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Wilco - "A Ghost is Born"

dimanche 5 septembre 2004

Il s’agissait presque d’une coïncidence. Un très bon ami m’avait parlé de son album préféré « de tous les temps » – un album appelé Yankee Hotel Foxtrot. Le groupe s’appelle Wilco. Et bien, il y a environ un mois, Sébastien de Soundsmag me faisait écouter un autre album : Il s’agissait alors de :A Ghost is Born. J’ai écouté tout ça de manière un peu neutre, sans trop juger de la qualité musicale de ce groupe… et à vrai dire, je n’avais pas encore fait la connexion entre « le meilleur album de tous les temps » et cette nouvelle sortie.

Mais voilà qu’entouré d’albums vieillissants, dans un bac à disques d’occasion situé au sous-sol d’un des meilleurs disquaires de Paris, je tombe sur Yankee Hotel Foxtrot. Une première écoute me convaincra qu’il s’agit en effet d’un chef d’œuvre, et c’est en me renseignant sur Wilco que les souvenirs réapparurent. Bien évidemment ! Avant même d’apprendre que le groupe venait de sortir une nouvelle perle, je me rendis compte que j’y avais déjà prêté une oreille évasive.

Alors nous en sommes là. Je ne suis pas là pour vous parler de Yankee Hotel Foxtrot (que je vous recommande toutefois) mais pour vous décrire un peu ce que j’ai ressenti en écoutant A Ghost is Born – un grand album qui n’est peut être pas à la mesure de son prédécesseur mais qui reste incontournable.

Le style de Wilco est particulièrement difficile à cerner pour son auditeur. Rendez vous compte à quel point il est donc difficile à décrire ! S’il fallait chercher à trouver des comparaisons, alors un groupe comme les Palace Brothers de Bonnie Prince Billy viendrait immédiatement à l’esprit. Mais si Wilco fait bien dans une forme d’americana, la comparaison ne va pas beaucoup plus loin. Des instants calmes, presque folks, avec des accompagnements au piano rendent Wilco semblable à certains de ses contemporains du genre (en particulier les titres « Company In My Back » et « Theologians »), mais A Ghost is Born va beaucoup plus loin. Des morceaux comme « I’m A Wheel » flirtent bien plus avec le punk qu’avec le folk. Catégoriser Wilco serait vraiment dommage. Disons donc qu’il ne s’agit pas tant d’americana que de musique américaine de génie.

Enfin - j’ai souhaité garder le meilleur pour la fin – il faut parler de la construction des titres de Wilco. L’album commence avec « At Least That’s What You Said » dont l’intro laisserait presque présager une pop moderne : simple et sans rebondissements. Mais voilà qu’attaque la guitare. Et elle attaque à fond. Un son crade, ultra saturé vous envahit les tympans et le riff vous accompagne jusqu’au deuxième morceau. Ainsi est composée la musique d’un groupe de génies, qui rechigne à user de schémas traditionnels. « Spiders (Kidsmoke) » est un autre exemple : ce morceau dure plus de dix minutes et avec ses sonorités de guitare (encore et toujours !) qui viennent cassé le beat transcendant on se sentirait presque perdus. Wilco jongle avec les structures des titres et établit une rupture nécessaire avec YHF – nécessaire et réussie.

Il s’agit vraiment ici d’un album grandiose. Toutefois, comme je vous l’ai déjà dit au début de cette chronique, vous ne l’entendrais jamais à la radio. D’ailleurs, les gars de Wilco s’en doutent : ils ne cessent de le répéter sur le morceau « The Late Greats », où, avec un peu d’arrogance ils nous apprennent que ce qu’ils font est « si bien que la radio n’en voudra pas ».

Ne manquez pas ça !

Polo

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