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The Grudge - un film de Takashi Shimizu

jeudi 20 janvier 2005

Sam Raimi fait un retour en arrière. L’homme qui, en 1981, était aux commandes de la réalisation de The Evil Dead a certainement pensé qu’il avait trop longtemps délaissé le monde de l’épouvante (rappelons en effet que Sam Raimi est l’homme qui se cache derrière des « merveilles » comme Spiderman, Darkman et autres navets). Alors, aujourd’hui, le voilà producteur de The Grudge, un film de Takeshi Shimizu.

The Grudge, qui se traduit par "la rancune", est une sorte de remake, relooké pour plaire au public américain – notamment grâce à la contribution de l’horrible Sarah Michelle Gellar. Mais c’est un remake d’un précédent film de Shimizu intitulé Ju On... Même histoire et certainement (je n’ai pas vu Ju On) même frissons. Je me permet d’affirmer cela car il est évident que Shimizu sait manier la chair de poule et, si ce n’était pour les (trop nombreuses) apparitions débilitantes de Gellar et de son petit ami – un cliché typiquement ricain du « bon gars » sensible, plein d’assurance et beau gosse – ce film serait au moins à classer parmi les grandes réussites du film d’horreur japonais.

Passons sur le fait qu’il reste dommage que les américains veuillent forcément "refaire les films à leur image". The Grudge atteint tous les objectifs requis par le cinéma d’horreur. On y observe la vie de trois groupes d’américains habitant Tokyo – le couple installé là pour que Peter (Bill Pullman) y enseigne quelque chose à l’université ; la famille au grand complet, avec Madame la maman qui souffre d’une maladie psychologique, ses enfants du « business world » et leurs amants/femmes/maris… enfin, il y a le couple d’étudiants modèles représentés par Buffy et son compagnon photographe et poète, aventurier et mauvais acteur. Bref, ces trois groupes vont tous se retrouver à un moment ou à un autre du film pris au piège par le mythe. Au Japon, nous dit-on, lorsqu’une personne meurt dans d’horribles souffrances, son esprit reste sur place, préférant faire chier les vivants à disparaître. Et c’est là qu’on rencontre les esprits de Toshio et de Takako, sa mère, tous les deux assassinés par un mari jaloux (ben oui… forcément, Takako était une petite coquine…).

Les apparitions de fantômes sont chronométrées au poil, avec tous les bruitages terrifiants qu’il faut pour avoir un peu de mal à s’endormir le soir même… Je pense notamment à des craquements de nuque, des hurlements épouvantables et ce vent qui souffle toujours, redoublant de force comme s’il essayait de balayer les mauvais esprits. La musique est, elle aussi, de tous les instants – jouant sur la vitesse de votre rythme cardiaque avec l’aide des séquences plus ou moins sanglantes de ce film.

Un gros regret subsiste malgré tout. En effet, les apparitions de femmes fantômes sont bien trop proches de Ringu (1998) de Hideo Nakata (autre film d’horreur japonais… autrement plus effrayant aussi). Tout est semblable – cet usage des cheveux recouvrant un œil qui n’apparaît qu’après de longues minutes pendant lesquelles la « chose » se rapproche de la caméra ; les mêmes usages de son saturé pendant les scènes où l’on aperçoit ces fantômes… C’est presque dommage… Bien qu’il soit indéniable de dire que le filon de Nakata reste tout de même particulier et qu’il ne manque jamais de foutre la frousse !

Voilà donc un retour réussi pour Raimi et pour Shimizu, il est vrai que The Grudge est une ouverture sur le monde assez réussite. Souhaitons que ces deux camarades de l’horreur travaillent ensemble une nouvelle fois et que leur prochain film puisse inspirer d’autres acteurs que cette maudite Gellar la joufflue.

Polo

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