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Alice In Chains l’Olympia, 28 mai 2019

jeudi 30 mai 2019, par Sébastien Bourdon

Never Fade

Première partie intéressante, ne serait-ce que par ce qu’elle se distingue avec une certaine exigence esthétique, Black Rebel Motorcycle Club interpelle. De surcroît, la mise en son est parfaite, Alice In Chains traite bien ses invités.

Ce blues exigeant et sombre souffre toutefois d’un relatif manque d’entrain, à l’image de sa batteuse un peu endormie (sensation aggravée par l’état fortement alcoolisé d’un des deux frontmen). Mais bien assis, bien placé, cela fait un excellent antipasti. Le public applaudit d’ailleurs avec un certain entrain, faisant lui aussi montre d’une absence de sectarisme.

Avant que ne commencent les choses sérieuses, on se remémore l’an de grâce 1992 et cette séance de cinéma avec le clip complet de « Would ? » ouvrant le film « Singles » (Cameron Crowe). On cherche en vain dans sa mémoire un tel effet de surprise mélomane dans une salle obscure.

La fosse de l’Olympia est pleine, et tout le long du show se révélera sacrément enthousiaste quand, dans les gradins au fond, la position assise restera de rigueur. Même le punk devant moi sera contraint de ne quitter son siège. N’y tenant plus, à plusieurs reprises, il se dressera un instant le poing levé, saluant l’excellence de la prestation et peut-être le souvenir d’années plus agitées.

Le groupe pioche allègrement dans tout son répertoire. N’ayant jamais commis un mauvais disque, sans parler de son exceptionnelle résurrection après la disparition de son chanteur, on ne saurait donc s’en plaindre.

Les regarder jouer avec souplesse, aisance et même entrain, enchante (même si on se serait bien vu sautiller avec les autres dans la fosse).

Quel merveilleux guitariste que Jerry Cantrell, chacune de ses notes est un éloge au bon goût. Il a même la suprême élégance que de leur donner une saveur de trop peu.

Et il fallait évidemment un batteur aussi subtil que Sean Kinney pour accompagner un tel musicien. Inventif et élégant dans ses gestes, dosant impeccablement sa frappe, il fait un parfait pendant percutant aux arpèges tricotés devant lui.

William Duvall (chant, guitare) ferait quant à lui presque oublier son prédécesseur, mais avec « Down in a Hole », moment de grâce, surgit le titre idéal pour réveiller le fantôme de Layne Staley. Spectre qui n’a jamais cessé d’influencer le groupe, on le célèbre tous ensemble une dernière fois avec un magnifique « Rooster » qui clot le concert.

Ce fut un déchirement en 2002 que de perdre cet exceptionnel chanteur (d’autres l’ont hélas depuis suivi, de Chris Cornell à Shawn Smith) et on imaginait à l’époque qu’il emmènerait Alice In Chains dans sa tombe.

Ce groupe est donc la preuve qu’il existe une vie après la mort. Mais autant la trouver de son vivant, au-delà, rien n’est certain.

Sébastien Bourdon

Messages

  • Merci pour cette belle chronique ! Je partage les avis exprimés, ainsi que le souvenir du choc ressenti en 92 au ciné par le clip de "Would ?" en ouverture du film Singles !
    J’avais 13 ans.
    Du coup j’ai embarqué ma fille du même âge à l’Ancienne Belgique de Bruxelles hier, 48 heures après les avoir applaudis à l’Olympia : prestation encore impeccable du groupe !

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