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« L’île au Trésor » de Guillaume Brac

dimanche 8 juillet 2018, par Sébastien Bourdon

Tempus fugit

Après deux réussites cinématographiques indéniables (« Un Monde Sans Femmes  » - 2011 et « Tonnerre » - 2013), et sans doute reçues encore trop discrètement, on espérait des nouvelles fraîches du réalisateur Guillaume Brac. Et voilà qu’il aligne cet été deux sorties consécutives : une fiction (« Contes de Juillet ») et un documentaire dont il est ici objet.

Brac a posé ses caméras pendant toute une saison estivale au sein de la base de loisirs de Cergy-Pontoise et filmant, nous a-t’il confié à l’issue de la projection, pas moins de 166 heures de rushes, entre mise en scène assumée et pur documentaire. De cette matière conséquente, il a fallu tirer à peine plus d’une heure et demie de film, avec un fil directeur narratif. Il fallait donner cohérence aux diverses péripéties de ces vacanciers dont l’existence ne saurait se résumer au fait de se baigner au même endroit, au même moment.

Le film ancré dans l’enfance et ses sensations commence avec la légèreté des premiers jours d’été, adoptant progressivement un ton plus grave, en se colletant de plus près aux adultes, aux vies déjà plus longues d’expériences parfois plus cruelles.

C’est ainsi que des espiègleries de l’enfance, on glisse tels des paddle sur l’eau vers les troubles de l’adolescence pour en terminer par une évocation presque en douceur d’existences ayant de justesse échappé au fracas.

Le film tourne beaucoup autour des interdits, et de la manière de les contourner. On ment sur son âge, on escalade les grilles, on se baigne là où ce n’est pas autorisé, on drague outrageusement, et soudainement mais subtilement, on évoque la violence du monde et combien certains ont eu à s’y confronter.

Il s’agit toutefois de ne jamais, malgré tout, s’éloigner des rives des premiers étés de l’existence. L’enfance ne revient certes pas, saison définitivement éteinte, mais illumine parfois ponctuellement de sa joie pure de brefs moments de l’existence.

La base de loisirs en est le creuset et c’est le sens du titre du film, inspiré d’une des œuvres essentielles de Robert-Louis Stevenson, classique de la littérature jeunesse. Un pluriel eut pu ici être envisagé, tant le lieu, le moment et la saison recèlent de trésors possibles.

Si le film est indéniablement réussi, le montage aurait peut-être mérité d’être un peu plus resserré encore, mais c’est probablement que Brac souffre autant que ses protagonistes de cet été qui finalement se termine, entre frimas et trombes d’eau, obligeant à inéluctablement fermer la base nautique, la fin de saison venue.

Sebastien Bourdon

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