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Downset - "Universal"

mercredi 25 août 2004

C’est toute une époque. Toute une époque pendant laquelle Downset avait un rôle très important à jouer dans nos vies de jeunes. Toute une époque pendant laquelle il était inconcevable d’organiser une édition du festival de Dynamo (au Pays-Bas) sans un groupe comme celui-ci. Toute une époque pendant laquelle on s’entend encore hurler du "Anger", le titre phare de son premier album éponyme, en allant à l’école (puis, en cours de français, on chantait du "Rape Ritual", et plus tard un peu de "Empower").

Bref, c’était toute une époque. Et elle est terminée. J’ai cessé d’aller à l’école. Le festival de Dynamo n’existe plus. Et tristement, si Downset existe encore, l’esprit de leurs deux premiers albums les a quitté.

Do We Speak A Dead Language ?, sorti en 1996, avait brillamment (et bruyamment) donné suite au premier grand opus de 1994. Mais depuis Downset patauge... Après une brève séparation difficile, nos quatre amis décident de relancer la machine. Le résultat, c’est Check Yourself Et avec, c’est le début de la fin. Avec quatre ans de décalage par rapport à Dead Language, le décallage le plus imposant vient de cette rupture fondamentale avec le passé. L’album est plein de platitudes, dépourvu de refrains entraînants... Qui plus est, Check Yourself sort alors que la scène hardcore - celle là même que Downset avait tant inspirée - est en plein essor. Des groupes comme Visison of Disorder ou encore Snapcase se font un nom et le nouveau Downset paraît dans une marre de nouvelles sorties. Check Yourself ne surpasse rien. Il est juste "comme les autres".

Sur Universal, on se demande ce qui leur prend. Pas assez d’inspiration pour les paroles ? Peut-être que ce groupe qui se disait si "socially aware" est-il une victime du "copier-coller" ? Que s’est-il passé ?

Aujourd’hui Downset n’est plus que l’ombre très vague de ce qu’il avait pu être dans les années 1990 - un groupe aux compositions innovantes et aux paroles d’une intelligence rare dans le metal hardcore. Sur Universal, il n’en est rien. Trop rares sont les moments d’intense agressivité que pouvaient projeter les deux premiers albums. A aucun moment - je dis bien aucun - les paroles de Rey Oropeza ne nous envoient de claques dans la tronche. A aucun moment la basse du tournicotant Ares ne nous entraîne comme à l’époque. Les refrains sont cheesy à souhait et l’enchaînement des titres lui-même est catastrophique, avec des tentatives d’énervement que suivent une mélodie presque popeuse...

Downset est mort depuis quelques années. Mais peut-être se sont-ils crus libres au moment de réaliser leurs compositions. Peut-être ne s’aperçoivent-ils pas qu’ils ne font qu’un mauvais remâchage d’une époque qui pour eux est révolue... Non. Downset est enfermé dans son passé, cherchant à retrouver l’ambiance, la rage et le génie de leur jeunesse.

Cette phrase de Goethe ornait la pochette de leur premier album et voici qu’ils en montrent l’exemple : "None are more hopelessly enslaved than those who falsely believe they are free".

Polo

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