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Mark Lanegan Band - "Bubblegum"

vendredi 10 septembre 2004

Ceux qui connaissent déjà Mark Lanegan se doutent que je ne vais pas chroniquer un album de pop joyeuse. D’ailleurs, si vous connaissez ce monsieur, c’est que vous l’avez découvert par
- a) sa voix dans le groupe Screaming Trees,
- b) sa participation au dernier album de The Queens of the Stone Age, ou
- c) vous avez découvert Mark Lanegan au travers d’un de ces albums solo.

Bien souvent, les gens vous répondrons par a) ou b) et rares sont ceux appartenant au groupe c). Pourtant notre ami sort des albums en solo depuis 1990, date à laquelle il officiait encore comme chanteur des Screaming Trees. Et après quatorze années d’entraînement, voici son sixième album (le septième si l’on inclut le EP de l’an dernier). Evidemment, lorsqu’on s’aperçoit de la quantité d’invités prestigieux qui apparaissent sur Bubblegum, on peut à juste titre remettre en question l’idée même qu’il s’agit d’un album « solo ». Entre autres, présents sur l’album sont PJ Harvey, Josh Homme (Kyuss, QOTSA), Nick Oliveri (QOTSA, Mondo Generator), Troy Van Leeuwen (QOTSA, A Perfect Circle), Izzy Stradlin et Duff McKagan (deux anciens Guns’n’Roses), ou encore John Kastner (All Systems Go)… Que du beau monde.

La voix caverneuse de Lanegan est présente sur chacun des quinze titres de l’album mais il ne rechigne pas à se faire accompagner. Ainsi, lorsque ses invités mettent effectivement la main à la pâte c’est essentiellement pour l’escorter au chant. PJ Harvey est présente sur deux titres sublimes : « Hit The City » et « Come To Me ». Deux titres qu’on aurait aucun mal à imaginer sur l’une des Desert Sessions de Joshua Homme (auxquelles Lanegan participe presque à chaque coup). Ils sont presque hypnotisant.

Lorsque Joshua Homme prête ses services, c’est pour faire comme à son habitude. Alors, il touche à tout. On le retrouve à la guitare, à la batterie, à la basse. S’il n’a pas eu le droit de participer à la composition des textes, il ne fait aucun doute que les titres auxquels il s’est retrouvé mêlé ont grandement bénéficié de sa présence et son énergie. Et s’il y a de l’énergie sur certains morceaux, cela ne fait pas d’eux des morceaux joyeux. Fidèle à son habitude, Lanegan nous emmène dans un monde plus sombre que lumineux, un monde plus sous terrain dans lequel sa voix résonne et vous berce – un peu comme avec Tom Waits.

« Sideways In Reverse » est beaucoup plus punk. On peut y entendre le chanteur du groupe canadien All Systems Go, John Kastner, qui justement excelle dans le punk puisqu’il baigne dans le milieu depuis ses 16 ans…

Avant tout, ce qui me plaît le plus dans Bubblegum c’est qu’il ne s’agit pas de l’album plein d’optimisme dans lequel on nous promettrait d’arrêter la drogue. Bubblegum n’a pas ‘happy end’ et c’est ce qui fait toute sa beauté, toute sa puissance.

Juste une petite phrase de l’album pour me faire plaisir : « There is no morphine, I’m only sleeping / And there’s no crime to dreams like these »

Rétrospective

Puisque chez Mark Lanegan, il n’y a rien de mauvais voici la liste des albums qu’il a sorti avec son Mark Lanegan Band. Si j’en ai un jour la motivation, je consacrerai à cet artiste de talent un article entier dans lequel chacun de ses albums sera commenté. Mais je vous le répète : tout est bon chez Lanegan alors n’hésitez pas à vous y intéresser.

-  The Winding Sheet – 1990
-  Whiskey for the Holy Ghost – 1994
-  Scraps At Midnight - 1998
-  I’ll Take Care Of You – 1999
-  Field Songs – 2001
-  Here Comes That Weird Chill [EP] - 2003

Polo

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