghreb ». Admettons que ces listes ne constituent pas un risque immédiat à l’intégrité physique et mentale des citoyens français électeurs devenus maintenant « Maghreb » ou « Non Maghreb », que l’UMP n’a finalement aucune intention d’éliminer, de réprimer, ou de discriminer les catégories « Maghreb » ou « Non Maghreb ». Supposons même que ces listes sont en fait destinées à employer, dans les services municipaux d’Asnières ou d’ailleurs dans le 92, un nombre important de Français originaires de la section « Maghreb », à leur insu, au détriment des Français issus dorénavant de la section « Non Maghreb », c’est-à-dire d’origine auvergnate ou hongroise.

Ne créent-elles pas dans tous les cas un antécédent, une jurisprudence, puisque établies par un parti en théorie parfaitement intégré aux principes républicains, pour une éventuelle généralisation de ces pratiques illégales par d’autres acteurs politiques, et pour d’autres objectifs plus abominables encore qu’un « simple » souci de contrôle absolu ?

Car c’est ici que le problème se corse : comme pour les abominables machines orwelliennes à vote électronique, ces listes constituent un danger aujourd’hui encore purement hypothétique, inconnu, un danger dont les Cassandre ne peuvent démontrer l’existence de manière irréfutable, car les preuves se trouvent uniquement dans des comportements déjà observés par le passé et dans des suppositions pour l’avenir. Le rappeler à la Cité tel le MRAP revient parfois à se décrédibiliser : voudrait-on attiser par tous les moyens l’hystérie partisane, au moment même où notre bien-aimé président appelle au rassemblement, avec de si beaux gestes miséricordieux ?

Alors que le MRAP publiait son communiqué, le dimanche 20 mai 2007, le sujet du jour sur France Info était la cruelle déception, devant l’église de Fort Brégançon, des fidèles et des touristes : le président en vacances ne s’était même pas rendu à la messe du matin. Écoeurant en effet.

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