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Eldorado

vendredi 18 juillet 2008

Fume, c’est du belge

J’aime bien les road-movies. Ce qui est assez cohérent en somme, si l’on part du principe truffaldien que « les films avancent comme des trains dans la nuit. » On part d’un point A vers un point B et entre les deux, il peut - ou pas - se passer des tas de choses, de la matière à histoire (s) et surtout, s’agissant de déplacement sur des routes, de la matière à images. Donc du cinéma.

Il en est de célèbres que j’adore (Voyage à Deux de Stanley Donen, Honkytonk Man de Clint Eastwood, Duel de Steven Spielberg), des célèbres que j’avoue n’avoir pas vus (genre Macadam à deux voies de Monte Hellman ou Faster Pussycat Kill Kill de Russ Meyer et ce nonobstant mon fort penchant pour les fortes… mais je m’égare), des récents qui en somme en sont (Into The Wild de Sean Penn), et même des français qui s’approchent bien du concept (Les Valseuses de Blier, Papa de Barthélémy ou encore Western de Poirier).

Et puis il en est sorti un cette année, belge, Eldorado de et avec Bouli Lanners. On ne voit pas beaucoup de films belges n’est-ce pas, et bien, on a peut-être tort.

Et bien, vous ne le saviez pas et moi non plus, la Belgique, en fait c’est comme l’Amérique, il y a de grands espaces que l’on dévale en Cadillac millésimée 1979 (Septante Neuf donc).

Le pitch de ce road-movie est simplissime : deux marginaux se rencontrent dans des circonstances brutales et hilarantes et entament un périple en apesanteur au milieu de nulle part durant lequel ils croiseront d’authentiques déglingués au cours d’aventures minimales (voire minimalistes).

Ce n’est pas gai, mais l’on rit énormément. Ce qui dans une langue – le français - où le cinéma a depuis longtemps déserté l’inventivité en humour en devient assez surprenant. Sur cette route wallonne, j’ai même eu parfois peine à retrouver mon souffle.

S’agissant d’un film itinérant, la photographie se devait d’être superbe. Et là, rien à redire, du petit au gros plan, la lumière est belle. Pour un peu, j’irai bien passer des vacances en Belgique (une fois).

La musique est également à la hauteur du projet, sorte de blues décadent, genre Ry Cooder couche avec Nick Cave (deux artistes que je connais mal, mais j’adore le name-dropping).

Recommandé, mais faites vite, il sort beaucoup de films et le temps les avale pour les recracher on ne sait où.

Sébastien

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