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Gojira à l’Elysée-Montmartre

lundi 16 février 2009, par Sébastien Bourdon

Le genre de concert dont je pourrais me dire, j’y étais. Dommage, ils n’avaient pas de tee-shirt à ma taille...

Ce soir, l’Elysée-Montmartre affiche complet pour un genre pas forcément mainstream : le death-metal, français de surcroît.

Le groupe Gojira (Godzilla en japonais - Joseph Duplantier (chant, guitare) Mario Duplantier (batterie) Christian Andreu (guitare) Jean-Michel Labadie (basse)) est originaire - et oui - de Bayonne, et a opté pour un style précis, mais qu’ils ont mâtiné d’inffluences diverses, le Death Metal (je pense que même pour les néophytes, cette appellation donne tout de suite une idée). Un tel choix ne lui permettra certes pas un passage en prime à la Star Ac’ ou une invitation chez Drucker, mais est en train de faire de lui un phénomène mondial, à ce jour quasi unique dans l’histoire peu glorieuse du rock français.

Anecdote, ces garçons, sont très militants au sens moderne du terme mais ils l’affichent. Le stand habituellement destiné au merchandising était là envahi par diverses associations telles « Shark Alliance », « Sea Sheperd », « Greenpeace »... Il est vrai que la lecture des textes de Gojira en dit long sur leurs obsessions écologiques, mais elle fût présentée avec sobriété et bonhomie en fin de show (genre « ce sont des choses de la vie de tous les jours, auxquelles nous pensons que l’on doit s’intéresser »). Cela étant, à musique extrême, solutions politiques et écologiques extrêmes. Les gens du Sea Sheperd ont ainsi un concept assez radical d’action écologique puisqu’ils n’hésitent pas à aborder voire à couler à quai les pêcheurs illégaux de requins ou baleines (j’ai acheté patchs et autocollants, logique, leur logo est une tête de mort).

Revenons à la musique. Comme le dit Fat Ed « some people don’t like metal... FUCK THEM !! ». Sur disque, j’ai été fortement impressionné par la densité et la puissance de la musique du groupe. Hier soir, je fus proprement sidéré par leur prestation scénique : ces types savent, avec une technicité et une propreté d’exécution que je pensais inexistante de ce côté ci de l’Atlantique, coller tout le monde au mur (et je m’y connais). Mais en même temps, chez eux la brutalité se mue en intensité. L’émotion est littéralement palpable, c’en est troublant.

« Et si on essayait de faire du son avant de faire de la musique » déclare l’époustouflant batteur Mario Duplantier en interview. Gojira c’est effectivement une expérience sonore. Le concept du groupe, c’est sonner comme une catastrophe naturelle, en reproduire musicalement la puissance (je vous recommande ainsi les 9 mn 54 du « Art Of Dying » dont je ne me remets pas). Richesse de l’évocation en musique : dévastation, fureur, noirceur, mélancolie,... on est transporté dans le temps et l’espace, on s’imagine terrifié et en colère, contemplant d’une falaise le tsunami qui ravagerait son village.

Si un jour, les volcans d’Auvergne se réveillent, on installera le groupe en face et ils assureront la bande-originale de l’évènement.

Tout ça s’est terminé par une séance de sourires de nature à nous réchauffer dans cette froidure hivernale. Gojira n’en est qu’à ses débuts (4ème album au compteur) et la limite c’est le ciel. Ce groupe a un potentiel énorme et une ouverture musicale fabuleuse. On signalera également leur imagerie un peu décalée par rapport à ce que produit ce milieu. Les projections en arrière-plan ressemblaient plus à du Tomi Ungerer ou du Michel Ocelot gothique qu’à un clip de Cannibal Corpse.

Cherry on ze Metal cake : le son était absolument parfait. Un concert à 22 euros où nos tympans ont été divinement traités. Incroyable, c’était quand même pour le moins compact comme musique, et bien, nous n’avons même pas porté nos boules Quiès, la qualité sonore étant littéralement cristalline. Pas un sifflement de retour à la maison.

Je vous le dis pour l’avoir vérifié hier soir : là où il y a du Death, il y a de la vie !

Seb

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