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Du piratage de la musique

jeudi 17 février 2005, par Sébastien Bourdon

Le débat fait rage, plus personne ne sait réellement quoi penser.
Quelques pistes de réflexion toutes personnelles...

1 - Il est interdit de pirater la musique et les films et nombreux sont ceux qui entendent maintenant judiciairement le rappeler aux contrevenants. De l’autre côté, c’est l’explosion des ventes du matériel qui sert à ça, ou presque. Les I-Pod se vendent comme des petits pains alors que, soit dit en passant, ils peuvent contenir (et c’est un des ses principaux arguments de vente) plus de chansons qu’aucun français n’en connaît ni même n’en connaîtra, passons. En bref, on nous pousse à financer les tuyaux plutôt que ce qu’on met dedans, le contenant plutôt que le contenu.

2 - Les ventes de disques chutent (hormis les bouses habituelles et la résistance de certains petits labels type Naïve) et il est devenu très difficile de trouver les nouveautés de qualité chez les revendeurs. Je ne parle même plus des disques plus anciens (genre d’il y a deux, dix ou vingt ans) : la plupart sont introuvables, ma discothèque fourmille de raretés, à la limite, je suis ravi.

3 - Enfin, et il paraît qu’on a l’intention de prendre ça en main, la consommation de cannabis et autres produits qui font rire augmente de façon exponentielle jusqu’à devenir la norme chez les 15-30 ans.

4 - La lecture de ce fait nous apprend une chose : les jeunes tous milieux confondus préfèrent filer leur argent de poche à un dealer qu’à un artiste.
Et ce qu’il y a de gênant là-dedans c’est qu’y est souvent apposé un discours du type les multinationales du disque sont d’infâmes capitalistes, ce n’est pas grave de les voler.
De l’autre côté, on peut donner son argent aux dealers, ils œuvrent pour le bien de l’humanité, c’est connu.
Surtout, en quoi les fabricants de lecteurs mp3 sont-ils de plus grands humanistes que les vendeurs de disques. La même réflexion fait-elle hésiter à l’achat d’une clé USB ?
Bref, quelle sorte de civilisation compte t’on développer en la basant sur le vol et le détournement de la chose artistique au profit de la technologie pure ?
Il est évident que nous nous sommes fait rouler dans la farine par les maisons de disques (et les artistes surtout), mais bon an mal an, on a toujours trouvé de quoi se réjouir les oreilles et c’est joyeusement qu’on a soutenu en vrac Metallica et Radiohead, Noir Désir et Lofofora.

5 - Le problème est que grâce à internet on peut commencer dans la mélomanie comme dans la sexualité avec le porno. On a tout tout de suite, nul besoin de chercher, de fouiller, et surtout d’économiser... on prend, on se fait plaisir et on oublie dans son disque dur jusqu’à ce que ce dernier crie qu’il n’a plus d’espace disponible (et tout le monde sait que dans l’espace disponible, personne ne vous entend crier).
C’est le manque de musique qui crée le besoin, qui en fait le caractère précieux, c’est la difficulté à trouver, la nécessité du sacrifice financier qui en fait la joie suprême.
Et puis quoi de plus triste que d’inviter des amis et laisser à son I-Pod le choix de la programmation musicale.

« Welcome my son, welcome to the machine » Pink Floyd.

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