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Entre ses mains

jeudi 27 octobre 2005

"Entre ses mains" nous conte en images et en émotions l’histoire un peu invraisemblable de la relation entre deux individus hors du commun. Tout part d’une simple rencontre d’un vétérinaire (Benoît Poelvoorde) qui cherche a se faire rembourser son dégât des eaux. De cette situation banale se profile peu à peu un malaise qui s’installe par l’intermédiaire des medias. Ceux-ci bassinent leurs auditeurs sur les sévices d’un tueur en série. Et la population est vite terrorisée. La tension que cela va créer entre les deux protagonistes est centrale.

Dès le titre du film une perspective féminine se profile, s’inscrivant dans un cadre dérangeant, subtil, sombre et tendre. Ceci n’est pas un hasard. Chose trop rare dans le monde du cinéma : on a affaire à une réalisatrice. Anne Fontaine met sur pièce avec ces doigts de fées un
conte moderne mêlant suspense, psychologie, tendresse
et desarroi.

Sans vouloir vous ennuyer avec des théories bucoliques de digestion artistique, un critère est toujours parlant lorsque l’on parle d’une oeuvre artistique : le temps que l’on met pour l’apprécier. Je dirais simplement qu’en sortant de Entre ses mains je n’étais qu’assez peu
convaincu par ce film. Mais la digestion fut prolifique, et je pense maintenant avoir une meilleure appréciation des formes - et possiblement du fond - de cette oeuvre.

En ce qui concerne le scénario, je trouve que plus ça va, plus ca tient la route. Je trouve des explications - sans tomber dans pyschologie de zinc - aux details qui semblaient clocher au premier regard tout frais. En parlant de zinc et de comptoirs, cela me fait penser qu’il fallait mentionner un élément important du film de Fontaine : le lieu géographique du tournage (et la photographie qui vient avec). Le Nord de la france est un choix parfait pour illustrer les atmosphères que l’on retrouve dans
les univers personnels des personnages mis à l’écran.

J’ai peur de trop insister sur cet aspect, mais il m’est de plus en plus évident que ce film se distingue par le fait qu’il soit réalisé par une femme. En somme, le format du film peut paraittre classique. Oserais-je dire masculin ? Pourtant, la feminité est présente dans chacun des détails. Souvent le spectateur tombe dans le schéma classique de la traque et du film à suspense - essayer de comprendre l’homme psychotique et mystérieux qu’incarne Poelvoorde (dont la performance est aussi surprenante qu’accomplie). Mais ce qui fait véritablement la force de Entre Ses Mains, c’est surtout le personnage admirablement assumé par Isabelle Carré.

J’espère ne rien vous avoir gaché, chers lecteurs. Mais le film prend sa grandeur et sa signification dans son dénouement. Les quelques moments perdus du dénouement de ce drame donne sa réélle signification au récit, personnel ou intime. Anne Fontaine laisse languir le voyeur que nous sommes dans la recherche de sens tout au long de son film. Tout cela pour mieux prendre le dessus au moment de terminer. Les fins de films sont toujours difficile à mettre en place. D’autant plus que le public est souvent dur. Ici, peu de gens seront déçus.

Ce film est le fruit d’un véritable travail de réalisation. Chaque choix de réalisation, chaque plan, chaque nouvelle attaque transparait à travers ces images magnifiques. J’aime ce regard. Me voici donc lancé dans une rétrospective d’Anne Fontaine. Mais pour l’instant, je ne peux que vous conseiller Entre Ses Mains.

Art of Rebellion

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