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Grow up little drummer boy

TAMARA DREWE, de Stephen Frears

vendredi 20 août 2010, par Sébastien Bourdon

Voilà exactement ce que j’appelle du cinéma de distraction. Mais j’ai tout lu Agatha Christie, ceci pouvant expliquer cela. Je trouve qu’on a le droit dans la vie de se refuser parfois, avec élégance et grâce, à toute forme de gravité, et c’est à cet exercice que s’est plié – brillamment - Stephen Frears.

Dans la campagne anglaise, des écrivains se réfugient dans un délicieux cottage pour y trouver la sérénité nécessaire à l’exercice de leur art (de la biographie de Thomas Hardy à l’écriture de romans policiers lesbiens). Tout ce petit monde en veste de tweed, ainsi que les occupants de ce trou du cul monde anglais, vont voir leur tranquillité bouleversée par le retour au pays de Tamara Drewe. Devenue une célèbre chroniqueuse londonienne, le nez refait, cette adolescente devenue sublime créature (Gemma Arterton, raaaa lovely) bouleversera les équilibres fragiles patiemment constitués dans cet asile de verdure et d’ennui.

Alors que le scénario pourrait donner lieu à un Bergman d’une austérité douloureuse, tout est drôle, de bout en bout, même l’infidélité et la mort (deux périls qui nous menacent sans cesse).

Frears mène son oeuvre comme une partie de Cluedo, avec la légèreté qu’impose justement l’idée même du jeu. Le film se révèle ainsi encore plus amusant que le joli roman graphique dont il est tiré. En effet, il s’agit là d’une adaptation assez fidèle du livre du même nom, écrit et dessiné par Posy Simmonds. Je recommande également la lecture par le même auteur de l’excellent Gemma Bovery (toute ressemblance dans le titre avec un personnage célèbre de la littérature française n’est absolument pas le fruit du hasard).

La photographie est superbe, le casting parfait, les écrivains sont ainsi plus vrais que nature avec ce souci de donner à chacun l’attitude physique qui va avec leur prose. Vous noterez également un portrait d’adolescentes de province qui m’a fait moins regretter de ne pas avoir eu de filles.

Quand je serai vieux, j’écrirai des chroniques dans une petite cabane au fond d’un jardin anglais.

Sébastien

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