Accueil > Francais > Man To Man - un film de Régis Wargnier

Man To Man - un film de Régis Wargnier

mercredi 20 avril 2005

En 1970, un anthropologue, le Docteur Jamie Dodd, et une jeune aventurière, veuve depuis peu, Elena van den Ende capturent deux Pygmées en Afrique équatoriale. Leur but est de les ramener en Ecosse, où ils seront examinés par le Docteur Dodd et ses collaborateurs Fraser McBride (Hugh Bonneville) et Alexander Auchinleck (Iain Glen). Ces trois scientifiques, dans la tradition de Charles Darwin, pensent avoir trouver le chaînon manquant entre l’homme et le singe.

Très rapidement des dissensions entre les trois compères vont prendre une forme assez teigneuse. Tandis que les Pygmées en viennent à être traités comme des animaux, et exhibés dans des cirques, Jamie Dodd décèle chez Toko (Lomama Boseki) et Likola (Cécile Bayiha) l’humanité que partagent tous les êtres humains. Il les observe en train d’apprendre, il les voit sourire, pleurer et ressentir comme le feraient les hommes blancs, colons de l’époque. Pourtant ces deux collègues ferment les yeux à de telles éventualités qui ruineraient toutes leurs recherches.

Dans ce film, Régis Wargnier a le mérite d’avoir abordé une partie oubliée de l’histoire. Man To Man traite d’une vérité historique que l’on ne voit pas souvent au cinéma : celle de la mentalité rétrograde de l’Europe au temps du colonialisme. Pourtant, Wargnier ne pousse pas assez ce traitement… Disons qu’il « l’illustre ». En effet, pour que ce film permette de faire une véritable dénonciation, il aurait fallu que le réalisateur s’intéresse d’avantage aux Pygmées eux mêmes, à Toko et Likola, que l’on ne voit pas suffisamment à l’écran pour que leurs personnages prennent forme. C’est regrettable. Régis Wargnier préfère focaliser son film sur la société victorienne de Grande-Bretagne, une société fière et sûre d’elle-même – voilà tout de même une dénonciation intéressante… c’est déjà ça.

Wargnier est un grand réalisateur lorsqu’il s’agit de dépeindre une fresque historique. Il avait brillé avec Indochine et Est-Ouest, mais ici, il tombe trop rapidement dans les clichés du genre : le beau et gentil Jospeh Fiennes (dans le rôle de Jamie Dodd) et la belle Kristin Scott-Thomas (Elena van den Ende) ; la scène d’action dans la jungle africaine ; les trois scientifiques et leurs attitudes… Certaines scènes vous incitent fortement à pleurer, d’autres à rire. Cela m’est apparu comme étant un grand inconvénient.

Mais heureusement, il existe aussi de la subtilité dans ce film. D’abord, il y a l’acteur Lomama Boseki, son regard et ses expressions faciales sont particulièrement touchants… Je souhaite que sa carrière ne s’arrête pas avec Man To Man. Mais il y aussi Kristin Scott-Thomas. Un film ne peut pas, me semble-t-il, être entièrement mauvais lorsque Kristin Scott-Thomas y figure. Elle insuffle une qualité naturelle et une sensibilité au film qu’une autre actrice aurait eu du mal à faire valoir.

Man To Man est un film d’où émane une certaine poésie. Les images y sont superbes et la production en général est particulièrement léchée. Mais Régis Wargnier a fait des films plus audacieux dans le passé et l’on peut déplorer qu’il ne soit pas allé au bout de ce qu’il dénonce dans ce film.

Polo

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.