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Vincere de Marco Bellocchio

jeudi 14 janvier 2010

On parle quand même pas mal de l’Italie depuis quelques temps, mais jamais en bien (il est vrai de toutes façons que dès qu’on descend sous la Loire, c’est le bordel). Du racisme en Calabre, de la mafia, de Berlusconi… A propos de ce dernier, les images de son agression furent fascinantes : sous le visage tuméfié et sanglant surgissait tout à coup le vieillard, dissimulé jusqu’alors par la chirurgie et le bronzage.

Mais venons-en au film, italien donc : Vincere de Marco Bellocchio. Pour ceux que la lecture des pages « Culture » - section cinéma - ennuient, si on la fait brève, c’est l’histoire de la maîtresse cachée de Mussolini durant la 1ère guerre mondiale, Ida Dalser. A côté, Antigone, c’est du théâtre de boulevard. D’abord joyeusement baisée, puis cruellement abandonnée par le Duce qui n’aura de cesse du vivant de cette dernière que de tenter de l’éradiquer de la société, elle comme son fils, qui n’est autre que le sien.

L’ouverture du film est somptueuse, générique inclus. Dès les premières secondes, silencieuse et déjà éperdument amoureuse, Giovanna Mezzogiorno crève l’écran (on s’est dit en sortant qu’elle avait un faux air de Marion Cotillard, mais avec du talent). Les scènes d’amour sont sublimes (j’en vois qui ricanent, non, elle n’a pas une forte poitrine), elle joue impeccablement le désir amoureux et l’intensité physique qui en découle. Sa transformation en mère furieuse qui refuse d’être ignorée et abandonnée est également parfaite. Elle rappellera à juste titre aux fascistes ce qu’ils sont, des voleurs, ce qui justifiera pour ces faibles hommes la tentation de la faire disparaître brutalement, faute de pouvoir la contrôler.

Le film est à peine politique (ce qui est un peu frustrant), préférant se concentrer sur son héroïne tragique (impossible de ne pas penser à Angelina Jolie dans L’échange d’Eastwood, là encore un beau portrait de femme en butte au mâle pouvoir, film déjà chroniqué par votre serviteur).

La réalisation est assez osée, intégrant des slogans d’époque à l’écran, des images de femmes perdues, images dont nous comprendrons ensuite l’origine et surtout des actualités d’époque. Il est fascinant à cette occasion de voir à quel point Mussolini était grotesque, tant dans son allure que dans ses propos (ce renvoi permanent à la splendeur de Rome notamment).

Le seul aspect un peu politique est la description implicite d’une société corrompue, les fascistes, main dans la main avec l’église pour mettre au pas (de l’oie) un pays tout entier, symbolisé ici par une amante trahie.

On en est sortis un peu secoués, ce qui justifie le déplacement n’est-ce pas.

Sébastien

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