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She Hate Me - de Spike Lee

vendredi 25 mars 2005

Comment ça j’ai toujours du retard ?

Et bien faites comme si le film venait de sortir… que voulez vous que je vous dise ?

Il ne faut pas confondre un Spike Lee joint avec un spliff roulé par le réalisateur d’Atlanta… Aie ! la blague est mauvaise… Mais en tout les cas, She Hate Me c’est son nouveau film. C’est important de le préciser ! Ne riez pas…

She Hate Me est sorti il y a déjà deux mois en France. Alors je m’imagine bien que tout le monde a sa petite opinion dessus. Il y aura ceux qui l’ont vu et ceux qui ne l’ont pas vu. Ceux qui l’ont vu ont pu le trouver à chier – et parmi eux, beaucoup ne lisent cette chronique que dans le but de voir comment je vais me dépatouiller… Je ne dis pas, évidemment, qu’ils n’ont pas pu apprécier certains détails, certaines scènes ou même le jeu d’acteur.

Parmi ceux qui n’ont pas vu le film, s’ils ont lu les critiques cinéma parues depuis quelques temps, on comprendra aisément qu’ils soient restés chez eux. En bref, il y a certainement eu un lien de cause à effet – les critiques disent que le film est vraiment naze alors je reste chez moi tranquille et tant pis pour la gueule à Spike Lee.

Quant à votre humble chroniqueur, voilà ce qu’il pense : il est de ceux qui, n’ayant entendu que de la merde au sujet de She Hate Me, ont pensé à l’époque qu’il était préférable de rester chez soi. Pourtant, ce film j’ai fini par le voir. Pourquoi ? C’est un secret… Mais je peux vous dire ceci, je ne reviendrais que brièvement sur les aspects négatifs du film. D’une part, les mauvais aspects, vous les connaissez (que vous l’ayez vu ou pas) et, en plus, j’ai trouvé quelques points positifs… En bref, si, comme chronique, vous en cherchiez une mauvaise – une de celles qui reprend point par point le scénar assez calamiteux – je ne pourrais que vous conseiller d’aller voir ailleurs. Ici, j’ai décidé de débusquer – et de vous les exposer – les aspects qui sont, au contraire, très bons. Cela ne fait pas de She Hate Me mon film de chevet. Oh non ! Mais c’est un honorable challenge…

Le sujet qu’aborde le film est assez flou. Pourtant, tous les médias se sont accordés sur le fait qu’il s’agissait d’homo-parentalité. Pour moi, ces articles sont une preuve que beaucoup des chroniqueurs restent tranquilles chez eux sans aller voir les film. J’ai cherché, et je n’ai pas trouvé de chroniqueur qui parlait de ce que les ricains appellent le white collar criminality. C’est pourtant un aspect central du film… et il est dommage que les critiques ne l’aient soulevé.

L’acteur principal, Anthony Mackie est engagé par une grosse boîte pharmaceutique qui cherche à dissimuler certains résultats de tests affligeants que leur drogue a pu avoir. Lui, va dénoncer cette cachotterie immonde en téléphonant au service « éthique »… Et c’est comme cela que cet africain-américain se retrouve au chômage, tous ses comptes bloqués, sans ressources et sans personne vers qui se tourné. Lorsque l’on vous dit que le film parle d’un homme qui reçoit 10.000 dollars par « coup » pour donner à une homosexuelle la possibilité d’avoir un enfant… Vous pensez certainement - si vous êtes un homme – que ce film sera comparable à un porno soft. En fait pas du tout. Si notre acteur principal finit par faire ce qu’il fait (sous la pression de deux amies homosexuelles qui tiennent à élever des enfants dans un pays où l’adoption reste difficile pour elles), c’est d’abord parce qu’il a « bien agit ».

Il y a donc une morale dans She Hate Me. Le nom de Frank Wills ne vous dit certainement rien. Pourtant, c’est grâce à cet officier de police que le scandale de Watergate fut découvert, le 17 juin 1972. Il est décédé en 2000 d’une tumeur au cerveau dans la pauvreté absolu et dans l’oubli… Anthony Mackie joue un peu le rôle d’un Frank Wills des temps moderne. Il est noir, comme Wills, et les élus et responsables des pharmaceutiques sont prêts à lui faire porter le chapeau pour son action. S’ensuit une dénonciation de la manière qu’ont eu les médias américains de s’attaquer aux dénonciateurs des scandales financiers contemporains – Enron, Bristol-Myers Squibb, ou encore AOL.

Bien sûr, les critiques ont raison de signaler qu’il ne suffit pas d’avoir une ribambelle d’acteurs célèbres pour faire un grand film – car entre John Turturro, Monica Bellucci, Woody Harrelson, Jim Brown et Q-Tip (et Jamel Debbouze pour nous les français) sont tous présents. C’est vrai que c’est facile de faire un carton avec des acteurs connus…

Pourtant la force potentielle de She Hate Me, c’est en son actualité qu’il faut la trouver, non dans ses acteurs… La force de Lee, tient dans son observation de l’Amérique elle-même. Lorsque défile le générique du début, le spectateur peut ne pas comprendre en quoi le billet de banque à l’effigie de George Bush Junior a un rapport avec l’histoire. Mais voilà où tient la défense de She Hate Me, c’est en sa dénonciation de l’hypocrisie. Cette hypocrisie est le mot central du film (prononcé par Anthony Mackie lors du procès du personnage qu’il incarne à l’écran). Et Spike Lee a tout vu.

Entendez moi bien. Je suis loin d’avoir adoré ce film… J’ai juste été irrité de voir que les critiques de cinéma pouvaient ne pas être totalement honnêtes, ou choisir de ne pas aborder certains points complexes d’un film.

Polo

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