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Eat the rich

dimanche 8 février 2009, par Sébastien Bourdon

En ces temps sombres, il faut faire œuvre de résistance. Nous avons besoin de rire brutal, et un film est là pour ça Louise-Michel de Gustave Kervern et Benoît Delépine.

Le film débute par une tentative maladroite d’enterrement du communisme et se termine sur les assauts répétés, boiteux, mais essentiels contre le capitalisme.

Véritable manifeste punk à l’endroit du monde dans lequel nous vivons, rien de ce qui fait notre drame quotidien n’est épargné. On rit de tout, du chômage, de l’immigration clandestine (de « l’invasion » comme l’a dit en fourchant la langue Eric Besson l’autre jour), du cancer, de la mort, de la misère... Avec un rappel essentiel : pour beaucoup, la vie c’est de la merde (pour de plus en plus de monde même) alors il faut que de temps en temps il y ait des responsables pour payer, et pourquoi pas de leur sang, oui parfaitement. C’est donc de l’idéologie « ultra-gauche » (donc « terroriste » selon Michèle Alliot-Marie) et c’est parfaitement jubilatoire.

L’œuvre pour séduisante qu’elle soit, est quand même surprenante et déstabilisante. Le film ne se refuse parfois pas au contemplatif. On se fout également de toute cohérence, on n’hésite pas à filmer les à-côtés, sans que cela fasse forcément progresser l’histoire.

On notera également des participations de luxe, tellement grandioses que je ne vous donne pas les noms, vous les découvrirez au visionnage. Ce mini-casting de prestige donne une saveur particulière au film, interviennent ainsi des gens en colère, pas forcément toujours recommandables, mais en tout cas, on ne nous balance pas un carnet d’adresses de potes branchés (et oui, pas d’Edouard Baer).

Et nous avons pleuré de rire, car oui c’est possible même lorsqu’il s’agit par exemple de pousser, moralement et physiquement, des malades en fin de vie à commettre des crimes. D’ailleurs, en écrivant, je me reprends à rigoler tout seul.

Il faut quand même dire un mot de Bouli Lanners, ma révélation 2008 (Eldorado, road-movie belge dont je vous avais parlé en termes élogieux, qu’il a réalisé, et dans lequel il jouait le rôle principal). Si les belges sont définitivement marrants, lui est véritablement hilarant. Ses compositions de pierrots lunaires trash sont parfaitement jouissives et son couple avec l’impeccable Yolande Moreau fonctionne fabuleusement.

Attention, restez jusqu’au delà la fin du générique et vous rirez encore.

La morale du film me vient en deux citations :

« Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux »
La Boétie

« Kill ‘em all »
Metallica

Sébastien

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