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Imitation of life

(« Mirage de la Vie » in French) de Douglas Sirk (1959)

vendredi 29 mai 2009, par Sébastien Bourdon

Avez-vous déjà remarqué que l’on peut presque, aux teintes, à la couleur, déterminer la décennie durant laquelle a été tourné un film ? C’est valable même quand s’il s’agit de noir et blanc.

Oui, oui, j’en suis sûr, vous remettriez en quelques secondes dans l’ordre chronologique Le Dictateur (Chaplin - 1945), Sur les quais (Kazan - 1955) et La nuit des morts-vivants (Romero - 1970).

Avec ce Mirage de la vie (titre français qui ne dit pas la richesse de ce qu’il traduit), on est ainsi dès le générique (somptueux) clairement dans les années 50, même si elles touchent ici à leur fin.

En effet, par ses excès et surtout son sujet, le film annonce clairement la décennie suivante et les bouleversements sociologiques qui la marqueront.

C’est un mélodrame, genre parfaitement désuet, qui a connu quelques tardifs soubresauts avec Fassbinder (pas vu, désolé) et plus récemment avec Todd Haynes et son très beau Loin du Paradis (2003). Dans ce dernier opus, la filiation avec Sirk était évidente et assumée.

Finalement, c’est quoi un mélodrame ? Je ne chercherai pas sur Wikipédia, trop fastoche. Je connais mal le genre (bon, « Elle et Lui » de Mc Carey, c’est quand même un chef d’œuvre), mais je le définirai ainsi : une histoire sentimentale et triste où la noblesse des sentiments se heurte immanquablement à la dureté de la vie. Bref, un film de gonzesses.

Pourtant hier soir, au ciné-club (institution majeure insuffisamment fréquentée), ce film nous a parlé de racisme, de sexisme, de sexualité débridée (Susan Kohner, mmmmm, révélation érotique) et de violence. Le tout en Technicolor somptueux.

Il est notamment passionnant de voir comment le problème racial, particulièrement prégnant à l’aube des années 60, est ici traité avec audace mais sous une forme parfois finalement assez conservatrice. Genre, les noirs sont comme nous mais ils font surtout d’excellents domestiques. Mais, le film n’est pas si simple (il existe en DVD chez Carlotta, à vous de voir).

D’un coup, le film ne semble absolument pas daté, si ce n’est par son apparence formelle, et devient d’une intrigante actualité.

Je n’ai pas pleuré (alors que ma voisine...), mais je persiste à apprécier ces petites interruptions temporelles que constituent la projection de films anciens sur de vrais grands écrans. Vive le cinéma.

Sébastien

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