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District 9

mardi 22 septembre 2009, par Christopher Montel

Ouf ! District 9 n’est pas (seulement) une bêbête leçon de morale sur combien on doit être gentil avec ceux qui ne nous ressemblent pas, leitmotif de plus en plus éculé qui anime la plupart des films de science-fiction ces dernières années.

Un vaisseau spatial en rade s’échoue dans l’atmosphère terrestre, avec l’impossibilité de repartir de ce trou du cul technologique qu’est notre planète sous hégémonie humaine, puisque nous ne sommes même pas encore capables d’imaginer le type de pièces détachées et de carburant dont ils ont besoin.

Résultat, ils se barricadent un temps dans leur vaisseau immobilisé, préférant la famine à bord que débarquer chez les péquenots affolés en dessous pour y demander de l’aide, plus précisément Johannesbourg, pour changer d’une ville étasunienne ou de Paris, qui s’en est quand même pris plein la gueule cette année entre Transformers 2 et G.I. Joe !

Mais les péquenots viennent les chercher, et c’est là que District 9 devient un OVNI de moins en moins identifiable aux autres films du genre. Les extra-terrestres ici ne sont pas non plus des anges. On les sent tiraillés entre l’instinct de survie et de solidarité d’une part, et des pulsions (auto)destructrices de l’autre...un peu comme nous, somme toute. Foutez-les dans des camps de concentration, traitez les comme du bétail, et ils finiront par renoncer eux-mêmes à leur dignité extra-terrestre. Poussez-les à bout, ils vous déchiquètent un homme en quelques secondes, mais sont parallèlement animés d’une pitié naturelle et d’un sens inné de la dette et du devoir.

Bref, des extra-terrestres aux traits humains, comme on le voit dans beaucoup, beaucoup d’autres histoires interplanétaires. Sauf qu’ici, puisque qu’il n’y a aucun héros et donc pratiquement pas de manichéisme, Neill Blomkamp peut développer en toute liberté une personnalité extra-terrestre complexe et très peu prévisible, et la faire se refléter et se confronter à la personnalité humaine.

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La moitié du film est racontée de manière documentaire, peut-être une manière pour Blomkamp de banaliser encore plus une situation purement science-fictionelle afin de la rendre plus crédible. Au-delà de la formule divertissement à grandes explosions, Blomkamp nous montre comment on réagit face à ceux qui ne nous veulent aucun mal, mais qui ne peuvent pas nous apporter grand-chose non plus, du moins à première vue, simplement en transposant des comportements que l’on s’est déjà infligé entre nous. C’est la simplicité de cette fable qui la rend attachante et étrangement pertinente.

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