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Length of Time - "Antiworld"

mercredi 14 avril 2004

En ce soir mythique d’un Evilfest qui s’annonçait enragé, le ‘East end’ londonien se retrouve envahi de hordes de jeunes portant baggies et capuches. Il fait froid mais chacun sait que la soirée s’annonce pleine de chaleur musicale. En effet, ce festival a pour orientation la promotion d’un style bien trop souvent passé aux oubliettes : le hardcore. De tous les groupes qui ont accepter l’invitation, Length of Time reste celui qu’on ne peut pas oublier.

Il faut comprendre que LOT est le projet de Kirby, guitariste belge qui officie dans Deviate. Deviate s’est fait un nom sur la scène new-school internationale, ce qui explique en partie l’attrait que peut avoir la Belgique pour le milieu hardcore mondial. Kirby est donc une référence… et avec lui Length of Time en devient une aussi.

Ca fait plus de cinq ans. Pourtant, le simple chroniqueur de Sounds Mag que je suis, garde une image de force surhumaine, de sons surpuissants, d’une atmosphère violente mais fun avant tout. En cinq ans, mes goûts musicaux ont évolués ce qui ne m’empêchera pas de me remettre un bon coup de Shame to this weakness modern world lorsque l’envie m’en vient. Avec How good the world could be again et Approach to the new world, voilà un album qui reste un anti-dépressif ultra efficace ou encore, un exutoire.

Mais voilà que Length of Time change de label. Roadrunner Records, qui depuis la dissolution spirituelle de Sepultura, se retrouve de plus en plus oublié des médias, se lance donc massivement dans des productions plus underground qu’auparavant. Et voilà que Length of Time en bénéficie. Tant mieux pour eux.

Mais que donne Length of Time lorsqu’il est soumis aux dures lois d’une (petite) major ? Et bien, comme nos goûts musicaux, il change. Antiworld est à des années lumières du hardcore brutal et ultra technique des premiers LP… L’évolution s’adapte-t-elle à nos nouveaux choix en terme de saveur musicale ? Cela reste à voir.

Aujourd’hui, Kirby et ses acolytes sortent un album qui ouvre comme le ferait un mauvais Linkin Park. Certes, ce premier titre, « This is not fear », se rattrape rapidement, imposant une rythmique bien ancrée dans un hardcore des premiers jours. Mais la première impression est toujours présente… Il faudra attendre des titres comme « Life Reform » ou « Anger to Believe » pour retrouver cet engouement, ces beuglements, cette batterie bien carrée. Pour en arriver là, il faudra passer par « Men into Gods », où le chanteur, Justin, se prend pour Keith Caputo de Life of Agony, ou encore par un « The truth » assez douloureux.

Le hardcore se mélange-t-il bien à ce nu-metal envahissant que la radio ne cesse de nous asséner… ? Peut-être que je deviens vieux mais, pour moi, la réponse est non. Sur Antiworld, il y a des perles. Mais il y a aussi certains titres où l’on en vient à douter que c’est vraiment LOT qui interprète… Je sais bien qu’à moins d’être un puriste, il faut accepter que le hardcore n’a pas une seule facette. Mais là, LOT perd de sa puissance et de sa crédibilité pourtant si durement gagnée.

Peut-être qu’en concert… ?

Polo

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