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Bal Tragique

"Dunkerque" de Christopher Nolan

mercredi 13 septembre 2017, par Sébastien Bourdon

"Dunkerque" de Christopher Nolan

Mai 1940, toute la France est occupée, ou presque, et dans la poche de Dunkerque, environ 400 000 soldats britanniques, canadiens, français et belges se sentent un peu à l’étroit, cernés par les allemands sur le point de bondir pour l’assaut final. L’ennemi semble prendre d’ailleurs son temps, se contentant de cruels bombardements sur ces souris prises au piège.

Le film raconte, au plus près possible des protagonistes, la fameuse opération Dynamo mise en œuvre afin d’évacuer cette soldatesque dont on espère bien en haut lieu qu’elle sera plus utile lors d’inévitables prochaines batailles.

Le cinéaste Nolan adopte trois points de vue à la temporalité différente, celui d’un trouffion (fascinant Fionn Whitehead) recherchant désespérément un moyen de quitter cette foutue plage, celui d’un digne père de famille anglais à la manœuvre de son bateau de plaisance naviguant vers Dunkerque pour sauver des soldats, et celui de pilotes héroïques de Spitfire (Tom Hardy notamment).

Évidemment, ces personnages se croiseront et leurs actes pourront avoir des conséquences sur chacun. Tous ou presque ne sont obnubilés que par le souci de la fuite, de la volonté de survie dans un monde devenu totalement imprévisible et parfaitement hostile.

Aussi oppressant et étouffant soit le film, il n’en demeure pas moins d’une incroyable beauté formelle, tant par sa mise en scène parfaitement acrobatique et majestueuse, que par ce qu’il évoque fondamentalement, le refus de mourir jusqu’à l’absurde.

Cette agitation éperdue de ces pauvres types coincés entre terre et mer est magnifiquement rythmée en continu par une musique type "Philip Glass en vacances à Berlin", atmosphère sonore aussi oppressante et belle à l’instar de ce que ce qui se passe à l’écran.

Nolan se loupe toutefois quelque peu dans des scènes de groupe un chouïa téléphonées, démontrant si besoin était que ce film pourrait même se passer totalement de dialogues (sachant qu’il y en a peu et pratiquement pas non plus d’explications didactiques).

De la même manière, l’élan nationaliste anglais final n’est guère indispensable, nous n’avons point vu durant la projection de réelles figures héroïques - hormis les pilotes de Spitfire et nos courageux plaisanciers anglais - mais surtout des fourmis agitées tentant de survivre.

Étonnamment, il m’a semblé que Nolan n’avait pas effacé à la palette graphique les plans larges de la plage de Dunkerque, laissant apparaître les constructions postérieures voire récentes. Il se refuse probablement ainsi à enterrer cette reconstitution historique dans le passé, comme si les fantômes de ces soldats perdus continuaient à hanter les lieux de leur volonté de fuite désespérée.

Sébastien

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