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Saw II - de Darren Lynn Bousman

mercredi 8 février 2006

Voilà que Saw se transforme en franchise. Après la version du malaisien-américain James Wan, l’idée est poussée un peu plus loin par un autre jeune réalisateur. Darren Lynn Bousman n’a que 26 ans et peut-être… cela se voit-il un peu trop.

Saw partait d’une idée macabre mais particulièrement bien trouvée : celle d’un tueur en série du surnom de « Jigsaw », appelé ainsi pour les traces de pièce de puzzle qu’il découpait sur le cadavre de ses victimes. La particularité du tueur, hormis les jeux horribles qu’il imposait à ses cobayes humains – des jeux qui finissaient le plus souvent par leur mort dans des circonstances très gores – c’était qu’il ne tuait, pour ainsi dire, jamais personne de ses propres mains. C’était aux captifs de prendre la décision, souvent épouvantable (comme celle d’éventrer un autre homme pour obtenir les clés qui permettrait sa propre libération), qui permettrait d’avoir la vie sauve.

Saw numéro un se déroulait pour l’essentiel dans un huis clos étouffant entre les deux principales proies de Jigsaw. Darren Lynn Bousman, lui récupère évidemment le fameux serial killer… Mais il ajoute un nombre bien trop grand de victimes. Le détective qui est absorbé dans l’enquête – Donnie Wahlberg, le frère de Mark – se retrouve face à des images de son propre fils entouré de sept autres. Les huit personnages sont en train de respirer des gazes toxiques qui attaquent le système nerveux et qui, dans deux heures, mèneront à leur mort agonisante…

A priori, l’histoire pourrait bien être haletante. Mais Bousman se lance bien trop loin dans la caricature de certains de ses personnages. Le costaud, Xavier, devient trop facilement, et sans que personne ne comprenne bien pourquoi, une brute épaisse qui ne voit pas l’intérêt du travail de groupe pour gagner le « jeu ». Qui plus est, le choix des acteurs est pour le moins calamiteux. J’imagine bien que le budget de Bousman a du être limité mais tout de même… Il se peut aussi que, pour des films de ce genre, le jeu d’acteur soit secondaire. Mais certains personnages font de la peine et font vraiment souffrir le spectateur – je pense une fois de plus à Xavier, joué par Frankie G… sorte de Hulk Hogan raté.

Pour le reste, l’intrigue est tout de même assez bien ficelée, mais il est fort possible que, si Bousman avait moins fait couler le sang, tout en poussant un peu plus son imagination et en limitant le nombre de protagonistes, le film aurait été mieux réussi. La force de Saw était d’entraîner le spectateur dans le jeu, tout en lui faisant perdre ses repères… Les seuls repères que l’on perd ici sont ceux qui partent en fumée dans la confusion des images, des situations et des rôles.

Si vous avez aimé Saw, nul doute que vous apprécierez certainement cette suite… Mais peut-être que, comme moi, vous vous demanderez quand les réalisateurs de films à suspense arrêterons d’exploiter le prè-mâché pour se lancer dans l’aventure de quelque chose de vraiment novateur. Car, oui… Saw II se termine sur la promesse d’un Saw III. Et la chute est amorcée…

Polo

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