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Two Lovers

dimanche 25 janvier 2009

« Two Lovers » de James Gray :

Il y a une incroyable scène de boîte de nuit. La meilleure de tous les temps. Gray est très fort pour ce genre de scène, souvenez-vous des passages tournés dans la boîte tenue par Phoenix dans La nuit nous appartient. Là, tout y est : la musique, les lumières, le bruit, la foule, les gens plus beaux, les femmes abominablement désirables, le besoin d’arriver à exister dans ce bordel… Bref, le night-club comme un lieu d’impossible bonheur terrestre. Je m’y croyais, j’ai vécu tout cela.

Parce que oui ce film pourrait être un condensé d’une vie sentimentale masculine, notamment dans ses aspects les plus pathétiques. Restituer la force inouï du sentiment amoureux, même lorsqu’il est absurde ou imbécile (et pas forcément partagé). Pas vraiment un truc facile à filmer (et à jouer !). La solution retenue par James Gray est simple : filmer les polars comme des histoires d’amour, filmer les histoires d’amour comme des polars. Alors dans Two Lovers, le suspense est insoutenable, même si l’inéluctabilité des évènements apparaît aux spectateurs comme une évidence. On est donc clairement dans le respect des règles imposées du polar.

Cela pourrait être une comédie sentimentale ou même un « teen-movie », mais c’est un mélodrame au classicisme formel. Pour échapper aux écueils liés au genre, James Gray fait du cinéma : une mise en scène, une photographie et des acteurs. S’agissant de ces derniers, ils sont en fait trop vieux pour ce genre d’histoire, ce qui nous rappelle que jusqu’à la mort, on n’est pas à l’abri de tomber amoureux comme un con (ou une…, ça marche aussi).

Phoenix incarne à la perfection le désespoir amoureux masculin, depuis Belmondo dans La Sirène du Mississipi, on n’avait pas fait mieux (Truffaut : « Je traitais Jean-Paul Belmondo comme une jeune fille vierge et je traitais Catherine Deneuve comme un aventurier »). Il y a de ça dans le film, dans ce personnage largué qu’est Kraditor (quel nom que ce personnage incarné par un Phoenix aussi à l’ouest qu’un vétéran du Vietnam). Il en est indécent pour les spectatrices féminines, comme si on leur montrait un spectacle qui ne leur était pas destiné, un envers du décor.

Le sentiment amoureux certes, mais aussi l’amour dans son expression la plus crue, la sexualité, est également admirablement filmé, avec beaucoup de pudeur mais pas moins d’intensité. Il arrive même à insuffler de la sensualité à Gwyneth Paltrow, ce que je ne trouvais pas forcément évident.

Et puis il y a New York, la quintessence de la ville où tout semble possible, mais en réalité, comme ailleurs, ne l’est pas.

Bref, Two Lovers est hautement recommandé par mes services. Parce que c’est une joie et une souffrance n’est-ce pas.

Seb

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