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Brilliant !

Compagnie de la Boulangerie, Théâtre de Chatillon, le 12 décembre 2012

mardi 18 décembre 2012, par Sébastien Bourdon

Au secours, on a violé Molière et, heureux homme, elles étaient nombreuses à s’en charger. Il n’y avait en effet que des femmes sur scène, pour jouer tous les rôles, mâles inclus, sans pour autant jamais se défaire d’une absolue féminité. Ainsi, même l’auteur de la pièce, Jean-Baptiste Poquelin, témoin un peu dépassé de cette visite inattendue de son œuvre, était pour l’occasion, incarné par une femme.

On entre dans la pièce comme l’on monte dans un avion, il y a même des hôtesses de l’air et la voix suave d’un commandant de bord. Le concept du voyage se prête d’ailleurs bien au spectacle, il s’agit de nous embarquer dans un univers très personnel, mâtiné de moult influences. L’œuvre est ici notamment dynamitée par le music hall, le burlesque et le cinéma de la RKO, entre autres.

Les actrices déchaînées s’engouffrent à grande vitesse dans ce décorum foutraque, alternant tons et costumes dans une joyeuse sarabande sexy comique. Pris dans cette folle agitation, force est de constater - si l’on en doutait - que le texte n’a pas vieilli, demeurant, malgré son âge canonique, drôle et cruel. Ainsi, des tournures comme « Apportez-nous le miroir, ignorante que vous êtes. Et gardez-vous bien d’en salir la glace par la communication de votre image » restent parfaitement délicieuses et fort bien tournées (ma foi).

Un petit reproche peut-être éventuellement soulevé sur ce dernier aspect, si le texte et le déroulement des événements restent fidèles, on perd parfois un peu le fil au milieu de la folie régnant sur la scène. Ceci posé, qu’importe, on rit souvent, on est charmé tout le temps.

La magie de ce spectacle trouve surtout sa source dans la troupe de joyeuses luronnes qui arpentent la scène (au sein de laquelle on retrouve en majesté la sémillante Sahra Daugreilh, déjà évoquée sur ces lignes pour ses travaux cinématographiques). On ne sait plus où donner de la tête, débordantes d’énergie, couvertes comme presque déshabillées, elles sont toujours belles, drôles et pétillantes.

Cette pièce, telle qu’elle est mise en scène, rappelle ainsi une évidence : les filles c’est quand même beaucoup mieux que les garçons. L’illustration en est d’ailleurs apportée par un rebondissement scénique. A un moment, un spectateur mâle est invité à monter sur scène tenir compagnie aux actrices. A regarder évoluer sur les planches ce garçon un peu perdu, forcément pataud, le genre masculin est renvoyé à ce qu’il est, sympathique, mais mon Dieu quel manque de grâce !

Si je ne m’abuse, cette pièce se donnera à nouveau, en d’autres endroits, allez-y, c’est si bon.

Sébastien

P.S. Ce dimanche, émoustillés par les critiques comme par le concept – Fill’s Monkey, deux brillants batteurs qui se donnent en spectacle dans la musicalité et l’humour – nous nous sommes rendus au Sentier des Halles pour tenter l’aventure accompagnés de nos enfants (enfin, au moins deux). Après une demi-heure d’attente (il est vrai que nous étions en avance), nous avons fini par entrer dans la salle (la cave, pour être plus précis). On nous a alors généreusement offert des bouchons anti bruits, ce qui était plus prudent car deux batteries, c’est bruyant, je parle d’expérience. Un peu plus tard, on nous a distribué des nougats de Montélimar également, on est décidément très urbain dans la percussion.

Et puis, après une demi-heure d’attente, on nous a annoncé que le spectacle était annulé, un des deux batteurs s’étant porté pâle. C’est pas demain que les musiciens américains mangeront dans la main des français.

Je déteste que les enfants soient déçus.

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