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Trois Enterrements - de Tommy Lee Jones

mardi 13 décembre 2005

Voilà qui avait de quoi faire saliver les aficionados de cinéma. Un premier film réalisé par le grand Tommy Lee Jones. Un film dont le scénario fut rédigé par le mexicain, Guillermo Arriaga, auteur de 21 Grammes ou encore de Amores Perros. Du beau monde… Et en plus, un film bien récompensé par Cannes – prix d’interprétation masculine et prix du meilleur scénario. On en avait, bien entendu, l’eau à la bouche.

Le film débute avec la trouvaille d’un cadavre humain qui se fait dévorer par les chacals. C’est celui de Melquiades Estraga, un vaquero – ou cowboy – mexicain. On apprend qu’il fut assassiné et rapidement enterré sur place par le meurtrier. C’est là son premier enterrement… Son meilleur ami au Texas, Pete Perkins – qui est admirablement joué par Jones lui-même – va tout faire pour réaliser le vœu de Melquiades. Il va l’enterrer dans sa ville natale au Mexique.

Mais le personnage de Jones est bien plus complexe qu’un simple meilleur ami répondant au besoin de satisfaire un dernier désir. Etant donné que la justice texane locale ne fait rien - préférant ignorer la mort d’un travailleur immigré illégal - c’est Tommy Lee Jones lui-même qui rendra justice à sa manière… Il retrouve celui qui, accidentellement, est devenu tueur. Puis, il l’oblige à déterrer le corps de son camarade, mis en terre pour la deuxième fois dans le cimetière de Van Horn, près de la frontière mexicaine.

C’est ainsi que Trois Enterrements dépeint le long voyage de ces trois personnes – le mort, le brave ami déterminé et l’assassin involontaire. Tommy Lee Jones a dit qu’il voulait montrer aux spectateurs que le Texas, ce n’est pas simplement les puits de pétrole et George Bush. Le Texas que nous traversons est en effet aride, mais absolument magnifique.

Le scénario de Arriaga entremêle le présent au passé pour illustrer la solidité de l’amitié entre ces deux hommes que cette Amérique de western penserait très différent ; et tout cela car l’un deux vient de l’autre côté de la frontière. Ainsi, Jones et Arriaga parviennent bien à mettre en scène cette violence et ce racisme quotidien qui se joue chaque jour le long de cette frontière archi gardée.

Mais ce qu’il y a de plus beau dans Trois Enterrements, c’est l’approche particulier de ce qu’est un acte de rédemption. C’est la réflexion qui tourne autour d’une vie changée… Cette vie, c’est celle du garde frontière Mike Norton qu’interprète Barry Pepper (d’ailleurs, si Cannes pouvait décerner deux prix d’interprétation masculine, je ne doute pas qu’elle aurait remis le deuxième à cet acteur incroyable).

Voilà un film qu’il faut voir. Trois Enterrements ressemble aux paysages texans et mexicains... Un film fort, aux images magnifiques mais aussi un film dur.

Polo

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