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OSS 117 : Rio ne répond plus

dimanche 24 mai 2009

Dimanche pluvieux de mai, enfants grippés loin du soleil mexicain, sortie familiale en masse (à 10 !) pour aller voir OSS 117, Rio ne répond plus (Michel Hazavicinus). Du rire, du soleil…

Sunday theory : Ah, Mon Dieu, il est bon de rire parfois.

J’avais adoré le premier (Le Caire, nid d’espions), j’en ai autant au service du deuxième. C’est beau, c’est élégant et c’est à mourir de rire. Parfaitement chers lecteurs, c’est possible, de temps en temps, notre cinéma fait aussi bien que celui des ricains. On parle ici du cinéma de Ben Stiller, de Jack Black ou de Will Ferrel. Mais c’est français, sans l’ombre d’un doute, avec un mauvais ton qui a dessiné un sourire sur le squelette de Pierre Desproges.

Parce que ça envoie sur tous les sujets qui fâchent, les femmes, les chinois, les juifs, les homosexuels, la collaboration, les nazis, les crocodiles, avec des raccourcis délirants d’imbécilité jouissive et absurde. Ce film sauve une forme d’humour et redonne foi en la possibilité de rire d’une production française, sans que ce soit automatiquement de « l’humour Canal ». A aucun moment, on ne ressent cette impression de laisser-aller, de facilité tarte que nous donne invariablement le comique actuel (rire des choses banales du quotidien, quel programme), particulièrement dans son pendant cinématographique.

Au surplus, l’ensemble est admirablement écrit, fait donc dans la provocation, mais sans verser dans le putassier ni le vulgaire et rappelle quand même au passage qu’en fait, on a encore le droit de rire de tout, sauf si on s’appelle Dieudonné.

Pour faire tenir ce délire comique, Dujardin est impérial de bout en bout, balançant au kilomètre des tourbillons d’âneries en

Technicolor. C’est tout de même délicieux de s’asseoir dans une salle de cinéma et de sourire à peine assis, devant un acteur parfaitement réjouissant tant dans son déplacement dans l’espace que dans ses propos. L’allure est impeccable de classe et de grotesque, des mimiques aux mouvements de jambes. Jean Dujardin va fonder à lui tout seul un Actor Studio de la drôlerie (en plus, je suis fier, je le connais, oui, oui, j’ai même déjeuné avec lui avant la gloire ; la sienne, pas la mienne).

Et puis c’est un film, un vrai. Les intentions sont intelligentes et la mise en scène superbe. Raffinement des décors et élégance de la caméra qui caresse les acteurs (et des actrices, Seigneur !) dans leurs circonvolutions. C’est même souvent beau comme un Hitchcock, à qui la photographie comme les angles de caméra font d’ailleurs souvent penser, en plus de la teinte – naturelle – Philippe de Broca / Blake Edwards.

Si tu es gai, ris-donc.

Sébastien

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