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Tool - "10,000 Days"

mercredi 24 mai 2006

J’aime tellement le nouveau Tool.

Comme à chaque fois, il me faut presque un mois avant d’en entendre précisément le son. Pendant un moment, on a presque l’impression d’être déçu comme généralement lorsque l’on suit un groupe. C’est vrai d’ailleurs, je crois que l’on devient vite nostalgique des premiers albums qui étaient si bien, si neufs et qui ont fini rivés à la platine CD.
La première écoute du disque reste mystérieuse, je me suis même demandé si la sensation que m’avait laissée l’écoute des précédents albums ne se reproduirait pas, bref que ma fascination pour Tool, comme celle que j’ai pu avoir pour tant de groupes devenus tout juste décatis et dont la tournure prise constitue l’un des drames de ma vie, allait disparaître aux confins de ma mémoire. Pourquoi Incubus est devenu de la soupe ? C’est probablement parce que les membres du groupe sont de sombres crétins ce que les musiciens de Tool ne peuvent en être, ou au pire, ils sont simplement des autistes qui n’existent qu’un instrument en main.

Cette fois-ci je suis assis à la bibliothèque, le casque sur la tête, 30 jours se sont écoulés depuis la première écoute aux rayons du Virgin où l’album m’apparaissait extraordinaire, rythmé et si sombre. Pourtant, j’étais encore loin d’imaginer le bassin de culture nauséeux se putréfiant dont émerge un mélange âpre, si subtil soit-il. Où chaque bulle, lorsqu’elle remonte à la surface déplace les litres du bassin bouillonnant, en libérant des mélodies plus ou moins limpides en fonction de la température à laquelle il est porté à ébullition. Car putain, c’est de la cuisine indigeste pour l’estomac mais très saine, quand à pleine puissance elle envahit nos oreilles. On se souviendra bien sûr Die Eier Von Satan.

Mais aujourd’hui ça y est, enfin la porte s’ouvre. James Maynard Keenan est toujours aussi subtil malgré ses expériences dans A Perfect Circle…

Je doutais ces derniers temps, du parti pris si tranché des débuts, je voyais dans ses récents projets un certain coté pop, trop séduisant pour l’oreille et qui ne manque pas de lasser. Les premières écoutes de 10000 days ne manquèrent pas de me rappeler cette impression notamment les titres "Jambi" et "The Pot".

Pourtant ce n’est pas ça, il s’avère que les mélodies sont bien plus compliquées qu’elles n’y paraissent.

En fait, le disque navigue entre des incantations tribales puissamment accompagnées par le son sourd et répétitif de la section rythmique (Danny Carey, Justin Chancellor). Il y a chez Tool une certaine frénésie envoûtante. Je respecte ce groupe car à chaque fois il y a cette démarche de venir me chercher par la main moi qui ne comprend pas, pour me guider dans les labyrinthes compliqués de cet édifice musical, qui ne manquent pas de nous hisser vers des extrémités, du sourd au subtil, du clair au sombre sans jamais oublier de finir par nous ramener au sol plus ou moins délicatement.

Les albums de Tool sont des voyages quand les autres productions sont des balades. On peut visualiser sur le bas côté des chemins parcourus, l’ère industrielle qui se réveille, renforcée du blues le plus incessant. Je crois y voir le seul point d’achoppement, réellement réussi, ralliant les deux piliers concurrents des origines de la musique contemporaine, et qui trop souvent furent mariés trop pauvrement, sombrant dans le mécanique audible mais stérile.

Il y a chez Tool, ce côté tellement humain, naturel. Les différentes individualités, se fondent dans le groupe pour ne former qu’un tout organique et vivant qui déborde d’émotions et que je me devais de partager car je ne pense pas être le seul à profiter.

Alors à bon entendeur Salut.

Val

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